Les exigences de notre roman

Bonjour à tous !

Aujourd’hui j’aimerais vous parler des romans, des histoires que l’on crée et plus particulièrement de leurs exigences. Cela peut sembler plutôt étrange, mais écrire un roman, ce n’est pas un acte aussi banal qu’on pourrait le penser. Que cela soit conscient ou non, on donne une partie de soi à son roman. Il est bien plus évident de se dire que le roman nous apporte quelque chose, que ce soit au niveau des émotions qu’il nous procure en écrivant, le chemin qu’il nous fait prendre et tout ce qu’il peut nous apprendre, mais nous lui donnons tout autant. Pour cet article, je demande une pincée d’ouverture d’esprit, êtes-vous prêts ?

Je vois cela plus clairement depuis que j’ai lu le livre Comme par Magie d’Elizabeth Gilbert, dont le thème est la création. Et cette auteure apporte une jolie vision des idées, par extension des romans. Elle raconte que les idées sont des entités de ce monde, vivant au même titre que nous, qui ne demande qu’à être révélées. En plus de trouver cette façon de voir les choses intéressante et plutôt jolie, je me rends compte que cela m’ouvre à plusieurs possibilités, comme être plus attentive lorsque j’ai une inspiration et me dire que cela n’a peut-être rien d’anodin. Elizabeth Gilbert raconte également que lorsque l’on reçoit une idée (ou qu’une idée se présente à nous), nous pouvons choisir de nous engager à la révéler ou bien la laisser partir. Cette image-là m’a permis de comprendre qu’il ne faut pas à tout prix garder les idées comme si elles nous appartenaient. Elles vont et viennent, il ne tient qu’à nous de leur faire une place dans notre vie.

En cela, je pense que la première exigence d’un roman, c’est notre engagement. Il nous demande de créer un espace dans notre vie pour lui laisser une place, pour lui permettre d’exister. Cela peut se traduire par une plage horaire que l’on consacrerait à ce roman, tout comme à un carnet de note réservé à cette idée, un fichier Word… Cet engagement sera différent selon les personnes, mais le fait est que lorsqu’on a une idée et que l’on décide d’accepter ce travail de création, nous devons nous engager à lui faire une place dans notre vie, à lui donner de notre temps.

Le temps est pour moi la seconde exigence. Tout d’abord, parce qu’un roman nous demande du temps d’écriture, de recherches, de planification ou même de création. Après avoir accepté d’accueillir cette idée dans notre vie, nous devons tenir sur la durée en lui donnant du temps. Encore une fois, ce temps sera différent pour chaque personne et pour chaque situation. Certains choisiront de donner une heure par jour, d’autres les week-ends et d’autres encore feront de leur mieux pour saisir des minutes au milieu d’un train de vie intense. C’est une partie de nous que l’on donne à notre roman, car mine de rien c’est une partie de ce temps que nous avons à vivre pendant notre court passage sur Terre. Nous pourrions choisir de faire tout un tas d’autres activités, mais nous, écrivains, choisissons de consacrer un peu de ce temps de vie pour les idées de romans, pour les matérialiser et les partager au monde. Si cela peut être évident pour nous, parce que c’est une passion, cela n’en reste pas moins une exigence de notre roman et quelque chose qu’on lui donne.

Mais le temps que demande un roman peut se symboliser d’une tout autre façon. Si nous lui offrons notre temps, une partie de notre vie, un roman n’hésitera pas à exiger du temps sans vous. Un temps dont il a besoin pour reposer pendant que nous nous consacrons à autre chose. Cela lui fait tout autant de bien qu’à nous ! Je vois cela de plus en plus avec La Voix d’Origine et commence à accepter que même si je peux lui donner de mon temps pour le terminer, ce roman a tout autant besoin de pause et de respiration. La magie de l’écriture et des histoires fait que lorsque je reprends un roman sans l’avoir touché pendant des semaines, tout paraît plus clair et plus simple. On peut tout aussi bien se dire que c’est nous qui avons besoin de ce temps, pour acquérir plus de savoir, de maturité ou d’expérience, comme je l’ai dit dans cet article, mais je pense sincèrement que ce temps est bénéfique pour les deux parties. L’un ne va pas sans l’autre et si notre roman nous demande du temps pour se développer et progresser, il nous en demande aussi pour se reposer !

La dernière exigence, la plus abstraite de toutes et pourtant essentielle à mon sens, c’est notre confiance. Je dois l’avouer c’est un peu étrange, mais quitte à personnifier notre roman, autant aller jusqu’au bout de l’idée ! Qu’est-ce que donner sa confiance à son roman ? C’est se dire qu’on n’est pas seul sur ce travail. L’écriture est une activité solitaire, les écrivains sortent de leur bulle pour montrer leur travail, avoir des avis, mais en premier lieu, un roman est un secret. Nous sommes face à notre ordinateur ou à notre carnet et nous avons parfois, quand l’inspiration se fait rare, l’impression que nous sommes vraiment seuls, même impuissants face à cette tâche qui se révèle alors plus compliqué qu’on ne l’aurait pensé.

Et pourtant, le roman est là, avec nous. L’idée s’est révélée à nous parce que nous correspondons à l’image qu’elle veut avoir dans la réalité, elle nous a choisie et cela n’a rien d’anodin. Notre roman, qui n’est rien d’autre que la réalisation de cette idée, est tout autant présent et nous fait confiance pour continuer. Nous ne sommes pas seuls lorsque nous écrivons, parce que nous avons son soutien et si cela n’est pas évident à saisir, il n’en reste pas moins que notre roman a besoin de nous pour devenir réel et qu’il a d’autres préoccupations que nous mettre des bâtons dans les roues !

Nous devons lui donner notre confiance et savoir reconnaître quand c’est le moment pour nous de pousser un peu plus loin et quand il a besoin de repos. Bien sûr qu’il faut travailler pour faire avancer notre projet. S’engager, travailler et donner de son temps régulièrement pour faire avancer le roman est essentiel, mais il nous faut parfois accepter que certains nœuds n’ont besoin que de temps pour disparaître. Notre roman a besoin de notre entière confiance, nous devons croire en lui, ne pas douter une seconde qu’il va se révéler un jour, qu’il va pouvoir devenir meilleur.

Tout ce qu’il faut, c’est avancer pas à pas et se dire que c’est possible. Après tout, si cette idée nous a choisie, c’est bien que l’on en est capable et que nous sommes ce qu’il y a de mieux pour elle ? Reconnaître ce qu’un roman exige de nous peut nous permettre de voir les choses différemment et se dire que ce n’est pas seulement pour nous, pour notre propre plaisir que nous écrivons, nous faisons cela aussi pour lui permettre d’exister.

Bonne journée à vous !

Bannière Caroline Dubois

{Images : Snappa}

 

Tout n’est peut-être pas perdu, de René Arcos

Bonjour !

Aujourd’hui je reviens avec la catégorie Inspiration, ce qui me semble assez ironique car je n’ai pas eu assez d’inspiration pour vous écrire un article ! Ce poème me tourne autour depuis plusieurs années au point qu’il m’a inspiré une phrase très importante dans La Voix d’Origine. Elle est le point d’ancrage de ce monde, comme une clé vers toutes les possibilités de cet univers. Je ne me souviens plus quand j’ai découvert ce poème, mais une chose est sûre, je ne suis pas prête de l’oublier. C’est aussi ce pourquoi je vous le partage aujourd’hui.


Tout n’est peut-être pas perdu
Puisqu’il nous reste au fond de l’être
Plus de richesses et de gloire
Qu’aucun vainqueur n’en peut atteindre;

Plus de tendresse au fond du cœur
Que tous les canons ne peuvent de haine
Et plus d’allégresse pour l’ascension
Que le plus haut pic n’en pourra lasser

Peut-être que rien n’est perdu
Puisqu’il nous reste ce regard
Qui contemple au-delà du siècle
L’image d’un autre univers.

Rien n’est perdu puisqu’il suffit
Qu’un seul de nous dans la tourmente
Reste pareil à ce qu’il fut
Pour sauver tout l’espoir du monde.

Tout n’est peut-être pas perdu,

de René Arcos (1919)

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La Lecture des Écrivains | La Symphonie des siècles

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, nouvelle Lecture des Écrivains ! Je vous ai déjà parlé un bon nombre de fois de la Symphonie des Siècles, mais je crois que pour toutes les années à venir, il me sera impossible d’éviter le sujet ! Cette série m’a marqué plus que je ne l’aurais pensé avant de commencer et pourtant le coup de cœur est si fort que ça paraît maintenant évident. Je vais essayer de ne retenir que les trois points les plus importants de cette histoire, bien qu’il y ait plus de choses à dire que cela !


La Symphonie des Siècles, d’Elizabeth Haydon

 

Quatrième de couverture :

« Tandis qu’elle fuit les hommes de Michael, un ancien amant devenu baron de la pègre, Rhapsody trouve de l’aide auprès de deux étranges personnages : Achmed le serpent et Grunthor le géant Firbolg, eux-mêmes confrontés à une situation autrement périlleuse. Lorsqu’ils l’entraînent dans un voyage sans retour le long des racines de l’arbre-monde, Rhapsody se demande si elle n’a pas fait preuve d’un excès de confiance. »

 

 

1 | Des personnages imparfaits

Il y a de nombreuses choses à dire sur les personnages de la Symphonie des Siècles. Des liens qui les unissent, de leurs histoires personnelles, de leur intérêt dans l’histoire… Les personnages de cette série sont marquants pour plusieurs raisons, mais plus particulièrement pour leurs défauts.

Au détour de bien des conversations, j’ai compris que ces personnages ne plaisaient pas à tout le monde. Notamment Rhapsody qui est décrite comme trop naïve, trop parfaite. Et je n’ai toujours pas compris pourquoi je voyais cette naïveté, son côté qui refuse de voir les plus belles choses en elle ou le mauvais en d’autre, comme étant la preuve de son imperfection. On demande souvent aux auteurs d’écrire des personnages avec des défauts et Rhapsody en a au même titre que les autres personnages. Elle est têtue, certes naïve, accordant trop facilement sa confiance et pourtant j’ai aimé suivre son histoire parce qu’elle a une capacité d’aimer si grande que c’en est parfois bouleversant.

Les autres personnages ont de la même façon que Rhapsody des qualités et des défauts, mais ça n’empêche en rien de les aimer. Mais je crois que ce qui me marque le plus dans cette série, c’est la façon dont Elizabeth Haydon aime ses personnages pour toutes les facettes de leur personnalité. Elle ne cherche en rien à les changer à la fin du premier tome pour les faire évoluer. Ils changent différemment : à travers leurs expériences et en essayant d’améliorer leur relation avec les autres. Mais la naïveté qui a tant fait défaut à Rhapsody n’a jamais disparue et c’est ce que je trouve le plus beau. Je pense sincèrement que l’auteure voyait les défauts de son héroïne et je suis prête à parier qu’elle devait également trouver qu’elle réagissait parfois un peu trop au quart de tour, mais cela ne l’a jamais empêché de la faire vivre et de raconter son histoire.

Je crois que c’est l’une des plus importantes leçons que j’ai tiré de cette série : ne pas craindre de donner des défauts à ses personnages et les aimer inconditionnellement pour ce qu’ils sont.

2 | Du suspens qui ne se tarit jamais

Dans les trois tomes de cette série, Elizabeth Haydon maîtrise avec perfection les grands moments de révélation de son histoire. Elle réussit à révéler une intrigue au grand jour tout en gardant le même suspens en gérant l’information différemment. La révélation la plus marquante, dont le suspens continuait à nous emmener page après page, concerne une grande partie de l’intrigue principale, aussi je vais essayer de ne « spoiler » personne.  Je ne peux pas parler des points les plus importants de cette série en omettant celui-là.

À la fin du premier tome, Elizabeth Haydon nous révèle quelque chose sur deux personnages. Nous, lecteurs, sommes les seuls à avoir cette information et les conséquences de cette révélation sont qu’au cours du deuxième tome, nous voyons les choses différemment par rapport aux personnages. En premier lieu, il y a donc une information seulement révéler aux lecteurs pour maintenir le suspens de « quand cela sera révélé aux personnages ? Comment ? ». On est maintenu en tension parce qu’on ne connaît pas encore leur réaction.

Lors du deuxième tome la grande révélation se fait. Deux personnages entendent la vérité et comprennent les enjeux. Sur le moment, et parce que je n’avais pas tous les éléments en mains, j’avais trouvé cela dommage que l’auteure choisissent ce tome-là pour faire cette révélation aux personnages, parce qu’il y avait une telle tension dramatique derrière cette information que nous seuls connaissons qu’elle aurait pu garder cela pour le dernier tome sans problème. Et c’est là que j’ai été une nouvelle fois surprise. Pour des raisons que je tiendrais secrètes, l’un des deux personnages va oublier cette révélation.

Dans cette simple idée réside le génie de cette auteure, c’est ce point-là que je veux mettre en avant pour ouvrir notre champ des possibles en tant qu’écrivain. Le simple fait que l’un des deux oublient change tout et garde la tension jusqu’à la fin de la série. Celui qui oublie vit sa vie sans se rappeler l’importance d’une telle révélation et celui qui sait ne peut rien dire et reste spectateur de l’ignorance de l’autre. On partage la contrariété de l’un quand on a pitié de l’autre. Jusqu’au bout, on se demande si celui qui a oublié ne va pas tout gâcher.

J’espère vraiment que cela n’est pas trop flou et que vous comprenez où je veux en venir. Nous sommes maître de notre propre histoire, ce n’est pas parce qu’une révélation a été faite qu’elle ne peut pas être utilisée à nouveau. Cette série me fait prendre conscience qu’il y a bien plus de façons de révéler une information que je ne l’aurais pensé. On peut utiliser le suspens de cette information sans que cela dénature l’histoire. Au contraire, elle peut la servir !

3 | Une vision large de son univers

Le dernier point relevé concerne l’univers de la Symphonie des Siècles. Lorsqu’on lit et écrit de la fantasy, on fréquente souvent de nouveaux univers créés. Entre ceux qui copient les grands classiques ou les originaux, il y a de quoi alimenter une conversation. Pourtant, et pour l’avoir vécu, je sais qu’il est difficile d’oser créer de façon plus détaillée. On prend souvent l’exemple du Seigneur des Anneaux et à juste titre, parce que son univers est immense, riche et plus qu’intéressant. La Symphonie des Siècles m’a permis de comprendre que l’on pouvait oser viser haut sans que cela soit impossible.

Comme je l’ai dit dans le dernier Book Tag que j’ai fait, La Symphonie des Siècles possède à mon sens un univers presque aussi riche que celui du Seigneur des Anneaux. Il y a des races (certaines originales), des peuples, des religions, une Histoire propre à ce monde, des migrations, des événements historiques, des changements d’ « Âge »…

Quand j’ai commencé l’écriture de La Voix d’Origine, c’était pour créer mon propre univers, mais je me limitais à ce que j’avais déjà vu. Non pas que je copiais ce qui existait, mais que je ne cherchais pas à avoir une vision plus large. Je n’osais pas me dire que j’étais capable de faire une telle chose. Bien qu’Elizabeth Haydon ait de nombreuses connaissances, je ne pense pas que « savoir » soit la limite pour créer un univers large. Je pense qu’il faut savoir observer, comprendre, analyser les peuples. Ça demande du temps, c’est certain, mais ça ne demande pas grand-chose de plus qu’un peu de concentration et de persévérance.

Jusqu’ici, j’avais comme « modèle » (entre gros guillemets parce que d’autres auteurs m’ont beaucoup inspiré) J.R.R. Tolkien et je me sentais complètement dépassée par son savoir et ses connaissances en matière de langues, de cultures. J’avais la sensation que je ne pourrais jamais réussir à créer quelque chose d’intéressant et de logique parce que je n’ai pas fait les études nécessaires. Bien que cela ne m’ait jamais arrêté, j’ai toujours eu ce sentiment infériorité qui m’empêchait d’oser créer mon univers comme je l’entendais, me retenait de travailler un univers aussi large que mon imagination me le permettait. Et Elizabeth Haydon a fait exploser cette barrière. Son univers est tellement intéressant et ses connaissances mises en avant sont celles de la musique et de l’herboristerie, ce qui a fait l’originalité de son monde, mais cela ne l’a pas empêché de créer un univers sur des milliers d’années, avec des dizaines de peuples et une intrigue complexe.

Là où je veux en venir c’est qu’on ne devrait jamais se limiter par nos propres connaissances et que si l’on veut quelque chose, nous devrions tout mettre en œuvre pour le réaliser. Je ne connais pas Elizabeth Haydon et ceci n’est que mon interprétation de sa façon de travailler, mais cela me donne en quelques sortes la permission d’oser et de me dire que je n’ai pas besoin de faire de grandes études pour apprendre et créer quelque chose de logique, d’intéressant et de grand !


Bien que l’exercice fut difficile, j’ai réussi à ne citer que trois éléments de cette histoire ! Je pourrais parler de la Symphonie des Siècles pendant des heures parce que cette série fait partie de mes gros coups de cœur de cette année. Je ne peux que vous conseiller de jeter un œil à cette histoire, d’ouvrir votre cœur en grand et de vous laisser porter par sa grande musique !

Bonne journée à vous !

Bannière Caroline Dubois

{Image : Snappa / J’ai lu}

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Pourquoi l’auto-édition n’est pas faite pour moi ?

Bonjour à tous !

En cette deuxième journée de septembre, je voulais aborder un sujet dont je parle très peu, voire même jamais : l’auto-édition. Petite précision avant de commencer, je parlerai ici de mon parcours dans l’auto-édition. Il ne sera aucunement question de chiffres de vente, parce qu’honnêtement, je m’en fiche un peu ! En toute transparence, j’ai vendu un peu plus de quarante livres, mais ce n’est pas à cause de ce petit chiffre (dont je suis pourtant très satisfaite) que j’avoue ne pas être faite pour l’auto-édition.

Si vous ne le savez pas encore, mon premier roman Pandore a été publié via le site The Book Edition. Cette entreprise n’est pas une maison d’édition, elle s’occupe d’imprimer votre livre. Le reste : la mise-en-page, la couverture, la correction du texte… tout est à votre charge. On peut également faire appel à d’autres personnes du métier qui proposent ces divers services, mais je n’avais pas de budget pour faire un livre d’une qualité professionnelle.

À l’époque, soit en 2015, j’ai fait le choix de publier mon premier roman grâce à ce site en prenant donc l’option de l’auto-édition. Les raisons qui m’ont poussé à faire ce choix sont très personnelles. Cela faisait quatre ans que j’avais quitté le lycée et j’avais besoin de pouvoir commencer ce métier d’écrivain au plus vite, parce que ça me permettait de me présenter en tant que telle et de donner une preuve aux gens que c’était ce à quoi je me consacrais. C’était aussi l’occasion pour moi de découvrir l’envers du décor en m’occupant moi-même de mon livre, de sa correction à sa vente.

Je ne connaissais rien à l’édition et même si je m’étais beaucoup renseignée pour faire mon choix, cela restait assez flou dans mon esprit. J’avais besoin de comprendre un peu mieux le milieu, la création d’un livre pour m’habituer aussi. J’avais besoin de prendre mon temps, de faire les choses à mon rythme. La dernière raison pour laquelle j’ai fait ce choix, c’est pour avoir l’opportunité de choisir moi-même ma couverture, la mise-en-page et les polices d’écriture de mon roman. M’occuper de toutes ces petites choses étaient une façon pour moi d’avoir le contrôle pour ne pas avoir de mauvaises surprises, je me rends compte maintenant.

Aujourd’hui, qu’en est-il de cette décision ? Après trois ans d’auto-édition, je peux vous affirmer, sans pour autant avoir de regrets, que l’auto-édition n’est pas faite pour moi. Je comprends toutes les raisons pour lesquelles j’ai fait ce choix il y a trois ans et l’expérience que cela m’a apporté m’a permis d’apprendre énormément de choses sur la conception d’un livre. Pourtant, je sais aujourd’hui que l’auto-édition ne fonctionne pas avec ma façon d’être, ni même de voir les choses.

Écrire des livres est ma priorité et les quelques mois passés à travailler sur la conception de mon livre : de sa couverture à la mise-en-page, ont été assez dur à traverser. D’une, parce que je ne connaissais pas grand-chose et que j’ai dû faire de nombreuses recherches pour apprendre et me perfectionner. De deux, parce que pendant que je m’occupais de Pandore, je ne pouvais pas écrire autre chose. La Voix d’Origine s’appelait à l’époque simplement Elasia et n’était écrit que jusqu’au quatrième chapitre. J’avais eu l’idée de ce roman bien avant Pandore et si ce dernier n’avait pas pointé le bout de son nez fin 2013, je serais probablement toujours en train de réécrire ces quatre mêmes chapitres.

Même si l’auto-édition se propage et que de nombreuses personnes offrent des articles très professionnels pour nous aider à créer notre livre, il n’en reste pas moins que si votre entourage n’a pas un peu d’expérience, vous êtes seuls. Malgré le soutien de mes proches, je me sentais extrêmement seule face aux décisions à prendre et n’ayant pas beaucoup confiance en moi à l’époque, je ne cessais de douter de mes choix et les remettaient sans cesse en question.

Si je me suis lancée dans l’auto-édition, c’est également parce que je maîtrise un minimum mon ordinateur, les logiciels de traitements de texte et autres logiciels Photo et pourtant je me suis rendu compte qu’il y avait encore des tas de choses que je ne connaissais pas. Entre les sauts de pages, avoir un numéro de page sur l’une et pas sur l’autre, avoir les bonnes marges… Que des petits détails qui ont fait traîner cette création et me demandait beaucoup de réflexion, malgré une certaine aisance avec les logiciels de toutes sortes.

Pourtant, si la mise-en-page a mis beaucoup de temps, ce qui m’a donné le plus de fil à retordre était les corrections. J’ai fait corriger mon roman par trois personnes de confiance, dont une secrétaire et une professeur de français. Et pourtant, je peux l’avouer honnêtement et sans honte, il y a encore pas mal de fautes dans mon livre. La phase de correction (regarder les notes de ces personnes et les amener sur mon fichier word) a été la pire de toutes au point d’avoir parfois envie d’abandonner. Cela me ramenait à une sorte d’incompétence de ma part, comme si je ne maîtrisais pas du tout la langue française et que j’étais destinée à faire des fautes toute ma vie.

Et en plus de cela, j’avais beaucoup de mal à comprendre les choix de la professeur de français, parce qu’elle pointait du doigt des phrases, des paragraphes qui selon elle étaient mal écrits. Pendant que je corrigeais et lisais ces notes, j’étais au bord de larmes parce que j’avais l’impression en plus d’avoir une mauvaise écriture. Sauf que j’ai compris, avec le recul, qu’un roman n’a rien à voir avec un texte de français. Certaines phrases peuvent être coupées, d’autres assemblées d’une façon différente. Je n’écrivais pas une rédaction de français, j’écrivais un roman avec ma propre personnalité et mes propres idées.

Si ce que j’ai vécu est une expérience comme une autre et que cela aurait pu se passer différemment avec un correcteur dont c’est le métier, je sais que cette phase de correction était aussi difficile pour moi parce qu’encore une fois il fallait que je prenne une décision avec le peu d’informations que j’avais. Je doutais énormément, quant à savoir si c’était parce qu’elle n’adhérait pas à telle phrase par goût ou si c’était une véritable règle de français.

Ce dont je me rends compte aujourd’hui, c’est que l’auto-édition demande beaucoup de choix et de décisions de notre part si on n’est pas entouré de quelques personnes du métier. Ça donne un certain sentiment d’impuissance et ça n’aide pas à avoir de l’estime de soi ! Si j’ai énormément apprécié travailler sur ma couverture, les autres étapes m’ont demandé beaucoup de patience, de persévérance et de lâcher-prise, parce que ça ne pouvait pas être parfait de toutes façons.

Le dernier point que je relèverais dans cet article et qui me conforte dans l’idée que je ne suis pas faite pour l’auto-édition, c’est la promotion. Autant le dire tout de suite, je ne suis pas douée pour vendre ! Pour une raison de situation, je n’ai pas pu devenir auto-entrepreneur et cela a beaucoup limité ma marche de manœuvre, mais je pense que la vente aurait été un point tout aussi difficile avec ou sans ce statut. Dès que j’ai publié mon roman, qu’il fut en ligne sur le site de vente, je ne m’en suis plus occupée. J’avais envie de passer à autre chose après m’être chargée de toutes ces étapes de création pendant des mois, parce que j’avais envie de travailler sur La Voix d’Origine. Et puis parce que tout simplement ce n’est pas dans ma personnalité de vendre.

Ayant toujours eu quelques exemplaires de mon roman chez moi, j’étais tout le temps gênée de demander de l’argent aux personnes qui venaient me l’acheter. Pourtant, c’était des personnes que je connaissais, mais je sentais mal à l’aise de réclamer de cet argent. Et puis, j’étais tout autant gênée de voir certaines personnes acheter mon livre alors que je savais très bien que ça n’allait pas leur plaire.

Par nature, j’ai commencé à vendre mon livre en m’excusant de son imperfection ! Je disais donc que ça n’allait peut-être pas leur plaire, je leur disais qu’il y avait des fautes… Enfin bref, je m’excusais plutôt que d’être tout simplement heureuse que l’on veuille bien découvrir mon livre. Et enfin, parce que je ne pouvais pas être auto-entrepreneuse, je ne pouvais pas faire la démarche de vendre en librairie, ni sur internet autrement que sur le site de l’imprimerie… J’étais donc assez limitée et je n’avais pas plus envie, ni les capacités à ce moment, ni le courage de tout donner pour ce livre parce qu’il correspondait à une période de ma vie à laquelle je ne voulais plus penser. En voulant tourner la page, j’ai un peu délaissé ce roman qui, même en étant imparfait, me tient beaucoup à cœur parce que c’est le premier que j’ai achevé.

Je sais aujourd’hui, par ces expériences et comprenant un peu mieux comment je fonctionne, que je veux me concentrer sur l’écriture d’un livre et délaisser une grande partie des autres étapes à un éditeur compétent, dont c’est tout simplement le métier pour me consacrer à l’imagination, à la création et à l’écriture. Je sais que l’auto-édition n’est pas faite pour moi et je vous encourage à essayer si vous vous sentez capable. Faites-le si c’est la meilleure option pour vous, mais je pense que c’est toujours mieux d’avoir un retour de quelqu’un qui n’était pas fait pour ça !

J’espère que cet article un peu différent des autres vous aura intéressé et je vous souhaite une bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

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Fantasy Book Tag

Bonjour à tous !

Pour ce début de week-end, j’avais envie de vous proposer un article plus léger que d’habitude en choisissant un tag. Ce n’est pas souvent que j’en fais et le dernier en date remonte à avril 2016, donc je me suis dit que ça pourrait être une bonne occasion de vous parler à travers 15 questions de mon genre préféré : la Fantasy ! Ce genre littéraire n’est pas seulement mon préféré pour mes lectures car il constitue en grande partie toutes les histoires que j’écris. Sans plus attendre, voici les questions du Fantasy Book Tag que je reprends de Monde de Fantasy.

(Après écriture, je me rends compte que cet article est plus long que deux articles habituels. Accrochez-vous, j’avais des choses à dire !)


1. Pourquoi aimes-tu tant la Fantasy ?

Je crois que j’aime la Fantasy depuis toujours. Quand j’étais plus petite, j’étais attirée par tout ce qui concernait les fées, les sorcières, le monde du Merveilleux en général et j’adorais, en y réfléchissant aujourd’hui, tout ce qui tenait lieu de l’extraordinaire, tout ce qu’on ne pouvait pas voir dans la vie de tous les jours. Lorsque je choisissais un film, un dessin-animé, un livre (même si la lecture est arrivée plus tard, vers mes onze ans), je me tournais toujours vers l’univers de Fantasy. Sachant même que la première histoire que j’ai écrite, à huit ans, a été une histoire de Fantasy.

Aujourd’hui, ce qui m’attire le plus dans la Fantasy reste toujours ce qui sort de l’ordinaire, mais beaucoup plus d’éléments m’intriguent à présent, comme la création d’univers, les nombreuses possibilités pour créer un personnage. J’aime lire les créations d’autres auteurs, découvrir ce qu’ils ont pu imaginer. J’adore assister à la naissance d’un nouveau monde, à l’évolution de peuple… Ce sont des choses que je trouve plus qu’intéressantes et même si on peut trouver ce genre de choses dans notre propre monde, je trouve que c’est encore plus fascinant dans cette littérature-là.

Ce genre n’a pas de limite, on peut imaginer tout ce que l’on veut, et lire des livres de Fantasy me donnent l’impression que tout est possible, me donne un profond sentiment de liberté.

2. Quel a été ton premier livre de Fantasy lu ?

Le tout premier livre de Fantasy que j’ai lu est le premier tome des Chroniques de Spiderwick de Holly Black et Tony Diterlizzi. Je me souviens encore de cet achat, parce qu’il m’a profondément marqué. Je me rendais avec ma mère chez un libraire avec l’envie d’acheter/choisir pour la première fois un livre et je parcourais les étagères du Coin Enfants, un peu perdue, sans savoir vers quoi me tourner. Je ne lisais que très peu à l’époque, à part les Max et Lili (pour ceux qui connaissent) que j’empruntais à la bibliothèque ou la série Les frousses de Zoé de Gudule, et je ne savais pas trop quoi choisir. Et j’ai vu ce livre dans les étagères avec ce dos comme un vieux livre et je l’ai pris. Je trouvais l’illustration trop belle et derrière, le résumé était à moitié caché par une feuille d’arbre. Et puis je l’ai tourné dans ma main en découvrant que les pages n’étaient pas toutes de la même taille, elles n’étaient même pas lisses. Chaque détail de ce livre attisait ma curiosité, lançait mon imagination à plein régime. On pourrait appeler cela un coup de foudre littéraire, sans aucun doute !

J’ai adoré ce livre et si je n’ai pas lu la suite juste après, parce que je n’avais pas vraiment de budget de lecture à l’époque, je les ai tous achetés il y a quelques années, toujours amoureuse de ces livres et de leur histoire.

3. Quel est ton dernier livre Fantasy lu ?

Le dernier livre de fantasy que j’ai lu, c’était en début de semaine avec un roman fraichement sorti en librairie le 17 août : La fée, la Pie et le Printemps d’Elisabeth Ebory. Je trouvais également la couverture magnifique, un vrai plaisir pour les yeux et la quatrième de couverture m’intriguait beaucoup. Je suis souvent attirée par ces livres où le résumé annonce à moitié ce qu’il va se passer : il va gagner si, perdre ça, trouver tel personnage… Je trouve ça génial et j’ai juste envie de me plonger dans l’histoire !

Je dois dire qu’après l’avoir lu, je suis un peu déçue par ce que j’ai pu trouver. Ce n’était pas ce à quoi je m’attendais, mais ce roman est néanmoins rempli de belles inspirations, d’idées et on sent que l’auteur a beaucoup d’imagination.

4. Cite 3 œuvres de Fantasy que tu aimes et qui ne sont pas des romans (à l’origine).

(Vu que cette question m’a posé problème, j’enlève « à l’origine » pour pouvoir y répondre)

En premier, je vais citer Stardust, car même si c’est un livre à l’origine, je ne l’ai pas découvert de cette façon. Ce film est l’un de mes préférés, je pourrais regarder en boucle cette histoire tant elle m’inspire et donne libre court à mon imagination. J’aime ces personnages, son intrigue, les acteurs, les rebondissements… J’aime tout dans ce film, si bien que lorsque j’ai tenté le livre écrit par Neil Gaiman, j’ai été déçue de ne pas retrouver exactement ce que j’appréciais dans le film. Il n’y avait pas la même magie, la même liberté, ni cette intensité que je trouvais au film.

Pour la deuxième œuvre, je dirais le Château Ambulant. Je n’ai pas lu le livre, donc ça ne compte pas. Cette histoire me touche profondément et à chaque fois que je la revois, c’est comme si c’était la première. Je suis fascinée par les univers de Miyasaki et ce film est mon préféré d’entre tous. J’aime l’histoire qu’il raconte, j’aime les personnages si différents de ce que l’on voit habituellement, j’aime cet univers de couleurs, de magie et que malgré le côté très Fantasy de l’histoire, on a quand même l’impression d’être chez soi. Ce film m’a aussi beaucoup inspiré pour Le Pacte du Magicien.

Et enfin pour la troisième, je citerais La Belle et la Bête, quelle que soit l’adaptation (à part les deux françaises : pas vu/pas aimé), car je n’ai finalement jamais lu le livre d’origine écrit par Jeanne-Marie Leprince de Beaumont. Cette histoire, sous toutes ces formes, m’inspire énormément et comme beaucoup de lectrices, je me retrouve en Belle. J’aime particulièrement, et bien que ce soit un roman (je ne m’en sors pas avec cette question), Belle de Robin McKinley. Si vous aimez cette histoire, alors foncez lire ce roman : c’est un petit bijou ! Je l’ai déjà relu une fois et c’est vraiment une lecture confortable dans laquelle on aimerait s’installer.

5. Quelle est la plus longue série de Fantasy que tu as lue ?

La plus longue série que j’ai lu est celle de l’Épouvanteur de Joseph Delaney, constituée de 13 tomes. C’est seulement après l’avoir terminé que j’ai commencé à me rendre compte du nombre de livres que j’avais lu dans cet univers. Cette série est un vrai coup de cœur et je la relirais sans hésiter dans plusieurs années. C’est d’une telle originalité ! Ça parle de sorcières, de gobelins, de démon, du diable entre autres, mais on n’a pas le sentiment que c’est du « réchauffé ». J’aime tout de cet univers, tout ce que l’auteur a pu construire du bestiaire aux intrigues personnelles des personnages. J’ai eu un petit pincement au cœur en terminant cette série, mais ce ne sera que pour mieux replonger dedans plus tard !

6. Quel est ton univers fantasy préféré ?

Sans hésiter, celui de la Terre du Milieu dans Le Seigneur des Anneaux. Bien que de nombreux univers m’inspirent et qu’il m’est plus que difficile de choisir un roman préféré, si je devais n’en garder qu’un malgré toute la peine que j’aurais en écartant les autres, ce serait celui-là. Parce qu’il y a une telle grandeur qui se dégage de cet univers. Il m’inspire chaque jour, il me donne envie de créer tout le temps.

Je joue énormément au MMORPG Le Seigneur des Anneaux Online et je retrouve cet univers tous les jours (hormis exception). Je baigne dans cet univers presque chaque jour de ma vie et si j’ai terminé la trilogie il y a peu (avec la nouvelle traduction, la meilleure !) je ne vais pas tarder à les relire parce que ce n’est que du pur bonheur. Je ne saurais pas comment l’expliquer car, en plus de me remplir de joie, cette histoire et son univers sont plus qu’importants pour moi, un peu comme une dose d’oxygène. Je ne sais pas ce que je ferais aujourd’hui, ni qui je serais sans avoir rencontré un jour la Terre du Milieu car c’est certain, tout ce que cet univers est m’a façonné en tant que personne ces dernières années, mais aussi en tant qu’écrivain et créatrice d’univers. C’est une source d’inspiration infinie pour moi, j’admirerais la Terre du Milieu jusqu’à la fin de mes jours.

7. Quel est ton roman fantasy favori ?

Non, pas cette question ! C’est tellement difficile pour moi de choisir dans n’importe quelle catégorie, un préféré. Je suis une personne qui aime énormément ou n’aime pas du tout (en ce qui concerne mes goûts). Et donc cette question va me donner du fil à retordre… (heureusement, vous n’aurez pas le temps de réflexion en temps réel).

Ne pouvant pas choisir, je vais vous en citer quelques-uns et je vous donnerais par la suite mon dernier coup de cœur en date ! Alors, Le Seigneur des Anneaux, bien évidemment ; Harry Potter ; Le Trône de Fer ; L’Épouvanteur ; Tobie Lolness ; La Passe-Miroir ; De Cape et de Crocs (seule et unique BD que j’ai lue, mais quelle œuvre !) ; Les Chroniques de Narnia… (et je m’arrête là, j’ai réussi à éliminer certains titres, non sans perdre des morceaux de mon cœur en passant)

Voilà, maintenant que je suis contente d’avoir dérogé à la règle, je peux vous parler de mon dernier coup de cœur et non des moindres : la grande Symphonie des Siècles d’Elizabeth Haydon. Je ne sais même pas par où commencer tant il y a de choses que j’aime dans cette série. Si je devais la comparer, bien que l’histoire n’a rien a voir, ce serait avec Le Seigneur des Anneaux ou plutôt leur univers. L’univers est si grand qu’il est, à mon sens, l’un des plus proches de la Terre du Milieu (en termes de détails et de richesse). C’est l’un des univers qui m’a le plus rappelé celui de Tolkien de par sa création, sa façon d’évoluer et même si on n’arrive pas à la hanche de la Terre du Milieu (parce que la cheville, c’était trop bas), il m’a fait le même effet. J’ai exactement le même ressenti pour ces deux univers : le cœur serré par cette grandeur, par ces peuples, par l’évolution de ce monde. Je suis fascinée par cette histoire et je ne peux que la recommander !

8. Quel livre mériterait plus d’attention selon toi ?

La Symphonie des Siècles ! (je ne plaisante qu’à moitié)

Si je dois en citer un autre, ce serait la série Féerie de Catherynne M Valente dont je vous ai déjà parlé dans une Lecture des Écrivains. Ce livre m’a enchanté, bien plus que je ne l’aurais imaginé. On peut le comparer sans hésiter à Alice au Pays des Merveilles, mais l’intensité de cette histoire, la poésie et la beauté de son écriture, la tendresse entre les personnages n’a juste rien à voir avec l’œuvre de Lewis Caroll. De plus, sachant que j’ai lu les deux, je peux vous dire que les livres de Féerie sont bien plus abordables que le roman suivant cette chère Alice.

Cette série est sortie depuis deux ans en France, soit deux tomes publiés, mais la série est complète aux États-unis et je trouve qu’on ne parle pas encore assez de cette série. À découvrir donc, sans hésiter !

9. Plutôt Urban, Low ou High Fantasy ?

Encore une question difficile, car si je peux écarter sans hésiter la Urban Fantasy, je vais avoir plus de mal à choisir entre les deux autres choix qui sont mes deux sous-genres préférés de la Fantasy. La High Fantasy représente ces histoires dans un autre monde avec un héros devant réaliser une quête pour combattre un ennemi et la Low Fantasy parle de ces histoires qui se déroulent entre deux-mondes, quand des héros passent du nôtre à un monde Fantasy à l’image d’Harry Potter, de Féerie justement ou encore des Chroniques de Narnia.

J’aime les deux du plus profond de mon cœur, mais je vais faire entrer dans le choix l’écriture et sachant que je n’ai pas encore écrit de Low Fantasy, je vais choisir la High Fantasy (encore avec un pincement au cœur).

10. Quel est ton antagoniste préféré ?

On ne peut pas dire que c’est une antagoniste à proprement dit, mais je citerais Grimmalkin dans L’Épouvanteur, sachant qu’autrement je n’arriverais pas à trouver un « méchant » que je pourrais aimer. En fait c’est tellement rare que je crois que je n’en aime pas un. Je pourrais citer l’un des miens vu que je comprends peut-être pleinement leur complexité et que, par extension, je les apprécie, mais difficile pour moi de choisir quelqu’un qui serait vraiment à l’opposé du protagoniste.

Si ma réponse ne vous convient, je sors mon Joker dans ce cas !

12. Quel est ton personnage masculin préféré (héros ou pas) ?

J’ai encore envie de dévier la question et de vous en citer plein, mais je dirais Peregrin Touque soit Pippin dans le Seigneur des Anneaux. Il n’a rien du héros fantasmé, mais je l’aime quand même de tout mon cœur. Que ce soit dans les livres, dans les films ou dans le jeu du Seigneur des Anneaux Online, je suis toujours heureuse de voir le personnage arriver.

S’il est plutôt jeune, naïf et inconscient au début de l’histoire, il devient quelqu’un d’important par la suite. En fait, je trouve son évolution fascinante. Au départ il ne pense qu’à manger, fait des bêtises et pourtant il est très attachant parce que malgré tout il suit le mouvement et vient en aide à ses amis. Mais après, la façon dont il est plus impliqué dans l’histoire, cette nouvelle image qu’il montre de lui : courageux, plus sérieux… J’adore ce personnage tout autant qu’il m’impressionne par la façon dont il a grandi grâce à cette histoire.

13. Quelle est ta créature imaginaire préférée ? Dans quel livre l’as-tu croisée ?

Aslan dans Narnia, ça compte ?

Plus sérieusement, c’est encore difficile de choisir. De plus, la définition de créature est assez ambigüe. Une créature parle-t-elle ? pense-t-elle ? Si oui, alors ne serait-elle pas issue d’une espèce ou un peuple ? Donc la question deviendrait quelle est ta race préférée ? Pour vous donner une réponse qui semble convenir à la question, je dirais les dragons car si je n’étais pas tellement fan il y a quelques années (leur présence ne m’inspirait pas une réelle admiration) je commence à vouloir en savoir plus et les découvrir en détail.

Voilà, je ne suis pas convaincue par ma réponse, mais tant pis.

14. Pour toi, quel est l’élément indispensable à un bon roman de Fantasy ?

Tout bon roman de fantasy est original, pas dans le sens où il doit ne pas utiliser certains éléments de la Fantasy que l’on retrouve souvent, mais dans le sens qu’il doit les montrer d’une façon différente. Les personnages ont quelque chose en plus, quelque chose de différent, l’univers doit avoir une âme unique. Je dirais que par extension, un bon roman de Fantasy dépend si l’auteur a réussi à donner un peu de son âme à son récit ou s’il n’a fait que reprendre les codes du genre. J’aime quand on ressent quelque chose de particulier dans un roman de fantasy, que l’on sent la personnalité de l’auteur derrière et qu’on voit qu’il s’est fait plaisir. J’aime des livres de toutes sortes en Fantasy, en passant par Le Trône de fer à Féerie, puis du Seigneur des Anneaux à La Passe-Miroir. Ils sont tous différents les uns des autres, ils ont chacun leur propre personnalité, leur propre lumière, et même si on peut retrouver leur inspiration, ce que j’aime et ce qui les lie entre eux, c’est l’auteur qui l’a écrit et la façon dont il a laissé émerger un univers de son inconscient plutôt que d’écrire de la Fantasy selon ce qui existe. Ils ont fait ce qu’ils aimaient.

15. Quelle sera ta prochaine lecture fantasy ?

Cela dépend si je vais prendre un livre à la bibliothèque ou pas. Si oui, je prendrais certainement Six of Crows de Leigh Bardugo, parce que je l’ai réservé et que je ne veux pas le bloquer si quelqu’un d’autre veut le lire. Sinon, je vais me lancer dans la grande série de Brandon Sanderson, soit Les Archives de Roshar avec la première partie du tome 1 : La Voie des Rois. Je n’ai lu aucun livres de ces deux auteurs et donc, dans un cas comme dans l’autre, ce sera une découverte !


Ce Tag est fini et j’ai bien trop parlé pour faire une grande conclusion. Le principal a été dit, je m’en vais retrouver La Voix d’Origine et je ne peux pas vous décrire à quel point je suis heureuse !

Je vous souhaite une belle journée et de la joie, de la passion et tout plein d’autres trucs !

Bannière Caroline Dubois

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Le Pacte du Magicien est terminé !

Bonjour à tous !

C’est avec un plaisir immense que je vous annonce que j’ai terminé la première version du premier tome du Pacte du Magicien ! C’est un grand pas dans l’univers de cette série qui sera composée à minima de quatre tomes. Difficile pour moi à l’instant de trouver les mots, car je baigne dans une euphorie et un grand soulagement, mais je voulais vous partager ce moment, parce que c’est une étape merveilleuse dont je ne me lasserai jamais.

Terminer un roman, c’est d’abord un plaisir, parce qu’on est venu à bout de toute une histoire qu’on avait en tête, faisant de notre mieux pour présenter des personnages et les faire évoluer. Ensuite, c’est un soulagement, tout autant qu’une fierté, de savoir que le roman est là même si imparfait, mais qu’il est terminé et que tous ces jours où écrire étaient plus difficile, où l’inspiration n’était pas là, sont enfin derrière moi pour un temps. J’ai réussi à écrire et à dépasser cette peur qui m’était revenu il y a peu, quant à savoir si j’étais à nouveau capable de terminer un roman.

Écrire le mot « Fin » (ou dans mon cas À suivre…) est aussi libérateur, car même si je suis attachée à mes personnages, terminer un livre me permettra de poursuivre mes autres projets et de pouvoir quitter l’espace de quelques mois l’univers de cette série. Aujourd’hui, le Pacte du Magicien se termine en beauté avec un peu plus de 110 000 mots à son compteur, découpé en 20 chapitres. Je savais dès ce matin que je conclurais ce roman dans la journée, même si le défi était de taille. Il me fallait écrire un peu moins de deux chapitres entiers, ce qui représente quelque chose comme 8000 mots, soit un peu moins de trois jours d’écriture, mais j’étais déterminée à le faire. Je me suis octroyée de nombreuses pauses, me donnant la liberté d’aller à mon rythme pour me permettre de réaliser ce défi et c’est ce que j’ai fait.

J’ai adoré cette expérience, cette histoire, parce que si elle diffère un peu de ce que je peux écrire habituellement, elle m’a changé les idées, m’a permis de renouer avec l’écriture d’une grande façon. Je sais maintenant que je suis capable d’écrire tous les jours, sans objectif particulier, mais seulement en donnant une chance à mon histoire de progresser. J’ai commencé l’écriture du Pacte du Magicien au tout début du mois de juillet et nous nous retrouvons en août, avec tant de mots écrits, sans que cela est été une véritable difficulté.

J’ai un plus grand souvenir de ce qu’a été l’été 2015, lorsque j’ai écrit une grande partie de La Voix d’Origine et je me souviens de combien c’était difficile. J’arrêtais pendant quelques jours, j’écrivais très peu parfois. Alors que cette écriture, cet été, s’est révélée beaucoup plus facile. Je me faisais confiance, je suivais mon instinct et j’ai seulement suivi mon envie d’avancer dans l’histoire, de faire vivre ses personnages et de terminer ce premier tome de ma toute première série de livres.

Je n’ai pas envie de lâcher cette motivation aujourd’hui, je n’ai pas envie qu’elle me quitte et je sais que je dois garder les pieds dans mes histoires, quoi qu’il arrive. Parfois, quand je n’avais pas d’inspiration, je me demandais alors d’écrire seulement une phrase. Je me suis tout simplement demandée de ne pas abandonner avant d’avoir essayé, parce que finalement, c’est ce que je faisais tout le temps. J’arrivais devant mon ordinateur, je sentais que l’inspiration était absente et je ne cherchais pas à faire quelque chose, à me mettre dans l’action. Et l’action d’écrire s’est révélée inspirante ces dernières semaines, parce que c’est cette action qui m’a permis d’avancer et d’écrire parfois plus que mon quota de mots habituels, alors même que j’avais mal démarré la journée. Mais plus que tout, si j’ai besoin de garder cette motivation, j’ai envie d’appliquer cette expérience à La Voix d’Origine.

Comme vous le savez probablement si vous me suiviez il y a quelques mois, La Voix d’Origine me pose quelques problèmes depuis que j’ai lancé sa réécriture totale. Depuis que l’on m’a dit que mon écriture avait un problème, je me suis bloquée et j’ai vite perdu possession de mes moyens. La confiance en mon écriture revenait parfois, mais repartait aussi vite. Je n’ai pas écrit d’une telle façon comme j’ai pu le faire sur le Pacte du Magicien depuis des mois et cela a été aussi libérateur.

En plus de savoir que je vais pouvoir me lancer à nouveau dans La Voix d’Origine sans mes anciennes peurs, j’arrive avec un nouveau bagage acquis ces derniers mois. Quelques révélations, des idées, mais surtout une pensée qui m’apporte une grande sérénité et que je vais m’empresser de vous partager. Ce n’est pas une sorte de citation qui pourrait être inspirante pour vous, je le crains, ça m’a libéré d’une pression que je m’étais posée sur les épaules lorsque j’ai appris que mon écriture dans ce roman pouvait être un problème. J’avais donc décidé de tout réécrire, de prendre une page blanche et de laisser venir d’autres mots. Mais quoi de plus paralysant de revenir à la case départ alors que tout un roman existe, peut-être imparfait, mais bien vivant.

Ce que j’ai pu apprendre ces derniers mois m’a permis de comprendre que je pouvais retravailler mon écriture, que c’était un défi très réalisable, mais plus concret que celui de tout réécrire. Je sais à quelle tâche ardue je m’attaque, parce que depuis j’ai eu de nombreuses idées qui chambouleront beaucoup le matériaux principal, mais je sais où je m’en vais. Je ne suis peut-être pas dénuée de peurs, mais mon chemin est éclairé et je peux avancer. J’ai accepté mes peurs grâce à l’excellent livre dont je vous ai parlé sur Instagram : Comme par magie d’Elizabeth Gilbert. (Par ailleurs, en ce moment, je suis entourée d’auteures se nommant Elizabeth, des femmes qui m’inspirent vraiment. Ça m’encourage à avancer, sans trop savoir pourquoi).

Ce livre m’a permis d’accepter que La Voix d’Origine n’allait peut-être pas être parfait, que des gens trouveront à redire de toute façon, mais que je ne devais pas me limiter, ni même empêcher cette histoire de vivre au grand jour parce que j’ai ces peurs-là. Je crois que je suis prête à réécrire, à décortiquer mon histoire, à reprendre mes notes, à travailler mes personnages et à réécrire des scènes en entier s’il le faut, mais je peux reprendre ce qui existe et le perfectionner. Je vais essayer de polir mon roman pour lui donner un nouvel éclat. Je dois avoir assez confiance en moi pour croire que j’ai assez de talent pour faire disparaitre les lourdeurs d’écriture.

En ce jour, je suis remplie de bonheur, de soulagement par la fin du premier tome du Pacte du Magicien, mais je suis aussi animée par l’espoir des jours à venir et du travail sur La Voix d’Origine qui s’annonce. Ce livre arrivera dans vos mains un jour, je l’espère de tout mon cœur et je vais faire de mon mieux pour que cela se réalise.

Je vous souhaite une bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

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La Lecture des Écrivains | Autre-Monde

Bonjour à tous !

Me voici de retour sur mon blog pour vous proposer une nouvelle Lecture des Écrivains. Depuis que j’ai lancé cette nouvelle catégorie en mars 2017, on ne peut pas dire que j’ai fait beaucoup d’articles. Pourtant, je n’abandonne pas du tout cette catégorie et il faut que je retravaille sérieusement les quelques idées que j’aie à propos de thèmes et de livres que j’ai mis de côté pour vous les présenter assez régulièrement. Aujourd’hui, je reviens donc avec la saga Autre-Monde de l’auteur français Maxime Chattam. Si vous me suivez depuis un petit moment sur mon blog, vous savez que j’ai déjà parlé de cette série dans un autre article dans lequel je vous décrivais ma relation avec cette histoire et comment elle a évolué en même tant que moi et mes écritures. Si cela vous intéresse, c’est par ici !


Autre Monde, de Maxime Chattam

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Quatrième de couverture :

« Personne ne l’a vue venir. La Grande Tempête : un ouragan de vent et de neige qui plonge le pays dans l’obscurité et l’effroi. D’étranges éclairs bleus rampent le long des immeubles, les palpent, à la recherche de leurs proies… Quand Matt et Tobias se sont éveillés, la Terre n’était plus la même. Désormais seuls, ils vont devoir s’organiser.

Pour comprendre.

Pour survivre…

À cet Autre Monde. »

1 | Des méchants travaillés

Si vous ne connaissez pas encore cette série, il y a un point très important à retenir : les méchants sont nombreux et n’ont pas tous les mêmes buts. En cette phrase tient une des parties les mieux réussies selon moi de cette saga Autre Monde. Dans les romans jeunesses, le manichéisme est souvent bien trop présent. On nous donne de la notion de bien et de mal sans nuance et les méchants, parfois un seul et unique avec plusieurs personnages à son commandement, sont seulement mauvais et trouve leur plaisir dans le mal-être des protagonistes.

Dans cette saga, si tous les antagonistes ne sont pas nuancés comme on pourrait le voir dans le Trône de Fer, par exemple, ils ont tous une personnalité qui leur est propre et c’est ça qui change tout. Ils ont leur propre but : détruire un personnage, asservir une catégorie de personne, conquérir le monde… Et ces buts sont atteints. Voilà un autre point qui change par rapport à certains livres, mêmes pour adulte. Les « bad-guys » doivent gagner et c’est un détail que nous devrions utiliser bien plus souvent.

En résumé, nous devons penser nos méchants comme s’ils étaient les héros de leur propre histoire, que les protagonistes soient leur obstacle, mais ne gagnent pas toujours et que chaque personnage qui a une mauvaise intention doit avoir une personnalité propre qui ne tombe pas nécessairement dans le « mouahahaha, je suis méchant ».

2 | Des éléments du quotidien utilisés/transformés

Si vous créez un livre de fantasy ou bien fantastique, la saga Autre-Monde peut être une véritable source d’inspiration quant à la création de nouvelles choses. Car si les créatures, les lieux, les événements naturels semblent tous droit sorti du chapeau de l’auteur Maxime Chattam, cela ne l’empêche jamais d’utiliser des objets, des parties de notre quotidien pour les mélanger ensemble ou pour les assembler à quelque chose de plus surnaturel.

Pour vous donner deux exemples, le héros Matt part de chez lui avec une épée qu’il a reçue en cadeau et cette épée est la réplique de celle d’Aragorn dans le Seigneur des Anneaux. Ça n’a l’air d’être qu’un détail, mais c’est génial quand on y pense : qui ne voudrait pas vivre une aventure avec le même objet que son héros ? Et le deuxième point en rapport avec les créatures inventées, nous retrouvons par exemple la Comptecinelle qui est un coléoptère de la taille d’une maison et dont le nombre de point révèle la dangerosité de la créature.

Ce qu’il y a de bien dans ce procédé, en utilisant des choses du quotidien, c’est que ça permet aux lecteurs de faire de suite le lien avec ce qu’il connaît. C’est une façon de l’amener facilement dans le monde que vous créez sans totalement le dépayser, surtout si vous avez l’intention de créer beaucoup de détails pour votre monde. Cela permet de faire une entrée en douceur tout en vous permettant de libérer votre imagination. Ce sont de véritables références à notre monde, à notre réalité et ce n’est pas une mauvaise idée d’en faire plus souvent l’utilisation.

En quelques mots, nous devons observer notre monde et en retirer le meilleur pour nos histoires !

3 | Entretenir le suspens

La dernière chose que j’aimerais montrer de cette saga, et non des moindres, ce sont les fins de chapitres. Maxime Chattam a, comme dans ses autres romans, une facilité incroyable à donner envie de poursuivre son histoire sans vouloir l’interrompre. Les fins de ses chapitres ont quelque chose de soudain qui nous fait nous interroger ou bien nous fait nous inquiéter pour les personnages.

Les fins de chapitres qui peuvent nous donner envie de tourner la page sont multiples et il n’est pas le seul à utiliser de cette technique pour garder le lecteur en haleine, mais c’est un point que je voulais relever. Dans chacun des tomes d’Autre-Monde, même lorsque celui-ci me plaisait moins que les autres, j’avais toujours cette envie de poursuivre parce que le suspens était entretenu. Les éléments importants, les révélations sont apportés au compte-goutte pour nous donner envie de lire la suite. Son suspens est travaillé, mieux, il est maîtrisé.

Je pense que c’est un point auquel on pense, mais pas assez souvent. Dans mon cas, c’est ainsi que je fonctionne : je vais découper mes chapitres selon certaines révélations, certains événements, mais je pense rarement à maîtriser ce suspens et à le travailler comme je travaillerais des scènes ou que je mettrais en avant un personnage. Le suspens est comme un personnage à part entière qu’il ne faut pas négliger.

Nous devrions avoir une sorte de chronologies des événements importants ou des révélations et faire que les scènes s’adaptent à eux, plus que le contraire.


Cette série a suivi mon parcours d’écrivain, elle m’a beaucoup inspirée et m’inspire encore aujourd’hui. C’est une série riche en détails et du point de vue de l’écriture, du travail réalisé sur toute cette saga, il y aurait de quoi discuter en plusieurs articles tant il y a d’aspects intéressants à analyser. Maxime Chattam est un auteur que j’apprécie beaucoup et je reste toujours admirative de ses romans, peu importe le genre ou le thème traité, car il est une véritable source d’inspiration pour devenir meilleur dans ce qu’on fait !

Bannière Caroline Dubois

{Image : Snappa / Albin Michel}

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Si… de Rudyard Kipling

Bonjour !

Une nouvelle petite catégorie fait son apparition : Inspiration. Il y a des textes, des citations qui m’inspirent et j’aimerais vous les partager. Je ne posterai pas tout le temps dans cette section, parce que je ne veux pas que mon site devienne un blog à citation. Ce sera rare et ce sera bien.


Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaitre,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maitre,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.

Si… de Rudyard Kipling

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Être écrivain

Bonjour à tous !

La pause estivale du blog me fait beaucoup de bien et pourtant, ce n’est pas parce que je ne poste pas d’articles que je n’ai pas de nombreuses idées de textes ou de pensées à vous partager. Si j’avance particulièrement bien sur mon roman Le Pacte du Magicien, ça n’était pas le cas fin 2016, ni même pour La Voix d’Origine il y a quelque temps. Ces derniers mois ont été plutôt difficiles à encaisser pour moi. Vous l’aviez remarqué avec mes indécisions, mes changements de plan… Je n’étais pas en phase avec moi-même. Il y avait un peu de pression pour plusieurs raisons (que j’étais la seule à me mettre sur les épaules) et je n’ai pas réussi à faire avec jusqu’à ce que l’été arrive et que je prenne la décision de faire une pause sur le blog.

Ce que cela m’a apporté, une belle reconnexion avec mon écriture. Ça m’a permis de comprendre un peu plus pourquoi ces derniers temps j’avais du mal à progresser dans mes romans, mais aussi pourquoi j’avais tant besoin de l’écriture. Mais en plus de me ramener à une écriture productive et quotidienne, cette pause m’a permis de réfléchir et surtout de relativiser sur ce que c’est d’être écrivain. Aujourd’hui, j’aimerais vous partager ces quelques pensées qui j’espère pourront vous aider si vous traversez le même chemin que moi.

Tout d’abord, être écrivain c’est accepter de se qualifier comme tel. Ce n’est pas évident d’assumer ce titre surtout quand la plupart du temps on n’a pas l’impression d’être légitime, ni même de le mériter. On pense à tort qu’il faut avoir partagé ses histoires ou publié un livre, qu’il faut gagner de l’argent avec ses écritures ou bien encore qu’il faut être connu. Mais quand on est dans sa maison, loin de tous les regards et qu’on est parfois la seule personne à savoir qu’on écrit, on n’a pas idée de se présenter comme étant écrivain aux autres.

Cette non-acceptation de ce que je suis, j’ai mis du temps à l’effacer de mes pensées. Si je me suis rapidement présentée comme telle aux autres, c’est surtout parce que je n’ai pas d’autre métier et que je n’allais pas dire que je ne faisais rien alors que j’écrivais. Mais le dire aux autres, ce n’est pas forcément se le dire à soi. S’accepter comme étant un écrivain à part entière est presque plus difficile, parce que encore une fois on a l’impression de ne pas mériter cette place, ce titre. C’est encore pire quand on n’a pas confiance en ses écrits, là, prétendre être écrivain serait presque de la prétention.

Et pourtant, qu’est-ce que c’est être écrivain ? Si vous cherchez sur internet, la définition est, selon le Larousse : une personne qui compose des œuvres littéraires. Vous en faut-il plus pour croire en vous ? Certains me diront peut-être : et si on a envie d’écrire mais qu’on n’y arrive pas ? À cela je vous répondrai qu’un écrivain dans l’âme ce n’est pas celui qui a terminé son livre, publié ou pas, c’est celui qui a une histoire à partager, des idées à mettre sur papier. Que vous arriviez ou non à écrire, cela dépend de votre personnalité d’écrivain et je vais y revenir un peu plus tard, mais que vous ayez envie désespérément d’écrire, que vous ayez besoin de partager une histoire, pour moi, cela a tout autant de valeur que quelqu’un qui a terminé son roman. Être écrivain, c’est avant tout être passionné, avoir des histoires plein la tête.

Viens alors l’idée de la qualité. Qu’est-ce que l’on vaut en tant qu’écrivain ? Est-ce que notre écriture est belle, intelligente, simple ou complexe ? On finit toujours par se poser la question et se comparer aux autres. On lit nos auteurs préférés et on finit par douter de nous, de notre capacité à écrire et tout simplement on finit par ne plus croire en nous-mêmes. La comparaison est un sujet que j’ai déjà traité, mais c’est l’un des principal obstacle pour que nous nous acceptions comme écrivains. Mais en plus de la comparaison, il y a aussi le jugement que nous portons sur notre propre écriture. Combien de fois avons-nous effacé une phrase parce qu’elle ne sonnait pas bien à l’oreille, parce qu’elle n’était pas assez parfaite ? Combien de fois avons-nous détesté notre écriture parce qu’elle ne nous ressemblait pas ou n’avait rien à voir avec ce qu’on voulait retranscrire ? Combien de fois l’écriture semblait bien trop difficile à sortir de notre tête ?

Oui, partager une histoire, quand on veut être écrivain, ça passe par l’écriture. Et il n’y a que ceux qui ont essayé qui peuvent savoir combien ça peut être dur d’écrire, même quand on en éprouve l’envie, parce que la confiance n’est pas là, tout comme l’inspiration peut se faire silencieuse. Et pourtant, peu importe notre envie, on finit toujours par ne pas s’accepter comme étant écrivain si on ne réussit pas à écrire. Peut-être que l’écriture est l’outil qui partage les histoires qu’on a en tête, mais cela ne nous définit en rien et cela ne dira jamais de nous que nous ne sommes pas écrivains. Nous le sommes, un point c’est tout. C’est inné.

C’est un peu comme un pouvoir magique qui se manifesterait à différents âges. On peut avoir la vocation de devenir écrivain très jeune, comme je l’ai eu à huit ans, on peut l’avoir au lycée, à la sortie de l’université, à quarante, cinquante ans… Peu importe, c’est un don, un outil. Diriez-vous d’un magicien qu’il ne l’est pas s’il n’utilise pas ses pouvoirs ? Voilà qui devrait répondre à votre question.

Et une fois qu’on a accepté de se qualifier comme étant écrivain, qu’on le clame haut et fort ou non, il reste toujours à accepter notre personnalité d’écrivain. La comparaison avec d’autres écrivains revient sur le tas d’une façon différente. Si, comme moi, vous avez longuement cherché à vous améliorer, à apprendre comment écrire un roman, vous êtes sûrement tombé sur de nombreux sites, de nombreux blogs où des écrivains racontent leur quotidien, leur façon de faire. Et c’est là qu’on commence à cogiter.

On va lire une fois qu’un auteur a écrit en un mois un livre et soudain, ça va nous ramener à nous, à notre capacité à écrire, à la vitesse à laquelle on le fait. Pourquoi l’humain est si dur envers lui-même ? J’espère un jour élucider la question. Toujours est-il que nous allons nous comparer à leur personnalité d’écrivain. Nous allons nous dire : je devrais écrire mon roman en un mois, je devrais en écrire deux par an, je devrais écrire tant de mots par jour ou encore je devrais avoir tant d’idées pour des histoires… Qu’est-ce que tout ça ? Ça me fait penser à des fleurs tropicales qu’on essaierait de faire pousser dans un jardin anglais. Ça ne fonctionne pas parce que ce n’est pas notre mode de fonctionnement, ce n’est pas notre vraie nature. Les écrivains sont ce qu’ils sont et les outils des uns ne fait pas le bonheur des autres.

J’ai longtemps eu du mal et je ne prétends pas avoir résolu complètement le problème, mais ces dernières semaines j’ai beaucoup réfléchi à cette question. Depuis mars dernier, il me semble, j’ai décidé de réécrire La Voix d’Origine et en trois quatre mois je n’ai réussi à écrire que trois chapitres. Pendant ce temps, je ne me suis pas dit que tout allait bien et que c’était le temps dont j’avais besoin, non, j’ai passé ce temps à me dénigrer parce que je ne faisais pas comme les autres écrivains, parce que je prenais trop de temps.

À force de se répéter cela, on finit par croire qu’on n’est pas écrivain du tout et ça m’a sérieusement fait douter pendant un moment. Finalement, suis-je faite pour cela ? Est-ce que je ne me suis pas faite de fausses idées ? Aujourd’hui, j’ai envie de me secouer comme un cocotier et de me sortir une bonne fois pour toutes ces idées de la tête. Je suis l’écrivain que je suis. Si pendant trois mois j’écris trois chapitres, c’est que c’est ainsi que je fonctionne. Et si le mois d’après j’écris un chapitre par jour, alors c’est parce que tout va bien.

J’aimerais une bonne fois pour toutes nous faire comprendre que le temps dont nous avons besoin pour écrire un roman, le style de notre écriture ou sa qualité est quelque chose de personnel. Je ne peux pas me comparer à quelqu’un d’autre quand bien même nous ayons les mêmes goûts littéraires, le même âge et les mêmes envies, tout simplement parce que j’ai une personnalité d’écrivain qui m’est propre et que je dois l’accepter. Je dois accepter aujourd’hui que parfois j’aurai besoin de temps, parfois j’aurai besoin de pauses, mais que toujours j’aurai besoin de me faire confiance pour pouvoir avancer.

Parce que je suis écrivain. Nous sommes écrivains, peu importe ce que les autres en disent, peu importe ce que nous partageons et le temps que cela prendra.

Bannière Caroline Dubois

{Images : Pixabay / Snappa}

Carnet de Notes #17

Cela va faire près d’un mois que je ne suis pas revenue sur mon blog, respectant mon souhait de prendre du recul et de me laisser une chance de me concentrer un peu plus sur l’écriture de mes romans que sur mes articles. Mais aujourd’hui, j’ai envie de revenir pour vous partager ma belle avancée et ma sérénité du moment.

Si les deux premières semaines suivant mon article L’été arrive… je n’ai pas pu écrire pour cause de travaux et de temps passé avec ma famille, cette semaine a été sous le signe d’une écriture productive ! Pour vous faire un bref résumé, j’avais décidé de suspendre l’écriture de La Voix d’Origine pour retrouver ma véritable envie d’écrire et pour m’amuser plus que « travailler ». J’étais donc passée sur Le Pacte du Magicien pour lâcher prise et écrire quand l’envie me prenait. Aujourd’hui, je suis restée fidèle à ma décision et je travaille toujours sur ce roman que j’avais mis de côté en fin d’année 2016.

Aujourd’hui, j’en suis au chapitre 6 et je suis très heureuse de vous partager cette avancée. Très vite, je me suis rendu compte que je n’arriverais pas à faire de petits chapitres comme je l’avais souhaité, car j’avais beaucoup de choses à dire et donc mes chapitres sont assez conséquents même si leur taille reste correcte. J’avance par paquet de deux mille voire trois mille mots par jour sans que cela soit difficile ou que j’ai l’impression de les ramener du fin fond de l’espace. Je m’impressionne moi-même par la facilité que j’ai d’écrire, mais finalement je suis plus sereine qu’enjouée.

En fait, j’ai le sentiment de vivre enfin ce que je souhaitais depuis un long moment, pouvoir écrire sur plusieurs heures, la tête plongée une bonne partie de la journée dans mon roman. J’ai de l’énergie à revendre et une fois que j’ai commencé à écrire, je ne m’arrête plus. Depuis le début de semaine, j’écris près d’une moitié de chapitre par jour et j’ai dépassé le stade où j’en étais lors de la première écriture du Pacte du Magicien. Les choses me sont faciles en ce moment et, plutôt que de chercher la petite bête et tout gâcher, je profite du moment présent, de ces instants qui me sont offerts.

Je ne me donne pas d’autres objectifs que de consacrer un peu de temps à mon roman tous les jours. Notamment, en ayant en tête les bons mots de l’écrivain Lionel Davoust dans un de ses excellents articles :

« Tu n’as aucune obligation de résultat, seulement une obligation de moyens :
te mettre devant le clavier »

Et c’est ce que je fais. Je ne m’oblige pas à sortir un nombre de mots, ni même à avoir un quelconque résultat. Je cherche simplement à me plonger dans mon histoire un peu chaque jour. Mais plus les jours passent et plus l’envie d’écrire grandit en moi. Aujourd’hui, j’avais un léger doute quant à ma capacité à écrire. Je me suis dit que j’avais peut-être eu de la chance (oui, j’ai fini par chercher la petite bête) et que cela n’allait pas toujours fonctionner. Finalement, je me suis dit : « Essaie » Je n’avais pas besoin de réussir, j’avais juste besoin d’essayer, de me remémorer l’ambiance dans laquelle je vis ces derniers jours et d’écrire quelques mots pour offrir une chance à mon histoire d’exister un peu plus.

Voilà où j’en suis aujourd’hui, heureuse et sereine d’avancer de façon productive et créative dans mon roman. Mes personnages prennent de l’ampleur, certains se révèlent alors qu’ils devaient rester en retrait, d’autres deviennent plus fascinants que je ne l’avais imaginé.

Une histoire prend vie et j’ai seulement envie que cela continue.

Bannière Caroline Dubois

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