Les histoires que je dois écrire

(Petit avertissement : cet article est énorme. Vous feriez mieux d’être bien installé,
parce que je parle et cela ne semble jamais s’arrêter !)

Bonjour à tous !

Une nouvelle année va arriver et avant tout, j’aimerais vous souhaiter le meilleur pour 2017 ! Si ces dernières années, je savais à peu près où je m’en allais, que ce soit vers l’écriture d’un livre, la correction… cette fois-ci, je ne sais pas vraiment ce que 2017 va m’apporter. Je ne sais pas si ce sera l’année où je terminerais pour de bon La Voix d’Origine ou bien si ce sera l’année où j’enverrais pour la première fois mon livre à un éditeur. Ce sont de grandes étapes qui m’impressionnent et je ne sais pas si cette année les rassemblera. On ne sait pas vraiment de quoi nos futurs jours sont faits, quand on a un plan, on le suit, et même si je sais quel est mon but, je ne sais pas quand cela va arriver et j’aborde la vie jour après jour, sans me mettre la pression.

Il faut dire que cela fait quelques mois que je mets énormément la pression. Depuis que j’ai terminé La Voix d’Origine et que j’ai commencé Le Pacte du Magicien, j’ai l’impression qu’il faut que je fasse des choses, que je passe à l’action sans me rendre vraiment compte que je n’ai jamais arrêté de travailler tout au long de l’année et ces derniers mois de pause, de relaxation et de « cape diem » ont été bénéfique. Il faut que j’arrive à me dire que c’était une étape importante aussi dans ma vie d’écrivaine. Terminer le livre qui semble être le plus important dans votre cœur, bouscule un peu le quotidien et les rêves. Fut un temps, La Voix d’Origine n’était qu’un rêve, un livre que je souhaitais écrire et même si je savais qu’un jour viendrait où il serait terminé, difficile de s’imaginer quel serait mon état émotionnel à ce moment-là. Je ne pensais pas réagir de cette façon, je ne pensais pas que cela me toucherait autant alors même qu’il n’est pas totalement terminé.

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Une nouvelle année va commencer et j’ai enfin l’impression d’avoir dépassé ces quelques mois de désorientation. Surtout depuis que je comprends enfin quelle en était la cause. Si les deux mois suite à l’arrêt de l’écriture de La Voix d’Origine étaient assez durs à vivre, car je semblais happée par l’absence de cette histoire, disons que le véritable désordre à commencer le jour où j’ai décidé de commencer le roman Le Pacte du Magicien.

Pour être tout à fait franche, j’ai même beaucoup hésité à écrire cet article, car je vous vais vous expliquer pourquoi je ne peux pas écrire cette histoire, parce que cela fait un peu plus de quatre mois que je vous parle de ces cinq tomes, entièrement planifiés. Pendant tout ce temps, vous avez dû supporter mes doutes et mes soudaines prises de conscience qui finalement ne menaient à rien. Jusque-là, je n’ai toujours pas réussi à dépasser mon blocage sur Le Pacte du Magicien et j’ai fait de mon mieux pour vous éviter des notes du Carnet un peu dramatiques !

Il y a encore quelques semaines, je pensais avoir trouvé pourquoi je n’arrivais pas à écrire au moins le Tome 1, je pensais que j’en faisais trop, que j’avais trop planifié l’histoire, que je ne me laissais pas assez de liberté. Je pensais que je devais tout effacer et recommencer depuis le début. Cette méthode semble un peu folle, mais cela avait fonctionné pour La Voix d’Origine. Quelques mois avant de reprendre pour de bon l’écriture de mon roman, j’avais effacé exactement tous les chapitres déjà écrits, toutes les différentes versions des débuts de l’histoire. Pour tout vous dire, j’ai effacé les fichiers sur mon ordinateur et j’ai carrément brûlé les papiers que j’avais imprimés. Cela semble fou, étant donné les heures de travail que cela représente, mais cela m’a fait du bien et j’ai réussi à passer mon blocage, écrire plus loin et terminer cette histoire à la fin de l’été 2015.

Bref, vous l’aurez compris, cet essai s’est avéré concluant et pendant un temps je pensais que je devais faire la même chose avec Le Pacte du Magicien, qu’effacer ce que j’avais déjà écrit serait aussi libérateur que cela l’avait été pour La Voix d’Origine, mais au bout d’un moment, un long moment, j’ai fini par comprendre que je pouvais bien tourner cette histoire dans tous les sens : changer le caractère des personnages, les lieux, le format des chapitres, adopter un point de vue à la première personne, je n’arriverais pas à finir cette histoire, parce que ce n’est tout simplement pas le bon moment. Cette histoire doit faire un tour dans le tiroir.

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Le passage dans le tiroir est bénéfique pour un roman, ça l’a été pour La Voix d’Origine, l’histoire y a passé des vacances longues parfois d’une année entière, mais ce n’est pas exactement ce pour quoi j’ai décidé de mettre Le Pacte du Magicien de côté. Rien à voir avec tous les bénéfices que cela pourrait lui apporter, ce roman n’est tout simplement pas celui que je dois écrire en ce moment et je vais vous expliquer pourquoi. Cela tient en deux mots : Nouvelle idée !

Non, je ne suis pas folle, je n’ai pas décidé de lâcher des mois de travail pour aller sur une nouvelle idée, sur un coup de tête. Pour être tout à fait franche, depuis quelques années, depuis Pandore, je crois, je n’ai jamais laissé tomber un roman pour une nouvelle idée. Mais c’est là que j’en viens à mon sujet principal de mon article. Je vais essayer de faire court, je le promets !

Pour commencer, deux noms : Projet Vie et Projet Mort. Cela sera plus simple pour expliquer le désordre ambiant de ma tête. Si vous vous souvenez (et si c’est vrai, vous ne devriez pas garder toutes ces informations dans votre tête), peu après le commencement de la création du Pacte du Magicien, je suis venue vous dire que j’avais un peu de mal à écrire, car une nouvelle idée m’était apparue, soudaine, alors que j’étais tout juste en train de créer mon nouveau roman. Cette idée, c’est le Projet Vie. J’ai eu beaucoup de mal à me détacher de cette idée qui m’envahissait comme une forte émotion. Décidée de continuer à écrire mes romans en cours et de garder mes nouvelles idées pour plus tard, j’ai simplement pris le temps de noter ce qui me venait et de passer à autre chose. Ça été dur, mais je me suis forcée. Pendant ces derniers mois, l’idée du Projet Vie m’est revenue un bon nombre de fois et je regrettais un peu de m’être lancée dans Le Pacte du Magicien, parce que ce nouveau roman allait chercher des émotions profondes en moi et que je ne pouvais les écrire (à cause de ma règle), mais j’ai tenu bon.

C’est là que j’en viens au Projet Mort. Ce doit être à la fin du mois de novembre que j’ai eu cette nouvelle idée de livre, une idée que j’ai associée à une autre idée que j’avais eue dans l’année. Fidèle à mes habitudes, je suis allée voir sur Pinterest, j’ai cherché quelques idées, j’ai confiné le tout dans un tableau (Top secret !) et je suis revenue au Pacte du Magicien. Voyez-vous, quand j’ai fait cela, je n’ai pas pris conscience de l’énorme différence entre le Projet Vie et le Projet Mort, jusqu’à il y a à peine quelques semaines. Il m’a fallu du temps, mais j’ai enfin compris de nombreuses choses.

Tout d’abord, si j’étais réellement retombée dans le mode « j’ai une nouvelle idée, je saute dessus » j’aurais dû totalement oublier le Projet Vie et le Projet Mort aurait dû me tourner dans la tête encore et encore, mais voyez-vous ? Rien ! Rien du tout. Bien sûr, le Projet Mort m’enthousiasme un peu, je veux dire, c’est un roman que j’écrirai un jour et l’histoire pour le moment me plaît, mais je n’ai aucun mal à passer outre. Je n’ai aucun regret de ne pas l’écrire maintenant, parce que ce n’est pas le moment et je suis d’accord avec cela.

Lorsque j’ai compris que je passais si vite au-dessus du Projet Mort, je me suis demandé : pourquoi as-tu du mal à te défaire du Projet Vie ? « File petite écrivaine, retourne dans ta chambre et va écrire le Pacte du Magicien, nom d’une pipe ! » C’est ce qui aurait dû se passer, mais j’ai réfléchi autour de ce questionnement, parce que c’est ce que je fais, je réfléchis.

Et de réflexion en réflexion, j’en suis venue à me demander : quels genres de romans j’ai envie d’écrire ? Ce qui est une énorme question pour moi, compte tenu de mes idées d’histoires aussi différentes les unes des autres. Je ne m’étais jamais interrogée là-dessus. J’aime tous les genres de livres : romance, fantasy, SF, dystopie, jeunesse… Donc cela me paraît normal que de nombreuses choses m’inspirent. Ce que je n’avais tout simplement pas compris c’est que je ne peux pas tout écrire. Pas dans le sens où il faut que je me tienne à un certain style, mais dans le sens qu’il y a des histoires qui m’apparaissent un beau jour et qu’elles me font sourire. Celles-là, j’aimerais les lire, ce sont le genre d’histoires que j’aimerais découvrir. J’ai envie de les écrire, rien que pour le plaisir, parce que l’histoire m’amuse, que les personnages sont le genre de personnages auxquels je m’attache dans les livres que je lis et que j’aimerais avoir une histoire qui me touche autant. Mais je ne peux pas les écrire vraiment. Parce que l’on en vient à la vraie question : qu’est-ce que j’ai besoin d’écrire ?

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J’ai toujours pensé que je pourrais écrire de tout, mais non je ne peux pas. Parce que mon cœur ne chante pas pour chaque idée de livres qui me vient. L’écriture est avant tout un besoin, c’est quelque chose qui a besoin de sortir et je ne peux pas parler de tous les sujets qui me passent par la tête, parce qu’ils ne me touchent pas autant les uns que les autres.

La première histoire que je devais écrire, c’est La Voix d’Origine. Pandore a été écrit bien avant, mais le besoin était différent, je devais me prouver quelque chose à moi-même, mais avec La Voix d’Origine, j’avais besoin de dire quelque chose. Je ne sais pas comment l’expliquer clairement, mais avec cette histoire, je pouvais avoir les larmes aux yeux tant c’était important pour moi de la raconter. Elle sort de mon être, comme la parole de mon âme et j’avais besoin de l’écrire, c’était plus fort que moi et à chaque fois que je n’arrivais pas à la transposer sur l’ordinateur, cela me faisait mal, parce que j’avais besoin qu’elle devienne plus que ce qu’elle était dans ma tête. Le monde de La Voix d’Origine devait sortir.

Et jusqu’à il y a peu de temps, je pensais que ce serait l’unique histoire qui me ferait vivre une telle sensation. Comme si c’était l’œuvre de ma vie et que les autres histoires auraient un moindre effet sur moi. Mais en toute honnêteté, je pense au Projet Vie en vous écrivant cet article qui est bien plus long que je ne l’aurais imaginé et j’ai les larmes aux yeux. Parce que quand je pense au Projet Vie, j’éprouve le même besoin intense de raconter cette histoire, aussi fort que La Voix d’Origine. Je ne saurais expliquer pourquoi une histoire me fait autant d’effets, mais c’est la vérité.

J’ai toujours appris à m’écouter, profondément, à suivre la voix de mon cœur et quand j’ai compris que ce n’était pas un caprice, que j’avais besoin d’écrire le Projet Vie, cela m’a bouleversé. Le Projet Vie c’est au-delà d’une simple histoire que j’adore, elle me transporte. Je n’ai pas seulement envie de l’écrire, j’en ai besoin.

Pourquoi devrais-je écrire des histoires à l’importance moindre après avoir écrit La Voix d’Origine ? Je ne sais pas comment j’ai pu me mettre une telle idée dans la tête, mais j’ai enfin compris, dans ma caboche en désordre, qu’il y a aura des histoires qui me viendront en tête, de celles que j’aimerais lire, elles me feront sourire et je peux mettre l’idée sur un papier dans un coin de mon bureau, mais il y aura aussi des histoires qui me transporteront, des histoires aux sujets si profonds qui me feront battre le cœur. Le genre d’histoire pour lequel j’ai envie d’être écrivain. Oui, je pourrais écrire sur n’importe quelles idées et j’en ai plein, mais qu’est-ce qui m’importe vraiment, qu’est-ce que j’ai envie de dire au monde et quelle est ma véritable voix ? La Voix d’Origine est ma voix, son monde est ma voix et le Projet Vie est ma voix.

Quand je me battais contre mon écriture avec Le Pacte du Magicien, je me battais contre moi-même pour me retenir de travailler sur le Projet Vie. Et elle est là la différence : il y des histoires que j’aimerais lire et il y a des histoires que je dois écrire.

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Je comprends enfin que La Voix d’Origine était le premier livre d’une longue lignée de romans qui me donneront envie de me battre pour eux. Je ne peux expliquer à quel point je les ai dans la peau, ça doit sortir, ils doivent s’exprimer. C’est pourquoi je me lève le matin, c’est pourquoi un jour quand j’avais huit ans j’ai dit que je voulais devenir écrivain sans savoir à quoi m’attendre, c’est pourquoi Le Pacte du Magicien va faire un tour dans le tiroir pendant un long moment avant de ressortir et me procurer la même émotion que La Voix d’Origine et le Projet Vie. Je n’abandonne pas cette histoire, rien n’arrive au hasard et si j’ai travaillé si longtemps sur celui-ci, alors cela me servira un jour, mais pour le moment, je dois écouter mon cœur qui voulait sortir de mon corps pour me dire en face « Tu dois écrire le Projet Vie, bon sang ! »

Cet article est beaucoup trop long, mais quand un sujet me passionne, c’est ce que je fais. Le Projet Vie a besoin de moi autant que j’ai besoin de lui et il est temps pour moi que je lui donne une place dans mon quotidien. Vous ne pouvez pas savoir à quel point j’ai envie de me lever chaque jour pour travailler dessus. Les idées me viennent, c’est fluide, cela va de soi, comme une évidence que j’avais du mal à accepter.

Allez, j’y retourne, car il y a une histoire que je dois écrire.

Bannière Caroline Dubois

{Images : Snappa}

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