Écrire pour la Jeunesse ?

Bonjour à tous !

Comme vous le savez peut-être déjà, je suis une fervente lectrice des romans et sagas Jeunesses. Quand elles sont liées au genre de la Fantasy, je ne peux pas être plus impatiente de découvrir l’histoire qui se cache derrière ces jolies illustrations. Je vous ai déjà parlé des romans Jeunesse dans un article, où j’exprimais cette envie et ce plaisir que j’ai à lire ces romans. Je ne m’en cache pas, j’aime ce qui se dégage de ces livres, j’aime la légèreté sans toutefois que l’on perde certaines duretés de la vie, j’aime les personnages qui sont en plein apprentissage de la vie et les histoires simples, mais magiques et qui donnent des étoiles dans les yeux, comme lorsque j’avais l’âge de ces héros Jeunesse. C’est un fait, je lis de la littérature Jeunesse, mais est-ce que j’en écris ?

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler encore un peu de ce « genre littéraire », mais à travers son écriture. À ce jour, je n’ai encore jamais écrit de livres Jeunesse en entier. J’avais commencé il y a quelques années un roman qui se nommait Le Livre de Travers dans lequel les personnages principaux étaient mes petites cousines. Je les voyais (et les voit toujours) très souvent pendant les vacances et leur présence animait en moi ce désir d’écrire pour elles, de leur créer une aventure comme Le monde de Narnia ou l’Histoire sans Fin. J’imaginais quelque chose de magique, une aventure entre danger, humour et étrangeté à l’image d’Alice aux Pays des Merveilles ou des Tim Burton. J’avais de nombreuses idées, m’amenant à penser cette histoire comme une saga de cinq tomes.

Vous l’aurez compris, j’étais une nouvelle fois traversée par une histoire et celle-ci devait être destinée pour la Jeunesse. C’est assez étrange de parler d’elle au passé, car je n’ai pas totalement abandonné l’idée. Elle reste dans un coin de ma tête, se transforme au gré de mes envies et devient une histoire plus singulière qu’elle ne l’était à ses débuts, mais je ne vous en ai jamais parlé. Le Livre de Travers ne figure pas dans les livres mis en avant dans mon menu juste au-dessus, cela ne veut pas dire que je ne l’écrirais jamais, mais pour l’instant ce n’est pas le moment. Voyez-vous, il n’y a pas que les six romans dans le menu sur lesquels je travaille ou passe du temps, il y en a encore beaucoup d’autres. Mais parmi toutes ces idées et ces envies, bien trop nombreuses pour toutes les répertorier, il n’y a à ce jour qu’un seul roman Jeunesse.

Remarquer cela m’a amené à me poser quelques questions. Pourquoi est-ce que j’aime tant la littérature Jeunesse si j’ai très peu d’idées ? Pourquoi n’ai-je pas envie d’en écrire ? C’est étrange et pourtant j’en comprends la raison. Jusqu’au Livre de Travers, il ne m’était jamais venu à l’idée que je pouvais écrire pour la Jeunesse. Mes cousines, l’histoire du Livre de Travers, cette envie de partager ce que les écrivains de Jeunesse ont vécu… toutes ces petites choses ont amené ce désir en moi, mais une problématique s’est posée lorsque j’ai commencé à écrire ce roman. Il faut savoir qu’il n’y avait pas un seul problème qui m’empêchait d’avancer dans l’écriture du Livre de Travers. Puisqu’il l’est toujours, la Voix d’Origine était déjà en cours à cette époque et j’ai toujours ressenti cette urgence d’avancer dans mon projet principal, et que la culpabilité d’écrire sur un plus petit projet, bancal qui plus est par son histoire à moitié remplie, ne me permettait pas de me lancer à corps perdu dans ce roman qui pourtant m’animait. Mais le véritable problème qui s’est posé lorsque j’ai commencé les premières phrases fût le lectorat.

Tout le principe des lectures Jeunesse c’est qu’elles sont destinées (bien que je préfère dire le terme « accessibles ») aux plus jeunes, de huit à treize ans et plus si affinité. Mais lorsque j’ai commencé à écrire, je me suis bloquée dans mon écriture à cause de ces âges. Je ne savais pas quelle tranche d’âge choisir, je ne savais pas si je devais adapter mon écriture pour eux ou bien si je devais suivre mon cœur. Je n’ai aucun mal à défendre les littératures Jeunesse auprès des plus réfractaires, parce que je sais qu’elles ne sont pas infantiles et qu’elles ont une grandeur d’âme que des romans d’adultes n’ont pas. Je sais à travers mes lectures que les auteurs de Jeunesse ne changent pas leur écriture et que par magie, les enfants de tous âges peuvent lire ou comprendre pour suivre l’histoire. Et pourtant, de mon côté, je restais bloquée sur ce que j’écrivais.

Je me souviens des premiers chapitres, j’avais envie de m’arracher les cheveux tant je prenais mes futurs lecteurs pour des imbéciles. La naïveté de mon écriture était beaucoup trop évidente et cela n’avait même pas l’arrière-goût de mes lectures. À ce moment-là, je dois avouer que j’ai vécue une certaine déception, car j’aimais lire des livres Jeunesse, mais je n’étais pas capable d’en écrire un début. Aujourd’hui et plus encore qu’avant, je me rends compte qu’écrire pour les plus jeunes n’a rien de facile. On pense souvent à tort que cette littérature est accessible à tous les écrivains et que ceux qui écrivent depuis toujours pour la Jeunesse n’ont que peu de mérite. Ça me donne une nouvelle fois envie de m’arracher les cheveux ! Non, ce genre littéraire n’est pas plus facile à écrire. Essayer d’écrire une histoire fantastique qui transportera n’importe quel lecteur, peu importe son âge, de façon compréhensible mais intelligente et qui fait oublier l’espace d’un instant le monde qui l’entoure, ça n’a rien de facile, au contraire.

J’ai un grand respect pour les auteurs de littérature Jeunesse et aujourd’hui je sais que je ne suis pas prête à écrire pour eux. N’ai-je pas assez de maturité, ou en ai-je de trop ? Est-ce que je me pose trop de questions ? Est-ce que ce n’est tout simplement pas le moment ? Je ne saurais pas répondre à ces questions. Tout ce que je sais, c’est que j’y reviendrais un jour et que j’écrirais des livres pour les plus jeunes, parce que c’est une envie profonde en moi. Je n’ai pas encore trouvé les bons outils, je ne me fais pas assez confiance. J’ai bien plus peur de décevoir ces enfants que de décevoir un adulte critique et sérieux. J’ai un respect pour eux, pour leur innocence, pour leur joie de vivre et leur curiosité. Et je veux respecter cela. Si je dois un jour écrire un roman pour eux, j’espère que j’aurai assez de clés en mains pour leur offrir ce qu’ils méritent.

Aujourd’hui, je ne sais pas ce que deviendra Le Livre de Travers. Mes cousines sont bien plus grandes aujourd’hui et il m’est difficile d’écrire des versions plus jeunes d’elles-mêmes. En tout cas, je sais que je ne suis pas encore prête. Il me reste La Voix d’Origine à terminer, tout autant que Le Pacte du Magicien et Lux Æterna, tandis que d’autres romans en file d’attente prennent de l’ampleur (sans même que je passe du temps sur leur histoire…). Un jour, parmi eux, se glissera une histoire de Jeunesse qui, par son importance et sa magie, me fera dire :

« Il est temps d’essayer à nouveau… »

Je vous souhaite une bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

{Images : Pixabay}
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4 réflexions sur “Écrire pour la Jeunesse ?

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