Se détacher de la perfection

Bonjour à tous !

Suite au sondage, nous voici donc partis sur le sujet de la perfection. Avant de commencer, j’aimerais vous remercier pour vos votes, je ne pensais pas qu’il y en aurait un seul, donc je suis ravie ! 😀

Lorsque je pense au sujet de la perfection, je ne peux m’empêcher de me demander pourquoi on en vient, à un moment ou un autre, à devenir perfectionniste. Je trouve que c’est toujours important de savoir pourquoi, pour réussir à accepter et passer à autre chose. Mais cette envie de perfection, d’où vient-elle ? On peut déjà affirmer que selon les personnes, cette envie sera plus ou moins grande, mais un élément particulier fait le lien avec tous ceux en quête de perfection pour leurs écrits : les autres.

En réfléchissant autour de la perfection, j’en suis venue à me demander quand est-ce que cela a commencé ? J’écris depuis que je suis enfant et donc j’ai de nombreuses années derrière moi que je peux observer pour comprendre. Et en regardant mon parcours d’écriture, je me suis rendu compte que ce n’est qu’à partir de mes seize ans que mon regard sur moi-même est devenu critique et que j’ai commencé à chercher l’amélioration. Et c’est précisément à l’âge de seize ans que j’ai offert mon roman aux regards des autres.

Qu’est-ce qu’il va penser ? Et ce personnage, va-t-il l’aimer ? Ici, pensera-t-il que l’intrigue n’est pas assez étoffée ? En plus de ce que mes premiers lecteurs avaient à me dire, je développais une sorte d’automatisme à me demander ce que penserait l’autre. J’essayais de deviner leurs pensées et chaque défaut de mon roman me sautait alors aux yeux. Cette gêne, cette envie de bien faire et que les autres n’aient rien à redire, m’est vraiment apparue lorsque j’ai fait lire mes romans aux autres parce que soudainement il n’y avait plus seulement moi et ce que j’aimais, il y avait les goûts des autres et leurs propres expériences de lecture.

Dès ce moment-là et si je ne me trompe pas, on va chercher à s’améliorer pour gommer le plus de défauts possibles. On va chercher sur internet des articles sur l’écriture, sur comment créer ses personnages ou son intrigue, ou bien on va faire des cours d’écriture pour être guidé et devenir meilleur. S’améliorer et en avoir envie n’a rien d’un défaut, bien au contraire, mais comme ça l’a été pour moi, cela est devenu très vite une obsession et une pression supplémentaire. Puisque je pouvais m’améliorer, alors il fallait que tout soit parfait. Il fallait que lorsque je donne mon roman aux lecteurs, ils n’aient rien à dire. Qu’il n’y ait pas un défaut à relever.

Si l’envie de s’améliorer nous poussera toujours vers l’avant, ce perfectionnisme est simplement paralysant. Soit on en vient à culpabiliser de ce que l’on fait parce que ce n’est pas parfait, ou bien on ne s’arrête plus de corriger les défauts de son roman parce qu’on veut la perfection. Dans un cas comme dans l’autre, ce n’est pas une bonne énergie pour écrire et ce n’est pas ce qui nous permettra d’avancer, de progresser et de nous découvrir en tant qu’écrivain. Mais alors, comment se détacher de la perfection ? Comment arrêter de viser cet idéal qui n’existe même pas et qui pourtant peut nous freiner dans la création de nos histoires ?

Cette phrase qui a priori n’a rien à voir avec l’écriture peut être ce qui nous fera passer à autre chose. Je vous demande l’espace d’un instant d’imaginer. Imaginez que vous êtes face à un miroir avec un livre ouvert à la verticale, comme si vous essayiez de montrer les pages à votre reflet. Un livre parfait, c’est un livre plein, sans défaut. Mais un livre avec des défauts aura des failles, il y aura des trous et des fissures. Maintenant, regardez ce livre ouvert dans le miroir. Ce livre n’est pas parfait, mais que voyez-vous dans les trous ?

Entre les fissures, vous vous apercevez vous. Un livre imparfait, c’est un livre qui laissera transparaître votre personnalité. Un livre parfait, c’est tout ce qu’il y a de plus impersonnel. Qu’est-ce que la perfection ? Un idéal qui rassemblerait et affinerait peu à peu les goûts de tout le monde, au point que chacun trouverait la perfection dans votre livre. Mais alors s’il est parfait, où se trouve sa singularité ? En quoi est-il unique ? En quoi vous représente-t-il ? Le livre que vous tenez en face de vous n’est pas parfait, il ne conviendra pas à tout le monde mais derrière, vous brillez pour ses failles. Vous complétez ce qui lui manque par ce que vous êtes. Vous amenez votre livre à son meilleur niveau en vous donnant à travers lui. Ses personnages ne seront peut-être pas tous équilibrés, pas tous bien à leur place. L’intrigue n’aura pas toujours son meilleur rythme et votre écriture ne sera pas toujours fluide ou poétique. Mais ce qui fera le lien, ce qui comblera les trous, ce sera vous. En vous donnant le droit de laisser les imperfections et en aimant votre livre tel qu’il est, vous lui offrez votre meilleur et c’est là que la magie opérera.

Je vous ai déjà bien parlé d’Elizabeth Gilbert et de son livre « Comme par magie, vivre sa créativité sans la craindre ? », mais je n’ai certainement pas fini de parler d’elle. Dans son livre, elle pose une question que je vais vous partager : « Voulez-vous vivre une vie créative ? » Elle ne demande pas si on veut vivre de sa créativité, ni que nos créations soient parfaites, mais elle demande si nous voulons vivre une vie créative. Est-ce que nous voulons imaginer des histoires, des mondes et des personnages ? Voulons-nous les réaliser, leur donner une chance d’exister ?

Je sais qu’avec ce livre, j’ai lâché une bonne partie de la pression que je me mettais, j’ai lâché le perfectionnisme parce que cela ne sert à rien. J’ai envie de créer des tas de choses, mais je n’ai pas envie de passer ma vie après un roman parce que je veux qu’il soit parfait. J’ai envie d’accepter qu’il n’atteigne pas le niveau que je lui souhaite, mais je me console en me disant que tout ce que j’aurais donné pendant son écriture, toutes les émotions que j’aurais vécues transparaîtront à travers ses failles. Est-ce que je veux qu’à la lecture on ne ressente rien de plus que ma propre frustration ? Est-ce que je veux qu’on ressente ma contrariété de son imperfection, le temps et les difficultés vécues pour qu’il atteigne cet idéal hors de portée ? Ou est-ce que je veux que l’on ressente que j’aime même le personnage le moins abouti ?

Qu’est-ce que vous voulez offrir à votre roman ? Qu’est-ce que vous voulez que votre lecteur ressente ?

Je choisis l’imperfection, je choisis les failles qui rendront mes romans uniques. Je choisis l’union entre mon roman et ma personnalité. Ils ont peut-être des défauts, mais à deux ils produisent plus de lumière. Je choisis de me donner la liberté d’échouer, de ne pas réussir ce que j’avais en tête parce que cela peut arriver. Je choisis de m’amuser, d’écrire porte fermée et de créer tout ce que j’aime. Je choisis d’entendre les commentaires des lecteurs, les bons comme les pires, et de les accepter. Si je peux changer quelque chose, à l’avenir, je le ferais, mais je choisis aussi de passer à autre chose pour révéler mon potentiel à travers un autre roman. Je choisis d’être bien, comme le dit la citation. Pas parfaite. Bien. Dans ce que j’écris et dans mon corps. Je choisis de ne plus me frustrer, ni de me culpabiliser de faire des erreurs, parce que je comprends que cet idéal n’existe pas. Je préfère, aujourd’hui, choisir une vie créative plutôt qu’une vie à traquer les imperfections.

Je ne peux que vous souhaitez de vous détacher de cette perfection et j’espère que rien qu’un peu je vous ai donné une chance d’y arriver. Et si aujourd’hui, je ne vous ai pas inspiré, alors ce n’est pas grave. Je l’accepte aussi, parce que j’ai fait entendre ma voix et mon cœur. J’espère que vous trouverez votre équilibre et qu’en acceptant vos erreurs, vous ne ferez que progresser.

Je n’ai plus qu’une seule chose à vous dire : brillez à travers votre livre !

Je vous souhaite une bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

{Images : Snappa/Pixabay}
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5 réflexions sur “Se détacher de la perfection

  1. Je constate souvent que je me bloque dans l’écriture car je cherche la perfection. Or celle-ci n’existe pas. Ca ne pourra jamais plaire à tout le monde et ce qui compte c’est l’histoire que l’on veut raconter, le message que l’on veut passer. Celui-ci saura toucher les bonnes personnes, celles qui sont en accord avec notre écriture. Mais ce n’est pas un exercice facile, on veut toujours que nos œuvres soient le meilleures possibles 😀

    Aimé par 1 personne

    1. Je suis d’accord avec toi, c’est très difficile d’oublier la perfection et de privilégier ce qu’on aime et de trouver des lecteurs à soi. J’espère qu’avec le temps j’arriverais à assumer ce que j’écris même si c’est différent de l’image que j’aimerais avoir !

      Aimé par 1 personne

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