Parlez-moi d’amour…

Bonjour à tous !

Je n’avais pas prévu que ces nouvelles partagées en décembre 2017 me pousseraient à vous écrire un article. C’est bien après avoir écrit et partagé ces histoires que je me suis rendu compte de quoi elles parlaient vraiment. Il existe bien plus de formes d’amour que nous pourrions le concevoir. Lorsque nous parlons d’amour, nous pensons bien souvent à un couple heureux. Et pourtant, leur amour est loin d’être le seul, loin d’être l’unique puissance qui transcende une vie. Ce mois de décembre, à travers ces revisites, j’ai fini par comprendre que j’allais un peu plus loin. Au-delà d’ajouter mon propre regard sur ces histoires connues et reconnues, je parlais de l’amour, mais pas d’une de ses formes, mais de plusieurs d’entre elles.

Dans un roman, quel qu’il soit, il me semble que nous devrions parler d’amour. À tort, on pense trop souvent qu’un roman avec une histoire d’amour est une romance et nous racontera la rencontre, la vie ou les difficultés de deux personnes en couple (ou d’un triangle amoureux, ou même d’un rectangle, ça dépend de votre attachement à la géométrie !). Mais parler d’amour va au-delà de ça. Votre roman ne sera pas niais si vous croyez en ce que vous racontez.

Tout d’abord, je me dois de vous prévenir que cet article contiendra quelques spoilers sur mes nouvelles, donc si vous voulez les lire avant, garder l’article sous le coude ! Je commencerais donc avec Cendres, qui au début de l’histoire décrit l’amour porté aux enfants. Qu’ils soient les siens, qu’ils soient adoptés, que ce soit un neveu ou l’enfant d’un ami, l’amour que l’on peut porter à un enfant est tout aussi grande que ses autres formes. La force protectrice qui nous inonde en pensant à eux, le besoin de les aider à bien grandir… L’amour pour un enfant apporte de nombreuses situations dans un roman, il emporte avec lui un flot d’émotions toutes intéressantes à explorer. Mais dans cette nouvelle, j’évoque aussi une autre forme d’amour qui nous échappe et qui ne nous vient pas souvent à l’esprit.

Cendres, elle, subit une situation terrible pour être avec ses enfants, pour les protéger. Elle est prête à tout pour eux, pour qu’ils soient heureux et sereins. Et pourtant, dans cette nouvelle, on voit bien qu’il manque un élément encore plus important pour qu’elle puisse les sauver réellement. Par amour pour ses enfants, si elle s’en savait capable, Cendres aurait déjà fait ses bagages et serait partie avec eux. Mais il lui manquait un sentiment important qui n’est apparu que plus tard : l’amour de soi. Cendres est une femme battue et ce qu’elle a vécu pendant des années a créé une absence en elle. Un manque d’estime de soi, mais aussi d’amour. Que ce soit une femme, un enfant, que ce soit à la maison ou à l’école, au travail, quelqu’un qui est rabaissé par des coups, par des mots perd peu à peu ce qui le construit. Il y a une vraie perte de personnalité et de confiance en soi, mais aussi de confiance en la vie.

Dans cette nouvelle, Cendres ne pense pas avoir les capacités nécessaires pour sauver ses enfants, alors elle subit les coups à leur place. Elle se sent responsable de ce qui arrive, de son incapacité et pense d’une certaine façon mériter ces traitements, parce qu’elle ne vaut rien. Alors, parler de l’amour que l’on porte à soi-même est tout aussi important que l’amour que l’on porte aux autres. La situation que j’ai utilisée dans cette nouvelle est loin d’être la seule pouvant expliquer ce manque d’amour qui peut être à lui-même une quête dans un roman. Et les situations n’ont pas besoin d’être dramatique. Parler de l’amour que l’on se porte à soi est quelque chose d’universel, parce qu’il n’y a pas besoin d’avoir d’autres personnes pour le ressentir.

La seconde nouvelle du mois de décembre raconte l’histoire de Blanche-neige et l’amour abordé dans cette revisite est loin d’être celle du prince charmant, car ce personnage n’existe même pas dans ma nouvelle ! Il paraissait évident pour moi que je devais parler d’autre chose que la demoiselle en détresse sauvée par son prince, élément assez récurent dans les contes, car on connaît la chanson et que l’on peut aussi essayer une autre façon de voir les choses. À vrai dire, aucun homme ne sauve une femme dans ces revisites. Je n’ai rien contre eux, et j’utilise leur aide dans mes romans sans soucis, mais je voulais prendre le contre-pied des contes.

Le prince a donc disparu de cette revisite pour faire place à une sœur. Et l’une des images modernes que l’on peut avoir sur une revisite de contes abordant ce sujet (particulièrement populaire encore aujourd’hui), est celle de La Reine des Neiges. L’amour de deux sœurs y est très bien représenté et pourtant, lorsque j’ai pensé à la sœur de Blanche-neige, je n’ai pas pensé à ce Disney en particulier. Je pensais plutôt à la version de Blanche-Neige et Rose-Rouge des frères Grimm dans laquelle la sœur existe déjà.

J’ai alors voulu évoquer l’amour perdu de deux sœurs (des jumelles dans ma revisite). Comment un lien si fort peut s’éteindre ? Comment peut-il renaître ? C’est à ces questions que j’ai tenté de répondre en abordant l’amour fraternel. Je pense même que la situation se serait compliquée pour elles, même sans l’erreur de Blanche-neige, car selon leur père, une seule d’entre elles pouvait devenir reine. Et si la colère ou la jalousie qu’elles se seraient portées aurait été bien moins forte que dans ce cas-là, cela les aurait séparées un peu. Ici, nous avions des erreurs incompréhensibles à pardonner, des trahisons à effacer et surtout une jalousie envers l’autre à dépasser. Et cet amour perdu évoqué dans cette nouvelle ne peut renaître qu’en prenant conscience qu’une personne aimée est loin d’être pour toujours celle que l’on a connue au départ. Les personnes évoluent et l’amour qu’on leur porte doit s’étendre, se tendre vers l’autre et vers ces changements. Changements qui peuvent être positifs ou négatifs, mais qui existent quand même. Blanche-neige devait d’abord accepter que sa sœur puisse ne plus être celle qu’elle était avant, mais aussi accepter qu’elle puisse devenir quelqu’un d’autre encore pour l’aimer inconditionnellement et sans jugement. Un amour fraternel ou un amour perdu à retrouver sont deux formes de relations dont on peut parler et encore une fois les situations à imaginer sont infinies.

Rose. En voyant ce titre on est loin d’imaginer le genre d’amour qui existe derrière. L’histoire de la Belle et la Bête fait déjà bien son boulot en parlant de l’amour malgré l’apparence. Sans que ce soit mon idée de départ, j’ai fini par pousser le thème un peu plus loin en parlant de l’amour malgré les différences. Des différences qui ne sont quand même pas évidentes ! Un humain et une rose ? Et c’est pourtant ainsi que leur amour est né, sous cette forme. Et bien plus tard, sans ses souvenirs, Belle va à son tour éprouver un amour au-delà de l’apparence de la bête.

Lorsque je pense à cet amour, je ne peux m’empêcher de penser à un personnage dans Doctor Who qui exprime à lui seul cette idée : Jack Harness. C’est un personnage pansexuel, il aime à la fois les humains, les extraterrestres et même les robots ! C’est une idée inspirante pour n’importe quelle histoire et dans ma nouvelle, j’ai essayé de parler de ce genre d’amour particulier avec le plus de justesse possible. Mon histoire est loin d’être de la SF et pourtant ce thème fonctionne aussi en Fantasy et je pense encore qu’il n’y a pas besoin de genre pour exprimer cet amour universel. Pourquoi l’amour devrait se limiter à une personne comme soi (humaine) ? Aimer un objet, un animal, un arbre, une idée, un souvenir… Les idées sont nombreuses et la sincérité qui peut se dégager d’un tel amour peut apporter un plus à notre roman.

Peut-on réellement aimer une rose, une bête, s’aimer soi ou aimer malgré nos évolutions personnelles opposées ? L’amour peut s’écrire et se décrire de bien des façons différentes et dans cet article je voulais vous évoquer des possibilités, parmi tant d’autres. Ne nous limitons jamais pour parler d’amour, quel qu’il soit, car c’est une émotion importante, universelle et puissante. Une émotion qui nous porte et qui doit se raconter dans chacune de nos histoires.

Je vous souhaite une bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

{Images : Snappa}
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2 réflexions sur “Parlez-moi d’amour…

  1. Un article très intéressant et très juste !

    C’est vrai que dans les romans, ce qu’on croise le plus souvent c’est l’amour-passion de deux personnages qui tombent amoureux. Or, comme tu l’as montré, il y en a tellement d’autres ! Je pense aussi à l’amour que l’on éprouve pour un ami (parce que, pour moi, l’amitié est une forme d’amour), à l’amour-tendresse qui prend la place de l’amour-passion lorsque l’on partage notre vie depuis longtemps…

    Un article vraiment très intéressant qui force la réflexion ! Merci ! ^_^

    Aimé par 1 personne

  2. Je suis contente si mon article t’a plu, ça me fait plaisir !

    C’est vrai qu’il y a aussi l’amitié qui est également pour moi une forme d’amour. Et puis, il y a tellement d’autres formes encore qu’on pourrait en parler un moment, mais je trouvais ça intéressant d’en explorer un peu pour voir toutes les possibilités ! 🙂

    Merci à toi !

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