La Lecture des Écrivains | Autre-Monde

Bonjour à tous !

Me voici de retour sur mon blog pour vous proposer une nouvelle Lecture des Écrivains. Depuis que j’ai lancé cette nouvelle catégorie en mars 2017, on ne peut pas dire que j’ai fait beaucoup d’articles. Pourtant, je n’abandonne pas du tout cette catégorie et il faut que je retravaille sérieusement les quelques idées que j’aie à propos de thèmes et de livres que j’ai mis de côté pour vous les présenter assez régulièrement. Aujourd’hui, je reviens donc avec la saga Autre-Monde de l’auteur français Maxime Chattam. Si vous me suivez depuis un petit moment sur mon blog, vous savez que j’ai déjà parlé de cette série dans un autre article dans lequel je vous décrivais ma relation avec cette histoire et comment elle a évolué en même tant que moi et mes écritures. Si cela vous intéresse, c’est par ici !


Autre Monde, de Maxime Chattam

https://i1.wp.com/www.albin-michel.fr/multimedia/Article/Image/2008/9782226188632-j.jpg

Quatrième de couverture :

« Personne ne l’a vue venir. La Grande Tempête : un ouragan de vent et de neige qui plonge le pays dans l’obscurité et l’effroi. D’étranges éclairs bleus rampent le long des immeubles, les palpent, à la recherche de leurs proies… Quand Matt et Tobias se sont éveillés, la Terre n’était plus la même. Désormais seuls, ils vont devoir s’organiser.

Pour comprendre.

Pour survivre…

À cet Autre Monde. »

1 | Des méchants travaillés

Si vous ne connaissez pas encore cette série, il y a un point très important à retenir : les méchants sont nombreux et n’ont pas tous les mêmes buts. En cette phrase tient une des parties les mieux réussies selon moi de cette saga Autre Monde. Dans les romans jeunesses, le manichéisme est souvent bien trop présent. On nous donne de la notion de bien et de mal sans nuance et les méchants, parfois un seul et unique avec plusieurs personnages à son commandement, sont seulement mauvais et trouve leur plaisir dans le mal-être des protagonistes.

Dans cette saga, si tous les antagonistes ne sont pas nuancés comme on pourrait le voir dans le Trône de Fer, par exemple, ils ont tous une personnalité qui leur est propre et c’est ça qui change tout. Ils ont leur propre but : détruire un personnage, asservir une catégorie de personne, conquérir le monde… Et ces buts sont atteints. Voilà un autre point qui change par rapport à certains livres, mêmes pour adulte. Les « bad-guys » doivent gagner et c’est un détail que nous devrions utiliser bien plus souvent.

En résumé, nous devons penser nos méchants comme s’ils étaient les héros de leur propre histoire, que les protagonistes soient leur obstacle, mais ne gagnent pas toujours et que chaque personnage qui a une mauvaise intention doit avoir une personnalité propre qui ne tombe pas nécessairement dans le « mouahahaha, je suis méchant ».

2 | Des éléments du quotidien utilisés/transformés

Si vous créez un livre de fantasy ou bien fantastique, la saga Autre-Monde peut être une véritable source d’inspiration quant à la création de nouvelles choses. Car si les créatures, les lieux, les événements naturels semblent tous droit sorti du chapeau de l’auteur Maxime Chattam, cela ne l’empêche jamais d’utiliser des objets, des parties de notre quotidien pour les mélanger ensemble ou pour les assembler à quelque chose de plus surnaturel.

Pour vous donner deux exemples, le héros Matt part de chez lui avec une épée qu’il a reçue en cadeau et cette épée est la réplique de celle d’Aragorn dans le Seigneur des Anneaux. Ça n’a l’air d’être qu’un détail, mais c’est génial quand on y pense : qui ne voudrait pas vivre une aventure avec le même objet que son héros ? Et le deuxième point en rapport avec les créatures inventées, nous retrouvons par exemple la Comptecinelle qui est un coléoptère de la taille d’une maison et dont le nombre de point révèle la dangerosité de la créature.

Ce qu’il y a de bien dans ce procédé, en utilisant des choses du quotidien, c’est que ça permet aux lecteurs de faire de suite le lien avec ce qu’il connaît. C’est une façon de l’amener facilement dans le monde que vous créez sans totalement le dépayser, surtout si vous avez l’intention de créer beaucoup de détails pour votre monde. Cela permet de faire une entrée en douceur tout en vous permettant de libérer votre imagination. Ce sont de véritables références à notre monde, à notre réalité et ce n’est pas une mauvaise idée d’en faire plus souvent l’utilisation.

En quelques mots, nous devons observer notre monde et en retirer le meilleur pour nos histoires !

3 | Entretenir le suspens

La dernière chose que j’aimerais montrer de cette saga, et non des moindres, ce sont les fins de chapitres. Maxime Chattam a, comme dans ses autres romans, une facilité incroyable à donner envie de poursuivre son histoire sans vouloir l’interrompre. Les fins de ses chapitres ont quelque chose de soudain qui nous fait nous interroger ou bien nous fait nous inquiéter pour les personnages.

Les fins de chapitres qui peuvent nous donner envie de tourner la page sont multiples et il n’est pas le seul à utiliser de cette technique pour garder le lecteur en haleine, mais c’est un point que je voulais relever. Dans chacun des tomes d’Autre-Monde, même lorsque celui-ci me plaisait moins que les autres, j’avais toujours cette envie de poursuivre parce que le suspens était entretenu. Les éléments importants, les révélations sont apportés au compte-goutte pour nous donner envie de lire la suite. Son suspens est travaillé, mieux, il est maîtrisé.

Je pense que c’est un point auquel on pense, mais pas assez souvent. Dans mon cas, c’est ainsi que je fonctionne : je vais découper mes chapitres selon certaines révélations, certains événements, mais je pense rarement à maîtriser ce suspens et à le travailler comme je travaillerais des scènes ou que je mettrais en avant un personnage. Le suspens est comme un personnage à part entière qu’il ne faut pas négliger.

Nous devrions avoir une sorte de chronologies des événements importants ou des révélations et faire que les scènes s’adaptent à eux, plus que le contraire.


Cette série a suivi mon parcours d’écrivain, elle m’a beaucoup inspirée et m’inspire encore aujourd’hui. C’est une série riche en détails et du point de vue de l’écriture, du travail réalisé sur toute cette saga, il y aurait de quoi discuter en plusieurs articles tant il y a d’aspects intéressants à analyser. Maxime Chattam est un auteur que j’apprécie beaucoup et je reste toujours admirative de ses romans, peu importe le genre ou le thème traité, car il est une véritable source d’inspiration pour devenir meilleur dans ce qu’on fait !

Bannière Caroline Dubois

{Image : Snappa / Albin Michel}

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Si… de Rudyard Kipling

Bonjour !

Une nouvelle petite catégorie fait son apparition : Inspiration. Il y a des textes, des citations qui m’inspirent et j’aimerais vous les partager. Je ne posterai pas tout le temps dans cette section, parce que je ne veux pas que mon site devienne un blog à citation. Ce sera rare et ce sera bien.


Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaitre,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maitre,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.

Si… de Rudyard Kipling

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Être écrivain

Bonjour à tous !

La pause estivale du blog me fait beaucoup de bien et pourtant, ce n’est pas parce que je ne poste pas d’articles que je n’ai pas de nombreuses idées de textes ou de pensées à vous partager. Si j’avance particulièrement bien sur mon roman Le Pacte du Magicien, ça n’était pas le cas fin 2016, ni même pour La Voix d’Origine il y a quelque temps. Ces derniers mois ont été plutôt difficiles à encaisser pour moi. Vous l’aviez remarqué avec mes indécisions, mes changements de plan… Je n’étais pas en phase avec moi-même. Il y avait un peu de pression pour plusieurs raisons (que j’étais la seule à me mettre sur les épaules) et je n’ai pas réussi à faire avec jusqu’à ce que l’été arrive et que je prenne la décision de faire une pause sur le blog.

Ce que cela m’a apporté, une belle reconnexion avec mon écriture. Ça m’a permis de comprendre un peu plus pourquoi ces derniers temps j’avais du mal à progresser dans mes romans, mais aussi pourquoi j’avais tant besoin de l’écriture. Mais en plus de me ramener à une écriture productive et quotidienne, cette pause m’a permis de réfléchir et surtout de relativiser sur ce que c’est d’être écrivain. Aujourd’hui, j’aimerais vous partager ces quelques pensées qui j’espère pourront vous aider si vous traversez le même chemin que moi.

Tout d’abord, être écrivain c’est accepter de se qualifier comme tel. Ce n’est pas évident d’assumer ce titre surtout quand la plupart du temps on n’a pas l’impression d’être légitime, ni même de le mériter. On pense à tort qu’il faut avoir partagé ses histoires ou publié un livre, qu’il faut gagner de l’argent avec ses écritures ou bien encore qu’il faut être connu. Mais quand on est dans sa maison, loin de tous les regards et qu’on est parfois la seule personne à savoir qu’on écrit, on n’a pas idée de se présenter comme étant écrivain aux autres.

Cette non-acceptation de ce que je suis, j’ai mis du temps à l’effacer de mes pensées. Si je me suis rapidement présentée comme telle aux autres, c’est surtout parce que je n’ai pas d’autre métier et que je n’allais pas dire que je ne faisais rien alors que j’écrivais. Mais le dire aux autres, ce n’est pas forcément se le dire à soi. S’accepter comme étant un écrivain à part entière est presque plus difficile, parce que encore une fois on a l’impression de ne pas mériter cette place, ce titre. C’est encore pire quand on n’a pas confiance en ses écrits, là, prétendre être écrivain serait presque de la prétention.

Et pourtant, qu’est-ce que c’est être écrivain ? Si vous cherchez sur internet, la définition est, selon le Larousse : une personne qui compose des œuvres littéraires. Vous en faut-il plus pour croire en vous ? Certains me diront peut-être : et si on a envie d’écrire mais qu’on n’y arrive pas ? À cela je vous répondrai qu’un écrivain dans l’âme ce n’est pas celui qui a terminé son livre, publié ou pas, c’est celui qui a une histoire à partager, des idées à mettre sur papier. Que vous arriviez ou non à écrire, cela dépend de votre personnalité d’écrivain et je vais y revenir un peu plus tard, mais que vous ayez envie désespérément d’écrire, que vous ayez besoin de partager une histoire, pour moi, cela a tout autant de valeur que quelqu’un qui a terminé son roman. Être écrivain, c’est avant tout être passionné, avoir des histoires plein la tête.

Viens alors l’idée de la qualité. Qu’est-ce que l’on vaut en tant qu’écrivain ? Est-ce que notre écriture est belle, intelligente, simple ou complexe ? On finit toujours par se poser la question et se comparer aux autres. On lit nos auteurs préférés et on finit par douter de nous, de notre capacité à écrire et tout simplement on finit par ne plus croire en nous-mêmes. La comparaison est un sujet que j’ai déjà traité, mais c’est l’un des principal obstacle pour que nous nous acceptions comme écrivains. Mais en plus de la comparaison, il y a aussi le jugement que nous portons sur notre propre écriture. Combien de fois avons-nous effacé une phrase parce qu’elle ne sonnait pas bien à l’oreille, parce qu’elle n’était pas assez parfaite ? Combien de fois avons-nous détesté notre écriture parce qu’elle ne nous ressemblait pas ou n’avait rien à voir avec ce qu’on voulait retranscrire ? Combien de fois l’écriture semblait bien trop difficile à sortir de notre tête ?

Oui, partager une histoire, quand on veut être écrivain, ça passe par l’écriture. Et il n’y a que ceux qui ont essayé qui peuvent savoir combien ça peut être dur d’écrire, même quand on en éprouve l’envie, parce que la confiance n’est pas là, tout comme l’inspiration peut se faire silencieuse. Et pourtant, peu importe notre envie, on finit toujours par ne pas s’accepter comme étant écrivain si on ne réussit pas à écrire. Peut-être que l’écriture est l’outil qui partage les histoires qu’on a en tête, mais cela ne nous définit en rien et cela ne dira jamais de nous que nous ne sommes pas écrivains. Nous le sommes, un point c’est tout. C’est inné.

C’est un peu comme un pouvoir magique qui se manifesterait à différents âges. On peut avoir la vocation de devenir écrivain très jeune, comme je l’ai eu à huit ans, on peut l’avoir au lycée, à la sortie de l’université, à quarante, cinquante ans… Peu importe, c’est un don, un outil. Diriez-vous d’un magicien qu’il ne l’est pas s’il n’utilise pas ses pouvoirs ? Voilà qui devrait répondre à votre question.

Et une fois qu’on a accepté de se qualifier comme étant écrivain, qu’on le clame haut et fort ou non, il reste toujours à accepter notre personnalité d’écrivain. La comparaison avec d’autres écrivains revient sur le tas d’une façon différente. Si, comme moi, vous avez longuement cherché à vous améliorer, à apprendre comment écrire un roman, vous êtes sûrement tombé sur de nombreux sites, de nombreux blogs où des écrivains racontent leur quotidien, leur façon de faire. Et c’est là qu’on commence à cogiter.

On va lire une fois qu’un auteur a écrit en un mois un livre et soudain, ça va nous ramener à nous, à notre capacité à écrire, à la vitesse à laquelle on le fait. Pourquoi l’humain est si dur envers lui-même ? J’espère un jour élucider la question. Toujours est-il que nous allons nous comparer à leur personnalité d’écrivain. Nous allons nous dire : je devrais écrire mon roman en un mois, je devrais en écrire deux par an, je devrais écrire tant de mots par jour ou encore je devrais avoir tant d’idées pour des histoires… Qu’est-ce que tout ça ? Ça me fait penser à des fleurs tropicales qu’on essaierait de faire pousser dans un jardin anglais. Ça ne fonctionne pas parce que ce n’est pas notre mode de fonctionnement, ce n’est pas notre vraie nature. Les écrivains sont ce qu’ils sont et les outils des uns ne fait pas le bonheur des autres.

J’ai longtemps eu du mal et je ne prétends pas avoir résolu complètement le problème, mais ces dernières semaines j’ai beaucoup réfléchi à cette question. Depuis mars dernier, il me semble, j’ai décidé de réécrire La Voix d’Origine et en trois quatre mois je n’ai réussi à écrire que trois chapitres. Pendant ce temps, je ne me suis pas dit que tout allait bien et que c’était le temps dont j’avais besoin, non, j’ai passé ce temps à me dénigrer parce que je ne faisais pas comme les autres écrivains, parce que je prenais trop de temps.

À force de se répéter cela, on finit par croire qu’on n’est pas écrivain du tout et ça m’a sérieusement fait douter pendant un moment. Finalement, suis-je faite pour cela ? Est-ce que je ne me suis pas faite de fausses idées ? Aujourd’hui, j’ai envie de me secouer comme un cocotier et de me sortir une bonne fois pour toutes ces idées de la tête. Je suis l’écrivain que je suis. Si pendant trois mois j’écris trois chapitres, c’est que c’est ainsi que je fonctionne. Et si le mois d’après j’écris un chapitre par jour, alors c’est parce que tout va bien.

J’aimerais une bonne fois pour toutes nous faire comprendre que le temps dont nous avons besoin pour écrire un roman, le style de notre écriture ou sa qualité est quelque chose de personnel. Je ne peux pas me comparer à quelqu’un d’autre quand bien même nous ayons les mêmes goûts littéraires, le même âge et les mêmes envies, tout simplement parce que j’ai une personnalité d’écrivain qui m’est propre et que je dois l’accepter. Je dois accepter aujourd’hui que parfois j’aurai besoin de temps, parfois j’aurai besoin de pauses, mais que toujours j’aurai besoin de me faire confiance pour pouvoir avancer.

Parce que je suis écrivain. Nous sommes écrivains, peu importe ce que les autres en disent, peu importe ce que nous partageons et le temps que cela prendra.

Bannière Caroline Dubois

{Images : Pixabay / Snappa}

Carnet de Notes #17

Cela va faire près d’un mois que je ne suis pas revenue sur mon blog, respectant mon souhait de prendre du recul et de me laisser une chance de me concentrer un peu plus sur l’écriture de mes romans que sur mes articles. Mais aujourd’hui, j’ai envie de revenir pour vous partager ma belle avancée et ma sérénité du moment.

Si les deux premières semaines suivant mon article L’été arrive… je n’ai pas pu écrire pour cause de travaux et de temps passé avec ma famille, cette semaine a été sous le signe d’une écriture productive ! Pour vous faire un bref résumé, j’avais décidé de suspendre l’écriture de La Voix d’Origine pour retrouver ma véritable envie d’écrire et pour m’amuser plus que « travailler ». J’étais donc passée sur Le Pacte du Magicien pour lâcher prise et écrire quand l’envie me prenait. Aujourd’hui, je suis restée fidèle à ma décision et je travaille toujours sur ce roman que j’avais mis de côté en fin d’année 2016.

Aujourd’hui, j’en suis au chapitre 6 et je suis très heureuse de vous partager cette avancée. Très vite, je me suis rendu compte que je n’arriverais pas à faire de petits chapitres comme je l’avais souhaité, car j’avais beaucoup de choses à dire et donc mes chapitres sont assez conséquents même si leur taille reste correcte. J’avance par paquet de deux mille voire trois mille mots par jour sans que cela soit difficile ou que j’ai l’impression de les ramener du fin fond de l’espace. Je m’impressionne moi-même par la facilité que j’ai d’écrire, mais finalement je suis plus sereine qu’enjouée.

En fait, j’ai le sentiment de vivre enfin ce que je souhaitais depuis un long moment, pouvoir écrire sur plusieurs heures, la tête plongée une bonne partie de la journée dans mon roman. J’ai de l’énergie à revendre et une fois que j’ai commencé à écrire, je ne m’arrête plus. Depuis le début de semaine, j’écris près d’une moitié de chapitre par jour et j’ai dépassé le stade où j’en étais lors de la première écriture du Pacte du Magicien. Les choses me sont faciles en ce moment et, plutôt que de chercher la petite bête et tout gâcher, je profite du moment présent, de ces instants qui me sont offerts.

Je ne me donne pas d’autres objectifs que de consacrer un peu de temps à mon roman tous les jours. Notamment, en ayant en tête les bons mots de l’écrivain Lionel Davoust dans un de ses excellents articles :

« Tu n’as aucune obligation de résultat, seulement une obligation de moyens :
te mettre devant le clavier »

Et c’est ce que je fais. Je ne m’oblige pas à sortir un nombre de mots, ni même à avoir un quelconque résultat. Je cherche simplement à me plonger dans mon histoire un peu chaque jour. Mais plus les jours passent et plus l’envie d’écrire grandit en moi. Aujourd’hui, j’avais un léger doute quant à ma capacité à écrire. Je me suis dit que j’avais peut-être eu de la chance (oui, j’ai fini par chercher la petite bête) et que cela n’allait pas toujours fonctionner. Finalement, je me suis dit : « Essaie » Je n’avais pas besoin de réussir, j’avais juste besoin d’essayer, de me remémorer l’ambiance dans laquelle je vis ces derniers jours et d’écrire quelques mots pour offrir une chance à mon histoire d’exister un peu plus.

Voilà où j’en suis aujourd’hui, heureuse et sereine d’avancer de façon productive et créative dans mon roman. Mes personnages prennent de l’ampleur, certains se révèlent alors qu’ils devaient rester en retrait, d’autres deviennent plus fascinants que je ne l’avais imaginé.

Une histoire prend vie et j’ai seulement envie que cela continue.

Bannière Caroline Dubois

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L’été arrive…

Bonjour à tous !

Voilà un petit moment déjà que je n’ai pas mis les pieds dans un article, il faut dire que ces dernières semaines ont été particulières. Tout d’abord, il y a eu le lancement du Défi du Jour de l’Écriture avec lequel j’ai dû prendre mes marques, ensuite quelques travaux dans ma chambre nécessitant du temps et puis en dernier la canicule qui a pointé le bout de son nez. Et je ne sais pas pour mes amis auteurs, mais quand il fait beaucoup trop chaud, la concentration m’échappe et je n’arrive tout simplement pas à entrer dans mon histoire. Il s’est donc passé du temps et pendant des jours j’ai un peu délaissé mon histoire. C’est tout simple, je n’y arrivais pas.

J’ai donc laissé faire plutôt que de m’accrocher désespérément à cette corde (je vous donne l’image : la corde est attachée à la selle d’un cheval qui va au galop et moi… eh bien… si je m’accroche, ce n’est pas beau à voir !) Donc, j’ai laissé faire et il y a eu un retour inattendu, celui du Pacte du Magicien qui voulait que je m’occupe de lui. Mes pensées se sont mélangées entre ce que je pense devoir faire, ce que j’aimerais faire, ce pour quoi je culpabilise… et j’ai mis un temps fou avant de lâcher les chevaux (encore! ), de faire confiance à ce qui se passe. Autrement dit, pour le moment j’écris sur le Pacte du Magicien, reprenant depuis le début ce que j’avais pu écrire et j’adore ce que je suis en train de faire. Ça me fait un bien fou ! Je libère mon imagination, j’apprends à modifier mon plan s’il ne correspond pas à l’idée que j’en ai sur le moment… Je suis bien.

Je ne sais pas quand je vais reprendre La Voix d’Origine, je n’abandonne en rien mon roman, mais je pense que j’avais besoin d’évacuer la pression que je m’étais mise sur le dos dès l’instant où j’ai décidé que j’allais réécrire entièrement mon histoire. Depuis ce moment, vous avez sûrement remarqué que j’ai vraiment du mal à avancer dans quoi que ce soit. C’est pourquoi je me fais plaisir avant tout. C’est l’été, il fait beau et pas trop chaud depuis quelques jours et j’ai simplement envie de profiter de l’été !

Je pensais vous faire un compte rendu régulier du Défi du Jour de l’Écriture, mais je dois vous avouer que je n’y arrive pas. Rien que d’avoir cette nouvelle contrainte de partager tous les jours alors que parfois il n’y a pas grand-chose à dire m’a fait abandonner tout doucement le suivi que je faisais sur Instagram. Vous aurez de mes nouvelles, sans soucis dès que j’aurais avancé sur des étapes qui seront dignes d’être partagées ! Mais je pense surtout que même si j’ai envie de vous partager mes avancées, celle-ci seront moins présentes dans mon blog. J’ai besoin de dissocier les deux et de garder un petit jardin secret (seulement le temps d’avancer dans mes récits et de ne pas culpabiliser de vous montrer que j’avance trop doucement, parce que ça n’aide pas.)

Par ici reviendra la Lecture des Écrivains, les articles sur l’écriture et la lecture, et quelques petites surprises qui ne viendront pas tout de suite. Enfin… ça peut me prendre du jour au lendemain et vous pourriez avoir ça dans une semaine, mais peu importe, je ne donne pas de délai. Tout ce que j’ai à dire c’est je vais mettre plus en avant mon rapport à l’écriture et à ma passion, plutôt que sur l’avancement de mes récits qui me compliquent trop la vie.

Et puis, comme le titre l’indique, l’été arrive (et winter is coming dans quelques mois) et je vais sûrement être moins présente. Encore une fois, on ne sait jamais ce qui peut se passer. Je préfère prévenir et être présente, au lieu du contraire. Ainsi, je ferais de mon mieux et je crois que c’est déjà pas mal.

En tout cas, je vous souhaite de bonnes vacances (ou alors bon courage si vous n’en êtes pas là) et j’espère que le soleil et la bonne humeur vous apportera de nombreuses idées, l’envie de faire de grandes choses et de terminer vos projets à temps !

Bon été à tous ! 🌞

Bannière Caroline Dubois

{Image : Snappa}

Suivre son intuition

Bonjour à tous !

Nous ne savons pas d’où viennent nos idées, si elles apparaissent comme un miracle, si elles flottent dans l’univers et pourraient être captées par tout le monde, ou encore si elles nous appartiennent vraiment et ne sont pas en réalité le fruit d’une inspiration. Nous ne connaissons pas leur origine, mais nous avons tous fait l’expérience, que ce soit dans la création d’un roman ou dans un autre projet, de l’apparition d’une idée qui change tout et éclaire notre chemin.

Jusqu’alors, j’avais toujours suivi mon intuition concernant La Voix d’Origine. À travers cinq changements majeurs, j’ai toujours su au fond de moi que cette idée, malgré la surcharge de travail qu’elle m’apportait, était bénéfique pour mon histoire et que je devais la suivre, peu importe mes doutes et mes peurs. Ces derniers temps, je me pose beaucoup de questions concernant mon roman. C’est à peine croyable de se dire qu’il y a quelques mois, je pensais que ce roman était terminé, ne nécessitant que quelques petites modifications.

Le jour où l’on m’a dit et que j’ai enfin compris qu’il y avait un réel problème avec mon écriture, je ne savais pas encore tous les changements que cela créerait. Je vois aujourd’hui que toutes ces possibilités qui s’offrent à moi dans l’écriture de cette histoire sont une bonne chose, mais je dois vous avouer que j’ai un peu freiné des quatre fers dernièrement, parce que ça me faisait peur.

J’avais compris la nécessité de changer mon écriture, parce que celle-ci ne me ressemblait pas, mais depuis que j’ai pris la décision de réécrire entièrement mon roman, ce n’est pas seulement mon écriture qui change mais également mon histoire, mes personnages. C’est comme s’ils évoluaient sans mon autorisation, mais qu’ils changeaient plus vite que ma réflexion. J’ai le sentiment d’être dépassée par mon roman qui prend des tournures inconnues que je ne maîtrise pas. Jusqu’alors, pendant ces dernières années, j’avais toujours suivi mon intuition, parce que cela me paraissait la meilleure option possible, peu importe le morceau de route qui se rajoutait au bout du chemin.

Mais ces derniers temps, je me suis senti dépassée par toutes ces nouveautés qui apparaissaient un peu comme elles le voulaient et j’avais l’impression de perdre mon roman, sans savoir ce qu’il allait réellement devenir, mais également de me perdre un peu moi-même. Il faut dire qu’avant de prendre cette décision, je m’étais lancée dans un nouveau projet et que je crois en ce projet autant que je crois en La Voix d’Origine. Mais ce roman qui me suit depuis des années semble aller bien plus vite que moi. Pourtant, je commence à comprendre ce qui ne va pas.

Le vrai problème qui me suit depuis que j’ai pris cette décision n’est pas que mon histoire change, évolue. Si cela se fait, c’est parce qu’il y a une raison et je crois fortement au fait que ce n’est que pour aller vers quelque chose de mieux. Le vrai problème se situe en moi, tout d’abord parce que j’ai l’impression de trahir l’ancienne version de ce livre, mais aussi parce que j’ai terriblement peur du temps que cela va prendre. Je ne sais pas si c’est normal et que c’est dans ce sens-là que doivent aller les choses ou bien si c’est simplement ma peur de me lancer réellement dans l’aventure de la publication qui me fait repousser encore et encore ce projet.

Honnêtement, je ne crois pas. J’étais complètement prête à l’envoyer à des maisons d’édition il y a quelques mois, peu importait la peur que j’avais au fond de moi, j’étais prête à le faire. Ce qui s’est passé, c’est que je n’avais pas encore mis tout ce que je voulais vraiment dans ce roman et ça s’est tout simplement ressenti à la lecture. Personne n’est à blâmer, c’est comme ça qu’est la situation et je dois juste l’accepter.

Ces trois derniers jours et depuis que j’ai terminé le premier chapitre de mon roman, je suis confrontée à une autre intuition. Cette dernière ne rajoutera pas plus de travail, ni de temps pour la réalisation de ce livre, et heureusement ! Le souci, c’est que mon roman se métamorphose en quelque chose que je n’avais pas prévu. D’une, je ne sais pas si je serais à la hauteur et de deux, j’ai terriblement peur de me tromper.

Pour vous expliquer, j’ai écrit le premier chapitre de façon si naturelle que ça m’a même surpris. Ça faisait tellement longtemps que je patinais dans la semoule avec cette réécriture que c’en était presque trop beau pour être vrai. Pourtant, ça s’est fait. Mon premier chapitre a été écrit et je n’ai rien à redire sur lui (enfin… rien qui ne m’empêche de poursuivre plus loin). Mais dans ce chapitre, des sortes de flashbacks ont fait leur apparition. Dans la première version de mon roman, on apprenait le passé de mes personnages par le dialogue ou bien une narration très courte de leur histoire. Là, c’est une véritable plongée dans l’action d’un moment passé. Et ce chapitre, quand je le relis, me paraît tout aussi naturel que lorsque je l’ai écrit.

Lorsque j’ai commencé le deuxième chapitre, d’autres flashbacks me sont venus à l’esprit. Ça s’ancrait tellement bien dans le récit : on en apprenait plus, ça apportait une profondeur incroyable au récit. Puis mes peurs sont revenues à la charge. La peur de ne pas réussir à écrire ces nouvelles scènes que je n’avais jamais imaginées auparavant et qui s’invitaient au fur et à mesure dans mon histoire. La peur de ne pas avoir assez de souvenirs à raconter et de me retrouver sans eux au bout d’un certain temps.

Franchement, il y a encore quelques heures, je ne savais toujours pas comment faire et j’avais juste envie d’oublier ces flashbacks, mais le souci, c’est que je n’avance pas et que je vais à l’encontre de ma propre voix. Aujourd’hui, j’ai compris que peu importait la peur que j’avais en moi de me louper complètement sur ce changement, je n’ai jamais écrit de façon aussi naturelle que celle-là. Pourquoi ne devrais-je pas écouter ces faits plutôt que de m’inquiéter d’une situation qui n’est pas encore là ? Pourquoi devrais-je me forcer à écrire un chapitre d’une certaine façon, si mon cœur me dit de le faire d’une autre ?

Je n’ai pas la moindre idée de ce que mon roman va devenir et j’imagine qu’il a encore bien des surprises à me présenter, mais le fait est qu’aujourd’hui, je vois à quel point ces flashbacks sont importants pour mon histoire et ce que cela lui apporte. Aujourd’hui, j’ai besoin d’écouter mon cœur, mon intuition, au lieu des peurs et de mes réflexions pragmatiques. J’ai besoin de laisser mon imagination s’envoler, de ne pas me donner de limites parce que le roman pourrait être différent de son ancienne version.

Oui, j’ai l’impression de trahir cette première version, mais au fond de moi je sais que ce n’est pas l’histoire même qui va changer, mais sa forme. Si je regarde l’ensemble, je vois toujours mon histoire, celle que j’ai inventée et sur laquelle j’ai travaillé pendant de nombreuses années. Aujourd’hui, je dois accepter de suivre mon histoire là où elle veut aller, grandir avec elle et comprendre que si mon intuition m’engage sur ce chemin-là, c’est que je suis capable de le faire.

L’intuition est le meilleur des guides et je n’ai plus envie de douter. J’ai envie de voir où tout cela va me mener et si je me trompe, tant pis, c’est que je devais apprendre quelque chose de cette situation. Mais honnêtement, maintenant que je suis passée à autre chose, que je laisse mon roman sortir de sa chrysalide, je doute de mon échec. J’ai juste envie d’y croire.

Écoutez votre instinct, les amis, nous devrions toujours le suivre sans se poser de questions.

Je vous souhaite une très bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

{Images : Snappa}

Le Jour de l’Écriture – Défi

Bonjour à tous !

Après encore un petit temps d’absence, je reviens avec une nouvelle catégorie sur l’écriture. L’idée vient de pointer le bout de son nez et j’ai pensé qu’au lieu de réfléchir dessus pendant des heures, il valait mieux que je m’écoute et que je réagisse aussitôt.

Comme vous le savez peut-être, si vous suivez ce blog depuis un moment, j’ai souvent partagé mes journées d’écriture lorsque je travaillais sur mes romans. C’était une façon pour moi de me motiver chaque jour, d’écrire et d’avancer dans mes créations sans les délaisser. Si ces derniers temps, je n’ai jamais cessé de penser à La Voix d’Origine, je dois avouer que ça fait un bout de temps que je n’ai pas écrit. Concrètement, mon premier chapitre est terminé et j’avais commencé le deuxième avant de changer d’avis et de modifier ce que j’avais en tête. Je sais quelle est la prochaine étape dans mon écriture et celle-ci ne me rebute pas, mais je n’arrive pas à trouver l’envie, ni la motivation me permettant de consacrer un peu de temps à mon écriture. En fait, ayant du temps à volonté, il est difficile de le consacrer à du travail, même si c’est une passion, quand on peut faire d’autres choses. Soit j’ai envie d’écrire toute la journée et si je n’écris qu’un peu, cela ne me satisfait pas, soit je me laisse vagabonder vers des envies qui n’ont rien à voir avec l’écriture.

J’ai déjà pensé à reprendre les Journées d’Écriture partagées, mais malgré la bonne motivation qu’elles me procurent, je finis toujours par être lassée et épuisée par la pression que je me mets sur les épaules. Parfois, c’est déjà bien difficile d’écrire alors en plus si on doit tenir un blog chaque jour, écrire un article qui sera un minimum intéressant alors que la journée ne l’a pas forcément été… c’est du travail et cela devient pesant.

J’étais donc dans mon jardin quand il m’est venu une idée. J’ai compris que le meilleur aspect des Journées d’Écriture partagées, c’était la motivation qu’elles m’apportaient chaque jour. Et les points négatifs, la surcharge de  travail avec le blog et l’objectif parfois trop grand que je m’imposais. Je voyais toujours le roman dans sa globalité, donc je me disais que si j’écrivais chaque jour un certain nombre de mots alors j’aurais fini à telle date et les rares fois où j’avais besoin de faire une pause me donnaient surtout envie de culpabiliser. Le Jour de l’Écriture va changer tout ça, garder le meilleur pour mettre en avant ce qui est le plus important. Pas les objectifs, pas le travail, pas le nombre de mots, mais l’envie d’écrire et l’écriture elle-même.

J’aimerais que ce défi ne s’arrête pas à moi, car je sens que ça peut être une façon pour chacun de nous de renouer avec l’écriture si vous vous trouvez dans le même cas que le mien. Je ne sais pas si certains d’entre vous seront intéressés. Je sais qu’il existe déjà de nombreux défis comme celui-là comme le NaNoWriMo ou bien encore le récent Défi Sablier de Samantha Bailly. Mais je dois avouer que j’avais besoin d’un défi maintenant. Je ne veux pas attendre une date pour me lancer et j’ai besoin de quelque chose qui s’adapte à mon fonctionnement. Un défi qui me permettrait de consacrer du temps à mon écriture, de me motiver chaque jour mais aussi de me respecter.

Cette nouvelle catégorie va donc consister à se donner un petit temps par jour. Une heure fixe, mais pas de délai. Par exemple, je me dis : « Dès 9h, je me pose devant mon ordinateur. » Et à ce moment-là je vais me demander de quoi je suis capable aujourd’hui, quel peut être le défi du jour que je serais capable d’atteindre. Je ne parle pas d’une semaine, ni de ce que je peux réaliser en un mois, tout simplement ce qu’il m’est réalisable aujourd’hui. Soit une demi-heure, soit une heure, soit je laisse les choses évoluer en commençant à écrire sans me poser de questions ou bien alors je ne décide pas d’un temps mais plutôt d’écrire une scène, un chapitre en particulier.

Le but n’est pas de s’imposer un même format chaque jour. Je sais comment je fonctionne et parfois les défis que je me lance ne conviennent pas à toutes les périodes que je traverse. Le Jour de l’Écriture, c’est une façon de recommencer à zéro chaque jour en suivant notre état physique et émotionnel.

Le Jour de l’Écriture, c’est se demander pendant un court instant à quel point on a envie de dédier une partie de sa journée à notre écriture et de trouver une solution si la forme qu’on avait adoptée la veille ne convient pas aujourd’hui. On n’a pas tout le temps la même humeur, la même énergie, mais peu importe le défi qu’on se lance à cette heure précise pour la journée, au moins on prend le temps, l’espace de quelques minutes, de vraiment considérer ce qui est le plus important pour cette journée : écrire maintenant ou prendre soin de soi, laisser reposer sa créativité.

Donc si vous avez envie de participer, il n’y a pas de soucis ! Aucune inscription, pas de délai, ni de pression. On commence quand on veut. Ce défi est vraiment là pour apaiser nos petits cœurs fragiles d’artistes et pour nous permettre de réussir notre roman sans culpabiliser d’avoir parfois besoin de temps !

Pour ma part, je le commencerai dès demain. Et si je n’ai pas encore décidé à quelle heure je me poserais la question, il est certain que je vais le faire et que je ferais de mon mieux selon la journée qui se présentera ! Je posterai via Instagram accompagné de jolies photos. Une façon d’entretenir ce réseau social que je délaisse un peu tout en n’ayant pas besoin d’écrire un véritable article. Je ferais alors peut-être une synthèse sur le blog à la fin de la semaine pour voir quels objectifs ont été atteints.

En tout cas, si vous voulez participer, adapter ce défi pour vous, n’hésitez pas à me laisser un commentaire ou bien à répondre à mes posts Instagram pour que je puisse voir votre évolution. Se donner des objectifs, c’est bien, mais si on peut se soutenir mutuellement, c’est encore mieux !

À demain donc sur mon compte Instagram, où j’annoncerai mon objectif et un peu plus tard mon avancée !

Je vous souhaite une bonne fin de journée !

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Le temps et l’écrivain

Bonjour à tous !

Il y a quelques années, quand j’entendais « Il faut du temps pour avoir une bonne écriture / être un bon écrivain » je dois avouer que cela me mettait un peu sur les nerfs. Il faut dire que dans cette phrase, je n’entendais pas la possibilité qu’un jour je puisse m’améliorer, j’entendais le fait qu’à ce jour, je n’étais pas assez bonne ou que mon écriture n’était pas satisfaisante. Comme si je n’aurais la chance d’avoir une bonne écriture que bien des années plus tard.

Ce genre de phrase me touchait beaucoup dans les premiers temps, quand je me suis lancée dans l’écriture, parce que c’était comme si je n’étais pas assez douée pour être écrivain, pour le prétendre et qu’il me faudrait attendre avant de pouvoir obtenir une publication ou atteindre un bon niveau d’écriture. Ça me faisait mal, parce que cela touchait à mon rêve et qu’au fond de moi, je voulais le réaliser « maintenant » et pas dans dix ans.

C’est principalement le fait de me consacrer à plein temps à mon écriture, grâce à mes parents, que ces mots me touchaient autant, parce que je voulais que ça se fasse maintenant. Je voulais commencer à écrire, à publier des livres et à instaurer dans ma vie ce travail que j’ai choisi pour le restant de mes jours. Quand on me disait qu’avec le temps, j’aurais un style meilleur, c’était comme un coup dur sur ces jours que je vivais, en plein dans la construction de mon rêve.

Si je n’avais pas ce blog, ma famille et des amis à qui en parler, mon projet resterait secret, caché et je serais tellement isolée que peu de gens comprendraient à quel point j’ai envie de faire de l’écriture mon métier. C’est un plan de vie, pas des plus communs, je ne fais pas d’études ; l’essentiel de ce que j’apprends se trouve dans des documentaires que je regarde, des vidéos en ligne ou bien au fil de mes recherches pour mes livres. Je ne travaille pas en parallèle, je me consacre uniquement à mon écriture et mes livres.

C’est comme si j’étais dans une réalisation sans fin, ce que je construis reste en grande partie invisible pour mon entourage. On ne sait pas concrètement ce que je fais et si, lorsqu’on me demande ce que je fais dans la vie, je réponds que je suis écrivaine (avec plus de facilité qu’avant), cela reste assez flou parce que le seul livre que j’ai publié a été créé grâce à l’auto-édition et que je ne le défends pas en salon comme certains pourraient le faire. Je suis dans l’ombre, dans le secret malgré tout ce que je peux partager avec vous ou avec mon entourage. Tant que je n’aurais pas envoyé mon manuscrit, qu’il ne sera pas publié par une maison d’édition, je resterais dans cet état en suspens sur la création de la prochaine partie de ma vie.

Tout ça pour vous dire que lorsqu’on me disait que le temps était associé à une « bonne écriture » je ne le prenais pas aussi bien que j’aurais dû. Cela m’a découragé plus d’une fois. J’avais l’impression de perdre mon temps, comme si je ne serais douée qu’une dizaine d’années plus tard et que pour le moment, le travail que je fournissais n’était pas à la hauteur des attentes.

Je me suis bien trompée. Je ne m’en veux pas d’avoir réagi à ce genre de phrase de cette façon, c’était ce que je devais vivre et aujourd’hui je comprends le sens de ces paroles. La majeur partie de ceux qui les ont dites, que ce soit dans mon entourage ou bien même sur internet ou dans les articles sur l’écriture, ne disait pas cela négativement. Cela me touchait personnellement, parce que je voulais être opérationnelle « tout de suite » et pas une fois que le temps aurait fait son œuvre. Pendant longtemps, j’ai cru que j’étais impuissante face à ma qualité d’écriture, face à mon apprentissage, comme si je ne pouvais rien y faire et que seul le temps pourrait m’aider.

J’ai continué à écrire, parce que ça fait partie de ma vie, mais il restait toujours une partie de moi qui était déçue de ce que je produisais. Je culpabilisais de ne pas être une bonne écrivaine, que pas assez de temps ne s’était écoulé pour que mon écriture vaille le coup d’œil.

Aujourd’hui, cela fait cinq ans que je suis engagée dans ce plan de vie, dans la réalisation de mon rêve de devenir écrivain. Et pendant cinq ans, j’ai appris de nombreuses choses. Tout d’abord sur moi-même et ma capacité à persévérer peu importe les montagnes qui se dressaient devant moi. J’ai appris des tas de choses concernant les romans, leur création, leur évolution au fil du temps. Et j’ai aussi appris ce que cette phrase voulait vraiment dire et ce que le temps apporte à l’écriture.

Le temps n’est pas le mot qui aurait dû être utilisé, c’est probablement à cause de ce mot que je me suis fait peur autant de fois et que j’ai cru n’être capable de rien. On aurait dû remplacer ce mot par « expérience » et l’expérience se gagne à la vitesse que l’on veut. L’écriture se bonifie avec le temps, non pas parce que le temps lui-même (ni l’âge) joue quelque chose sur notre qualité d’écriture, mais parce que le temps apporte l’expérience. Pendant des jours, des semaines, des mois et des années tout ce que l’on acquit, que l’on apprend permet d’avoir une meilleure écriture et de s’améliorer considérablement.

En entendant ces phrases, j’avais l’impression que j’étais impuissante face au temps, face à mon jeune âge, alors qu’en fait il suffit tout simplement d’être curieux de tout. Comment avoir une meilleure écriture ? La réponse n’est pas : il faut du temps ! La réponse est : sois curieux ! Il faut lire des romans de tous genres pour découvrir de nouveaux horizons, s’offrir de nouvelles possibilités. Il faut regarder des documentaires, lire des articles, regarder des films et essayer de comprendre comment ils sont créés. Pas la peine de s’intéresser à l’écriture en elle-même, parce que c’est personnel, mais s’intéresser à tout pour trouver ce qui nous inspire et ce qui nous lance dans la bonne direction.

Par exemple, j’ai lu le livre de Stephen King : Écriture, mémoire d’un métier. Et si j’ai trouvé son point de vue intéressant, je n’ai pas adhéré à tous ses conseils. L’écriture, c’est le reflet de notre âme et ce qui fonctionne pour l’un ne fonctionnera pas pour un autre. Si j’essaye d’écrire tous les jours, il m’arrive parfois d’avoir besoin d’une pause pour recharger les batteries. Ce n’est pas grave, c’est mon mode de fonctionnement et je l’ai compris.

Aujourd’hui je comprends que chaque année qui s’est déroulée depuis que j’ai pris ma décision n’était pas inutile. Le temps n’œuvre pas sur mon écriture, ce sont mes propres choix, mes propres apprentissages qui me permettent d’agir sur cette qualité. Les nombreuses lectures que j’ai découvertes m’apprennent à aborder les personnages de façons différentes, d’oser innover sur certaines formes d’écriture et de ne pas hésiter à exprimer ma propre voix. Il n’y a pas de recette à proprement dite pour bien écrire. Je crois qu’au lieu de « Ça prends du temps pour bien écrire » j’aurais aimé entendre « Si tu aimes écrire, c’est que tu as ça dans le sang. Et si tu veux t’améliorer, ne cherche pas à atteindre une qualité mais à comprendre ce que tu peux améliorer, trouve ce qui te permettra de faire quelque chose de mieux. » Mais avant toute chose, j’aimerais dire que ce n’est pas parce que tu peux t’améliorer, évoluer et devenir une meilleure version de toi-même, qu’à cet instant tu ne vaux rien.

Ce n’est pas parce que l’expérience de la vie me permettra d’avoir une meilleure écriture, qu’aujourd’hui je suis nul·le et sans qualités. On peut toujours s’améliorer et dans n’importe quel domaine. J’ai compris aujourd’hui que je devais voir ce temps à venir et cette expérience que j’allais acquérir comme une merveilleuse possibilité et pas comme un don qui me tomberait dessus un beau jour parce que j’ai été assez patiente pour le mériter. Cette expérience n’est pas quelque chose dont j’ai besoin pour écrire, c’est à moi de décider quand je veux m’améliorer et quand je veux exprimer ce que j’ai à dire sur l’instant, peu importe ce que les autres ont à dire là-dessus.

Ce qui compte dans l’écriture, c’est ce que l’on veut transmettre. Je peux bien savoir des quantités de choses, cela ne veut pas dire que la façon dont je vais les transmettre est la bonne. L’essentiel est ce qu’il y a dans le cœur et pour ce qui est du reste : de la qualité d’écriture, de la qualité d’une histoire, de l’épaisseur des personnages… Tout cela ne dépend que de ce que nous choisissons. Osons exprimer notre propre voix lorsqu’on a besoin de parler, le reste suivra. Dites ce que vous avez à dire. Ce que vous pouvez apprendre n’est qu’un bonus.

Si vous avez envie d’écrire ou que vous avez des histoires à raconter, croyez-moi, c’est suffisant. Tant que vous gardez précieusement cette envie comme une petite flamme fragile, vous pourrez affronter le temps et les montagnes. Personne, à part vous-même, n’a la mainmise sur votre destin. Ni le temps, ni votre âge, ni votre entourage, ni votre écriture.

 

 Le temps n’est pas l’ennemi de l’écrivain, il lui ouvre la porte de tous les possibles.

 

Je vous souhaite une bonne journée !

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Le bonheur d’écrire

Bonjour à tous !

Depuis que j’ai annoncé l’arrêt de l’écriture de Lux Æterna et le commencement de la réécriture, cela fait un certain moment, soit presque deux mois, que je n’ai pas pris réellement le temps d’écrire. Il faut dire que l’étape de la réécriture d’un roman est vraiment différente de l’écriture et il y a de nombreux autres éléments à prendre en compte, des étapes par lesquelles on passe, sur lesquelles on travaille avant d’en arriver à nouveau à l’écriture. Aujourd’hui, je suis en manque d’écriture, au point de ne plus savoir comment ça fait et de douter de ma propre facilité à écrire.

Lorsqu’on pense à un écrivain, si on n’a jamais soi-même tenter l’écriture, on a l’impression que son travail consiste uniquement à écrire et qu’à côté de cela il n’y a rien d’autre à faire, que ce n’est pas si difficile que ça et que n’importe qui pourrait le faire. Peut-être que n’importe qui pourrait le faire, mais être écrivain ne consiste pas en seulement écrire. Entre les recherches que l’on fait pour son roman, les planifications d’histoires ou de scènes, la création de personnages, les changements que l’on peut apporter en cours d’écriture et qui change tout ce qu’on avait prévu. L’écriture, être écrivain, c’est faire face à plein de petits travaux qui peuvent changer la qualité de son écriture, c’est faire face à de nombreux petits désagréments comme ne pas arriver à écrire quand on le doit et avoir envie d’écrire lorsque la situation ne s’y prête pas.

Il y a tellement à faire qu’il peut nous arriver, si on décide de se concentrer uniquement sur un roman, de traverser toute une période sans écrire. J’ai la chance d’avoir mon blog sous la main et que lorsqu’une envie d’écrire commence à me démanger, il me suffit de vous écrire un article. C’est facile, c’est pratique, ça me permet de garder la main d’une certaine façon et de pouvoir passer ce besoin en attendant de pouvoir goûter à nouveau à l’écriture de mes romans.

J’ai commencé à seulement écrire la semaine dernière. D’abord en commençant une nouvelle qui n’avait rien à voir avec La Voix d’Origine, parce que j’étais encore bloquée sur le plan de mon histoire et que j’avais besoin de me changer les idées. Lorsque j’ai commencé à écrire cette nouvelle, j’ai ressenti un bonheur immense, mais aussi un soulagement. J’étais soulagée de voir que ça me plaisait toujours autant, que c’était toujours aussi fluide pour moi d’écrire, que les mots s’enchaînaient, les idées également. J’étais soulagée de voir que cette période de non-écriture ne m’avait pas atteint et que peu importe ce que je pouvais traverser, j’aurai toujours l’écriture d’histoire sous la main. Qu’il y aurait toujours une place dans ma vie pour l’écriture et le bonheur que j’éprouve en écrivant.

Je ne sais pas pourquoi, une fois que je n’écris pas pendant un certain temps, je me mets à douter sur mes propres capacités, comme si l’écriture était un feu que j’entretenais en écrivant régulièrement et que, à force de ne pas pouvoir écrire lors d’une longue période, ce feu mourrait et qu’il ne me serait plus possible de le raviver. Mais cette idée est fausse.

Si au début la reprise est toujours délicate, on a à la fois très envie d’écrire, mais peur de ce qui peut arriver : est-ce qu’on va être assez doué ? Est-ce qu’on ne va pas avoir le syndrome de la page blanche ? On finit toujours par réécrire parce que ça nous rend heureux. Il est difficile de pouvoir décrire ce bonheur, mais j’imagine qu’il est le même pour tous les artistes qui n’ont pas eu le temps d’exercer leur art. Peu importe l’activité que l’on fait, la façon dont la création peut nous enrichir, ce que la réalisation peut nous apporter ; on le retrouvera toujours. Peu importe où nous sommes, peu importe l’âge que nous aurons, ça reviendra.

J’aime l’écriture de tout mon cœur, même si parfois il m’arrive de l’oublier, parce que ça fait bien trop longtemps que je n’ai pas écrit. Mais lorsque j’ai repris l’écriture de La Voix d’Origine il y a quelques jours, j’ai ressenti cette plénitude d’être là au bon endroit, d’écrire la bonne histoire et de faire tout simplement ce que je dois faire. Comme si, à ce moment précis, je n’étais pas dans l’erreur, ni à côté de ma vérité.

Si l’imagination d’histoires, de mondes, de personnages me suit chaque jour et que je ne suis pas prête de m’en débarrasser, l’écriture est quelque chose de plus versatile. Je ne suis pas de ces personnes qui réussissent à écrire chaque jour, ça m’arrive parfois, mais je donne de l’énergie à l’écriture plus qu’elle ne m’en rend. Il arrive quelquefois que je n’ai plus rien à donner à mon écriture et qu’il me faut du temps pour recharger les batteries pour y revenir. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises façons d’aborder l’écriture. Il est conseillé d’écrire régulièrement, car cela nous permet inévitablement de progresser, mais il faut aussi prendre en compte notre façon de réagir face à l’écriture. Il n’y a que nous qui puissions savoir ce qui est bon pour nous.

Je sais qu’il me faut parfois des pauses, mais celle-là, à cause de mon travail sur la réécriture de La Voix d’Origine et de l’arrêt de Lux Æterna était beaucoup trop longue à mon goût. Je suis arrivée à saturation. J’ai besoin d’écrire, j’ai besoin de laisser mes mots s’exprimer d’eux-mêmes à travers une histoire, pas seulement sur un article, car c’est tellement différent. Écrire un article me permet de satisfaire mon besoin d’écrire et de m’exprimer directement, mais écrire un roman me permet de faire vivre peu à peu un monde, une histoire, des personnages. Faire vivre quelque chose qui n’existait pas quelques minutes auparavant et qui désormais peut exister dans l’esprit des autres. Avec mes articles, je partage mon quotidien, mes sentiments et ce que je traverse, avec l’écriture je donne quelque chose que j’ai imaginé et cette sensation restera à jamais la plus belle et celle qui me procure le plus de bonheur.

Et aujourd’hui, j’ai la chance d’avoir cette longue écriture qui se présente à moi et qui me permettra de repartir dans ce cycle de « j’ai envie d’écrire », « j’aime ça » et « j’en ai marre ». J’assume pleinement mon fonctionnement et je sais qu’il n’est que passager, il y a toujours un moment où le bonheur d’écrire revient à moi. L’écriture ne cessera de ne me surprendre, à l’image d’une vieille amie que l’on ne voit parfois pas pendant un temps, mais qui revient à vous pour vous soutenir, vous enrichir et faire de vous quelqu’un de complet et de meilleur.

En espérant que l’écriture vous apporte autant qu’à moi, je vous souhaite une bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

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Carnet de Notes #16

Vous allez probablement penser que je suis cinglée et à juste titre, j’ai pensé ça de moi pendant quelques minutes, mais avec le sourire aux lèvres d’avoir agi de cette façon. Qu’est-ce qui se passe, me direz-vous ? Eh bien, après avoir passé des semaines, si ce n’est des mois, à essayer de planifier la nouvelle version de La Voix d’Origine, j’ai décidé de tout effacer ce plan.

Pour tout vous dire, ça fait un bon moment que je n’arrive pas à poursuivre, quelque chose me bloque et je n’arrive pas à savoir quoi. En même temps, j’ai des idées plein la tête, mais je reste bloquée quand il s’agit de continuer mon plan. Jusqu’à hier soir, je ne savais pas pourquoi j’agissais de cette façon, je n’arrivais pas à comprendre comment je pouvais être bloquée en ayant autant d’idées pour mon histoire. C’est alors que j’ai repensé au 5 avril 2015. En toute vérité, je me souviens de cette date uniquement parce que j’ai publié une photo à la suite de ce que j’ai fait sur Instagram. 😉

Bref, à cette époque, je n’avais encore jamais réussi à dépasser le chapitre 4 de La Voix d’Origine et je ne cessais de les réécrire encore et encore. Et j’avais lu une fois une citation, que je n’ai pas réussi à retrouver, mais je me souviens qu’elle disait que si nous avions un blocage, il valait mieux effacer ce que nous avions déjà écrit. Je ne connais plus les termes exacts, mais à cette fameuse date, je m’en suis souvenu et j’ai su ce que je devais faire. J’ai pris tous mes fichiers de mon histoire, tous les essais, les morceaux de texte que je gardais pour les réutiliser, les fiches de personnages, de peuples. Tout est passé à la corbeille. Puis j’ai fait la même chose avec tout ce que j’avais imprimé : les archives que je gardais dans un coin au cas où j’en aurais besoin. Je les ai fait brûler. Sur le coup, ce fut un moment assez paralysant, tout le travail que j’avais pu fournir, tous mes petits brouillons, tout ce sur quoi je me reposais depuis quelques mois, tout était parti. Je n’avais plus rien, hormis ce que j’avais en tête. Et croyez-moi ou non, c’est plus libérateur que ça en à l’air.

À ce moment-là, j’ai compris que je me basais trop sur ce que j’avais déjà écrit, comme si je ne croyais pas assez en moi pour représenter l’univers que j’avais dans ma tête. Comme si je n’étais pas assez douée pour écrire à nouveau sans béquilles. Ne plus rien avoir sous la main m’a permis d’avoir de merveilleuses idées qui sortaient complètement de tout ce que j’avais déjà écrit et c’est ce qui m’a permis de me lancer dans l’écriture en juillet 2015, sans m’interrompre au chapitre 4.

Aujourd’hui, non, je n’ai pas tout effacé comme j’ai pu le faire. Je crois que je n’aurais pas survécu si j’avais fait cela tant mon histoire a avancé et évolué dans le temps, j’ai maintenant plus d’informations sur l’ordinateur que je ne les ai en tête, parce que c’est assez difficile de se souvenir de tout ! Ce que j’ai fait aujourd’hui, dans un accès de folie, c’est de prendre ce plan que je me traine depuis des semaines et je l’ai effacé. Là, à l’heure qu’il est, je n’ai plus de plan, hormis celui que j’ai dans la tête.

Pourquoi ai-je fait cela ? Parce que je n’ai pas besoin de plan. Ça fait combien d’années que j’ai cette histoire en tête ? Quatre ans. Et depuis tout ce temps, je doute encore de ma capacité à raconter cette histoire que je connais par cœur ? Pourquoi me faudrait-il un plan, scène par scène ? Si c’est ce qui m’a aidé à surmonter mon blocage du « chapitre 4 » la première fois, ce n’est pas une raison pour que cela me soit utile une deuxième fois. Aujourd’hui, j’ai besoin de libérer ma créativité. Je ne cessais de bloquer sur le nombre de mots par chapitre, ne sachant pas ce qu’il valait le mieux. Hier soir, je me suis dit que je ne le saurais jamais tant que je n’écrirais pas et que si je me basais uniquement sur mon plan, alors mon instinct serait écarté de l’écriture. Je n’ai pas envie de reproduire la même erreur que la première fois : une écriture trop cérébrale. On a besoin d’un minimum de plan pour écrire son histoire, pour savoir ce qui s’y déroule, pour réussir à placer toutes les intrigues, mais une fois qu’on a fait cela, il faut se faire confiance. Je connais le plan, il est dans ma tête. Hier soir, j’ai fait dérouler mon histoire mentalement et toutes les nouveautés que j’avais ajouté à mon plan y étaient présentes. Aujourd’hui, j’ai simplement besoin d’écrire et de faire vivre mon histoire, mes personnages, mon univers et arrêter de croire que je ne suis capable d’écrire que si j’ai mes béquilles.

On verra bien ce que cela donnera. Je suis pourtant confiante, je n’ai pas fait ce geste au hasard, mais de toute façon, je n’ai plus de plan au cas où je me serais trompée ! Je ne peux compter que sur ma mémoire et mon imagination et je crois que ce sont les meilleurs alliés d’un écrivain ! 😉

Bannière Caroline Dubois

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