Récits inachevés

Bonjour à tous !

Si je viens rarement sur mon blog depuis quelques mois, vous écrire un grand article comme j’en avais l’habitude date encore plus. Avant toute chose, peu importe ce que l’avenir vous réserve, je vous souhaite une très belle année, que les inévitables apprentissages de la vie viennent frapper à votre porte en douceur et toujours accompagnés de magnifiques surprises !

Pour tout vous dire, je reprends mon écriture parce que je suis en train de me poser de nombreuses questions. Et puisque l’écriture, sous toutes ces formes, m’a toujours aidé à comprendre ce que je vivais, j’en profite pour vous parler de quelque chose qui vous est déjà sûrement arrivé. Je veux parler de tous ces récits inachevés…

Aujourd’hui, je crois que j’en arrive à un point où j’accepte de ne pas réussir à terminer mes projets. Depuis 2019, de nombreux changements sont intervenus dans ma vie et qui dit changement extérieur, dit changement intérieur. Mon regard s’est porté sur de nouveaux horizons, j’ai découvert des tas de choses et j’en ai délaissé quelques-unes qui ont pourtant beaucoup compté pour moi. En 2019, je suis probablement passée par toutes les formes de culpabilités possibles, que ce soit au niveau de mes romans, de mon écriture et même de la lecture. J’avais cette impression que quelque chose m’échappait. Quelque chose qui m’a aidé et accompagné pendant des années et qui avait soudainement moins de sens pour moi.

Ma plus grande peur restait malgré tout liée à l’écriture en elle-même, car hormis mes romans et la lecture, c’est bien l’écriture qui est venue en premier dans ma vie. Ce besoin d’imaginer des histoires, puis après de les mettre sur papier. Et si après quelques passages difficiles j’ai réussi à retrouver un lien avec l’écriture, ce qui m’a permis de terminer le deuxième tome du Pacte du Magicien, ce n’est pas pareil pour le reste. Et je veux bien parler des Enfants de l’Univers qui, s’ils compteront toujours énormément pour moi, commencent à s’éloigner sans que je puisse faire grand-chose.

Ça m’attriste, d’une certaine façon, je ne pense pas être prête à les abandonner réellement parce que j’ai travaillé tant d’années dessus, parce qu’ils ont formé mon rêve depuis qu’ils sont venus me chercher, depuis que ces idées ont pointé le bout de leur nez… Mais quelque chose a changé, malgré tout.

Lorsque je relis mon travail, je me sens toujours liée à ces histoires, mais je comprends aussi qu’aujourd’hui, j’ai envie d’expérimenter autre chose. Depuis les débuts de La Voix d’Origine, cela va faire sept ans bientôt que je travaille sur ce cycle sans réussir à en faire grand-chose. Il n’a fait que grossir et je n’ai fait que me sentir impuissante face à la tâche, tout en me sentant toujours portée vers ce projet qui me tient tant à cœur. Mais malgré une tristesse inévitable, comprenant que quelque chose est en train de partir, je suis davantage sur le chemin de l’acceptation. Accepter que ces romans fassent partie d’une période de ma vie qui s’est peut-être terminée. Accepter qu’aujourd’hui j’aie besoin de me libérer de cette lourde tâche pour découvrir d’autres projets, tout en emportant avec moi ce que ce cycle a fini par m’apprendre : y aller à mon rythme et ne pas me mettre la pression.

Je ne sais pas réellement ce que l’avenir me réserve, parce que je ne pense pas abandonner Les Enfants de l’Univers, mais je sais qu’il doit être mis de côté en conscience pour qu’il ne soit plus une source de culpabilité permanente. J’ai besoin de m’alléger un peu pour me découvrir autrement, tester de nouvelles choses, grandir et qui sait, un jour j’aurais peut-être enfin avec moi ce qu’il faut pour terminer ces histoires. Après tout, j’ai toujours eu l’impression qu’il me manquait quelque chose à chaque fois que je travaillais sur l’un de ces romans. Comme si je n’avais pas encore trouvé la clé.

Qu’importe ce qui arrivera à l’avenir, je crois que je suis prête à accepter de passer à autre chose. Pour mon bien.

En observant mes dossiers d’écriture, je ne compte plus le nombre de textes inachevés… Ces histoires qui ont quelques lignes ou tout au plus un chapitre. Et certes, c’est bien plus facile de mettre de côté, voire d’abandonner ces histoires qui ont beaucoup moins d’importance que de ranger celle que vous pensiez être l’histoire de votre vie…

Mais quelle est la différence au fond ? Puisque ces histoires ont vraiment vécu en moi, puisqu’elles m’ont vraiment fait grandir. On écrit des histoires avant tout pour nous-mêmes et même si je n’ai jamais réussi à mettre un point final sur l’écran, elles ont toujours été complètes dans mon imaginaire. Peut-être qu’elles ne rencontreront jamais de lecteurs, peut-être qu’elles n’auront jamais la forme d’un livre papier, mais en moi, elles auront vécu, évolué avec moi. Elles avaient une véritable place et peut-être qu’aujourd’hui elles sont devenues des souvenirs. De merveilleux souvenirs.

Une part de moi espère encore de tout cœur qu’elles auront la chance de voir le jour. Peut-être dans cinq ans, dans dix ans… Mais cette fois-ci, une part de moi accepte que ce ne sera peut-être jamais le cas et j’ai vraiment envie de m’enlever ce poids, cette charge de devoir finir à tout prix ce projet qui est devenu de plus en plus lourd. Je pourrais peut-être le terminer un jour, mais si ce n’est pas le cas, je n’aurais pas de regrets.

Et je crois que c’est ce qui est en train de se passer en moi. Lâcher les regrets et la culpabilité. Parce qu’après tout je suis plus que consciente du chemin que j’ai parcouru jusqu’ici, de mes réussites, aussi petites soient-elles, et que ne pas donner vie à ces histoires n’enlève rien à leur valeur, ni à la mienne.

L’écriture est une promesse à laquelle je ne peux renoncer, puisque c’est en moi et que je ne peux le renier. Mais aujourd’hui, je comprends que ce projet devenait davantage un obstacle à mon besoin d’écrire qu’à en être le tremplin. À chaque fois que je regardais du côté du Pacte du Magicien ou même autre part, vers une nouvelle idée, je pensais constamment à ce cycle inachevé, alors je n’avançais pas.

Et je crois que, en tant qu’écrivains, tout comme nous devrons toujours faire face à des critiques, nous aurons aussi beaucoup d’histoires inachevées sur notre chemin. Qu’elles nous tiennent à cœur ou non. Qu’elles aient pu être réalisables ou non. Et je crois que ce n’est pas grave. Nous avons le droit de nous enlever cette épine du pied. Nous ferons de toute façon de notre mieux et certains romans verront le jour, quand d’autres nous auront simplement offert un voyage intérieur merveilleux.

J’ai envie de nous donner ce droit de ne pas toujours terminer les choses, parce que cela ne détermine en rien notre réussite. Ce qui est une véritable réussite, c’est quand on fait ce qu’on aime, sans poids sur les épaules et qu’on s’amuse, aussi. Je n’écrivais pas des histoires avec autant de sérieux quand j’étais petite et c’est aussi pourquoi Le Pacte du Magicien m’a donné l’oxygène dont je me privais sans cesse à vouloir à tout prix terminer ce cycle.

Je n’ai qu’une seule chose à dire : faisons de notre mieux et amusons-nous. Comprenons que parfois, il est temps de passer à autre chose et que cela n’enlève rien à tout ce que nous avons vécu. Pour aller de l’avant, nous avons d’espace pour imaginer, et certaines histoires tiennent trop de place pour laisser une chance au changement d’apparaitre dans nos vies.

Alors, qu’importe ce que l’avenir me réserve, que ce cycle se réalise un jour ou non, aujourd’hui j’accepte d’être arrivée à un croisement. Je dis au-revoir, et peut-être que ce sont des adieux, mais je sais que mon chemin n’est pas terminé, loin de là.

Car je prends une nouvelle route, à la découverte d’un nouveau monde.

Caroline


Photos : 1, 2, 3 & 4

NaNoWriMo 2019 | Bilan

Mieux vaut tard que jamais, n’est-ce pas ? 😉

Pour être honnête, j’étais complètement passée à autre chose à la fin du mois de novembre, si bien que j’ai complètement oublié de parler de mon expérience, de ma première participation. Je rattrape mon retard aujourd’hui pour conclure un challenge qui aura finalement été fait pour moi, alors que je redoutais depuis tant d’années de me lancer !

Premièrement, je me suis vraiment surprise. Je ne pensais pas que je m’engagerais à ce point et je crois que j’ai réalisé ma plus longue session d’écriture, sans pause, mais surtout niveau nombre de mots par rapport aux jours passés. Le suspens ne servant à rien ici, je peux déjà dire que j’ai bien terminé mes 50 000 mots demandés au bout du 18ème jour ! Je n’avais pas forcément un nombre de mots en objectif, ça changeait au fur et à mesure des jours et de ma motivation. Mais lorsque j’étais en-dessous des 1000 mots, je revenais toujours un peu plus tard pour aller plus loin et c’est généralement dans ces secondes sessions d’écriture que j’écrivais le plus, me permettant d’aller au plus haut avec 6892 mots en une journée !

56 657 mots, c’est tout ce dont j’avais besoin pour terminer le deuxième tome du Pacte du Magicien. Si bien que je peux aussi annoncer, qu’avec ce challenge, j’ai réussi sans problème à achever le premier jet de ce tome ! 🎉

C’est la première fois que je réussis à aller au bout d’une suite. Je pensais même ne pas réussir un jour tant j’ai fait face à des ratés, si bien que cela m’a permis de comprendre que je n’étais pas trop ambitieuse avec toutes ces séries et qu’il me fallait simplement du temps et d’un peu de motivation !

Maintenant, je peux parler de la seconde partie du NaNoWriMo qui ne s’est pas du tout passée comme prévue ! ^^ Puisque j’ai voulu me lancer dans l’écriture du tome 3 directement, pour ne pas perdre la main, je me suis confronté à quelques obstacles qui m’ont complètement freiné. D’une parce que le plan de mon tome 3 n’était pas prêt du tout, mais surtout parce qu’il rassemblait trois tomes prévus initialement. Le travail à considérer sur la planification de ce troisième tome était plus que conséquente et j’ai été coupée net dans mon envolée d’écriture, pour réfléchir aux intrigues, aux coupes, etc.

Mais puisque j’ai donné le meilleur, j’ai finalement réussi à avoir une base assez nette pour reprendre mon rythme obtenu grâce au challenge. Sauf que… Sauf que c’était sans compter l’intervention de mon ordinateur qui en avait marre de travailler ! Un beau matin, celui-ci ne voulait plus s’allumer. Et mon travail effectué sur le tome 3 n’était pas sauvegardé… Je vous laisse imaginer la détresse soudaine ! J’ai été soulagé de voir que mon tome 2 était précieusement enregistré sur une clé USB, mais pour le reste, ça pouvait tout aussi bien être tombé dans le néant !

Cet événement m’a complètement arrêté. Après un petit détour chez le réparateur et des nouvelles plus rapides que prévu, j’ai pu comprendre que mon ordinateur avait un simple problème de batterie. Plus de peur que de mal ! Mon travail était donc toujours au chaud et je n’avais rien perdu. Malgré tout, avec la planification du troisième tome et cet événement imprévu, j’ai terminé le mois de novembre sans plus écrire un seul mot !

Aujourd’hui, je suis plus en direction d’une pause qu’une reprise. Maintenant que je suis détachée du challenge, je pense retravailler mon plan pour éviter les fioritures et surtout prendre le temps de décider ce que je veux garder ou non. Ce qui est certain, par contre, c’est que j’écrirais le tome 3 avant de réécrire le tome 2. Je veux pouvoir voir tous mes tomes à la fois et vraiment les terminer, ensemble.

Après ces mésaventures, ce petit retour sur le NaNoWriMo me permet de me rendre compte que je suis très efficace sur de petites distances. Je suis davantage adepte du sprint, que du marathon ! Et pourtant, le premier tome du Pacte du Magicien s’est aussi écrit en un peu plus d’un mois ! J’en avais donc déjà fait l’expérience, mais je ne l’avais pas vraiment remarqué.

En terme d’écriture, on parle davantage d’auteur jardinier/architecte, mais qu’en est-il du rythme alors ? Je sais que je peux rapidement tout donner, mais être régulière sur plusieurs mois m’est beaucoup plus difficile à appréhender. J’ai appris quelque chose sur ma façon de fonctionner qui pourrait peut-être bien m’aider à l’avenir.

Concernant mes romans, mon cœur se sent toujours plus appelé par Les Enfants de l’Univers. Je verrais par la suite vers quoi me tourner, mais pour le moment, j’ai bien l’intention de profiter de mon mois de décembre et célébrer ce premier jet terminé !

Ce n’est pas tous les jours que cela arrive et je peux en être fière ! 😀

Caroline