La Lecture des Écrivains | Féerie

Bonjour à tous !

Je reviens aujourd’hui avec une nouvelle Lecture des Écrivains consacrée à la série jeunesse Féerie, dont le premier tome s’intitule : La Fille qui navigua autour de féérie dans un bateau construit de ses propres mains. Le titre m’a déjà charmé par cette phrase à rallonges, mais je me suis vite rendu compte que le livre était tout aussi intrigant et original. J’ai lu les deux premiers tomes parus en France ces dernières années, mais la série compte cinq tomes en tout. C’est une histoire qui m’a fait fondre, de par ses personnages et cet univers original. Je vous laisse découvrir les points qui m’ont le plus marqué et dont nous pouvons nous inspirer sans retenue !


Féerie, de Catherynne M Valente

Quatrième de couverture :

« Septembre est une jeune fille qui aspire à l’aventure. Quand elle est invitée en Féérie par le Vent Vert et le Léopard des Petites Brises, bien sûr, elle accepte. Qui ne le ferait pas à douze ans ? Mais Féérie est dans la tourmente, sous le règne écrasant d’une Marquise maléfique. Cheminant en compagnie d’un vouivre amoureux des livres et d’un garçon bleu bien étrange, presque humain nommé Samedi, elle perdra : son ombre, sa chaussure, son cœur et bien sûr son chemin. Mais elle trouvera le courage, l’amitié, une cuillère un peu spéciale et bien plus encore. Elle seule détient la clef qui rétablira l’ordre et le bonheur en Féérie… Il n’y avait pas eu de monde si envoûtant, de personnages si originaux depuis Alice au pays des Merveilles ou le pays d’Oz. L’héroïne grandit au cours de cette aventure. Septembre est intelligente et très logique avec pourtant une forme de naïveté que nous voudrions garder toute notre vie, dans un monde plus complexe qu’il n’y paraît où tout n’est pas que soleil et magie. »

1 | De la tendresse

La première chose qui me vient à l’esprit quand je pense à ce roman, c’est la tendresse. On peut bien évidemment dire que c’est une histoire pour les jeunes et que cela ne détonne pas vraiment d’autres livres du même genre. Et pourtant, je n’ai jamais vu une histoire où la tendresse était aussi forte que dans celle-là. Que ce soit à travers les personnages attachants, la relation qu’ils entretiennent, leur rencontre au fil du voyage ou l’univers lui-même, la présence de cet amour sincère bouleverse.

Pourquoi je vous parle de cela en particulier, surtout si l’histoire que l’on écrit est sombre ou bien écrite pour les adultes ? Parce que tout simplement, cette histoire raconte parfois des événements très durs, des rencontres avec des personnes malveillantes. Ce livre n’est en aucun cas seulement merveilleux, il est aussi parfois cruel envers Septembre. Et malgré tout cela, lorsqu’il doit y avoir un moment heureux ou calme, la tendresse ressort de plus belle.

On retrouve bien trop souvent maintenant des récits où la cruauté règne dans l’ambiance de l’histoire, mais dans ce récit, la tendresse a une place très particulière. Si elle est présente et offre du baume au cœur au lecteur, elle n’exclut pas pour autant les difficultés que le personnage a à traverser, elle n’atténue en rien ce que Septembre vit dans son voyage. Je me rends compte aujourd’hui que c’est assez difficile de rendre une histoire dure sans en oublier les bons moments, ni l’amour qui peut se dégager d’une relation d’amitié. Quand je lis les histoires de Féerie, je me dis que c’est un très bel exemple et que cela peut tout à fait s’adapter dans un récit pour les plus âgés. On peut faire traverser ce que l’on veut à notre personnage, des épreuves les plus cruelles aux échecs les plus grands, mais on peut malgré tout faire vivre une belle atmosphère et on peut créer des relations magnifiques si on se permet de montrer un côté plus tendre de ses personnages.

2 | Des choix difficiles

Comme je l’ai dit plus haut, ce n’est pas parce que c’est un roman jeunesse que Septembre ne traverse pas de dures épreuves et dans ses romans, j’ai remarqué que Catherynne M. Valente utilisait avec brio l’idée de mettre son personnage face à des choix difficiles.

Sans spoiler, la petite Septembre se retrouve à un moment donné face à un panneau de direction qui désigne quatre voies : « perdre ton chemin » ; « perdre ta vie » ; « perdre ton esprit » ; « perdre ton cœur ». L’enfant est donc confrontée à un choix qui est plus que difficile et ce choix que l’auteur lui présente n’a pas seulement pour but de la faire réfléchir ou de la faire se décider pour une direction plus qu’une autre. Ce choix influence en même temps tout le futur de ce personnage, car peu importe la direction choisie, cela aura une influence sur ce que vivra plus tard Septembre.

Ce que je trouve merveilleux dans un récit, c’est qu’au lieu de faire subir une situation à un personnage, c’est encore mieux si elle est le résultat d’un choix du personnage. Ça ajoute inévitablement de la tension dramatique. S’il s’est trompé de route, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Mais à l’échelle d’autres romans, les choix peuvent aussi avoir des conséquences sur l’entourage. Causé la mort d’un ami, l’échec d’une quête… Les idées sont nombreuses et je pense sincèrement que cet outil, proposer des choix à ses personnages, est un véritable allié pour l’écrivain. Cela permet également au lecteur de s’inquiéter pour le personnage : que va-t-il choisir ? et plus tard : que va-t-il lui arriver ? Le suspens est alors présent, sans nécessairement qu’il y ait eu de l’action. Une bonne idée à réutiliser sans se priver !

3 | Distiller des éléments jusqu’à la fin

Comment éviter le deus ex machina ? Ce procédé qui apporte un objet ou bien un personnage sur le chemin de son héros pour le sauver d’une situation dramatique. Comme par magie, quelque chose arrive pour sortir le héros de son impasse. Ce genre de situation est un peu la hantise des écrivains. Si le lecteur remarque que l’objet arrive dans le chapitre juste pour résoudre le problème, on sait qu’on a échoué quelque part.

Dans la série Féerie, Catherynne M. Valente est très douée pour éviter les deus ex machina. L’air de rien, elle nous présente tout au long de son récit des objets ou des personnages auxquels on s’attache sans comprendre leur rapport à l’histoire. À l’image d’une sous-intrigue, elle développe lors de chapitres « hors du voyage du héros » leur propre histoire et on prend plaisir à suivre leur cheminement. Alors, au fur et à mesure du récit, ces personnages et ces objets sont plus que présents dans notre esprit et lorsque Septembre se retrouve dans une impasse, au moment même où elle se trouve à court de solution, en danger, ces mêmes personnages, ces mêmes objets croisent sa route et l’aide sans que cela soit superflu.

En plus d’être une idée assez mignonne pour un récit jeunesse, cela permet à ces personnages et ces objets de ne plus être simplement « ce qui va sauver le héros » mais également une véritable référence. On comprend alors le propre cheminement de ces éléments dont on ne comprenait pas le rapport à l’histoire, on se souvient et on sourit, parce qu’on n’y a vu que du feu ! Même si on se doute qu’ils auront à un moment ou à un autre une utilité dans l’histoire, on ne sait jamais quand ils vont intervenir ou comment ils le feront. En ne comprend leur utilité qu’à la toute fin, la surprise est alors de taille.

Si le procédé est adaptable pour un récit jeunesse ou pour un livre de fantasy où les objets ont une âme, dans lesquels on n’aura aucun mal à apporter l’objet du sauvetage en parlant de lui comme un personnage, on peut tout à fait utiliser cette idée de façon plus subtile, plus simple dans un récit d’un autre genre. On peut alors faire accompagner l’objet tout au long du récit avec le personnage comme faisant partie du décor ou bien faire croiser plusieurs fois la route avec un personnage qui détient les informations dont notre héros aura besoin plus tard.

Il y a de nombreuses façons d’éviter le deus ex machina, mais la façon avec laquelle Catherryne M. Valente arrive à se passer de cette facilité est tout à fait inspirante pour n’importe quel récit !


Je crois sans aucun doute que n’importe quel genre peut inspirer un écrivain. Si l’on écrit de la Fantasy, on peut tout aussi bien être inspiré ou se servir des procédés utilisés par l’auteur de récits de polar ou de drame historique. On peut de la même façon observer et décortiquer la construction des récits jeunesses, car ils sont tout aussi bien créé que les autres. Cette série m’a beaucoup inspiré et m’aide encore à libérer ma création. Il faut dire que Catherryne M. Valente ne donne aucune limite à son imagination et ça fait du bien ! 😀

Bannière Caroline Dubois

{Images : Snappa}

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