Pourquoi l’auto-édition n’est pas faite pour moi ?

Bonjour à tous !

En cette deuxième journée de septembre, je voulais aborder un sujet dont je parle très peu, voire même jamais : l’auto-édition. Petite précision avant de commencer, je parlerai ici de mon parcours dans l’auto-édition. Il ne sera aucunement question de chiffres de vente, parce qu’honnêtement, je m’en fiche un peu ! En toute transparence, j’ai vendu un peu plus de quarante livres, mais ce n’est pas à cause de ce petit chiffre (dont je suis pourtant très satisfaite) que j’avoue ne pas être faite pour l’auto-édition.

Si vous ne le savez pas encore, mon premier roman Pandore a été publié via le site The Book Edition. Cette entreprise n’est pas une maison d’édition, elle s’occupe d’imprimer votre livre. Le reste : la mise-en-page, la couverture, la correction du texte… tout est à votre charge. On peut également faire appel à d’autres personnes du métier qui proposent ces divers services, mais je n’avais pas de budget pour faire un livre d’une qualité professionnelle.

À l’époque, soit en 2015, j’ai fait le choix de publier mon premier roman grâce à ce site en prenant donc l’option de l’auto-édition. Les raisons qui m’ont poussé à faire ce choix sont très personnelles. Cela faisait quatre ans que j’avais quitté le lycée et j’avais besoin de pouvoir commencer ce métier d’écrivain au plus vite, parce que ça me permettait de me présenter en tant que telle et de donner une preuve aux gens que c’était ce à quoi je me consacrais. C’était aussi l’occasion pour moi de découvrir l’envers du décor en m’occupant moi-même de mon livre, de sa correction à sa vente.

Je ne connaissais rien à l’édition et même si je m’étais beaucoup renseignée pour faire mon choix, cela restait assez flou dans mon esprit. J’avais besoin de comprendre un peu mieux le milieu, la création d’un livre pour m’habituer aussi. J’avais besoin de prendre mon temps, de faire les choses à mon rythme. La dernière raison pour laquelle j’ai fait ce choix, c’est pour avoir l’opportunité de choisir moi-même ma couverture, la mise-en-page et les polices d’écriture de mon roman. M’occuper de toutes ces petites choses étaient une façon pour moi d’avoir le contrôle pour ne pas avoir de mauvaises surprises, je me rends compte maintenant.

Aujourd’hui, qu’en est-il de cette décision ? Après trois ans d’auto-édition, je peux vous affirmer, sans pour autant avoir de regrets, que l’auto-édition n’est pas faite pour moi. Je comprends toutes les raisons pour lesquelles j’ai fait ce choix il y a trois ans et l’expérience que cela m’a apporté m’a permis d’apprendre énormément de choses sur la conception d’un livre. Pourtant, je sais aujourd’hui que l’auto-édition ne fonctionne pas avec ma façon d’être, ni même de voir les choses.

Écrire des livres est ma priorité et les quelques mois passés à travailler sur la conception de mon livre : de sa couverture à la mise-en-page, ont été assez dur à traverser. D’une, parce que je ne connaissais pas grand-chose et que j’ai dû faire de nombreuses recherches pour apprendre et me perfectionner. De deux, parce que pendant que je m’occupais de Pandore, je ne pouvais pas écrire autre chose. La Voix d’Origine s’appelait à l’époque simplement Elasia et n’était écrit que jusqu’au quatrième chapitre. J’avais eu l’idée de ce roman bien avant Pandore et si ce dernier n’avait pas pointé le bout de son nez fin 2013, je serais probablement toujours en train de réécrire ces quatre mêmes chapitres.

Même si l’auto-édition se propage et que de nombreuses personnes offrent des articles très professionnels pour nous aider à créer notre livre, il n’en reste pas moins que si votre entourage n’a pas un peu d’expérience, vous êtes seuls. Malgré le soutien de mes proches, je me sentais extrêmement seule face aux décisions à prendre et n’ayant pas beaucoup confiance en moi à l’époque, je ne cessais de douter de mes choix et les remettaient sans cesse en question.

Si je me suis lancée dans l’auto-édition, c’est également parce que je maîtrise un minimum mon ordinateur, les logiciels de traitements de texte et autres logiciels Photo et pourtant je me suis rendu compte qu’il y avait encore des tas de choses que je ne connaissais pas. Entre les sauts de pages, avoir un numéro de page sur l’une et pas sur l’autre, avoir les bonnes marges… Que des petits détails qui ont fait traîner cette création et me demandait beaucoup de réflexion, malgré une certaine aisance avec les logiciels de toutes sortes.

Pourtant, si la mise-en-page a mis beaucoup de temps, ce qui m’a donné le plus de fil à retordre était les corrections. J’ai fait corriger mon roman par trois personnes de confiance, dont une secrétaire et une professeur de français. Et pourtant, je peux l’avouer honnêtement et sans honte, il y a encore pas mal de fautes dans mon livre. La phase de correction (regarder les notes de ces personnes et les amener sur mon fichier word) a été la pire de toutes au point d’avoir parfois envie d’abandonner. Cela me ramenait à une sorte d’incompétence de ma part, comme si je ne maîtrisais pas du tout la langue française et que j’étais destinée à faire des fautes toute ma vie.

Et en plus de cela, j’avais beaucoup de mal à comprendre les choix de la professeur de français, parce qu’elle pointait du doigt des phrases, des paragraphes qui selon elle étaient mal écrits. Pendant que je corrigeais et lisais ces notes, j’étais au bord de larmes parce que j’avais l’impression en plus d’avoir une mauvaise écriture. Sauf que j’ai compris, avec le recul, qu’un roman n’a rien à voir avec un texte de français. Certaines phrases peuvent être coupées, d’autres assemblées d’une façon différente. Je n’écrivais pas une rédaction de français, j’écrivais un roman avec ma propre personnalité et mes propres idées.

Si ce que j’ai vécu est une expérience comme une autre et que cela aurait pu se passer différemment avec un correcteur dont c’est le métier, je sais que cette phase de correction était aussi difficile pour moi parce qu’encore une fois il fallait que je prenne une décision avec le peu d’informations que j’avais. Je doutais énormément, quant à savoir si c’était parce qu’elle n’adhérait pas à telle phrase par goût ou si c’était une véritable règle de français.

Ce dont je me rends compte aujourd’hui, c’est que l’auto-édition demande beaucoup de choix et de décisions de notre part si on n’est pas entouré de quelques personnes du métier. Ça donne un certain sentiment d’impuissance et ça n’aide pas à avoir de l’estime de soi ! Si j’ai énormément apprécié travailler sur ma couverture, les autres étapes m’ont demandé beaucoup de patience, de persévérance et de lâcher-prise, parce que ça ne pouvait pas être parfait de toutes façons.

Le dernier point que je relèverais dans cet article et qui me conforte dans l’idée que je ne suis pas faite pour l’auto-édition, c’est la promotion. Autant le dire tout de suite, je ne suis pas douée pour vendre ! Pour une raison de situation, je n’ai pas pu devenir auto-entrepreneur et cela a beaucoup limité ma marche de manœuvre, mais je pense que la vente aurait été un point tout aussi difficile avec ou sans ce statut. Dès que j’ai publié mon roman, qu’il fut en ligne sur le site de vente, je ne m’en suis plus occupée. J’avais envie de passer à autre chose après m’être chargée de toutes ces étapes de création pendant des mois, parce que j’avais envie de travailler sur La Voix d’Origine. Et puis parce que tout simplement ce n’est pas dans ma personnalité de vendre.

Ayant toujours eu quelques exemplaires de mon roman chez moi, j’étais tout le temps gênée de demander de l’argent aux personnes qui venaient me l’acheter. Pourtant, c’était des personnes que je connaissais, mais je sentais mal à l’aise de réclamer de cet argent. Et puis, j’étais tout autant gênée de voir certaines personnes acheter mon livre alors que je savais très bien que ça n’allait pas leur plaire.

Par nature, j’ai commencé à vendre mon livre en m’excusant de son imperfection ! Je disais donc que ça n’allait peut-être pas leur plaire, je leur disais qu’il y avait des fautes… Enfin bref, je m’excusais plutôt que d’être tout simplement heureuse que l’on veuille bien découvrir mon livre. Et enfin, parce que je ne pouvais pas être auto-entrepreneuse, je ne pouvais pas faire la démarche de vendre en librairie, ni sur internet autrement que sur le site de l’imprimerie… J’étais donc assez limitée et je n’avais pas plus envie, ni les capacités à ce moment, ni le courage de tout donner pour ce livre parce qu’il correspondait à une période de ma vie à laquelle je ne voulais plus penser. En voulant tourner la page, j’ai un peu délaissé ce roman qui, même en étant imparfait, me tient beaucoup à cœur parce que c’est le premier que j’ai achevé.

Je sais aujourd’hui, par ces expériences et comprenant un peu mieux comment je fonctionne, que je veux me concentrer sur l’écriture d’un livre et délaisser une grande partie des autres étapes à un éditeur compétent, dont c’est tout simplement le métier pour me consacrer à l’imagination, à la création et à l’écriture. Je sais que l’auto-édition n’est pas faite pour moi et je vous encourage à essayer si vous vous sentez capable. Faites-le si c’est la meilleure option pour vous, mais je pense que c’est toujours mieux d’avoir un retour de quelqu’un qui n’était pas fait pour ça !

J’espère que cet article un peu différent des autres vous aura intéressé et je vous souhaite une bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

{Images : Snappa}

 

Publicités

5 réflexions sur “Pourquoi l’auto-édition n’est pas faite pour moi ?

  1. Merci pour ce témoignage honnête Caroline. Ça me permettra de me poser les bonnes questions une fois que mon livre sera achevé. J’avoue que pour le moment je pense me tourner vers le système d’auto-édition d’Amazon qui me paraît assez bien fait. J’ai discuté avec une personne qui est passée par là et qui m’a expliqué le fonctionnement. Par contre effectivement je pense impérativement créer mon statut de micro-entrepreneur pour pouvoir le vendre et promouvoir sans risque.
    Du coup pour Voix d’Origine tu penses qu’il sera possible de trouver un éditeur ? Comme je lis partout que ça relève de la mission impossible, j’avoue que j’ai pas beaucoup envisagé cette option.

    Aimé par 1 personne

    1. Je vais faire de mon mieux pour trouver un éditeur. Je sais que beaucoup de personnes disent que c’est impossible, mais ce que je vois, c’est qu’entrer dans une maison d’édition est très difficile, pas impossible. Je pense que j’enverrais mon roman sans attente, en acceptant les retours négatifs comme les plus construits et si au bout d’un certain temps (parce que ça risque de prendre beaucoup de temps pour les réponses) je n’ai pas eu de proposition, alors peut-être que je me tournerais vers d’autres formes d’édition, quitte à retourner à l’auto-édition. Mais je pense que si ça doit se faire, je serais peut-être mieux préparée et je saurais à quoi m’attendre.

      En tout cas, je sais que je dois essayer de passer par les maisons d’édition, c’est pour ça que je travaille énormément mon roman, pour lui donner toutes ses chances. Après, je pense aussi qu’il faut y croire. Je fonctionne un peu comme Peter Pan et sa fée Clochette : « Je veux que les fées existent, j’y crois ! » Et la fée revient à la vie. Ne jamais cesser d’y croire et d’essayer, peu importe combien de fois on échoue.

      Sinon, je ne me suis pas penché sur le mode d’édition d’Amazon, mais si tu penses au fond de toi que ça te convient pour le moment alors c’est parfait, c’est tout ce qu’il te faut. Il faut vraiment s’écouter dans ces cas-là. La réalité est difficile, mais il ne faut pas se laisser polluer par les mauvaises pensées, sinon ça nous bloque encore plus le chemin !

      Encore une fois, bon courage à toi ! 🙂

      Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s