Lux Æterna – Écriture – Jour 4

Les choses peuvent changer jusqu’au dernier moment. Hier soir encore, je pensais écrire ce nouveau chapitre d’une certaine façon, traversant la vie épouvantable de cette autre enfant. Comme je vous en parlais dans mes précédents articles, Thea était le seul personnage que je n’arrivais pas à cerner. Aujourd’hui, le chapitre concernait Raelle et je pensais très sincèrement connaître la base du personnage et de sa vie. Pourtant, quand j’ai commencé ma petite session d’imagination quotidienne avant d’aller dormir, je me suis rendu compte de l’atrocité de la vie de cette fillette.

Je suis convaincue que tout peut être écrit, d’une façon que parfois tout passe, mais au fond de mon cœur, quand je regardais les conditions de vie que j’avais imposées à cette petite fille, même pour un roman, je trouvais cela bien trop horrible. Et même si elle devait venir d’un milieu assez terrifiant et difficile pour une enfant de son âge, je n’arrivais pas à envisager d’écrire son histoire ainsi. Les difficultés auxquelles auraient dû faire face étaient bien trop grandes et j’avais beaucoup trop de peine pour elle.

Si parfois, lorsque l’on écrit, on se rend compte que le personnage doit vivre un événement, indépendamment de nos souhaits pour lui, car c’est sa véritable histoire et qu’il doit vivre cela pour évoluer, je n’arrivais pas à me résoudre à cette vie-là pour elle. Je ne peux en donner les détails, car l’horreur est à peine imaginable dans mon esprit, mais j’ai vite compris qu’il me fallait faire d’autres choix pour elle, essayer de trouver un compromis entre la dureté du milieu d’où elle vient et une sorte de cocon de protection essentiel pour une enfant.

Mais rapidement, me confronter à changer de cap dès la veille m’a un peu figé, effrayé. D’une certaine façon, faire le plan de mes histoires me rassure, parce que je sais que je ne serais pas perdue et que je ne serais pas confrontée à cette page blanche du manque d’imagination, n’ayant que celle du manque de mots. Et donc, savoir qu’il fallait changer la base de ce personnage m’inquiétait un peu, car je ne savais pas pour combien de temps j’en aurais. De suite, la petite voix pas sympathique à l’intérieur de moi m’a dit : « Eh bien voilà, demain tu ne pourras pas écrire, parce que tu ne sais pas quoi faire de ce personnage, et tu vas louper ton défi au quatrième jour. Bravo ! »

Si, habituée par cette mauvaise voix, j’ai réussi à la faire taire, j’ai quand même eu un peu de mal à trouver une voie pour Raelle. Pour réussir, j’ai dû me détacher de l’idée de base que j’avais pour elle. J’avais une scène très précise pour son premier chapitre, avec un contexte bien particulier, j’ai seulement dévié un peu et de suite j’ai trouvé une ambiance plus douce pour elle.

Le fait d’avoir pris le temps d’imaginer ce chapitre m’a permis de trouver la voie correcte pour cette enfant. Un monde assez effrayant qu’elle doit affronter, mais tout en étant entourée de mots et d’objets qui lui donnent du courage et de l’amour. Je n’avais que les prémices de ce chapitre, ne sachant pas ce que le lendemain me réserverait, mais au moins, j’étais sûre d’une chose, je savais quel était son contexte de vie et je cernais mieux sa personnalité. Il faut dire que la personnalité de ces trois enfants est assez similaire, ils ont des traits de caractère très semblables car ils font partie d’une génération spéciale, mais il leur fallait des différences et grâce à cette journée d’écriture, j’arrive à les distinguer tout en saisissant ce qui les lie profondément.

jour-4

Si l’émotion n’a pas été aussi intense qu’avec Thea, j’ai aussi rencontré Raelle aujourd’hui. Jeune fille du même âge qui doit vivre dans un monde sans privilèges, où la peur règne en maître et où les rêves sont les seuls espoirs auxquels se rattacher.

J’ai eu un peu de mal à écrire au début. Rien de bien terrible. J’avais juste un regard « de correcteur » sur mes propres mots au lieu de me laisser aller. J’écoutais un peu trop la voix qui me disait tout ce qui n’allait pas. J’ai donc essayé de me concentrer plus sur la musique et sur mon imagination, pour essayer de visualiser la scène et de me laisser emporter par elle. Au bout d’un certain temps, j’ai réussi à dénouer les nœuds, me permettant ainsi de plus m’attacher aux détails et aux émotions de Raelle.

Les émotions sont vraiment un détail que je veux mettre en avant dans ce roman. C’est très important pour moi, malgré le point de vue à la troisième personne, de créer un lien avec mes personnages et le lecteur. Essayer de leur faire comprendre ce qu’ils traversent. Et donc, je pense avoir réussi à me laisser aller sur la fin de la matinée, à écrire un peu plus les sensations de Raelle et comment elle percevait le monde autour d’elle.

De la même façon qu’hier, j’ai écrit en deux temps et le deuxième temps était bien meilleur que le premier. J’ai repris l’écriture avec facilité et j’ai retrouvé Raelle dans un environnement hostile, devant avancer seule pour se rendre dans un lieu plus sécurisé. Je pense avoir saisi l’essentiel de sa personnalité à travers le chemin qu’elle a fait et j’ai encore plus apprécié la dernière scène du chapitre, lorsque l’on découvre peu à peu son univers secret, ce qu’elle aime et ce à quoi elle aspire.

Et puis en fin, les derniers paragraphes assez forts sur le besoin intense de Raelle. Le besoin de changement, de sécurité… C’est à ce moment-là que l’on découvre ce qui fait la différence entre elle et les autres enfants. Elle a une force en elle incroyable, forgée à partir de toutes les épreuves qu’elle a dû traverser, et elle s’en sert sans même s’en rendre compte. La décision qu’elle prend à la fin m’a donné des frissons, tant c’est touchant de voir ce petit bout d’enfant faire de tels choix pour sa vie. Avec le peu d’espoir qu’elle a et ses rêves en poche, elle va essayer de trouver une solution à ses problèmes.

J’ai la chance de pouvoir écrire la suite, découvrir comment elle va s’en sortir et ce à quoi elle devra faire face. C’est en partie pour cela que j’aime l’écriture, pour les émotions qu’elle me procure et ce bien-être de pouvoir agir sur l’histoire, de pouvoir accompagner les personnages et de choisir quand leur bonne étoile leur sourira.

Demain, je retrouverais Aiden, premier personnage, détaillant encore plus sa vie et ce qui l’entoure. J’espère creuser un peu plus profondément le personnage et essayer de percer à jour ce petit garçon mystérieux !

2799 mots

Bannière Caroline Dubois

{Image : Pixabay}

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