Suivre son intuition

Bonjour à tous !

Nous ne savons pas d’où viennent nos idées, si elles apparaissent comme un miracle, si elles flottent dans l’univers et pourraient être captées par tout le monde, ou encore si elles nous appartiennent vraiment et ne sont pas en réalité le fruit d’une inspiration. Nous ne connaissons pas leur origine, mais nous avons tous fait l’expérience, que ce soit dans la création d’un roman ou dans un autre projet, de l’apparition d’une idée qui change tout et éclaire notre chemin.

Jusqu’alors, j’avais toujours suivi mon intuition concernant La Voix d’Origine. À travers cinq changements majeurs, j’ai toujours su au fond de moi que cette idée, malgré la surcharge de travail qu’elle m’apportait, était bénéfique pour mon histoire et que je devais la suivre, peu importe mes doutes et mes peurs. Ces derniers temps, je me pose beaucoup de questions concernant mon roman. C’est à peine croyable de se dire qu’il y a quelques mois, je pensais que ce roman était terminé, ne nécessitant que quelques petites modifications.

Le jour où l’on m’a dit et que j’ai enfin compris qu’il y avait un réel problème avec mon écriture, je ne savais pas encore tous les changements que cela créerait. Je vois aujourd’hui que toutes ces possibilités qui s’offrent à moi dans l’écriture de cette histoire sont une bonne chose, mais je dois vous avouer que j’ai un peu freiné des quatre fers dernièrement, parce que ça me faisait peur.

J’avais compris la nécessité de changer mon écriture, parce que celle-ci ne me ressemblait pas, mais depuis que j’ai pris la décision de réécrire entièrement mon roman, ce n’est pas seulement mon écriture qui change mais également mon histoire, mes personnages. C’est comme s’ils évoluaient sans mon autorisation, mais qu’ils changeaient plus vite que ma réflexion. J’ai le sentiment d’être dépassée par mon roman qui prend des tournures inconnues que je ne maîtrise pas. Jusqu’alors, pendant ces dernières années, j’avais toujours suivi mon intuition, parce que cela me paraissait la meilleure option possible, peu importe le morceau de route qui se rajoutait au bout du chemin.

Mais ces derniers temps, je me suis senti dépassée par toutes ces nouveautés qui apparaissaient un peu comme elles le voulaient et j’avais l’impression de perdre mon roman, sans savoir ce qu’il allait réellement devenir, mais également de me perdre un peu moi-même. Il faut dire qu’avant de prendre cette décision, je m’étais lancée dans un nouveau projet et que je crois en ce projet autant que je crois en La Voix d’Origine. Mais ce roman qui me suit depuis des années semble aller bien plus vite que moi. Pourtant, je commence à comprendre ce qui ne va pas.

Le vrai problème qui me suit depuis que j’ai pris cette décision n’est pas que mon histoire change, évolue. Si cela se fait, c’est parce qu’il y a une raison et je crois fortement au fait que ce n’est que pour aller vers quelque chose de mieux. Le vrai problème se situe en moi, tout d’abord parce que j’ai l’impression de trahir l’ancienne version de ce livre, mais aussi parce que j’ai terriblement peur du temps que cela va prendre. Je ne sais pas si c’est normal et que c’est dans ce sens-là que doivent aller les choses ou bien si c’est simplement ma peur de me lancer réellement dans l’aventure de la publication qui me fait repousser encore et encore ce projet.

Honnêtement, je ne crois pas. J’étais complètement prête à l’envoyer à des maisons d’édition il y a quelques mois, peu importait la peur que j’avais au fond de moi, j’étais prête à le faire. Ce qui s’est passé, c’est que je n’avais pas encore mis tout ce que je voulais vraiment dans ce roman et ça s’est tout simplement ressenti à la lecture. Personne n’est à blâmer, c’est comme ça qu’est la situation et je dois juste l’accepter.

Ces trois derniers jours et depuis que j’ai terminé le premier chapitre de mon roman, je suis confrontée à une autre intuition. Cette dernière ne rajoutera pas plus de travail, ni de temps pour la réalisation de ce livre, et heureusement ! Le souci, c’est que mon roman se métamorphose en quelque chose que je n’avais pas prévu. D’une, je ne sais pas si je serais à la hauteur et de deux, j’ai terriblement peur de me tromper.

Pour vous expliquer, j’ai écrit le premier chapitre de façon si naturelle que ça m’a même surpris. Ça faisait tellement longtemps que je patinais dans la semoule avec cette réécriture que c’en était presque trop beau pour être vrai. Pourtant, ça s’est fait. Mon premier chapitre a été écrit et je n’ai rien à redire sur lui (enfin… rien qui ne m’empêche de poursuivre plus loin). Mais dans ce chapitre, des sortes de flashbacks ont fait leur apparition. Dans la première version de mon roman, on apprenait le passé de mes personnages par le dialogue ou bien une narration très courte de leur histoire. Là, c’est une véritable plongée dans l’action d’un moment passé. Et ce chapitre, quand je le relis, me paraît tout aussi naturel que lorsque je l’ai écrit.

Lorsque j’ai commencé le deuxième chapitre, d’autres flashbacks me sont venus à l’esprit. Ça s’ancrait tellement bien dans le récit : on en apprenait plus, ça apportait une profondeur incroyable au récit. Puis mes peurs sont revenues à la charge. La peur de ne pas réussir à écrire ces nouvelles scènes que je n’avais jamais imaginées auparavant et qui s’invitaient au fur et à mesure dans mon histoire. La peur de ne pas avoir assez de souvenirs à raconter et de me retrouver sans eux au bout d’un certain temps.

Franchement, il y a encore quelques heures, je ne savais toujours pas comment faire et j’avais juste envie d’oublier ces flashbacks, mais le souci, c’est que je n’avance pas et que je vais à l’encontre de ma propre voix. Aujourd’hui, j’ai compris que peu importait la peur que j’avais en moi de me louper complètement sur ce changement, je n’ai jamais écrit de façon aussi naturelle que celle-là. Pourquoi ne devrais-je pas écouter ces faits plutôt que de m’inquiéter d’une situation qui n’est pas encore là ? Pourquoi devrais-je me forcer à écrire un chapitre d’une certaine façon, si mon cœur me dit de le faire d’une autre ?

Je n’ai pas la moindre idée de ce que mon roman va devenir et j’imagine qu’il a encore bien des surprises à me présenter, mais le fait est qu’aujourd’hui, je vois à quel point ces flashbacks sont importants pour mon histoire et ce que cela lui apporte. Aujourd’hui, j’ai besoin d’écouter mon cœur, mon intuition, au lieu des peurs et de mes réflexions pragmatiques. J’ai besoin de laisser mon imagination s’envoler, de ne pas me donner de limites parce que le roman pourrait être différent de son ancienne version.

Oui, j’ai l’impression de trahir cette première version, mais au fond de moi je sais que ce n’est pas l’histoire même qui va changer, mais sa forme. Si je regarde l’ensemble, je vois toujours mon histoire, celle que j’ai inventée et sur laquelle j’ai travaillé pendant de nombreuses années. Aujourd’hui, je dois accepter de suivre mon histoire là où elle veut aller, grandir avec elle et comprendre que si mon intuition m’engage sur ce chemin-là, c’est que je suis capable de le faire.

L’intuition est le meilleur des guides et je n’ai plus envie de douter. J’ai envie de voir où tout cela va me mener et si je me trompe, tant pis, c’est que je devais apprendre quelque chose de cette situation. Mais honnêtement, maintenant que je suis passée à autre chose, que je laisse mon roman sortir de sa chrysalide, je doute de mon échec. J’ai juste envie d’y croire.

Écoutez votre instinct, les amis, nous devrions toujours le suivre sans se poser de questions.

Je vous souhaite une très bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

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Le Jour de l’Écriture – Défi

Bonjour à tous !

Après encore un petit temps d’absence, je reviens avec une nouvelle catégorie sur l’écriture. L’idée vient de pointer le bout de son nez et j’ai pensé qu’au lieu de réfléchir dessus pendant des heures, il valait mieux que je m’écoute et que je réagisse aussitôt.

Comme vous le savez peut-être, si vous suivez ce blog depuis un moment, j’ai souvent partagé mes journées d’écriture lorsque je travaillais sur mes romans. C’était une façon pour moi de me motiver chaque jour, d’écrire et d’avancer dans mes créations sans les délaisser. Si ces derniers temps, je n’ai jamais cessé de penser à La Voix d’Origine, je dois avouer que ça fait un bout de temps que je n’ai pas écrit. Concrètement, mon premier chapitre est terminé et j’avais commencé le deuxième avant de changer d’avis et de modifier ce que j’avais en tête. Je sais quelle est la prochaine étape dans mon écriture et celle-ci ne me rebute pas, mais je n’arrive pas à trouver l’envie, ni la motivation me permettant de consacrer un peu de temps à mon écriture. En fait, ayant du temps à volonté, il est difficile de le consacrer à du travail, même si c’est une passion, quand on peut faire d’autres choses. Soit j’ai envie d’écrire toute la journée et si je n’écris qu’un peu, cela ne me satisfait pas, soit je me laisse vagabonder vers des envies qui n’ont rien à voir avec l’écriture.

J’ai déjà pensé à reprendre les Journées d’Écriture partagées, mais malgré la bonne motivation qu’elles me procurent, je finis toujours par être lassée et épuisée par la pression que je me mets sur les épaules. Parfois, c’est déjà bien difficile d’écrire alors en plus si on doit tenir un blog chaque jour, écrire un article qui sera un minimum intéressant alors que la journée ne l’a pas forcément été… c’est du travail et cela devient pesant.

J’étais donc dans mon jardin quand il m’est venu une idée. J’ai compris que le meilleur aspect des Journées d’Écriture partagées, c’était la motivation qu’elles m’apportaient chaque jour. Et les points négatifs, la surcharge de  travail avec le blog et l’objectif parfois trop grand que je m’imposais. Je voyais toujours le roman dans sa globalité, donc je me disais que si j’écrivais chaque jour un certain nombre de mots alors j’aurais fini à telle date et les rares fois où j’avais besoin de faire une pause me donnaient surtout envie de culpabiliser. Le Jour de l’Écriture va changer tout ça, garder le meilleur pour mettre en avant ce qui est le plus important. Pas les objectifs, pas le travail, pas le nombre de mots, mais l’envie d’écrire et l’écriture elle-même.

J’aimerais que ce défi ne s’arrête pas à moi, car je sens que ça peut être une façon pour chacun de nous de renouer avec l’écriture si vous vous trouvez dans le même cas que le mien. Je ne sais pas si certains d’entre vous seront intéressés. Je sais qu’il existe déjà de nombreux défis comme celui-là comme le NaNoWriMo ou bien encore le récent Défi Sablier de Samantha Bailly. Mais je dois avouer que j’avais besoin d’un défi maintenant. Je ne veux pas attendre une date pour me lancer et j’ai besoin de quelque chose qui s’adapte à mon fonctionnement. Un défi qui me permettrait de consacrer du temps à mon écriture, de me motiver chaque jour mais aussi de me respecter.

Cette nouvelle catégorie va donc consister à se donner un petit temps par jour. Une heure fixe, mais pas de délai. Par exemple, je me dis : « Dès 9h, je me pose devant mon ordinateur. » Et à ce moment-là je vais me demander de quoi je suis capable aujourd’hui, quel peut être le défi du jour que je serais capable d’atteindre. Je ne parle pas d’une semaine, ni de ce que je peux réaliser en un mois, tout simplement ce qu’il m’est réalisable aujourd’hui. Soit une demi-heure, soit une heure, soit je laisse les choses évoluer en commençant à écrire sans me poser de questions ou bien alors je ne décide pas d’un temps mais plutôt d’écrire une scène, un chapitre en particulier.

Le but n’est pas de s’imposer un même format chaque jour. Je sais comment je fonctionne et parfois les défis que je me lance ne conviennent pas à toutes les périodes que je traverse. Le Jour de l’Écriture, c’est une façon de recommencer à zéro chaque jour en suivant notre état physique et émotionnel.

Le Jour de l’Écriture, c’est se demander pendant un court instant à quel point on a envie de dédier une partie de sa journée à notre écriture et de trouver une solution si la forme qu’on avait adoptée la veille ne convient pas aujourd’hui. On n’a pas tout le temps la même humeur, la même énergie, mais peu importe le défi qu’on se lance à cette heure précise pour la journée, au moins on prend le temps, l’espace de quelques minutes, de vraiment considérer ce qui est le plus important pour cette journée : écrire maintenant ou prendre soin de soi, laisser reposer sa créativité.

Donc si vous avez envie de participer, il n’y a pas de soucis ! Aucune inscription, pas de délai, ni de pression. On commence quand on veut. Ce défi est vraiment là pour apaiser nos petits cœurs fragiles d’artistes et pour nous permettre de réussir notre roman sans culpabiliser d’avoir parfois besoin de temps !

Pour ma part, je le commencerai dès demain. Et si je n’ai pas encore décidé à quelle heure je me poserais la question, il est certain que je vais le faire et que je ferais de mon mieux selon la journée qui se présentera ! Je posterai via Instagram accompagné de jolies photos. Une façon d’entretenir ce réseau social que je délaisse un peu tout en n’ayant pas besoin d’écrire un véritable article. Je ferais alors peut-être une synthèse sur le blog à la fin de la semaine pour voir quels objectifs ont été atteints.

En tout cas, si vous voulez participer, adapter ce défi pour vous, n’hésitez pas à me laisser un commentaire ou bien à répondre à mes posts Instagram pour que je puisse voir votre évolution. Se donner des objectifs, c’est bien, mais si on peut se soutenir mutuellement, c’est encore mieux !

À demain donc sur mon compte Instagram, où j’annoncerai mon objectif et un peu plus tard mon avancée !

Je vous souhaite une bonne fin de journée !

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Le temps et l’écrivain

Bonjour à tous !

Il y a quelques années, quand j’entendais « Il faut du temps pour avoir une bonne écriture / être un bon écrivain » je dois avouer que cela me mettait un peu sur les nerfs. Il faut dire que dans cette phrase, je n’entendais pas la possibilité qu’un jour je puisse m’améliorer, j’entendais le fait qu’à ce jour, je n’étais pas assez bonne ou que mon écriture n’était pas satisfaisante. Comme si je n’aurais la chance d’avoir une bonne écriture que bien des années plus tard.

Ce genre de phrase me touchait beaucoup dans les premiers temps, quand je me suis lancée dans l’écriture, parce que c’était comme si je n’étais pas assez douée pour être écrivain, pour le prétendre et qu’il me faudrait attendre avant de pouvoir obtenir une publication ou atteindre un bon niveau d’écriture. Ça me faisait mal, parce que cela touchait à mon rêve et qu’au fond de moi, je voulais le réaliser « maintenant » et pas dans dix ans.

C’est principalement le fait de me consacrer à plein temps à mon écriture, grâce à mes parents, que ces mots me touchaient autant, parce que je voulais que ça se fasse maintenant. Je voulais commencer à écrire, à publier des livres et à instaurer dans ma vie ce travail que j’ai choisi pour le restant de mes jours. Quand on me disait qu’avec le temps, j’aurais un style meilleur, c’était comme un coup dur sur ces jours que je vivais, en plein dans la construction de mon rêve.

Si je n’avais pas ce blog, ma famille et des amis à qui en parler, mon projet resterait secret, caché et je serais tellement isolée que peu de gens comprendraient à quel point j’ai envie de faire de l’écriture mon métier. C’est un plan de vie, pas des plus communs, je ne fais pas d’études ; l’essentiel de ce que j’apprends se trouve dans des documentaires que je regarde, des vidéos en ligne ou bien au fil de mes recherches pour mes livres. Je ne travaille pas en parallèle, je me consacre uniquement à mon écriture et mes livres.

C’est comme si j’étais dans une réalisation sans fin, ce que je construis reste en grande partie invisible pour mon entourage. On ne sait pas concrètement ce que je fais et si, lorsqu’on me demande ce que je fais dans la vie, je réponds que je suis écrivaine (avec plus de facilité qu’avant), cela reste assez flou parce que le seul livre que j’ai publié a été créé grâce à l’auto-édition et que je ne le défends pas en salon comme certains pourraient le faire. Je suis dans l’ombre, dans le secret malgré tout ce que je peux partager avec vous ou avec mon entourage. Tant que je n’aurais pas envoyé mon manuscrit, qu’il ne sera pas publié par une maison d’édition, je resterais dans cet état en suspens sur la création de la prochaine partie de ma vie.

Tout ça pour vous dire que lorsqu’on me disait que le temps était associé à une « bonne écriture » je ne le prenais pas aussi bien que j’aurais dû. Cela m’a découragé plus d’une fois. J’avais l’impression de perdre mon temps, comme si je ne serais douée qu’une dizaine d’années plus tard et que pour le moment, le travail que je fournissais n’était pas à la hauteur des attentes.

Je me suis bien trompée. Je ne m’en veux pas d’avoir réagi à ce genre de phrase de cette façon, c’était ce que je devais vivre et aujourd’hui je comprends le sens de ces paroles. La majeur partie de ceux qui les ont dites, que ce soit dans mon entourage ou bien même sur internet ou dans les articles sur l’écriture, ne disait pas cela négativement. Cela me touchait personnellement, parce que je voulais être opérationnelle « tout de suite » et pas une fois que le temps aurait fait son œuvre. Pendant longtemps, j’ai cru que j’étais impuissante face à ma qualité d’écriture, face à mon apprentissage, comme si je ne pouvais rien y faire et que seul le temps pourrait m’aider.

J’ai continué à écrire, parce que ça fait partie de ma vie, mais il restait toujours une partie de moi qui était déçue de ce que je produisais. Je culpabilisais de ne pas être une bonne écrivaine, que pas assez de temps ne s’était écoulé pour que mon écriture vaille le coup d’œil.

Aujourd’hui, cela fait cinq ans que je suis engagée dans ce plan de vie, dans la réalisation de mon rêve de devenir écrivain. Et pendant cinq ans, j’ai appris de nombreuses choses. Tout d’abord sur moi-même et ma capacité à persévérer peu importe les montagnes qui se dressaient devant moi. J’ai appris des tas de choses concernant les romans, leur création, leur évolution au fil du temps. Et j’ai aussi appris ce que cette phrase voulait vraiment dire et ce que le temps apporte à l’écriture.

Le temps n’est pas le mot qui aurait dû être utilisé, c’est probablement à cause de ce mot que je me suis fait peur autant de fois et que j’ai cru n’être capable de rien. On aurait dû remplacer ce mot par « expérience » et l’expérience se gagne à la vitesse que l’on veut. L’écriture se bonifie avec le temps, non pas parce que le temps lui-même (ni l’âge) joue quelque chose sur notre qualité d’écriture, mais parce que le temps apporte l’expérience. Pendant des jours, des semaines, des mois et des années tout ce que l’on acquit, que l’on apprend permet d’avoir une meilleure écriture et de s’améliorer considérablement.

En entendant ces phrases, j’avais l’impression que j’étais impuissante face au temps, face à mon jeune âge, alors qu’en fait il suffit tout simplement d’être curieux de tout. Comment avoir une meilleure écriture ? La réponse n’est pas : il faut du temps ! La réponse est : sois curieux ! Il faut lire des romans de tous genres pour découvrir de nouveaux horizons, s’offrir de nouvelles possibilités. Il faut regarder des documentaires, lire des articles, regarder des films et essayer de comprendre comment ils sont créés. Pas la peine de s’intéresser à l’écriture en elle-même, parce que c’est personnel, mais s’intéresser à tout pour trouver ce qui nous inspire et ce qui nous lance dans la bonne direction.

Par exemple, j’ai lu le livre de Stephen King : Écriture, mémoire d’un métier. Et si j’ai trouvé son point de vue intéressant, je n’ai pas adhéré à tous ses conseils. L’écriture, c’est le reflet de notre âme et ce qui fonctionne pour l’un ne fonctionnera pas pour un autre. Si j’essaye d’écrire tous les jours, il m’arrive parfois d’avoir besoin d’une pause pour recharger les batteries. Ce n’est pas grave, c’est mon mode de fonctionnement et je l’ai compris.

Aujourd’hui je comprends que chaque année qui s’est déroulée depuis que j’ai pris ma décision n’était pas inutile. Le temps n’œuvre pas sur mon écriture, ce sont mes propres choix, mes propres apprentissages qui me permettent d’agir sur cette qualité. Les nombreuses lectures que j’ai découvertes m’apprennent à aborder les personnages de façons différentes, d’oser innover sur certaines formes d’écriture et de ne pas hésiter à exprimer ma propre voix. Il n’y a pas de recette à proprement dite pour bien écrire. Je crois qu’au lieu de « Ça prends du temps pour bien écrire » j’aurais aimé entendre « Si tu aimes écrire, c’est que tu as ça dans le sang. Et si tu veux t’améliorer, ne cherche pas à atteindre une qualité mais à comprendre ce que tu peux améliorer, trouve ce qui te permettra de faire quelque chose de mieux. » Mais avant toute chose, j’aimerais dire que ce n’est pas parce que tu peux t’améliorer, évoluer et devenir une meilleure version de toi-même, qu’à cet instant tu ne vaux rien.

Ce n’est pas parce que l’expérience de la vie me permettra d’avoir une meilleure écriture, qu’aujourd’hui je suis nul·le et sans qualités. On peut toujours s’améliorer et dans n’importe quel domaine. J’ai compris aujourd’hui que je devais voir ce temps à venir et cette expérience que j’allais acquérir comme une merveilleuse possibilité et pas comme un don qui me tomberait dessus un beau jour parce que j’ai été assez patiente pour le mériter. Cette expérience n’est pas quelque chose dont j’ai besoin pour écrire, c’est à moi de décider quand je veux m’améliorer et quand je veux exprimer ce que j’ai à dire sur l’instant, peu importe ce que les autres ont à dire là-dessus.

Ce qui compte dans l’écriture, c’est ce que l’on veut transmettre. Je peux bien savoir des quantités de choses, cela ne veut pas dire que la façon dont je vais les transmettre est la bonne. L’essentiel est ce qu’il y a dans le cœur et pour ce qui est du reste : de la qualité d’écriture, de la qualité d’une histoire, de l’épaisseur des personnages… Tout cela ne dépend que de ce que nous choisissons. Osons exprimer notre propre voix lorsqu’on a besoin de parler, le reste suivra. Dites ce que vous avez à dire. Ce que vous pouvez apprendre n’est qu’un bonus.

Si vous avez envie d’écrire ou que vous avez des histoires à raconter, croyez-moi, c’est suffisant. Tant que vous gardez précieusement cette envie comme une petite flamme fragile, vous pourrez affronter le temps et les montagnes. Personne, à part vous-même, n’a la mainmise sur votre destin. Ni le temps, ni votre âge, ni votre entourage, ni votre écriture.

 

 Le temps n’est pas l’ennemi de l’écrivain, il lui ouvre la porte de tous les possibles.

 

Je vous souhaite une bonne journée !

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Le bonheur d’écrire

Bonjour à tous !

Depuis que j’ai annoncé l’arrêt de l’écriture de Lux Æterna et le commencement de la réécriture, cela fait un certain moment, soit presque deux mois, que je n’ai pas pris réellement le temps d’écrire. Il faut dire que l’étape de la réécriture d’un roman est vraiment différente de l’écriture et il y a de nombreux autres éléments à prendre en compte, des étapes par lesquelles on passe, sur lesquelles on travaille avant d’en arriver à nouveau à l’écriture. Aujourd’hui, je suis en manque d’écriture, au point de ne plus savoir comment ça fait et de douter de ma propre facilité à écrire.

Lorsqu’on pense à un écrivain, si on n’a jamais soi-même tenter l’écriture, on a l’impression que son travail consiste uniquement à écrire et qu’à côté de cela il n’y a rien d’autre à faire, que ce n’est pas si difficile que ça et que n’importe qui pourrait le faire. Peut-être que n’importe qui pourrait le faire, mais être écrivain ne consiste pas en seulement écrire. Entre les recherches que l’on fait pour son roman, les planifications d’histoires ou de scènes, la création de personnages, les changements que l’on peut apporter en cours d’écriture et qui change tout ce qu’on avait prévu. L’écriture, être écrivain, c’est faire face à plein de petits travaux qui peuvent changer la qualité de son écriture, c’est faire face à de nombreux petits désagréments comme ne pas arriver à écrire quand on le doit et avoir envie d’écrire lorsque la situation ne s’y prête pas.

Il y a tellement à faire qu’il peut nous arriver, si on décide de se concentrer uniquement sur un roman, de traverser toute une période sans écrire. J’ai la chance d’avoir mon blog sous la main et que lorsqu’une envie d’écrire commence à me démanger, il me suffit de vous écrire un article. C’est facile, c’est pratique, ça me permet de garder la main d’une certaine façon et de pouvoir passer ce besoin en attendant de pouvoir goûter à nouveau à l’écriture de mes romans.

J’ai commencé à seulement écrire la semaine dernière. D’abord en commençant une nouvelle qui n’avait rien à voir avec La Voix d’Origine, parce que j’étais encore bloquée sur le plan de mon histoire et que j’avais besoin de me changer les idées. Lorsque j’ai commencé à écrire cette nouvelle, j’ai ressenti un bonheur immense, mais aussi un soulagement. J’étais soulagée de voir que ça me plaisait toujours autant, que c’était toujours aussi fluide pour moi d’écrire, que les mots s’enchaînaient, les idées également. J’étais soulagée de voir que cette période de non-écriture ne m’avait pas atteint et que peu importe ce que je pouvais traverser, j’aurai toujours l’écriture d’histoire sous la main. Qu’il y aurait toujours une place dans ma vie pour l’écriture et le bonheur que j’éprouve en écrivant.

Je ne sais pas pourquoi, une fois que je n’écris pas pendant un certain temps, je me mets à douter sur mes propres capacités, comme si l’écriture était un feu que j’entretenais en écrivant régulièrement et que, à force de ne pas pouvoir écrire lors d’une longue période, ce feu mourrait et qu’il ne me serait plus possible de le raviver. Mais cette idée est fausse.

Si au début la reprise est toujours délicate, on a à la fois très envie d’écrire, mais peur de ce qui peut arriver : est-ce qu’on va être assez doué ? Est-ce qu’on ne va pas avoir le syndrome de la page blanche ? On finit toujours par réécrire parce que ça nous rend heureux. Il est difficile de pouvoir décrire ce bonheur, mais j’imagine qu’il est le même pour tous les artistes qui n’ont pas eu le temps d’exercer leur art. Peu importe l’activité que l’on fait, la façon dont la création peut nous enrichir, ce que la réalisation peut nous apporter ; on le retrouvera toujours. Peu importe où nous sommes, peu importe l’âge que nous aurons, ça reviendra.

J’aime l’écriture de tout mon cœur, même si parfois il m’arrive de l’oublier, parce que ça fait bien trop longtemps que je n’ai pas écrit. Mais lorsque j’ai repris l’écriture de La Voix d’Origine il y a quelques jours, j’ai ressenti cette plénitude d’être là au bon endroit, d’écrire la bonne histoire et de faire tout simplement ce que je dois faire. Comme si, à ce moment précis, je n’étais pas dans l’erreur, ni à côté de ma vérité.

Si l’imagination d’histoires, de mondes, de personnages me suit chaque jour et que je ne suis pas prête de m’en débarrasser, l’écriture est quelque chose de plus versatile. Je ne suis pas de ces personnes qui réussissent à écrire chaque jour, ça m’arrive parfois, mais je donne de l’énergie à l’écriture plus qu’elle ne m’en rend. Il arrive quelquefois que je n’ai plus rien à donner à mon écriture et qu’il me faut du temps pour recharger les batteries pour y revenir. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises façons d’aborder l’écriture. Il est conseillé d’écrire régulièrement, car cela nous permet inévitablement de progresser, mais il faut aussi prendre en compte notre façon de réagir face à l’écriture. Il n’y a que nous qui puissions savoir ce qui est bon pour nous.

Je sais qu’il me faut parfois des pauses, mais celle-là, à cause de mon travail sur la réécriture de La Voix d’Origine et de l’arrêt de Lux Æterna était beaucoup trop longue à mon goût. Je suis arrivée à saturation. J’ai besoin d’écrire, j’ai besoin de laisser mes mots s’exprimer d’eux-mêmes à travers une histoire, pas seulement sur un article, car c’est tellement différent. Écrire un article me permet de satisfaire mon besoin d’écrire et de m’exprimer directement, mais écrire un roman me permet de faire vivre peu à peu un monde, une histoire, des personnages. Faire vivre quelque chose qui n’existait pas quelques minutes auparavant et qui désormais peut exister dans l’esprit des autres. Avec mes articles, je partage mon quotidien, mes sentiments et ce que je traverse, avec l’écriture je donne quelque chose que j’ai imaginé et cette sensation restera à jamais la plus belle et celle qui me procure le plus de bonheur.

Et aujourd’hui, j’ai la chance d’avoir cette longue écriture qui se présente à moi et qui me permettra de repartir dans ce cycle de « j’ai envie d’écrire », « j’aime ça » et « j’en ai marre ». J’assume pleinement mon fonctionnement et je sais qu’il n’est que passager, il y a toujours un moment où le bonheur d’écrire revient à moi. L’écriture ne cessera de ne me surprendre, à l’image d’une vieille amie que l’on ne voit parfois pas pendant un temps, mais qui revient à vous pour vous soutenir, vous enrichir et faire de vous quelqu’un de complet et de meilleur.

En espérant que l’écriture vous apporte autant qu’à moi, je vous souhaite une bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

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Carnet de Notes #16

Vous allez probablement penser que je suis cinglée et à juste titre, j’ai pensé ça de moi pendant quelques minutes, mais avec le sourire aux lèvres d’avoir agi de cette façon. Qu’est-ce qui se passe, me direz-vous ? Eh bien, après avoir passé des semaines, si ce n’est des mois, à essayer de planifier la nouvelle version de La Voix d’Origine, j’ai décidé de tout effacer ce plan.

Pour tout vous dire, ça fait un bon moment que je n’arrive pas à poursuivre, quelque chose me bloque et je n’arrive pas à savoir quoi. En même temps, j’ai des idées plein la tête, mais je reste bloquée quand il s’agit de continuer mon plan. Jusqu’à hier soir, je ne savais pas pourquoi j’agissais de cette façon, je n’arrivais pas à comprendre comment je pouvais être bloquée en ayant autant d’idées pour mon histoire. C’est alors que j’ai repensé au 5 avril 2015. En toute vérité, je me souviens de cette date uniquement parce que j’ai publié une photo à la suite de ce que j’ai fait sur Instagram. 😉

Bref, à cette époque, je n’avais encore jamais réussi à dépasser le chapitre 4 de La Voix d’Origine et je ne cessais de les réécrire encore et encore. Et j’avais lu une fois une citation, que je n’ai pas réussi à retrouver, mais je me souviens qu’elle disait que si nous avions un blocage, il valait mieux effacer ce que nous avions déjà écrit. Je ne connais plus les termes exacts, mais à cette fameuse date, je m’en suis souvenu et j’ai su ce que je devais faire. J’ai pris tous mes fichiers de mon histoire, tous les essais, les morceaux de texte que je gardais pour les réutiliser, les fiches de personnages, de peuples. Tout est passé à la corbeille. Puis j’ai fait la même chose avec tout ce que j’avais imprimé : les archives que je gardais dans un coin au cas où j’en aurais besoin. Je les ai fait brûler. Sur le coup, ce fut un moment assez paralysant, tout le travail que j’avais pu fournir, tous mes petits brouillons, tout ce sur quoi je me reposais depuis quelques mois, tout était parti. Je n’avais plus rien, hormis ce que j’avais en tête. Et croyez-moi ou non, c’est plus libérateur que ça en à l’air.

À ce moment-là, j’ai compris que je me basais trop sur ce que j’avais déjà écrit, comme si je ne croyais pas assez en moi pour représenter l’univers que j’avais dans ma tête. Comme si je n’étais pas assez douée pour écrire à nouveau sans béquilles. Ne plus rien avoir sous la main m’a permis d’avoir de merveilleuses idées qui sortaient complètement de tout ce que j’avais déjà écrit et c’est ce qui m’a permis de me lancer dans l’écriture en juillet 2015, sans m’interrompre au chapitre 4.

Aujourd’hui, non, je n’ai pas tout effacé comme j’ai pu le faire. Je crois que je n’aurais pas survécu si j’avais fait cela tant mon histoire a avancé et évolué dans le temps, j’ai maintenant plus d’informations sur l’ordinateur que je ne les ai en tête, parce que c’est assez difficile de se souvenir de tout ! Ce que j’ai fait aujourd’hui, dans un accès de folie, c’est de prendre ce plan que je me traine depuis des semaines et je l’ai effacé. Là, à l’heure qu’il est, je n’ai plus de plan, hormis celui que j’ai dans la tête.

Pourquoi ai-je fait cela ? Parce que je n’ai pas besoin de plan. Ça fait combien d’années que j’ai cette histoire en tête ? Quatre ans. Et depuis tout ce temps, je doute encore de ma capacité à raconter cette histoire que je connais par cœur ? Pourquoi me faudrait-il un plan, scène par scène ? Si c’est ce qui m’a aidé à surmonter mon blocage du « chapitre 4 » la première fois, ce n’est pas une raison pour que cela me soit utile une deuxième fois. Aujourd’hui, j’ai besoin de libérer ma créativité. Je ne cessais de bloquer sur le nombre de mots par chapitre, ne sachant pas ce qu’il valait le mieux. Hier soir, je me suis dit que je ne le saurais jamais tant que je n’écrirais pas et que si je me basais uniquement sur mon plan, alors mon instinct serait écarté de l’écriture. Je n’ai pas envie de reproduire la même erreur que la première fois : une écriture trop cérébrale. On a besoin d’un minimum de plan pour écrire son histoire, pour savoir ce qui s’y déroule, pour réussir à placer toutes les intrigues, mais une fois qu’on a fait cela, il faut se faire confiance. Je connais le plan, il est dans ma tête. Hier soir, j’ai fait dérouler mon histoire mentalement et toutes les nouveautés que j’avais ajouté à mon plan y étaient présentes. Aujourd’hui, j’ai simplement besoin d’écrire et de faire vivre mon histoire, mes personnages, mon univers et arrêter de croire que je ne suis capable d’écrire que si j’ai mes béquilles.

On verra bien ce que cela donnera. Je suis pourtant confiante, je n’ai pas fait ce geste au hasard, mais de toute façon, je n’ai plus de plan au cas où je me serais trompée ! Je ne peux compter que sur ma mémoire et mon imagination et je crois que ce sont les meilleurs alliés d’un écrivain ! 😉

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La Lecture des Écrivains | Féerie

Bonjour à tous !

Je reviens aujourd’hui avec une nouvelle Lecture des Écrivains consacrée à la série jeunesse Féerie, dont le premier tome s’intitule : La Fille qui navigua autour de féérie dans un bateau construit de ses propres mains. Le titre m’a déjà charmé par cette phrase à rallonges, mais je me suis vite rendu compte que le livre était tout aussi intrigant et original. J’ai lu les deux premiers tomes parus en France ces dernières années, mais la série compte cinq tomes en tout. C’est une histoire qui m’a fait fondre, de par ses personnages et cet univers original. Je vous laisse découvrir les points qui m’ont le plus marqué et dont nous pouvons nous inspirer sans retenue !


Féerie, de Catherynne M Valente

Quatrième de couverture :

« Septembre est une jeune fille qui aspire à l’aventure. Quand elle est invitée en Féérie par le Vent Vert et le Léopard des Petites Brises, bien sûr, elle accepte. Qui ne le ferait pas à douze ans ? Mais Féérie est dans la tourmente, sous le règne écrasant d’une Marquise maléfique. Cheminant en compagnie d’un vouivre amoureux des livres et d’un garçon bleu bien étrange, presque humain nommé Samedi, elle perdra : son ombre, sa chaussure, son cœur et bien sûr son chemin. Mais elle trouvera le courage, l’amitié, une cuillère un peu spéciale et bien plus encore. Elle seule détient la clef qui rétablira l’ordre et le bonheur en Féérie… Il n’y avait pas eu de monde si envoûtant, de personnages si originaux depuis Alice au pays des Merveilles ou le pays d’Oz. L’héroïne grandit au cours de cette aventure. Septembre est intelligente et très logique avec pourtant une forme de naïveté que nous voudrions garder toute notre vie, dans un monde plus complexe qu’il n’y paraît où tout n’est pas que soleil et magie. »

1 | De la tendresse

La première chose qui me vient à l’esprit quand je pense à ce roman, c’est la tendresse. On peut bien évidemment dire que c’est une histoire pour les jeunes et que cela ne détonne pas vraiment d’autres livres du même genre. Et pourtant, je n’ai jamais vu une histoire où la tendresse était aussi forte que dans celle-là. Que ce soit à travers les personnages attachants, la relation qu’ils entretiennent, leur rencontre au fil du voyage ou l’univers lui-même, la présence de cet amour sincère bouleverse.

Pourquoi je vous parle de cela en particulier, surtout si l’histoire que l’on écrit est sombre ou bien écrite pour les adultes ? Parce que tout simplement, cette histoire raconte parfois des événements très durs, des rencontres avec des personnes malveillantes. Ce livre n’est en aucun cas seulement merveilleux, il est aussi parfois cruel envers Septembre. Et malgré tout cela, lorsqu’il doit y avoir un moment heureux ou calme, la tendresse ressort de plus belle.

On retrouve bien trop souvent maintenant des récits où la cruauté règne dans l’ambiance de l’histoire, mais dans ce récit, la tendresse a une place très particulière. Si elle est présente et offre du baume au cœur au lecteur, elle n’exclut pas pour autant les difficultés que le personnage a à traverser, elle n’atténue en rien ce que Septembre vit dans son voyage. Je me rends compte aujourd’hui que c’est assez difficile de rendre une histoire dure sans en oublier les bons moments, ni l’amour qui peut se dégager d’une relation d’amitié. Quand je lis les histoires de Féerie, je me dis que c’est un très bel exemple et que cela peut tout à fait s’adapter dans un récit pour les plus âgés. On peut faire traverser ce que l’on veut à notre personnage, des épreuves les plus cruelles aux échecs les plus grands, mais on peut malgré tout faire vivre une belle atmosphère et on peut créer des relations magnifiques si on se permet de montrer un côté plus tendre de ses personnages.

2 | Des choix difficiles

Comme je l’ai dit plus haut, ce n’est pas parce que c’est un roman jeunesse que Septembre ne traverse pas de dures épreuves et dans ses romans, j’ai remarqué que Catherynne M. Valente utilisait avec brio l’idée de mettre son personnage face à des choix difficiles.

Sans spoiler, la petite Septembre se retrouve à un moment donné face à un panneau de direction qui désigne quatre voies : « perdre ton chemin » ; « perdre ta vie » ; « perdre ton esprit » ; « perdre ton cœur ». L’enfant est donc confrontée à un choix qui est plus que difficile et ce choix que l’auteur lui présente n’a pas seulement pour but de la faire réfléchir ou de la faire se décider pour une direction plus qu’une autre. Ce choix influence en même temps tout le futur de ce personnage, car peu importe la direction choisie, cela aura une influence sur ce que vivra plus tard Septembre.

Ce que je trouve merveilleux dans un récit, c’est qu’au lieu de faire subir une situation à un personnage, c’est encore mieux si elle est le résultat d’un choix du personnage. Ça ajoute inévitablement de la tension dramatique. S’il s’est trompé de route, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Mais à l’échelle d’autres romans, les choix peuvent aussi avoir des conséquences sur l’entourage. Causé la mort d’un ami, l’échec d’une quête… Les idées sont nombreuses et je pense sincèrement que cet outil, proposer des choix à ses personnages, est un véritable allié pour l’écrivain. Cela permet également au lecteur de s’inquiéter pour le personnage : que va-t-il choisir ? et plus tard : que va-t-il lui arriver ? Le suspens est alors présent, sans nécessairement qu’il y ait eu de l’action. Une bonne idée à réutiliser sans se priver !

3 | Distiller des éléments jusqu’à la fin

Comment éviter le deus ex machina ? Ce procédé qui apporte un objet ou bien un personnage sur le chemin de son héros pour le sauver d’une situation dramatique. Comme par magie, quelque chose arrive pour sortir le héros de son impasse. Ce genre de situation est un peu la hantise des écrivains. Si le lecteur remarque que l’objet arrive dans le chapitre juste pour résoudre le problème, on sait qu’on a échoué quelque part.

Dans la série Féerie, Catherynne M. Valente est très douée pour éviter les deus ex machina. L’air de rien, elle nous présente tout au long de son récit des objets ou des personnages auxquels on s’attache sans comprendre leur rapport à l’histoire. À l’image d’une sous-intrigue, elle développe lors de chapitres « hors du voyage du héros » leur propre histoire et on prend plaisir à suivre leur cheminement. Alors, au fur et à mesure du récit, ces personnages et ces objets sont plus que présents dans notre esprit et lorsque Septembre se retrouve dans une impasse, au moment même où elle se trouve à court de solution, en danger, ces mêmes personnages, ces mêmes objets croisent sa route et l’aide sans que cela soit superflu.

En plus d’être une idée assez mignonne pour un récit jeunesse, cela permet à ces personnages et ces objets de ne plus être simplement « ce qui va sauver le héros » mais également une véritable référence. On comprend alors le propre cheminement de ces éléments dont on ne comprenait pas le rapport à l’histoire, on se souvient et on sourit, parce qu’on n’y a vu que du feu ! Même si on se doute qu’ils auront à un moment ou à un autre une utilité dans l’histoire, on ne sait jamais quand ils vont intervenir ou comment ils le feront. En ne comprend leur utilité qu’à la toute fin, la surprise est alors de taille.

Si le procédé est adaptable pour un récit jeunesse ou pour un livre de fantasy où les objets ont une âme, dans lesquels on n’aura aucun mal à apporter l’objet du sauvetage en parlant de lui comme un personnage, on peut tout à fait utiliser cette idée de façon plus subtile, plus simple dans un récit d’un autre genre. On peut alors faire accompagner l’objet tout au long du récit avec le personnage comme faisant partie du décor ou bien faire croiser plusieurs fois la route avec un personnage qui détient les informations dont notre héros aura besoin plus tard.

Il y a de nombreuses façons d’éviter le deus ex machina, mais la façon avec laquelle Catherryne M. Valente arrive à se passer de cette facilité est tout à fait inspirante pour n’importe quel récit !


Je crois sans aucun doute que n’importe quel genre peut inspirer un écrivain. Si l’on écrit de la Fantasy, on peut tout aussi bien être inspiré ou se servir des procédés utilisés par l’auteur de récits de polar ou de drame historique. On peut de la même façon observer et décortiquer la construction des récits jeunesses, car ils sont tout aussi bien créé que les autres. Cette série m’a beaucoup inspiré et m’aide encore à libérer ma création. Il faut dire que Catherryne M. Valente ne donne aucune limite à son imagination et ça fait du bien ! 😀

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La cinquième phase

Bonjour à tous !

Avant de poursuivre avec la lecture de cet article, sachez qu’il fait suite à celui-ci : L’évolution de La voix d’Origine. Si vous ne l’avez pas lu, il est possible que vous ne compreniez pas tout ce que j’ai à vous dire. Sinon, n’attendons pas plus de temps pour parler de cette cinquième phase qui m’est apparue clairement au début de mon travail sur la réécriture de La Voix d’Origine.

Comme le prouve l’article précédent, j’ai toujours été attentive aux grands changements de mon histoire, lorsque j’observais les décisions qu’elle prenait par elle-même, que les chemins que j’empruntais n’étaient pas ceux que j’avais prévus depuis le début. Et je pensais sincèrement en avoir fini avec ces changements. Une fois que j’ai donné mon livre pour la première fois à des lecteurs, je pensais que c’était presque fini, qu’il ne me faudrait que retoucher des détails et au maximum un chapitre en entier, mais pas le roman dans sa totalité.

Si cette nouvelle étape qui s’imposait à moi ne m’a pas fait franchement plaisir sur le coup, repoussant à nouveau le moment où mon roman devrait prendre son envol, j’ai bien compris que c’était nécessaire si je voulais que cette histoire soit au plus proche de ce que j’avais en tête. Je me suis donc attelée à la planification des chapitres, qui n’est toujours pas terminée par ailleurs, et au bout de quelques chapitres à peine, il s’est passé quelque  chose que je ne pouvais pas contrôler. Au début, ça m’a surprise et après je me suis demandée comment j’avais pu croire mon roman terminé dans sa première version, comment j’ai pu me passer de ce qui était en train de prendre vie.

Je crois que ces derniers mots : prendre vie, correspondent à merveille à ce qui s’est passé dans cette planification. Ce n’est pas seulement les personnages qui trouvaient enfin leur voix ou même leur place, ce n’est pas des scènes qui s’imbriquaient parfaitement les unes dans les autres, c’est le monde lui-même qui a pris vie, emmenant avec lui dans son épanouissement chaque élément de l’histoire. La nature, les personnages, les peuples… En observant petit à petit les personnages s’émanciper de ma propre pensée, j’ai pris conscience qu’ils étaient vraiment endormis depuis le début.

Il y a un personnage en particulier qui, en apportant une révélation plus tôt à son sujet, prend entièrement sa place dans l’histoire. On arrive mieux à déterminer son caractère complexe, il s’impose dans les scènes alors qu’auparavant, il n’y avait pas sa place. Deux autres personnages qui se confondaient dans leur physique et dans leur caractère ont pris des chemins différents, sans même altérer l’histoire dans laquelle ils évoluent. C’est comme si chaque détail de l’histoire effectuait une petite inclinaison dans leur trajectoire et trouvait alors pleinement leur identité, leur place, leur vie.

Mais le plus incroyable dans tout ça, c’est que la plupart de ces éléments existaient déjà avant. Il y a de nombreuses idées que j’avais eu au cours des années d’écriture et auxquelles j’avais finalement renoncé par peur du jugement, par peur de ne pas être capable de les ajouter, de les créer. Et je trouve incroyable aujourd’hui de me rendre compte à quel point elles étaient indispensables à l’histoire. À trop vouloir conformer mon histoire et mes personnages à l’idée que je m’en faisais, je les ai empêchés de s’épanouir. C’était comme si j’avais écrit la première version de mon roman en offrant de regarder l’histoire derrière une vitre aux lecteurs et que cette fois-ci, ils pouvaient vivre à l’intérieur.

Aujourd’hui, des espèces animales prennent vie, des arbres, des villages… Le fonctionnement même de la vie quotidienne là-bas semble plus réaliste, plus vivant. Quand j’observe ce monde dans ma tête, ce n’est pas seulement les étapes de mon histoire, ni les personnages qui vivent, mais tout ce qu’il y a à côté. J’ai clairement une vision élargie de la vie sur Elasia et je trouve ça magnifique. Moi qui avais déjà envie d’y vivre, je ne vous raconte pas mon ressenti à présent !

Grâce à cette cinquième phase, grâce à cette réécriture et aux commentaires des premiers lecteurs, je comprends où se trouve l’essentiel et ce qui doit ressortir de mon histoire. Maintenant, chaque chapitre montre quelque chose de plus vivant et réel. Chaque personnage pourrait vivre sur terre, dans notre quotidien, parce que leur caractère est humain et n’est plus celui d’un simple personnage qui fait avancer une histoire.

J’ai vraiment la sensation que mon histoire a pris consistance et que cette fois-ci, j’ai une dernière chance de la révéler aux yeux des lecteurs. Je ne dois plus rien cacher. Je veux faire entendre ma voix, je veux montrer aux gens le merveilleux monde que j’ai dans ma tête et pas leur montrer ce que je crois qu’ils veulent voir. J’en ai marre de  traîner ces mauvaises pensées qui parasitent mon écriture. Et cette dernière phase, cette dernière évolution me donne la chance de faire le bon choix, de ne pas me tromper.

Par ailleurs, si je n’ai toujours pas terminé la planification des chapitres, car j’ai un petit sac de nœuds en deuxième partie, j’éprouve un grand besoin de commencer l’écriture. J’ai besoin de commencer à matérialiser une nouvelle fois ce monde, cette histoire, ces personnages. J’espère de tout cœur ne pas éteindre cette flamme qui a bien voulu se montrer une nouvelle fois à moi. Il faut que je combatte mes peurs de jugement pour la laisser vivre et ne pas jeter froidement un seau d’eau dessus parce qu’elle est trop différente pour exister. Et je crois que je ne vais pas me retenir plus longtemps ! Il est temps que cette histoire se termine, mais avant cela, il faut qu’elle vive à nouveau !

Je vous souhaite une bonne journée !

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La Lecture des Écrivains | La Passe-Miroir

Bonjour à tous !

Aujourd’hui je reviens avec une nouvelle catégorie pour mon blog qui concernera à la fois l’écriture et la lecture, qui sont deux activités qui me passionnent. Après une courte présentation, je vous proposerais donc le premier article de cette nouvelle catégorie autour de la série La Passe-Miroir de Christelle Dabos.

La Lecture des Écrivains, qu’est-ce c’est ?

Il y a quelques temps déjà, je souhaitais partager mes lectures, car s’il y a bien une chose que j’aime autant que l’écriture, c’est bien lire des histoires ! Pendant quelques mois, j’ai hésité. Je pensais publier des critiques de livres sur mon blog, mais je trouvais qu’on s’éloignait de son thème principal et puis je ne voulais pas offrir une énième catégorie de critiques. On trouve énormément de blogueur et maintenant de Booktubeurs qui donnent leur avis sur les lectures et le font très bien. Je ne voulais pas venir me serrer dans cette case. Et puis, cela ne m’inspirait pas vraiment, j’avais besoin de créer une catégorie qui me corresponde et qui convienne au thème de mon site. À côté de cela, il y a quelques mois, je vous avais proposé un sondage et vous m’avez prouvé que vous étiez intéressés par des articles sur les conseils d’écriture. Toutes ces petites idées se sont assemblées pour n’en former qu’une !

La Lecture des Écrivains, c’est une catégorie à mi-chemin entre les conseils d’écriture et la critique de romans. Je vais prendre un roman que j’ai lu et je vais retirer le meilleur de l’histoire, de l’écriture, des personnages… Chaque point, chaque détail a son importance. La lecture est quelque chose de très enrichissant pour un écrivain et j’ai pensé, plutôt que de donner mon avis sur des romans, ce que je fais déjà sur les plateformes comme Booknode ou Babelio, que je pouvais partager mon expérience et ce que j’ai retenu de ces lectures. Qu’est-ce qui m’a inspiré, qu’est-ce qui m’a interpellé ? Que des idées qui nous permettront de nous améliorer en tant qu’écrivain. Le concept est simple et je vous laisse donc avec le premier article !


La Passe-Miroir, de Christelle Dabos

Les Lectures de Fann: La Passe Miroir: livre 1 les Fiancés de l'Hiver ...

Quatrième de couverture :

« Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel. Une héroïne inoubliable, un univers riche et foisonnant, une intrigue implacable. Découvrez le premier livre d’une grande saga fantastique et le talent d’un nouvel auteur à l’imaginaire saisissant. »

 

1 | Des expressions imagées

S’il y a bien une chose qui me fascine dans l’écriture de Christelle Dabos, c’est la façon dont elle se sert des mots pour créer des images. Nous connaissons tous les « cheveux noirs de jais » ou « blonds comme les blés », ou encore les « yeux bleus couleurs de l’océan  ». Ce sont des expressions qui, si elles sont très imagées, deviennent lassantes. J’essaye de faire attention dans mes propres écrits pour ne pas insérer ces clichés de descriptions qui ne manqueraient pas de sortir le lecteur de mon roman.

Chez Christelle Dabos, j’ai remarqué une forte présence d’expressions très imagées, mais qui sont loin d’être aussi répandu que les premières. L’auteur se sert de son environnement, de son quotidien pour déceler des particularités de forme, de couleur pour mieux décrire ses personnages et ses lieux.

D’ailleurs mon expression favorite restera à jamais lorsque l’oncle d’Ophélie lui dit « Tu es haute comme un tabouret, tu fais le poids d’un polochon… » Cette phrase résume tout pour moi. Nous n’avons pas besoin de reprendre ce qui a déjà été dit, nous pouvons nous servir de ce qui nous entoure. Les formes des objets sont nombreuses, il y a tellement de possibilité ! L’idée n’est pas forcément de grossir le trait, ni de faire une caricature… Tout dépend de notre style d’écriture et du genre littéraire que l’on explore, mais chaque détail de notre environnement devrait nous interpeller pour nous aider dans notre écriture et dans nos descriptions.

Je pense sincèrement que nous devons accorder plus d’importance à l’image de nos personnages et de nos décors, leur description est une base qui ne devrait pas être négligée. Les expressions et les références à notre quotidien peuvent être une bonne façon de mettre à l’honneur ces descriptions !

2 | Des personnages authentiques

En plus d’être merveilleusement bien décrits, les personnages de Christelle Dabos sont authentiques, réalistes. Leur description nous permet de bien nous les représenter, mais leurs actions et leurs dialogues les rendent tout aussi réel que nous autres humains de chair et de sang ! J’ai tendance à oublier parfois avec ses personnages qu’ils ne sont pas réels. D’une parce que je m’attache à eux, de deux parce qu’ils sont vrais dans chaque partie de leur être.

L’oncle d’Ophélie, un vieil homme, ne parlera pas de la même façon que sa nièce, ne réagira pas de la même façon à certaines situations, ne regardera pas les choses sous le même angle. Tout d’abord, parce que les personnalités sont différentes, mais également parce que c’est une réalité propre à notre monde. Nous devons prendre en comptes les âges, la situation familiale, l’expérience de vie… C’est en cela qu’il est important de bien penser ses personnages avant d’écrire. On peut bien marquer dans une fiche que notre personnage principal a toujours été élevé « à la dure » et c’est ce qui fait pourquoi il est si timide. Mais dans le récit, on peut rendre plus authentique ce personnage et son passé en le rendant mal-à-l’aise si quelqu’un hausse la voix ou bien en montrant sa dualité ; il aimerait partager ses idées, mais n’ose pas parce qu’on lui a toujours dit de se taire.

Notre authenticité, nos différences résultent de nos expériences, de notre vécu, de nos vies qui sont tous uniques. Ce que j’aime chez cette auteure, c’est que l’on ressent chaque vécu dans les paroles des personnages, dans leurs gestes. Qu’il soit maladroit, timide, très expressif, charmeur… Chacun des points de leur personnalité résulte de leur vie et c’est ce qui fait l’authenticité des personnages dans cette histoire. C’est ce qui peut rendre nos propres personnages plus attachants et plus réalistes !

3 | Un style, des influences

S’il y a bien une chose qu’on ne peut pas enlever à Christelle Dabos, c’est bien son style d’écriture, unique en son genre ! Ce qui me fascine dans cette écriture et ce qui m’inspire, c’est qu’on sent toute la personnalité de l’auteur dans la façon de présenter les situations, de la manière de décrire et de présenter ces personnages. Je pense sincèrement que cette écriture n’est pas propre à cette série, mais qu’elle est bien le reflet de son auteur.

On a parfois peur d’exprimer sa propre voix, parce qu’on ne sait pas encore ce que les autres en penseront. C’est à la fois très personnel et on hésite à montrer ce qu’on a réellement au fond du cœur, ce que l’on veut vraiment partager. Et pour le dernier point de cette première Lecture des Écrivains, j’aimerais m’attacher au style de Christelle Dabos et au courage qu’elle a eu d’exprimer sa propre voix !

Ce que je trouve magnifique, c’est que l’on retrouve ses influences comme Hayao Miyazaki ou Alice au pays des merveilles, mais celles-ci ne changent en rien son écriture, sa voix, son style. J’aimerais vraiment trouver la différence entre « être influencer, admirer un style » et « le copier ». La limite est fine et c’est ce qui nous empêchent parfois d’oser écrire certaines choses que l’on a déjà lu, vu quelque part et c’est aussi ce qui peut nous faire tomber dans le piège de la copie. Et pourtant, grâce à La Passe-Miroir et à Christelle Dabos j’arrive un peu plus à percevoir cette limite et à comprendre que je peux oser exprimer ma voix, tout en n’omettant pas mes influences. Car finalement, je pense que le style se résume à la fois à notre propre personnalité, mais également à ce que l’on aime. Il y a notre âme, notre corps (notre écriture) et la nourriture (les livres, les auteurs, les filmes…). Les deux peuvent coexister sans que nous ayons honte de partager ce que l’on admire, sans avoir peur de laisser notre style gagner en importance dans notre récit.


Voilà pour cette première Lecture des Écrivains ! Il y a bien évidemment, beaucoup d’autres points très inspirants que l’on peut retirer de cette série ou de l’écriture de Christelle Dabos, mais il fallait bien faire des choix et ce sont, pour moi, les trois caractères principaux de cette série. J’espère que cette nouvelle catégorie vous plaira, car j’ai encore de nombreuses choses à vous présenter, de nombreux livres à décortiquer ! 😉

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Carnet de Notes #15

Voilà déjà un certain temps que je suis en pleine re-planification de mon histoire et je dois l’avouer, cela me prend un plus plus de temps que je ne l’avais prévu. Il faut dire que je n’ai pas envie de me planter, de faire à la va-vite ou de trop me baser sur ce que j’ai déjà fait pour finalement être déçue. J’essaye alors de regarder chaque chapitre en détail, de les couper et les remplir comme il le faut, de bien choisir la dernière scène… En bref, j’essaye de faire dans le détails, mais ce genre de choses prend du temps.

Il y a quelques jours encore, j’étais bloquée sur un passage de mon histoire dans la première partie. Dans cette deuxième version de mon roman, j’ai décidé de changer un tout petit peu de narration. Pas de grand écart comme de passer de la troisième à la première personne, mais seulement quelques détails qui ont finalement leur importance. Pour vous expliquer, j’avais écrit mon histoire comme si c’était quelqu’un d’autre qui la racontait. Je pense par ailleurs que c’est à cause de ce choix que mes lectrices n’ont pas retrouvé ma voix, mon écriture. Je me suis tellement accrochée à l’identité de ce personnage écrivain que cela sonnait faux.

J’ai longuement hésité à l’enlever, j’adore ce personnage et j’aimais ce qui le poussait à écrire cette histoire. Mais après de mûres réflexions j’ai compris que si je voulais apporter un souffle nouveau à mon récit, écrire avec ma propre voix avec plus de fluidité, je ne devais pas passer par un autre narrateur et rester l’unique « maître » de cette histoire. En enlevant ce personnage de l’équation, certaines choses changent. Lui ignorait certains détails de l’histoire, ne les apprenait que plus tard (en enquêtant) ou jamais, et j’étais constamment obligée de passer par des recours un peu « tirés par les cheveux » pour réussir à raconter ce que je voulais dire. Par exemple, je faisais en sorte qu’un personnage dont on devait apprendre quelque chose, ait eu le temps de se confier à quelqu’un avant de mourir. S’il était mort, le narrateur ne pouvait effectivement pas l’interroger sur sa vie passée.

Bref, je vous épargne toutes ces réflexions, c’était compliqué à penser, mais à présent je suis libérée de ce poids. Il me faut donc imaginer quelle est la bonne narration pour cette histoire : troisième personne ou omnisciente. Je ne sais pas trop dans quelle catégorie celle-ci entre, mais j’ai décidé de me concentrer sur mon personnage principal et de dévier à certains instants, lorsque ce personnage est séparé des autres, pour raconter ce qu’il se passe « en coulisses ». Je ne sais pas encore ce que cela va donner, mais dans ma tête ça à l’air simple. Espérons que ça soit le cas aussi en cours d’écriture !

En attendant, je prends mon temps. De petits problèmes s’imposent à moi parfois, mais j’avance assez régulièrement sur mon plan. J’ai même eu une très bonne idée qui résout certains de mes problèmes. Je me demande même pourquoi je n’y ai pas pensé plus tôt et comment j’ai pu faire sans ! Mais cela rejoint un peu mon précédent article, on fait des erreurs et on ne peut pas revenir dessus. L’important est que j’ai cette idée maintenant, elle me permettra de faire ressurgir une grosse partie de l’histoire qui était un peu trop étouffée par le reste et dont je n’arrivais pas à montrer l’importance.

Je rencontre donc de bonnes et de moins bonnes choses, mais j’ai déjà l’impression d’être plus en accord avec mon histoire. J’ai le sentiment de m’être débarrassée de cette comparaison tenace avec d’autres styles, d’autres auteurs. Je m’amuse avec ma propre histoire et j’espère que cela pourra plaire ! Je croise chaque jour les doigts !

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Réécriture : Nos propres erreurs…

La réécriture est une étape importante dans la vie d’un roman et plus largement, elle lui est bénéfique. Grâce à elle, le roman prend de l’ampleur, s’améliore, accède à un nouveau niveau et se rapproche un peu plus de ce qui se trouve dans l’esprit de l’écrivain. La réécriture permet de donner une nouvelle vie à nos histoires, de les changer en quelque chose de meilleur qui sera lue avec plus d’attention. Elle est ce qu’il y a de mieux pour un roman. Peu importe si c’est la première ou la quatrième, une réécriture restera toujours l’étape qui permet d’améliorer ce qui existe. Et pourtant, malgré tout le bien qu’elle veut à nos romans, la transition entre la fin d’un roman et sa réécriture nous met dans une position loin d’être agréable.

Si la réécriture nous offre la possibilité de faire mieux, c’est surtout parce que notre texte n’est pas encore à la hauteur et les réécritures, quelles qu’elles soient, nous amènent toujours face à nos propres erreurs, à nos propres choix. Et c’est dans ce face à face que l’on est aussi confronté à soi-même. Qu’est-ce que la réécriture sinon un jugement de nos textes, un jugement de ce que l’on a réussi à réaliser, sans grande facilité la plupart du temps. La réécriture nous demande de remettre en question ce que l’on a déjà eu de la peine à sortir !

Ce n’est jamais simple de devoir se juger et nos propres jugements sont toujours bien plus difficiles que ceux d’une autre personne. On a tendance à être très dur envers nous-mêmes et si la réécriture nous demande d’avoir du recul sur notre texte, ce n’est jamais simple d’éviter de tomber dans les doutes, les regrets et les jugements.

Écrire un premier jet est une étape formidable pour un roman, peu importe si c’est le premier ou si on en est à son deuxième, troisième livre, la sensation sera toujours la même. Écrire un premier jet nous donne une grande satisfaction, on a réussi à passer toutes les phases difficiles, à survoler les pages blanches, on a donné le meilleur de soi-même. Et la réécriture, réalisée quelques semaines, quelques mois, voire quelques années plus tard, nous confronte à toutes nos erreurs et il est difficile de ne pas se dire que l’on a échoué. C’est tellement évident de se dire, maintenant que l’on a du recul, que notre texte ne vaut pas ce que l’on avait en tête. On a l’impression de n’avoir rien fait, de ne pas avoir assez travaillé. Et pourtant, on sait à quel point on a donné de notre personne lors de son écriture. Nous mettons toujours notre cœur dans un récit, c’est une partie de notre temps qui s’envole avec les mots.

Que l’avis soit le vôtre après une relecture ou celui d’un autre lecteur, vous serez toujours confronté à vos propres erreurs, aux choix que vous avez faits lors de la rédaction et qui ne se sont pas révélés astucieux, aux personnages pas assez présents ou expressifs, aux décors pas assez décrits ou encore aux incohérences nombreuses. On a une grande sensation de vide lorsqu’on s’apprête à faire une réécriture, parce que, comme je le disais plus haut, on a l’impression d’avoir échoué à l’écriture de ce premier jet, de ne pas avoir tout donné, mais aussi parce que l’histoire ou sa forme va devoir changer.

Malgré les erreurs évidentes qui doivent être changées ou améliorées, le premier jet d’un récit reste notre bébé. On sait à quel point ça a parfois été dur de l’écrire et c’est difficile de se dire qu’on va devoir en effacer une partie, en ajouter des morceaux qu’on ne prévoyait pas ou encore de modifier même des instants qui nous plaisaient, mais n’ont finalement pas leur place. L’écriture d’un premier jet est à l’image d’une maison que l’on viendrait de construire de nos propres mains pendant des années, sauf que la dure réalité de cette réécriture est que l’on doit démonter cette maison pour mieux la reconstruire. C’est long, fastidieux, on est épuisé par avance par le travail qui s’annonce et on regarde parfois les éléments que l’on a appréciés, espérant les sauver dans cette déconstruction, histoire de garder un petit bout de la première version.

Même si le terme est un peu grand, la réécriture nous demande de faire le deuil d’une première histoire. Si dans notre esprit, la tâche est difficile, on a tendance à oublier que des cendres de ce premier jet renaîtra un livre plus fort et plus beau. Malgré toute la difficulté que l’on a vécue en écrivant un premier jet, toutes les confrontations à nos doutes, à nos erreurs lors de la réécriture, toutes ces étapes sont bénéfiques pour notre propre chemin d’auteur et notre propre histoire.

La réécriture est bénéfique, même si ça ne fait pas plaisir de traverser ce chemin, surtout quand on est très attaché à ce que l’on a réussi à faire. Pour l’avoir vécu un bon nombre de fois, la réécriture est une véritable confrontation à soi-même, à son écriture du passé. À chaque fois. Cette fois-ci, avec la réécriture de La Voix d’Origine, je vis une passade difficile, car je suis très attachée à cette première version de l’histoire et je sais que cette réécriture s’annonce bien plus importante que la première. Je vais devoir déconstruire ma maison, adopter une nouvelle forme tout en gardant les pièces et en ajoutant certaines. Cette réécriture me demande de faire de grands choix, d’enlever parfois des parties que j’affectionne tout particulièrement, mais qui me bloquent, empêchent mon roman d’atteindre le palier suivant.

On ne sait jamais à combien de réécritures nous serons confrontés, ni à quel point elles peuvent être différentes les unes des autres, mais malgré les difficultés, je sais que ce n’est que pour aller vers quelque chose de meilleur, de plus beau. J’ai en tête ce que sera La Voix d’Origine une fois la reconstruction terminée et je sais, au plus profond de mon cœur, que je me dirige vers la vérité de cette histoire. Je sais que je vais lui offrir le meilleur et donner aux lecteurs une histoire plus intéressante à lire, mais le passage de la prise de conscience à l’action même de réécrire est difficile à effectuer. Il faut un temps pour s’adapter, pour accepter.

Si vous-même avez vécu une réécriture ou si vous êtes sur le point de réécrire, vous savez à quel point c’est important. Vous savez à quel point c’est dur de se remettre en question, d’accepter ses propres erreurs pour passer à la suite. Vous savez qu’il est dur d’abandonner des parties de son histoire que les lecteurs ne connaîtront jamais. Mais vous savez aussi, au fond de vous, que la réécriture est une étape aussi merveilleuse que l’écriture elle-même, car chaque jour, vous avez la chance de rendre votre récit meilleur. Chaque jour, à chaque nouvelle page, vous avez la possibilité d’appliquer ce que vous avez appris entre l’écriture et la réécriture.

Car le temps passe. Et le temps véhicule les savoirs. Entre ces deux étapes, vous aurez lu de nombreux livres, vous aurez appris des choses sur internet, vous aurez remarqué des éléments dans votre vie qui vous semblent importants pour l’écriture, vous aurez compris, eu des prises de conscience sur votre propre façon d’écrire. Et c’est en cela que même si c’est la facilité, on ne doit pas mal se juger pour les erreurs commises lors du premier jet, parce qu’à l’instant où l’on a écrit, nous avons fait de notre mieux avec les moyens et les savoirs que nous avions à notre disposition. On ne pouvait pas faire mieux, on a fait exactement ce qu’il fallait.

Et aujourd’hui, à l’heure de la réécriture, de nouvelles possibilités s’offrent à nous. Les leçons apprises nous ouvrent un peu plus l’esprit, agrandissent le champ des possibles. On a de nouveaux bagages en main qui nous permettront d’améliorer notre histoire. Aujourd’hui, nous avons une opportunité, et comme dans chaque récit, nous plongerons tête la première, nous ferons de notre mieux face aux étapes qui se présenteront à nous et nous améliorerons page après page, chapitre par chapitre, l’histoire que nous avons créé.

La réécriture est bénéfique pour un roman, malgré tout ce à quoi elle nous confronte, car c’est l’étape qui rend notre livre meilleur, c’est l’étape qui fabrique nos bagages d’écrivain. La réécriture est un moment qui vaut d’être vécue, car avec tout ce qu’elle nous apporte, je suis convaincue qu’elle la plus belle des « secondes chances ».

Bannière Caroline Dubois

{Images : Snappa}

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