Les méchants

Bonjour à tous !

En ce nouveau vendredi, j’avais envie de vous parler de ces méchants si importants pour nos histoires (tout dépend ce que vous écrivez, mais ils font quand même partie de la littérature en général). Bien sûr, ne parlons pas seulement des grands méchants qui ont un rire satanique, mais bien de tous les types, de ceux plus discrets, de ceux ayant un plan ingénieux, de ceux à la fois victime et bourreaux… Peu importe le type des personnages méchants (autrement dit : l’adversaire du héros), j’aime depuis quelques temps les travailler bien plus en profondeur qu’avant.

J’en ai probablement déjà parlé dans ce blog, mais vu que de nouveaux lecteurs arrivent, il n’est parfois pas très grave de radoter ! Lorsque j’ai écrit mon premier livre vers mes 7-8 ans, je ne pouvais imaginer mon histoire autrement qu’avec un vrai méchant. Il avait tous les clichés du monde, du genre bien méchant, sans fond ni but à part celui-ci de faire souffrir les gentils, et à part son nom bien moche de méchant « Méclark », on ne connaissait rien de lui. À cet âge-là, je ne sais pas si je pouvais avoir un autre modèle que celui du méchant classique que l’on me donnait dans les dessins animés.

Lorsque j’ai repris l’écriture plus tard, vers mes 14 ans, mon méchant qui était une femme avait un peu plus évolué depuis ce Méclark. Elle était toujours méchante, elle riait de la même façon, mais au moins, j’avais progressé en lui ayant donné une cause à cette personnalité et à son but d’anéantir mes héros. Elle ne faisait pas cela par hasard, elle ne s’était pas levée un matin en se disant qu’elle voulait détruire ces deux personnes. Au moins, cette fois-ci, il y avait la cause et la conséquence sur sa personnalité qui permettaient de comprendre les actes de ce personnage. Néanmoins, j’avais encore une vision très manichéenne de mes personnages, ne laissant pas de place pour l’entre-deux ou le plus nuancé.

Citation Chris Colfer

Je dois dire que temps que je n’avais pas ouvert les yeux sur ce qu’était un personnage en général, que ce soit dans sa gentillesse ou dans sa méchanceté, je continuais d’imaginer mes histoires autour d’un même format. Le gentil d’un côté et le méchant de l’autre. La première chose qui m’a ouvert les yeux, il me semble, c’est la série du Trône de Fer (en format livre, je précise). George R.R Martin m’a ouvert les yeux sur les diverses façons qu’avait un personnage d’agir pour lui-même, pour sa famille ou pour une cause, tout en se trouvant respectable alors que de l’autre côté, on trouvait ses actes terribles et sans-cœur. Finalement, j’ai enfin pris conscience (il était temps !) que la méchanceté ne venait pas de la personne, ni d’une certaine façon de ses actes, mais de la façon dont on les percevait. Tout est donc une question de perception !

À force de prendre conscience du fond des personnages, j’ai commencé à m’intéresser un peu plus aux méchants des histoires que je lisais, étudiant leur psychologie, leurs propres raisonnements et le but qu’ils se donnaient. Je commençais à comprendre que tout n’était pas blanc ou noir.

Ces recherches, ces études de cas différents m’ont permis de m’ouvrir l’esprit et d’envisager donc de créer mes personnages « ennemis de mes héros » avec un peu plus de profondeur. J’ai directement testé cette nouvelle vision de ces personnages sur mon méchant de La Voix d’Origine. Je dois avouer qu’avant tout cela, il ressemblait un peu à mes premiers méchants, à cela de différent qu’il était un peu plus réaliste, moins caricatural. Mais par ces réflexions, j’ai permis à ce méchant d’avoir un passé, des événements vécus et qui par la suite ont influencé sa manière d’être et de penser. Je commençais déjà à tenir quelqu’un de réaliste, avec des idées et un but, aussi terribles qu’ils puissent être, tout en lui permettant de ne pas se trouver méchant lui-même. Même s’il a conscience que certains de ses actes font du mal, il sait que c’est pour servir son but. Il se convainc que c’est la meilleure chose à faire pour lui-même et pour le monde. Nous sommes donc loin du rire satanique de mes premiers personnages !

Citation George R.R. Martin

À présent, maintenant que j’ai réussi à aborder les méchants d’une autre façon, j’ai cette envie de m’amuser avec les personnages, quels qu’ils soient. Même si dans La Voix d’Origine, il y a bien plus qu’un seul « méchant », il y avait quand même deux côtés, d’un les héros et de l’autre ceux qui leur veulent du mal, même si chaque personnage a une histoire et une personnalité recherchées. Dans Le Pacte du Magicien, j’aborde les personnages d’une manière encore bien différente, m’amusant avec les frontières entre le bien et le mal, poussant à interroger chaque personnage à savoir si leurs actes sont pour servir le bien de tous ou leur propre personne. En fait, je crois que je ne catégorise plus les actes de biens ou mauvais, mais du moins pire au plus terrible. Chacun des choix de mes personnages a une conséquence sur leur vie ou sur celle des autres et j’apprécie bien mieux de travailler de cette façon !

Après, ce n’est pas parce que aujourd’hui j’adore travailler de cette façon que je n’adhère plus à la construction de La Voix d’Origine, ni que je n’utiliserai pas encore un autre format différent dans une prochaine histoire. D’ailleurs, l’un des romans que je veux écrire n’a pas de personnage méchant, tous les habitants du monde se retrouve face à une forme de danger incontrôlable. Donc, je ne dis pas qu’une façon d’utiliser ses personnages est meilleure qu’une autre, mais en diversifiant mon écriture et mon format d’histoire, je me permets d’apprendre et de m’améliorer, mais aussi cela me permet de découvrir toujours plus et d’imaginer d’autres histoires encore.

Je ne sais pas finalement s’il y a de bonne ou de mauvaise façon de traiter les grands méchants de nos histoires, car avec la création, nous pouvons toujours repousser les limites et changer un cliché en quelque chose de profond et d’intelligent. Je pense, grâce à mes expériences et mes différentes histoires, que de toute façon un personnage, de quel côté qu’il soit, gagne à avoir une véritable personnalité, une histoire et des événements dans sa vie qui l’amènent à être celui qu’il est aujourd’hui. Plus nous donnons de corps à notre méchant, alors plus nous nous éloignerions du cliché et donnerons forme à quelque chose de plus complexe.

En d’autres termes, passons juste pour un temps du côté obscur, afin de comprendre l’esprit de nos petits méchants ! 😉

Je vous souhaite une très bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

{Images : Snappa}

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