Les fautes

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’un sujet particulier : les fautes ! Il faut dire que les fautes ne sont pas ce qu’il y a de plus agréable à lire. Que ce soit au quotidien ou dans un livre, lorsqu’elles nous sautent aux yeux, cela peut nous faire reculer voire, lorsque que cela concerne un roman, nous sortir de l’intrigue. Je suis la première à dire que je fais des fautes et même si pendant un temps cela m’a gênée, je sais qu’il y a quelques fautes dans mon roman Pandore. Trois correctrices plus mes nombreuses relectures n’ont pas réussi à effacer toutes traces de fautes dans mon roman, mais aujourd’hui, j’aimerais nous enlever ce poids d’une écriture parfaite !

Je ne peux pas dire que c’est un sujet qui me touche particulièrement, car je sais que je fais de nombreux efforts pour oublier mon passé d’écriture SMS et pour réapprendre les bases. Je me relis bon nombre de fois et pourtant, je sais que même sur mon blog, voire même dans cet article aujourd’hui, il pourrait y avoir des fautes. Et j’ai envie de dire, ce n’est pas grave !

Je dois avouer que j’ai énormément de mal avec les personnes qui vont corriger les autres en public. Que ce soit sur internet ou dans une autre situation, quand je vois des personnes dire « Ça ne s’écrit pas comme ça », « Tu devrais corriger », « Et le participe passé ? » ça m’embête parce que je ne peux m’empêcher de penser à la personne qui est en face. Comme va-t-elle le prendre ? Si c’est une personne consciente de son problème et qui fait de son mieux pour le corriger, alors c’est moins dérangeant. Mais si la personne est quelqu’un dont son écriture est une gêne au quotidien, ça ne peut pas passer de la même façon. Alors oui, je sais, parfois ça pique les yeux ! Quand c’est un mot mal orthographié ou que certains confondent des mots homonymes, on aurait envie de dire quelque chose. Mais si l’on ne peut vraiment pas se retenir, je pense qu’il vaut mieux le dire en privé, par égard pour cette personne.

Je me suis déjà retrouvée dans cette situation. Je lisais une jeune fille qui écrivait des histoires sur Wattpad et j’ai vu qu’il y avait certaines fautes qui pouvaient facilement être corrigées et disparaître avec un peu d’attention. Je l’ai prévenu par message privé et je l’ai aidé sur plusieurs chapitres de son histoire à relever certaines fautes, mais surtout à lui expliquer pourquoi et ce qu’elle pouvait faire pour s’améliorer. Je pense que c’est important d’apporter un regard bienveillant et compréhensif à ces personnes, parce que cela peut nous permettre de nous offrir ce même regard.

Je fais des fautes, parce que je suis inattentive, parce que bien des fois je suis emportée par mon histoire et j’en oublie ma grammaire, mais je sais que lorsque je passe à la réécriture, je fais plus attention. Je vérifie mes terminaisons, mes accords, ma conjugaison et parce que l’on a porté ce regard bienveillant sur moi, que l’on m’a expliqué comment éviter ces erreurs facilement, j’ai pris plus confiance en moi. Je sais que je peux effacer une grande partie des fautes de mes écrits. Cette jeune fille, dont je vous parlais, a fait des progrès en peu de temps et elle a pris des automatismes de correction ou même à l’écriture qui ont fait que plus le temps passait et moins elle faisait de fautes.

Je ne dis pas que c’est grâce à moi, je ne me jette pas des fleurs, ce que je dis c’est qu’en étant écoutée et en sachant qu’elle pouvait se faire confiance et que facilement elle pouvait éviter ses fautes, elle a fini par écrire correctement. Et là où je veux en venir, c’est qu’il faut être très tolérant envers soi-même. Parce que je sais déjà que l’on peut se mettre une pression incroyable quant à la qualité de notre écriture, de notre intrigue et de nos personnages, mais en plus de cela, s’il nous arrive de faire des fautes, la pression est beaucoup trop lourde à porter. Je pense qu’il faut avant tout accepter que pour le moment nous fassions des fautes. Et, seulement après, il faut nous observer pour remarquer nos erreurs les plus fréquentes pour enfin trouver une solution adaptable en pleine écriture.

Comme je le disais plus haut, vérifier mes textes, relire mon écriture et bien observer la grammaire ou la conjugaison de chaque mot ne m’empêche pas de faire des fautes, mais aujourd’hui j’accepte d’en faire et je ne vais pas relire mon texte quinze fois pour évincer toutes les fautes. Une erreur passe, et alors ? Est-ce que cela va ternir la qualité de ce que vous dites ? Je ne pense pas. Tant qu’on fait des efforts, tant qu’on se fait aider pour mieux comprendre la complexité de la langue française, tant qu’on se relit au moins deux fois, on peut publier, envoyer son texte avec sérénité parce qu’on a fait de son mieux ! C’est tout ce qui compte !

Je sais qu’il y a des fautes dans Pandore et si je ne l’avais pas déjà envoyé à la BNF pour le faire répertorier, j’aurais  refait une correction plus poussée, mais je sais aussi que j’ai fait passer mon texte entre plusieurs mains avant de le publier et que ces erreurs ne me concernent pas seulement. Si vous faites des fautes et que vous pouvez en avoir honte ou vous sentir gêné parce qu’on relève une de vos erreurs, dites-vous que vous avez fait de votre mieux et que cette erreur-là ne reflète en rien une quelconque incapacité à écrire de votre part. Plus vous accepterez de faire des fautes, le moins cela vous gênera de montrer vos textes et s’il y a une faute, alors vous aurez plus de recul et vous pourrez même en rire !

Aujourd’hui, quand on me dit que j’ai fait une faute, je ne m’accuse plus, j’arrête de m’auto-saboter parce que ce que j’ai donné n’est pas parfait. On l’a déjà dit, rien n’est parfait. Ce qui compte, c’est le travail que vous fournissez et les efforts que vous faites pour vous améliorer, rien de plus. Tant que vous faites tout pour vous améliorer, que cela concerne les fautes, votre écriture ou vos récits, alors vous pouvez honnêtement être fier de vous et restez serein face à vos erreurs !

Je vous souhaite une douce journée !

Bannière Caroline Dubois

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Si vous souhaitez effacer le plus de fautes possible de votre texte, je vous conseille fortement ces sites. Je passe mes textes dans ces deux correcteurs gratuits et je suis encore plus sereine. Je vous suggère tout de même de prendre le réflexe de vous relire, même si vous utilisez ces correcteurs, car c’est en vous relisant et en vous corrigeant vous-même que vous pourrez améliorer votre écriture !

Questionnaire pour les écrivains de fiction

Bonjour à tous !

Cette semaine, j’ai décidé de vous proposer un article sympathique dans lequel je réponds à plusieurs questions lancées par Béatrice Aubeterre, que j’ai découvert sur le blog de C.Kean. Puisqu’il est plutôt long (et que je sais comment je suis), commençons tout de suite !


1ère partie | Vos histoires

La première que vous ayez entreprise : C’était Laura et la licorne et je devais avoir huit/neuf ans à l’époque. C’est vraiment la toute première histoire que j’ai imaginé et écrite. Celle-ci parlait d’une jeune lycéenne, Laura, qui en arrivant à son lycée découvre qu’il a été remplacé par une forêt. Et elle entend les hennissements de détresse d’une jument (oui, mon personnage était très douée pour reconnaître le sexe du cheval par son hennissement, sans commentaire ! ^^). Laura se rend donc dans la forêt pour apporter son aide et rencontre une licorne qui parle. Cette dernière lui explique alors que le méchant Meclark a enlevé tous les parents des animaux de la forêt et qu’ils sont tous trop peureux pour l’affronter. Sans suis une petite aventure pour sauver les parents et vaincre le grand méchant Meclark !

Elle devait faire 12 pages et la taille de la police était du 16 ! Très très gros ! ^^ Je l’ai malheureusement supprimé un jour, j’aurais été curieuse aujourd’hui de revoir ce premier écrit !

La première que vous avez terminée (ou la plus avancée) : Même si Laura et la licorne fut ma première histoire et qu’elle avait une fin, on ne peut pas dire que c’est le premier texte abouti que j’ai fait. Je pencherais plutôt sur Les autres hommes qui fut le premier roman achevé et sur lequel j’ai travaillé pendant deux ans. Je n’avais pas à l’époque la vocation de devenir écrivain et donc j’écrivais quand ça me plaisait, sans contrainte, mais cette histoire sans plan est assez décousu ou fourmille bien trop de rebondissements avec du recul. On suivait une fille de dix-neuf ans qui commençait à avoir des trous de mémoire et ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Un soir, alors, que des hommes armés vont débarquer chez elle pour la capturer, quelqu’un d’autre va la trouver. C’était un roman bit-lit, clairement influencé par l’époque des Twilight, Vampire Diaries et autres histoires du même genre. Et même si aujourd’hui je remarque les lacunes de mon écriture et les gros défauts de cette histoire, elle n’en reste pas moins la toute première que j’ai terminée et j’en suis fière !

Celle sur laquelle vous travaillez actuellement : Eh bien, je travaille sur plusieurs romans en même temps, à différents stades. Je travaille depuis toujours sur La voix d’Origine ; Lux Æterna est en pause depuis le début de l’année. Autrement, je reprends dès aujourd’hui ma série du Pacte du Magicien, donc c’est mon projet du moment !

Celle que vous écrirez un jour : Il y a un roman qui traine depuis quelques mois dans ma tête. Heureusement pour moi, j’arrive à me stabiliser et à ne pas avoir envie d’écrire ce livre tout de suite. Je prends beaucoup de notes, mais j’ai déjà de bonnes bases pour l’histoire. Ce sera un roman de fantasy, où l’on suivra deux époques, deux femmes, deux histoires différentes. Mais le roman est beaucoup plus complexe que cela et je ne vais pas vous en dire plus ! ^^

Celle que vous avez abandonnée : Je ne sais pas si je peux dire que j’ai déjà abandonné un roman. Enfin, avant de terminer Les autres hommes, je n’arrivais pas à achever une histoire, donc j’en ai abandonné un paquet ! Mais concernant les idées d’histoires, si elles ne sont pas utilisées telles quelles, je trouve toujours un moyen de les transformer, de les fusionner. Je trouve cela trop définitif de dire que l’on abandonne une histoire, elle peut toujours revenir à nous à un moment ou un autre.

Celle que vous reprendrez un jour : Dans l’article Écrire pour la Jeunesse ?, je vous parlais d’un roman que j’avais commencé, mais que je n’ai pas réussi à écrire. Je ne peux pas dire que je l’ai abandonné, car beaucoup d’idées dans Le Livre de Travers me plaisent, mais il prend peu à peu une tournure différente dans mon esprit et je pense que je vais le reprendre un jour. Je ne sais pas, par contre, s’il sera toujours pour les jeunes, mais en tout cas il gardera son esprit fantasy/féerie que j’aime beaucoup !

Celle qui vous a pris le plus de temps à écrire : Je crois que, même si elle n’est toujours pas terminé, La Voix d’Origine bat tous mes records et cela ne fait qu’augmenter chaque jour. En terme d’écriture, mais aussi en terme de travail autour de l’univers.

Celle qui vous a pris le moins de temps à écrire : Puisque les questions concernent les histoires, je dirais que l’histoire qui m’a pris le moins de temps restent Les Sans-Royaumes pour le moment. Lorsque j’écris une nouvelle, je peux l’écrire en une semaine, pour environ un mois de travail et de réécriture. En ce qui concerne les romans, je dois dire que le premier jet du Pacte du Magicien s’est écrit très rapidement (un mois et demi) et j’espère que ce sera pareil pour les prochains tomes !

Celle dont vous avez le plus honte : Même si Les autres hommes, étant une histoire bit-lit, ne me correspond plus vraiment et me gêne parfois sur certaines scènes très niaises et fleurs bleues, je ne peux pas dire que j’en ai honte. Mais il y a une histoire, dont je me souviens très peu parce que j’ai dû l’écrire au tout début du collège, qui racontait la vie d’une jeune sans-abri qui rencontrait un riche jeune homme qui allait l’emmener chez lui pour l’héberger. Je suis bien contente de ne pas être allée plus loin et je ne peux pas m’empêcher de lever les yeux au ciel en repensant à cette histoire ! ^^

Celle dont vous êtes le/la plus fier/fière : Difficile de répondre à cette question, je suis fière de toutes mes histoires, car elles sont l’écho d’une époque, d’un moment de ma vie ou d’une envie d’écriture particulière. J’aime mes histoires, même quand elles sont imparfaites, mais je dois dire que je suis très fière de tout le travail effectué sur La Voix d’Origine, que ce soit sur la langue ou le monde, c’est une vraie fierté d’avoir construit un tel univers et de voir que plus le temps passe et plus il semble réel !

2ème partie | Vos personnages

Celui que vous aimez le plus : Je suis obligée d’en citer plusieurs. En premier, je ne peux pas ne pas parler d’Aïa, personnage principal de La Voix d’Origine, qui me suit depuis tant d’années que le lien qui s’est créé entre elle et moi est plus important que les autres. J’aime beaucoup les personnages de La Voix d’Origine en général, de toute façon. J’adore Tristan, dans Les Sans-Royaumes, je trouve que malgré l’histoire qui peut être un peu simple par moment, il réussit à offrir quelque chose à ces nouvelles par sa personnalité et ses répliques uniques ! Sinon, il y a dans Le Pacte du Magicien un personnage très particulier que j’ai hâte de vous faire découvrir : Madame Silure. C’est une vieille dame dont je ne peux pas dire grand-chose, mais chacune de ses apparitions me font sourire et je rigole toute seule face à ses répliques (oui, c’est moi qui les écris, mais elle a l’air tellement vivante pour moi !). Mais je les aime tous, c’est tellement difficile de choisir ! 💛

Celui que vous aimez détester : Je n’arrive pas à détester mes personnages, même l’ennemi le plus méchant que j’ai sous la main. J’ai une relation très particulière avec mes personnages, je cherche toujours derrière les apparences, derrière ce qu’ils paraissent pour découvrir leur passé, comprendre leur agissement, même les plus horribles. Donc, je ne peux pas dire que je déteste un personnage, c’est faux. Par contre, le personnage de Katrina dans Le Pacte du Magicien n’est pas tendre du tout avec les autres, sa facilité de manipulation me fascine et malgré les coups bas et les répliques cinglantes, j’ai du mal à ne pas l’aimer, connaissant son passé !

Celui que vous écrivez le plus facilement : Aïa. Sans hésiter. C’est une jeune femme qui me ressemble beaucoup dans sa manière de penser le monde. Si vous connaissez le MBTI Chart, elle a le même résultat que moi à ce test, et donc c’est plus facile pour moi d’écrire ce personnage car ses réactions peuvent être les miennes. Même si elle a plus de courage que moi, sans aucun doute !

Celui qui vous donne le plus de fil à retordre : Le personnage d’Orion, dans le Pacte du Magicien, a eu du mal à se présenter à moi ! J’ai mis du temps avant de le comprendre, avant de savoir comment il pouvait réagir ou comment il agirait dans certaines situations et parfois j’ai encore l’impression qu’il m’échappe. Heureusement pour moi, ça correspond à sa personnalité un peu mystérieuse dans ce premier tome, donc ce n’est pas perdu. Mais j’aimerais réussir à le comprendre un peu mieux !

Votre meilleur héros/protagoniste : Aïa, ma guerrière pacifiste. Mais aussi Tristan pour ses idées ingénieuses et sa facilité à se sortir de n’importe quelle situation. Mais aussi ma chère Adrielle, personnage principal du Pacte du Magicien, qui se dévoile de plus en plus et qui a beaucoup de courage malgré ce monde où il ne fait pas bon vivre ! (Oui, je sais, ça fait plusieurs réponses…)

Votre meilleur méchant/antagoniste : Ünar, l’ennemi dans La Voix d’Origine, est pour le moment l’une de mes réussites. C’est un personnage qui semble cruel et immoral jusqu’à ce que l’on découvre son histoire et son but, et là, ça donne à réfléchir. Ses actions pour atteindre son but sont toujours aussi mauvaises et horribles, mais sa vision du monde n’aide pas à le détester. Sinon, je vais bientôt écrire le tome 2 du Pacte du Magicien et je vais découvrir un nouveau méchant, je ne sais pas ce que ça va donner, mais j’espère qu’il fera partie de mes réussites !

Votre couple préféré : Même s’il m’arrive d’écrire des histoires d’amour dans mes romans, je ne peux pas dire que c’est mon domaine favori à l’écrit. Je suis toujours effrayée à l’idée d’écrire quelque chose de trop mièvre, mais je suis plutôt satisfaite de mes couples en général. En fait, je vous donne une réponse vague, parce que ce serait vous donner des spoilers ! 😕

Votre meilleure histoire d’amour : N’ayant écrit qu’une seule romance, je n’ai donc qu’une seule réponse : Une Autre Vie. J’ai longtemps eu peur de vous la partager, parce que justement, j’ai bien conscience de ses défauts, mais j’aime quand même ses personnages, cette époque de leur vie et la façon dont ils se construisent ensemble. Je vous la conseille, bien sûr, car ce n’est pas que de la romance !

Celui que vous avez tué avec regret : La question qu’il ne faut pas poser ! J’ai un personnage en particulier dont la mort me pèse encore sur la conscience. Il se trouve dans La Voix d’Origine et j’ai eu beaucoup de peine pour lui. Quoique, je suis en train de penser que deux autres personnages sont morts dans ce roman et que cela m’a causé aussi du chagrin ! Je pourrais les faire revivre, me direz-vous ? Malheureusement, c’est vraiment ainsi que va l’histoire et ne pas les tuer serait mentir.

Celui que vous avez renoncé à tuer : Jusqu’ici, j’ai toujours trouvé la mort de mes personnages justifiée. Quand bien même cela me peinait, il y avait une raison derrière leur mort et je n’ai pas souvenir d’avoir renoncé à tuer un personnage. Il y a bien un personnage dans Le Pacte du Magicien, dont la mort était prévue depuis le début, mais j’ai hésité, parce qu’il s’est dévoilé au fil des chapitres et je me suis demandé s’il ne devrait pas garder sa place un peu plus longtemps. Mais finalement non ! 😀

3ème partie | Scènes diverses

La plus drôle : Dans les scènes les plus drôles, je pense à celles de Tristan dans Les Sans-Royaumes, parce que j’aime vraiment beaucoup ce personnage et sa personnalité. Mais la scène la plus drôle, je ne l’ai pas encore partagée, elle concerne cette fameuse Madame Silure dans Le Pacte du Magicien. C’est pourtant une scène assez triste, car elle survient après plusieurs événements difficiles à vivre pour Adrielle, et Madame Silure a une réplique qui me fait beaucoup rire. Je ne suis clairement pas humoriste et on ne peut pas dire que l’humour, même si j’écris ce qui me fait rire, soit ma plus grande qualité, mais cette scène, cette réplique me fait beaucoup rire ! Je sais que si un jour j’ai le cafard, je devrais relire cette scène sans hésiter !

La plus triste : La scène la plus triste se trouve dans La Voix d’Origine. C’est la scène où deux personnages meurent (ceux dont je vous parlais un peu plus haut) et l’ambiance, la réalité de cette mort, les gens autour… Je sais que je suis émotive et que je peux pleurer en écrivant, mais celle-ci m’a le plus causé de peine ! Et dire qu’il faudra que je la réécrive… 😦

La plus épique : Dans Le Pacte du Magicien, il y a un combat particulièrement magique et épique, j’aime beaucoup ce moment. Mais la scène la plus épique concernerait Pandore (je viens juste de me rendre compte que je n’avais pas encore cité mon seul roman publié ! ^^). C’est une scène dans le 28ème chapitre qui se trouve dans une base militaire abandonnée, elle est particulièrement intense. J’ai beaucoup apprécié écrire ce moment !

La plus difficile à écrire : Les scènes qui sont le plus difficile à écrire ne sont étrangement pas celles qui me peinent le plus. Je n’ai pas souvenir d’une scène qui m’a donné du fil à retordre. Je sais que je peux avoir du mal à écrire, mais quand le temps passe, je finis par oublier lesquelles étaient difficiles et lesquelles ne l’étaient pas. C’est la beauté de l’écriture !

La plus facile à écrire : Même chose que pour la question précédente, je me souviens difficilement de ce que j’éprouvais en écrivant une scène. Je sais que les fins de romans sont assez faciles à écrire pour moi. J’ai une adrénaline, une énergie nouvelle qui me permet d’enchainer plusieurs chapitres à la suite sans que je voie le temps passer !

Votre meilleure scène d’action : Flûte, quelle question ! J’ai déjà répondu dans la plus épique ! ^^ Dans Pandore, il y a beaucoup de scènes d’action et de tension, mais comment choisir la meilleure, je ne saurais pas le dire. Peut-être à la fin, lorsqu’ils arrivent à Versailles et que c’est une véritable catastrophe ; entre les bombes, les enfants et leur mission, l’action est à son comble !

Votre meilleure scène d’amour : Eh bien.. Eh bien… j’ai déjà dit qu’écrire les romances n’étaient pas mon fort, donc je dirais que ma meilleure scène d’amour se trouve dans Une Autre Vie. Ça devrait bientôt arriver dans Le Pacte du Magicien et j’espère mieux gérer ce genre de scènes pour éviter les mièvreries ! ^^

Votre meilleure description : J’aime beaucoup les descriptions dans La Voix d’Origine, que l’on m’a complimenté, car elles sont poétiques et très imagées. Mais je crois que je gère un peu mieux mes descriptions dans Le Pacte du Magicien, que ce soit La Roue, ville dans laquelle se déroule l’intrigue, ou le physique des personnages. Mais en choisir une seule, c’est encore le même dilemme !

Votre meilleur dialogue : Charlie, mon personnage principal dans Pandore, a de sacrés dialogues ! Ses réponses ne font parfois pas du bien à ceux qui les reçoivent. Mais deux dialogues d’autres romans me viennent en particulier à l’esprit. Dans La Voix d’Origine, à la fin, une discussion entre Aïa et Ünar qui est très tendue. Et une autre dans Le Pacte du Magicien entre Katrina et Adrielle où elles font preuve de franchise et ne cherchent pas à avoir du tact. J’ai beaucoup apprécié écrire ce dialogue-là !

Votre meilleure introspection : Charlie et Aïa ont les meilleures introspections de tous mes romans. Charlie, c’est déjà plus simple, car son point de vue est écrit à la première personne. Tout ce qu’elle vit, les difficultés, les horreurs qu’elle voit remontent de grandes émotions en elle et on arrive directement dans son esprit. Pour Aïa, vu que c’est un point de vue omniscient, c’est plus difficile mais elle a une facilité pour se dévoiler, pour montrer ses sentiments et j’adore l’ « incarner » !


Voilà ! J’espère que ça n’aura pas été trop long, je suis bavarde parfois ! Et j’espère aussi que ce n’était pas trop flou concernant les références aux romans qui ne sont pas encore sortis ! J’ai fait de mon mieux pour vous dévoiler des détails et vous faire comprendre pourquoi ce choix plutôt qu’un autre. En tout cas, parler de mes romans me donne très envie de vous les partager pour que vous puissiez enfin rencontrer tout ce beau monde !

Bonne journée à vous !

Bannière Caroline Dubois

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Se détacher de la perfection

Bonjour à tous !

Suite au sondage, nous voici donc partis sur le sujet de la perfection. Avant de commencer, j’aimerais vous remercier pour vos votes, je ne pensais pas qu’il y en aurait un seul, donc je suis ravie ! 😀

Lorsque je pense au sujet de la perfection, je ne peux m’empêcher de me demander pourquoi on en vient, à un moment ou un autre, à devenir perfectionniste. Je trouve que c’est toujours important de savoir pourquoi, pour réussir à accepter et passer à autre chose. Mais cette envie de perfection, d’où vient-elle ? On peut déjà affirmer que selon les personnes, cette envie sera plus ou moins grande, mais un élément particulier fait le lien avec tous ceux en quête de perfection pour leurs écrits : les autres.

En réfléchissant autour de la perfection, j’en suis venue à me demander quand est-ce que cela a commencé ? J’écris depuis que je suis enfant et donc j’ai de nombreuses années derrière moi que je peux observer pour comprendre. Et en regardant mon parcours d’écriture, je me suis rendu compte que ce n’est qu’à partir de mes seize ans que mon regard sur moi-même est devenu critique et que j’ai commencé à chercher l’amélioration. Et c’est précisément à l’âge de seize ans que j’ai offert mon roman aux regards des autres.

Qu’est-ce qu’il va penser ? Et ce personnage, va-t-il l’aimer ? Ici, pensera-t-il que l’intrigue n’est pas assez étoffée ? En plus de ce que mes premiers lecteurs avaient à me dire, je développais une sorte d’automatisme à me demander ce que penserait l’autre. J’essayais de deviner leurs pensées et chaque défaut de mon roman me sautait alors aux yeux. Cette gêne, cette envie de bien faire et que les autres n’aient rien à redire, m’est vraiment apparue lorsque j’ai fait lire mes romans aux autres parce que soudainement il n’y avait plus seulement moi et ce que j’aimais, il y avait les goûts des autres et leurs propres expériences de lecture.

Dès ce moment-là et si je ne me trompe pas, on va chercher à s’améliorer pour gommer le plus de défauts possibles. On va chercher sur internet des articles sur l’écriture, sur comment créer ses personnages ou son intrigue, ou bien on va faire des cours d’écriture pour être guidé et devenir meilleur. S’améliorer et en avoir envie n’a rien d’un défaut, bien au contraire, mais comme ça l’a été pour moi, cela est devenu très vite une obsession et une pression supplémentaire. Puisque je pouvais m’améliorer, alors il fallait que tout soit parfait. Il fallait que lorsque je donne mon roman aux lecteurs, ils n’aient rien à dire. Qu’il n’y ait pas un défaut à relever.

Si l’envie de s’améliorer nous poussera toujours vers l’avant, ce perfectionnisme est simplement paralysant. Soit on en vient à culpabiliser de ce que l’on fait parce que ce n’est pas parfait, ou bien on ne s’arrête plus de corriger les défauts de son roman parce qu’on veut la perfection. Dans un cas comme dans l’autre, ce n’est pas une bonne énergie pour écrire et ce n’est pas ce qui nous permettra d’avancer, de progresser et de nous découvrir en tant qu’écrivain. Mais alors, comment se détacher de la perfection ? Comment arrêter de viser cet idéal qui n’existe même pas et qui pourtant peut nous freiner dans la création de nos histoires ?

Cette phrase qui a priori n’a rien à voir avec l’écriture peut être ce qui nous fera passer à autre chose. Je vous demande l’espace d’un instant d’imaginer. Imaginez que vous êtes face à un miroir avec un livre ouvert à la verticale, comme si vous essayiez de montrer les pages à votre reflet. Un livre parfait, c’est un livre plein, sans défaut. Mais un livre avec des défauts aura des failles, il y aura des trous et des fissures. Maintenant, regardez ce livre ouvert dans le miroir. Ce livre n’est pas parfait, mais que voyez-vous dans les trous ?

Entre les fissures, vous vous apercevez vous. Un livre imparfait, c’est un livre qui laissera transparaître votre personnalité. Un livre parfait, c’est tout ce qu’il y a de plus impersonnel. Qu’est-ce que la perfection ? Un idéal qui rassemblerait et affinerait peu à peu les goûts de tout le monde, au point que chacun trouverait la perfection dans votre livre. Mais alors s’il est parfait, où se trouve sa singularité ? En quoi est-il unique ? En quoi vous représente-t-il ? Le livre que vous tenez en face de vous n’est pas parfait, il ne conviendra pas à tout le monde mais derrière, vous brillez pour ses failles. Vous complétez ce qui lui manque par ce que vous êtes. Vous amenez votre livre à son meilleur niveau en vous donnant à travers lui. Ses personnages ne seront peut-être pas tous équilibrés, pas tous bien à leur place. L’intrigue n’aura pas toujours son meilleur rythme et votre écriture ne sera pas toujours fluide ou poétique. Mais ce qui fera le lien, ce qui comblera les trous, ce sera vous. En vous donnant le droit de laisser les imperfections et en aimant votre livre tel qu’il est, vous lui offrez votre meilleur et c’est là que la magie opérera.

Je vous ai déjà bien parlé d’Elizabeth Gilbert et de son livre « Comme par magie, vivre sa créativité sans la craindre ? », mais je n’ai certainement pas fini de parler d’elle. Dans son livre, elle pose une question que je vais vous partager : « Voulez-vous vivre une vie créative ? » Elle ne demande pas si on veut vivre de sa créativité, ni que nos créations soient parfaites, mais elle demande si nous voulons vivre une vie créative. Est-ce que nous voulons imaginer des histoires, des mondes et des personnages ? Voulons-nous les réaliser, leur donner une chance d’exister ?

Je sais qu’avec ce livre, j’ai lâché une bonne partie de la pression que je me mettais, j’ai lâché le perfectionnisme parce que cela ne sert à rien. J’ai envie de créer des tas de choses, mais je n’ai pas envie de passer ma vie après un roman parce que je veux qu’il soit parfait. J’ai envie d’accepter qu’il n’atteigne pas le niveau que je lui souhaite, mais je me console en me disant que tout ce que j’aurais donné pendant son écriture, toutes les émotions que j’aurais vécues transparaîtront à travers ses failles. Est-ce que je veux qu’à la lecture on ne ressente rien de plus que ma propre frustration ? Est-ce que je veux qu’on ressente ma contrariété de son imperfection, le temps et les difficultés vécues pour qu’il atteigne cet idéal hors de portée ? Ou est-ce que je veux que l’on ressente que j’aime même le personnage le moins abouti ?

Qu’est-ce que vous voulez offrir à votre roman ? Qu’est-ce que vous voulez que votre lecteur ressente ?

Je choisis l’imperfection, je choisis les failles qui rendront mes romans uniques. Je choisis l’union entre mon roman et ma personnalité. Ils ont peut-être des défauts, mais à deux ils produisent plus de lumière. Je choisis de me donner la liberté d’échouer, de ne pas réussir ce que j’avais en tête parce que cela peut arriver. Je choisis de m’amuser, d’écrire porte fermée et de créer tout ce que j’aime. Je choisis d’entendre les commentaires des lecteurs, les bons comme les pires, et de les accepter. Si je peux changer quelque chose, à l’avenir, je le ferais, mais je choisis aussi de passer à autre chose pour révéler mon potentiel à travers un autre roman. Je choisis d’être bien, comme le dit la citation. Pas parfaite. Bien. Dans ce que j’écris et dans mon corps. Je choisis de ne plus me frustrer, ni de me culpabiliser de faire des erreurs, parce que je comprends que cet idéal n’existe pas. Je préfère, aujourd’hui, choisir une vie créative plutôt qu’une vie à traquer les imperfections.

Je ne peux que vous souhaitez de vous détacher de cette perfection et j’espère que rien qu’un peu je vous ai donné une chance d’y arriver. Et si aujourd’hui, je ne vous ai pas inspiré, alors ce n’est pas grave. Je l’accepte aussi, parce que j’ai fait entendre ma voix et mon cœur. J’espère que vous trouverez votre équilibre et qu’en acceptant vos erreurs, vous ne ferez que progresser.

Je n’ai plus qu’une seule chose à vous dire : brillez à travers votre livre !

Je vous souhaite une bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

{Images : Snappa/Pixabay}

Écrire pour la Jeunesse ?

Bonjour à tous !

Comme vous le savez peut-être déjà, je suis une fervente lectrice des romans et sagas Jeunesses. Quand elles sont liées au genre de la Fantasy, je ne peux pas être plus impatiente de découvrir l’histoire qui se cache derrière ces jolies illustrations. Je vous ai déjà parlé des romans Jeunesse dans un article, où j’exprimais cette envie et ce plaisir que j’ai à lire ces romans. Je ne m’en cache pas, j’aime ce qui se dégage de ces livres, j’aime la légèreté sans toutefois que l’on perde certaines duretés de la vie, j’aime les personnages qui sont en plein apprentissage de la vie et les histoires simples, mais magiques et qui donnent des étoiles dans les yeux, comme lorsque j’avais l’âge de ces héros Jeunesse. C’est un fait, je lis de la littérature Jeunesse, mais est-ce que j’en écris ?

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler encore un peu de ce « genre littéraire », mais à travers son écriture. À ce jour, je n’ai encore jamais écrit de livres Jeunesse en entier. J’avais commencé il y a quelques années un roman qui se nommait Le Livre de Travers dans lequel les personnages principaux étaient mes petites cousines. Je les voyais (et les voit toujours) très souvent pendant les vacances et leur présence animait en moi ce désir d’écrire pour elles, de leur créer une aventure comme Le monde de Narnia ou l’Histoire sans Fin. J’imaginais quelque chose de magique, une aventure entre danger, humour et étrangeté à l’image d’Alice aux Pays des Merveilles ou des Tim Burton. J’avais de nombreuses idées, m’amenant à penser cette histoire comme une saga de cinq tomes.

Vous l’aurez compris, j’étais une nouvelle fois traversée par une histoire et celle-ci devait être destinée pour la Jeunesse. C’est assez étrange de parler d’elle au passé, car je n’ai pas totalement abandonné l’idée. Elle reste dans un coin de ma tête, se transforme au gré de mes envies et devient une histoire plus singulière qu’elle ne l’était à ses débuts, mais je ne vous en ai jamais parlé. Le Livre de Travers ne figure pas dans les livres mis en avant dans mon menu juste au-dessus, cela ne veut pas dire que je ne l’écrirais jamais, mais pour l’instant ce n’est pas le moment. Voyez-vous, il n’y a pas que les six romans dans le menu sur lesquels je travaille ou passe du temps, il y en a encore beaucoup d’autres. Mais parmi toutes ces idées et ces envies, bien trop nombreuses pour toutes les répertorier, il n’y a à ce jour qu’un seul roman Jeunesse.

Remarquer cela m’a amené à me poser quelques questions. Pourquoi est-ce que j’aime tant la littérature Jeunesse si j’ai très peu d’idées ? Pourquoi n’ai-je pas envie d’en écrire ? C’est étrange et pourtant j’en comprends la raison. Jusqu’au Livre de Travers, il ne m’était jamais venu à l’idée que je pouvais écrire pour la Jeunesse. Mes cousines, l’histoire du Livre de Travers, cette envie de partager ce que les écrivains de Jeunesse ont vécu… toutes ces petites choses ont amené ce désir en moi, mais une problématique s’est posée lorsque j’ai commencé à écrire ce roman. Il faut savoir qu’il n’y avait pas un seul problème qui m’empêchait d’avancer dans l’écriture du Livre de Travers. Puisqu’il l’est toujours, la Voix d’Origine était déjà en cours à cette époque et j’ai toujours ressenti cette urgence d’avancer dans mon projet principal, et que la culpabilité d’écrire sur un plus petit projet, bancal qui plus est par son histoire à moitié remplie, ne me permettait pas de me lancer à corps perdu dans ce roman qui pourtant m’animait. Mais le véritable problème qui s’est posé lorsque j’ai commencé les premières phrases fût le lectorat.

Tout le principe des lectures Jeunesse c’est qu’elles sont destinées (bien que je préfère dire le terme « accessibles ») aux plus jeunes, de huit à treize ans et plus si affinité. Mais lorsque j’ai commencé à écrire, je me suis bloquée dans mon écriture à cause de ces âges. Je ne savais pas quelle tranche d’âge choisir, je ne savais pas si je devais adapter mon écriture pour eux ou bien si je devais suivre mon cœur. Je n’ai aucun mal à défendre les littératures Jeunesse auprès des plus réfractaires, parce que je sais qu’elles ne sont pas infantiles et qu’elles ont une grandeur d’âme que des romans d’adultes n’ont pas. Je sais à travers mes lectures que les auteurs de Jeunesse ne changent pas leur écriture et que par magie, les enfants de tous âges peuvent lire ou comprendre pour suivre l’histoire. Et pourtant, de mon côté, je restais bloquée sur ce que j’écrivais.

Je me souviens des premiers chapitres, j’avais envie de m’arracher les cheveux tant je prenais mes futurs lecteurs pour des imbéciles. La naïveté de mon écriture était beaucoup trop évidente et cela n’avait même pas l’arrière-goût de mes lectures. À ce moment-là, je dois avouer que j’ai vécue une certaine déception, car j’aimais lire des livres Jeunesse, mais je n’étais pas capable d’en écrire un début. Aujourd’hui et plus encore qu’avant, je me rends compte qu’écrire pour les plus jeunes n’a rien de facile. On pense souvent à tort que cette littérature est accessible à tous les écrivains et que ceux qui écrivent depuis toujours pour la Jeunesse n’ont que peu de mérite. Ça me donne une nouvelle fois envie de m’arracher les cheveux ! Non, ce genre littéraire n’est pas plus facile à écrire. Essayer d’écrire une histoire fantastique qui transportera n’importe quel lecteur, peu importe son âge, de façon compréhensible mais intelligente et qui fait oublier l’espace d’un instant le monde qui l’entoure, ça n’a rien de facile, au contraire.

J’ai un grand respect pour les auteurs de littérature Jeunesse et aujourd’hui je sais que je ne suis pas prête à écrire pour eux. N’ai-je pas assez de maturité, ou en ai-je de trop ? Est-ce que je me pose trop de questions ? Est-ce que ce n’est tout simplement pas le moment ? Je ne saurais pas répondre à ces questions. Tout ce que je sais, c’est que j’y reviendrais un jour et que j’écrirais des livres pour les plus jeunes, parce que c’est une envie profonde en moi. Je n’ai pas encore trouvé les bons outils, je ne me fais pas assez confiance. J’ai bien plus peur de décevoir ces enfants que de décevoir un adulte critique et sérieux. J’ai un respect pour eux, pour leur innocence, pour leur joie de vivre et leur curiosité. Et je veux respecter cela. Si je dois un jour écrire un roman pour eux, j’espère que j’aurai assez de clés en mains pour leur offrir ce qu’ils méritent.

Aujourd’hui, je ne sais pas ce que deviendra Le Livre de Travers. Mes cousines sont bien plus grandes aujourd’hui et il m’est difficile d’écrire des versions plus jeunes d’elles-mêmes. En tout cas, je sais que je ne suis pas encore prête. Il me reste La Voix d’Origine à terminer, tout autant que Le Pacte du Magicien et Lux Æterna, tandis que d’autres romans en file d’attente prennent de l’ampleur (sans même que je passe du temps sur leur histoire…). Un jour, parmi eux, se glissera une histoire de Jeunesse qui, par son importance et sa magie, me fera dire :

« Il est temps d’essayer à nouveau… »

Je vous souhaite une bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

{Images : Pixabay}

Un choix de vie

Bonjour à tous !

Hier étant mon anniversaire, j’ai décidé de m’offrir la journée sans penser à mon blog et de m’occuper de mon article du « vendredi » plus tard. Il faut savoir prendre du temps pour soi dans ces cas-là et je ne peux pas trouver meilleure introduction au thème du jour puisque je vais vous parler de mon rapport à l’écriture au quotidien, mais aussi de ce choix de vie qui me permet de travailler à plein temps sur l’écriture sans avoir un revenu dû à mes écrits.

Si vous ne le savez pas, je vais faire un bref résumé de ce que j’ai pu raconter tout au long de mon blog ou dans mon article Qui suis-je ? À cause de harcèlements, j’ai dû quitter l’école à 16 ans pour pouvoir prendre soin de moi et reprendre le goût de vivre. Je passerai rapidement sur cette partie difficile de ma vie, car ce n’est pas le thème du jour. Cela explique en quelques mots ce pourquoi j’ai dû quitter l’école en vitesse, même si, mise à part cette année, je n’avais jamais vraiment accroché au format de l’école. Autant j’ai toujours aimé apprendre, mais la compétition, la pression et le cadre donné par l’école m’a toujours enfermé. Je ne me suis jamais sentie libre. En quittant l’école, je me libérais d’un fardeau, mais cela me mettait face à la réalité de la vie qui est de se choisir un avenir rapidement et sans études.

Les deux premières années n’ont pas été évidentes, car si le choix était difficile, je culpabilisais énormément de prendre mon temps. Il y avait aussi cette partie un peu plus personnelle qui faisait que j’avais besoin de ce temps pour me reconstruire, pour me retrouver et pour apprendre à avoir confiance en moi. Je ne pouvais pas sauter ces étapes et cela me donnait en quelques sortes le temps de réfléchir à mon avenir. J’ai fait tout un tas de démarches qui m’ont amené à réfléchir à d’autres formes d’études, à des stages, des métiers, mais rien ne me passionnait.

En été 2012, j’ai eu une révélation mais qui n’était pas encore celle qui m’a mise sur la bonne voie. Lors d’un anniversaire, j’ai discuté avec ma famille de lectures et j’en suis venue à parler de mon roman. Il faut savoir que, si à huit ans j’ai avoué que voulais devenir écrivain, j’avais complètement oublié ce souhait, cette envie, parce que la réalité ne se prêtait pas à un tel rêve. Et donc pendant toutes ces années, de mes huit ans à mes seize ans, j’écrivais de temps en temps pour me faire plaisir sans que je me souvienne du bonheur qui m’avait animé à l’idée d’en faire mon métier. En cet été 2012, lorsque j’ai parlé du roman que j’écrivais et dont je ne vous ai jamais vraiment parlé parce qu’il ne me correspond plus du tout (ça parlait de vampires, de loups-garous… oui, vous voyez l’époque !). Et lorsque j’ai vu l’interrogation sur le visage de ma famille et l’intérêt, je me suis sentie à nouveau animée. « Quoi ? Mon livre peut intéresser ? » Depuis ce moment-là, l’envie d’écrire est bien plus forte et ce n’est pas seulement un passe-temps, mais une passion.

Sauf que c’est en 2013 qu’est revenue cette envie d’en faire un métier. Étant ouverte à un nouvel univers de possibles — ma vie n’étant de toute façon pas commune à la plupart — je me sentais beaucoup plus disposée à faire ce choix, à prendre ce risque. D’une, parce que j’étais déjà plus grande et que je comprenais cette réalité, mais aussi parce que j’avais le soutien de mes parents. Ils avaient vu ce que j’avais traversé et ils savaient que si je décidais cela, je me donnerais à fond et je ferais de mon mieux, parce que je croyais en l’écriture et en mon rêve et que ça me donnerait la force de continuer même dans les phases les plus dures.

C’était l’introduction la plus longue jamais répertoriée ! ^^ Maintenant que je vous ai donné (voire redonné) le contexte, je peux vous parler de cette autre partie : mon rapport au quotidien. Cela fait quatre ans, vous l’aurez compris, que je travaille depuis chez moi pour réaliser mon rêve. Et le plus dur n’étant pas de ne pas avoir l’inspiration, ni le courage par moment, mais de culpabiliser. Vous l’avez peut-être remarqué, mais je suis quelqu’un qui se met beaucoup de pression et jusqu’à cet été, je ne m’étais jamais autorisée à faire une vraie pause sur mon blog parce que j’avais peur de perdre ce que j’avais déjà construit. Pour l’écriture, c’est la même chose. Je culpabilise de ne pas assez travailler, de ne pas avoir terminé ce roman sur lequel je travaille depuis tant d’années, ni même d’avoir envoyé un roman fini à des éditeurs. Pour être honnête, j’essaye de ne pas y penser et de me souvenir de ce que j’ai accompli. En 2014 j’ai auto-publié Pandore, en 2015 j’ai terminé le premier jet de La Voix d’Origine, en 2016 je l’ai réécrit et fait lire aux premiers lecteurs et en cette année 2017, j’ai terminé le premier jet du Pacte du Magicien, avancé sur une partie de Lux Æterna. La Voix d’Origine, de son côté, est en cours de réécriture même si ce livre prend de l’ampleur chaque jour.

J’ai accompli des choses, mais comme je le mentionnais dans mon article Être écrivain, c’est difficile de se déclarer comme tel si on n’a pas publié ou eu un succès. La réalité de ma situation, c’est que je suis seul maître de mon destin. Si je n’avance pas, alors mon rêve ne se réalisera pas. Je suis mon seul patron et entre ce qui est physiquement et psychologiquement possible durant certaines périodes et le besoin d’écrire pour envoyer aux maisons d’éditions, il y a un gouffre et un fil tendu sur lequel j’oscille. Avec la peur de ne pas réussir, la culpabilité de se donner du temps pour soi, je pourrais me forcer chaque jour, mais avec mon vécu et mes expériences, j’ai compris un élément fondamental de la vie : on ne peut pas vivre sans prendre soin de soi, ni sans même s’écouter lorsque notre corps nous dit qu’on a besoin d’une pause. Avec cette année au lycée, j’ai vécu des choses que je ne souhaite à personne et pourtant je me forçais à faire ce qui devait être fait parce que c’est ce que les autres font : aller à l’école. Et pourtant mon corps, ma tête me criait de prendre du recul face à cette situation qui mangeait ma confiance et mon envie de vivre.

Je ne veux pas tourner au mélo, parce qu’au contraire, j’aimerais faire ressurgir l’importance de la vie même, l’importance de faire des choix pour soi et pas pour ce qui doit être fait. Bien sûr, il y a des choses que l’on doit faire et que l’on ne peut pas éviter. J’ai conscience d’avoir de la chance, mes parents me soutiennent et comprennent mon rêve et mes peurs, mais à travers ce que j’ai vécu, je comprends bien trop l’importance de vivre sa vie. Ce n’est pas seulement vivre à travers le chemin que les autres ont déjà tracé, mais se choisir son propre chemin, prendre soin de soi parce que nous souhaitons vivre une longue vie et réaliser des rêves.

Écrire mon blog est pour moi la meilleure façon d’avoir un pied dans mon rêve. J’écris chaque semaine pour parler de ce qui me plaît, pour parler d’écriture, de lecture et de tout ce qui me passionne, mais aussi pour parler de la vie et de son importance, de l’importance de soi et de ne pas se laisser de côté. Si je n’avais pas créé ce blog en 2014 pour promouvoir Pandore, aujourd’hui je ne sais pas si j’aurais autant avancé. Chaque moment passé avec mon blog me donne des expériences à vivre qui sont les mêmes qu’avec mes romans. Quand se motiver, quand se donner du temps, quand laisser parler sa passion…

Mon quotidien n’a rien d’une routine. Vous dire que j’écris tous les jours parce que j’aime ça serait faux, mais aujourd’hui je ne vois pas pourquoi je devrais m’en cacher. Même si mon rêve est de devenir écrivain, ces années m’ont permis de comprendre qu’il faut savoir aussi s’occuper de soi, se faire plaisir et vivre tout simplement, pas seulement exister. La Voix d’Origine est un roman unique dans mon expérience d’écriture et j’ai encore du mal à comprendre qu’il va me demander encore du temps alors je laisse aller, je lâche-prise… parce que c’est dans ces moments-là que les solutions arrivent et qu’on finit par avancer. Je ne sais pas de quoi mon lendemain sera fait, si je vais travailler sur La Voix d’Origine, reprendre Le Pacte du Magicien ou Lux Æterna. Je commence à me détacher de plus en plus de cette pression du « faire », pour « être » simplement et découvrir au petit matin vers quoi me porte mes envies.

Qu’est-ce que mon quotidien ? Une succession de jours qui ne se ressemblent pas, où l’écriture trouve sa place quand d’autres fois ce sera la lecture. J’aime ma vie et si sur le papier elle n’a aucun sens, elle en a pour moi, au fond de moi. Je n’ai jamais vécu aussi intensément ma vie qu’en étant à l’écoute. J’apprends à savourer ma vie et je saisis cette chance qui m’a été offerte pour prendre ce temps d’écrire et amener mes romans au niveau que je leur souhaite. Je ne veux plus faire les choses dans la précipitation pour éviter le regard des autres qui peut être pesant, ou même la pression de cette société qui voudrait qu’à mon âge je sache déjà tout de la vie pour être rentable/utile. Je n’ai jamais autant appris de la vie qu’en prenant le temps et en observant le monde. Ce que je fais pour moi me permet de nourrir mes romans. Tout ce qui m’anime, tout ce qui me donne le courage de continuer cette réalisation de mes rêves, tout ce qui me donne envie de vivre, je l’offre dans mes romans et je sens que c’est bien plus juste, bien plus vrai que si j’écrivais pour simplement dire « j’écris ».

L’écriture, ce n’est pas seulement un moment sur l’ordinateur à taper des mots. Ils doivent avoir un sens et j’imagine que si notre propre vie n’a pas de sens, alors difficile d’en donner à des histoires inventées. J’ai trouvé un sens à ma vie, j’ai fait un choix qui peut s’avérer dur parfois mais que je ne regrette pas. Et je sais qu’un jour je vais y arriver, parce que je ne me demande plus de réaliser mon rêve avec une date limite, je me demande simplement de vivre assez pour que mes rêves se réalisent d’eux-mêmes, quand le moment sera le bon et quand je serais prête pour l’étape suivante.

Dans la vie, on ne prend pas assez le temps, mais je crois que nous devrions tous le prendre pour se poser les bonnes questions et se demander qu’elle serait la raison de vivre si on ne fait pas ce qui nous rend heureux.

« Not everyone will understand your journey. That’s fine. Its not their journey to make sense of. It’s yours. »

Zero Dean

J’espère que ce petit partage de vie vous aura intéressé et j’espère de tout cœur que vous puissiez vivre la vie que vous vous êtes imaginé, ou bien alors, si ce n’est pas le cas, que celle-ci vous réserve une plus belle surprise !

Je vous souhaite de tout cœur d’être heureux !

Bannière Caroline Dubois

{Image : Pixabay}

Ce que j’aime vivre lors de l’écriture | Partie 2

Bonjour à tous !

Sans plus attendre, voici la suite du dernier article ! Je vous parlais la semaine dernière des personnages qui se révélaient d’eux-mêmes et des idées qui nous permettaient de dénouer un blocage dans notre roman, nous donnant encore plus envie d’avancer dans notre projet. Et pourtant, ces deux moments, aussi merveilleux soient-ils, sont loin d’être les seuls ; d’autres tout aussi intéressants nous montrent soudain pourquoi nous aimons tant écrire.

Les derniers moments que je vous ai partagé étaient liés à l’histoire même ou à ses personnages, mais il y a un moment particulier, lié à l’écriture même : quand  une phrase magnifique (ou dans mon langage : une phrase qui claque !) surgit de façon naturelle et spontanée. Je dois avouer que si je peux avoir une confiance aveugle en mes histoires, mes univers et mes personnages, mes plus grands doutes concernent mon écriture. Je n’ai jamais trouvé qu’en tant que telle, cette dernière valait quelque chose. Pendant longtemps cela a été une faiblesse qui m’a empêché d’écrire. J’avais la sensation que ce cela ne servait à rien, parce que je n’avais pas de style, parce que cela n’était pas particulièrement beau.

Cette période s’est étendue de mes dix ans à mes dix-sept ans. Je n’ai jamais été très confiante en mon écriture, jusqu’à ce que je lâche prise et que j’apprenne qu’un bon écrivain n’avait pas nécessairement les phrases les plus belles ; celles-ci pouvaient aussi être simples et servir le récit. Et pourtant, même si j’ai accepté de ne pas avoir une écriture à faire chavirer des cœurs, trouver une phrase magnifique en pleine écriture me fait sourire. Cela me renvoie à cette période où je n’avais pas assez confiance en moi pour écrire. Je me sens presque gênée et me demande parfois si ce n’est pas mon imagination qui me joue des tours (« peut-être que cette phrase n’est pas si belle finalement…»). Mais j’apprends à me faire confiance et à me dire que c’est quelque chose que je peux réussir. Aujourd’hui, je sais que c’est possible d’écrire une phrase surprenante, pleine de sens et de vérité avec peu de mots. Et quand cela m’arrive soudainement, je sens la confiance remontée.

Il y a les moments spontanés comme lorsque qu’une phrase surgit dans votre imagination, quand votre personnage se dévoile ou quand une idée jaillit pour vous sauver, mais il y a aussi ces moments que l’on attend au tournant. Je veux parler des meilleures scènes de nos romans. Cela n’arrive peut-être pas à ceux qui ne font pas de plan, sauf si vous avez une idée à propos d’une scène qui se déroulera bien plus tard dans votre roman. Peu importe. Il y a ces scènes qui s’annoncent à l’avance comme étant les meilleures de votre histoire. C’est le moment où un personnage fait une révélation, où jaillissent soudainement des ennemis et mettent en danger vos personnages. C’est le moment où un personnage important meurt ou bien encore quand un autre personnage fait sa grande entrée.

C’est le moment, celui que l’on ne veut rater pour rien au monde et que l’on attend depuis des chapitres entiers. Cela peut tout à fait se révéler une déception à l’écriture, parce qu’on peut aussi se mettre tellement de pression que cela va nous bloquer d’entrée de jeu, mais si ça ne bloque pas, alors c’est encore mieux que ce que l’on attendait. Ces instants d’écriture, je les chéris plus que tout et ils restent parfois une raison efficace de progresser ; je sais que si j’ai du mal à écrire, mais que je me rapproche à grands pas d’une scène importante, alors je trouve la force de me dépasser pour l’atteindre. Généralement, j’aime tellement ces scènes que je ne peux m’empêcher de les vivre et de les revivre des dizaines de fois dans mon imagination. Et plus je les imagine, plus j’ai de détails et des informations sur cette scène, si bien que lorsque c’est enfin le moment tant attendu, je me lance dans l’écriture et vis le moment intensément… Ce qui m’amène au dernier point.

Oublier le monde. Quand l’écriture procure les mêmes sensations qu’une lecture qui nous immerge dans l’imaginaire. Plus je travaille sur mes romans, plus les années passent et plus il m’est facile de plonger dans un univers et d’oublier ce qui m’entourent. Quand l’écriture devient autre chose qu’une action (taper des mots sur un clavier, réfléchir un instant à la suite), mais qu’elle se vit. C’est quelque chose d’intense, comme une invitation au voyage à portée de main. On ne se souvient même pas que l’on écrit, on ne se voit pas taper sur le clavier, on ne voit plus l’écran d’ordinateur, ni même les mots qui s’affichent, on n’entend plus les bruits autour de soi et le temps semble se suspendre rien que pour nous.


Que dire de ces instants si ce n’est que chaque personne au monde devrait l’avoir vécu au moins une fois. Pour être honnête, je trouve cela encore plus intense lorsque c’est notre propre écriture qui nous emmène loin et non pas l’écriture d’un autre. Dans un livre, il peut être facile de voyager et de se laisser porter, c’est un lâcher prise sur notre monde et on laisse les commandes à l’auteur. C’est comme une expiration, on s’abandonne à un nouvel univers.

Mais quand c’est nous qui écrivons, alors que la plupart du temps nous n’avons pas une grande confiance en nous, et que par la force des choses, par la passion qui nous anime et par le bonheur du moment, on se plonge dans notre histoire et on oublie tout… Cela ressemble davantage à une inspiration. Cela nous tire vers le haut, nous fait vivre des sensations incroyables. On ne s’abandonne pas dans ces cas-là, car on doit rester actif pour que l’écriture suivre notre imaginaire qui s’étend et prend plus de place. C’est une action, mais elle est tellement fluide et intense que cela peut s’apparenter à une fusion. Comme si l’espace d’instant, on ne faisait qu’un avec notre roman et que l’on pouvait continuer indéfiniment à écrire, parce qu’on a enfin compris comment transmettre ce que l’on a en tête. Et parfois on en vient à avoir peur de lâcher ce moment, parce qu’on a peur qu’il ne revienne plus jamais. Pourtant, c’est un cadeau d’écriture qui nous est offert à chaque occasion. Il n’en tient qu’à nous de nous laisser porter par cette vague.

Tous ces moments portent en eux une intensité rare. Ce sont des instants d’écriture parfaits. Pour moi, la perfection relève plus de la synchronicité* que de l’absence d’imperfections. Ces moments d’écriture viennent à point nommé, quand on en a le plus besoin. Parfois, lorsqu’on les a déjà vécus, mais qu’on se trouve dans une période de blocage, on peut en venir à les désirer plus que tout, parce que ça serait comme une confirmation de notre écriture, comme un message nous indiquant que nous sommes bel et bien sur le bon chemin. Ce sont des moments privés, entre notre roman et nous, et ils nous redonnent confiance. Ce n’est pas l’avis élogieux d’une personne, ni même son intérêt qui vont nous pousser à vouloir écrire plus encore et à terminer notre projet. C’est notre propre écriture, notre propre fusion avec notre roman qui nous permet de voir que l’on est capable d’écrire et d’aller jusqu’au bout.

L’écriture nous fait vivre des émotions, les plus belles comme les plus douloureuses. Et pourtant, rien que pour ces moments que je vous ai cités, je veux bien revivre un millier de fois les doutes, les peurs, les blocages et le désespoir, parce que quelque-part le souvenir de ces merveilleux moments me fait comprendre que je suis capable, que je suis faite pour ça. L’un de mes derniers articles décrivait les exigences de notre roman, mais je suis certaine qu’il nous offre ces moments en retour de tout ce qu’on lui apporte.

Bonne journée à vous !

Bannière Caroline Dubois

{Images : Snappa}
*La synchronicité est l’occurrence simultanée d’au moins deux événements qui ne présentent pas de lien de causalité, mais dont l’association prend un sens pour la personne qui les perçoit. {Source}

Ce que j’aime vivre lors de l’écriture | Partie 1

Bonjour à tous !

L’écriture, c’est une combinaison de nombreux petits moments. Il y a d’abord l’inspiration qui vient par surprise. On découvre alors toutes les possibilités d’une histoire. Par la suite, on traverse la phase de création. On essaye de mettre de l’ordre dans ses idées et de noter ce que l’on peut pour ne rien oublier. Puis, soit on poursuit avec l’écriture même du roman ou bien on ajoute une étape, celle du plan de notre histoire, pour connaître à l’avance notre destination d’écriture. Toutes ces petites étapes sont à peu près les mêmes pour tout le monde et jusqu’à ce que l’on arrive à un certain stade d’écriture, on est toujours animé par la même envie de créer, d’inventer et de réaliser cette idée.

Là où parfois cela devient compliqué — cela ne fonctionne peut-être pas pour tout le monde de cette façon, même si je suis certaine de ne pas être la seule — c’est quand on a déjà quelques chapitres derrière soi et que l’inspiration, cette envie d’écrire n’est plus aussi intense qu’avant. On se retrouve alors face aux premiers blocages qui peuvent se traduire par de nombreux maux d’écriture : doute sur l’histoire, comparaison (qui nous donne l’impression d’être incompétent), peur du regard des autres, impuissance (se sentir incapable de poser sur papier l’histoire qu’on a en tête)… Il y en a tellement et par expérience, je me suis rendu compte que tous ces blocages m’accompagnaient à différents stades de mon écriture. À ce moment-là, à cause de ces mauvaises pensées, on peut se paralyser soi-même au point de devoir faire une pause ou parfois même d’abandonner un projet.

Pourtant, même si nous avons conscience de ces phases d’écriture difficiles et moins intenses qu’au début, l’écriture ne se résume pas à cela. Si pour terminer son roman il faut passer au-delà de ces problèmes, ils ne sont pas les seules surprises parsemées sur notre chemin, en route vers le grand final. Aujourd’hui, j’aimerais vous partager ces grands moments qui me rappellent, en cours d’écriture ou après un blocage, à quel point j’aime l’écriture et qui me font comprendre que je vais réussir !

Voir un personnage prendre de l’ampleur est la première chose qui me vient à l’esprit. Cela peut concerner le personnage principal, mais cela m’est plus facilement arrivé avec des personnages secondaires. Lors de la création, vous avez créé ce personnage qui vous est utile pour l’histoire, mais qui n’a pas vraiment de forme ni de fond ; il ne semble pas complet. Et c’est lors de l’écriture qu’il va se révéler. Tous ces instants que je vais vous partager relèvent pour moi de la magie, parce que ce personnage qui semble être bloqué sur une fiche incomplète, devient une personne réelle sous vos yeux ébahis. En pleine écriture d’une scène, il va alors vous surprendre dans votre imagination, prendre les rênes de son propre rôle et jouer quelque chose inattendue. Cela peut se traduire par une phrase lancée qui donnera le ton de toute sa personnalité, ou bien une action à laquelle vous n’aviez pas pensé, mais qui vient donner du corps au personnage.

J’adore ce genre de moment. Dernièrement, j’ai vécu cela avec un personnage secondaire dans Le Pacte du Magicien. J’avais quelques idées autour de ce personnage : un semblant de personnalité, mais surtout une place bien précise dans l’intrigue de ce tome. Pourtant, il avait l’air fade et sans couleur. Et lorsque j’ai dépassé la première scène où il apparaissait, j’ai compris qu’il voulait prendre un grade de plus que celui que je lui avais donné. Les chapitres suivants offraient une vraie place à ce personnage, comme si les scènes se serraient les unes contre les autres pour lui donner des instants à vivre. En plus de trouver cela amusant et d’autant plus magique, j’étais animée par l’envie de lui donner une véritable place et de faire ressurgir la personnalité qu’il voulait bien nous montrer. C’était comme assister à sa naissance en direct ; je le voyais devenir important. À présent, je suis heureuse qu’il ait pris cette initiative, parce que mon roman est plus étoffé grâce à lui. Même si je me laissais guider par mes personnages lorsqu’ils voulaient reprendre les rênes, cet épisode singulier m’a simplement prouvé que leurs intuitions comptaient autant que les miennes !

À l’image de ce personnage qui vient prendre sa place, il y a un autre moment magique lors de l’écriture que j’accueille avec grand plaisir. Vous savez, lorsque vous avez un blocage qui ne vient pas de vous. Loin des doutes, de la peur, de la comparaison, il y a le blocage même de l’histoire, quand un gros nœud se forme dans l’intrigue et vous empêche d’avancer. Ce genre de nouvelles terribles vous donne l’impression de ne pas avoir assez réfléchi, comme si vous vous étiez lancé de plein gré dans une impasse. Pourtant, cela arrive souvent et fait partie du processus d’écriture qu’on le veuille ou non. Nous avons besoin de ce blocage pour nous permettre de découvrir ce qui ne fonctionnait pas dans notre récit : c’est une chance. Le problème de cette situation, c’est que le nœud semble souvent plus gros qu’il n’en a l’air et à part laisser du temps pour qu’il devienne insignifiant, on trouve difficilement une solution en s’acharnant à réfléchir.

Le moment magique de cette situation et qui vous donne l’impression de prendre une goulée d’air après avoir plongé en apnée dans les profondeurs de l’océan, c’est quand on a une idée. Ce pourquoi je veux mettre en avant cette idée en particulier, c’est qu’elle n’a rien à voir avec « la bonne idée » pour votre roman. Ce n’est pas comme lors des phases de création ou d’inspiration. Ce n’est pas celle qui vous fait sourire par sa visite surprise, c’est celle qui vient à point nommé lorsque vous en avez le plus besoin. Qu’elle vous demande de retravailler le début du roman ou qu’elle vous apporte la solution pour le milieu de votre récit, elle apporte avec elle un sentiment de soulagement intense et de sérénité. Aussitôt, on arrête de se punir pour avoir créé un tel nœud, parce qu’on ne se concentre que sur l’idée en question qui vient résoudre le problème. En plus de cela, elle apporte généralement plus d’étoffe à notre histoire et nous permet de gérer la complexité de notre récit. On se dirigeait peut-être vers une intrigue trop ambitieuse et pourtant, grâce à cette idée, on a la sensation que tout est possible et que le chemin est dégagé, large et facilement surmontable.

J’ai déjà vécu un bon nombre de fois ce moment et mon corps se souvient encore du soulagement que j’ai pu éprouver lorsqu’une situation problématique trouvait sa solution dans une inspiration inattendue. Je ne compte plus le nombre de fois où cela m’est arrivé lors de l’écriture de La Voix d’Origine, parce que je peux reconnaître qu’il y en a eu des nœuds (et pas des petits joueurs). Ces inspirations, ces idées sont plus que bienvenues et me permettent de croire à nouveau en mon histoire. Je me dis alors que tout est possible !

À suivre…


Je pensais écrire un article entier sur le sujet, mais il serait bien trop long. Je décide donc de le couper en deux et vous aurez la suite la semaine prochaine !

Bonne journée à vous !

Bannière Caroline Dubois

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Les exigences de notre roman

Bonjour à tous !

Aujourd’hui j’aimerais vous parler des romans, des histoires que l’on crée et plus particulièrement de leurs exigences. Cela peut sembler plutôt étrange, mais écrire un roman, ce n’est pas un acte aussi banal qu’on pourrait le penser. Que cela soit conscient ou non, on donne une partie de soi à son roman. Il est bien plus évident de se dire que le roman nous apporte quelque chose, que ce soit au niveau des émotions qu’il nous procure en écrivant, le chemin qu’il nous fait prendre et tout ce qu’il peut nous apprendre, mais nous lui donnons tout autant. Pour cet article, je demande une pincée d’ouverture d’esprit, êtes-vous prêts ?

Je vois cela plus clairement depuis que j’ai lu le livre Comme par Magie d’Elizabeth Gilbert, dont le thème est la création. Et cette auteure apporte une jolie vision des idées, par extension des romans. Elle raconte que les idées sont des entités de ce monde, vivant au même titre que nous, qui ne demande qu’à être révélées. En plus de trouver cette façon de voir les choses intéressante et plutôt jolie, je me rends compte que cela m’ouvre à plusieurs possibilités, comme être plus attentive lorsque j’ai une inspiration et me dire que cela n’a peut-être rien d’anodin. Elizabeth Gilbert raconte également que lorsque l’on reçoit une idée (ou qu’une idée se présente à nous), nous pouvons choisir de nous engager à la révéler ou bien la laisser partir. Cette image-là m’a permis de comprendre qu’il ne faut pas à tout prix garder les idées comme si elles nous appartenaient. Elles vont et viennent, il ne tient qu’à nous de leur faire une place dans notre vie.

En cela, je pense que la première exigence d’un roman, c’est notre engagement. Il nous demande de créer un espace dans notre vie pour lui laisser une place, pour lui permettre d’exister. Cela peut se traduire par une plage horaire que l’on consacrerait à ce roman, tout comme à un carnet de note réservé à cette idée, un fichier Word… Cet engagement sera différent selon les personnes, mais le fait est que lorsqu’on a une idée et que l’on décide d’accepter ce travail de création, nous devons nous engager à lui faire une place dans notre vie, à lui donner de notre temps.

Le temps est pour moi la seconde exigence. Tout d’abord, parce qu’un roman nous demande du temps d’écriture, de recherches, de planification ou même de création. Après avoir accepté d’accueillir cette idée dans notre vie, nous devons tenir sur la durée en lui donnant du temps. Encore une fois, ce temps sera différent pour chaque personne et pour chaque situation. Certains choisiront de donner une heure par jour, d’autres les week-ends et d’autres encore feront de leur mieux pour saisir des minutes au milieu d’un train de vie intense. C’est une partie de nous que l’on donne à notre roman, car mine de rien c’est une partie de ce temps que nous avons à vivre pendant notre court passage sur Terre. Nous pourrions choisir de faire tout un tas d’autres activités, mais nous, écrivains, choisissons de consacrer un peu de ce temps de vie pour les idées de romans, pour les matérialiser et les partager au monde. Si cela peut être évident pour nous, parce que c’est une passion, cela n’en reste pas moins une exigence de notre roman et quelque chose qu’on lui donne.

Mais le temps que demande un roman peut se symboliser d’une tout autre façon. Si nous lui offrons notre temps, une partie de notre vie, un roman n’hésitera pas à exiger du temps sans vous. Un temps dont il a besoin pour reposer pendant que nous nous consacrons à autre chose. Cela lui fait tout autant de bien qu’à nous ! Je vois cela de plus en plus avec La Voix d’Origine et commence à accepter que même si je peux lui donner de mon temps pour le terminer, ce roman a tout autant besoin de pause et de respiration. La magie de l’écriture et des histoires fait que lorsque je reprends un roman sans l’avoir touché pendant des semaines, tout paraît plus clair et plus simple. On peut tout aussi bien se dire que c’est nous qui avons besoin de ce temps, pour acquérir plus de savoir, de maturité ou d’expérience, comme je l’ai dit dans cet article, mais je pense sincèrement que ce temps est bénéfique pour les deux parties. L’un ne va pas sans l’autre et si notre roman nous demande du temps pour se développer et progresser, il nous en demande aussi pour se reposer !

La dernière exigence, la plus abstraite de toutes et pourtant essentielle à mon sens, c’est notre confiance. Je dois l’avouer c’est un peu étrange, mais quitte à personnifier notre roman, autant aller jusqu’au bout de l’idée ! Qu’est-ce que donner sa confiance à son roman ? C’est se dire qu’on n’est pas seul sur ce travail. L’écriture est une activité solitaire, les écrivains sortent de leur bulle pour montrer leur travail, avoir des avis, mais en premier lieu, un roman est un secret. Nous sommes face à notre ordinateur ou à notre carnet et nous avons parfois, quand l’inspiration se fait rare, l’impression que nous sommes vraiment seuls, même impuissants face à cette tâche qui se révèle alors plus compliqué qu’on ne l’aurait pensé.

Et pourtant, le roman est là, avec nous. L’idée s’est révélée à nous parce que nous correspondons à l’image qu’elle veut avoir dans la réalité, elle nous a choisie et cela n’a rien d’anodin. Notre roman, qui n’est rien d’autre que la réalisation de cette idée, est tout autant présent et nous fait confiance pour continuer. Nous ne sommes pas seuls lorsque nous écrivons, parce que nous avons son soutien et si cela n’est pas évident à saisir, il n’en reste pas moins que notre roman a besoin de nous pour devenir réel et qu’il a d’autres préoccupations que nous mettre des bâtons dans les roues !

Nous devons lui donner notre confiance et savoir reconnaître quand c’est le moment pour nous de pousser un peu plus loin et quand il a besoin de repos. Bien sûr qu’il faut travailler pour faire avancer notre projet. S’engager, travailler et donner de son temps régulièrement pour faire avancer le roman est essentiel, mais il nous faut parfois accepter que certains nœuds n’ont besoin que de temps pour disparaître. Notre roman a besoin de notre entière confiance, nous devons croire en lui, ne pas douter une seconde qu’il va se révéler un jour, qu’il va pouvoir devenir meilleur.

Tout ce qu’il faut, c’est avancer pas à pas et se dire que c’est possible. Après tout, si cette idée nous a choisie, c’est bien que l’on en est capable et que nous sommes ce qu’il y a de mieux pour elle ? Reconnaître ce qu’un roman exige de nous peut nous permettre de voir les choses différemment et se dire que ce n’est pas seulement pour nous, pour notre propre plaisir que nous écrivons, nous faisons cela aussi pour lui permettre d’exister.

Bonne journée à vous !

Bannière Caroline Dubois

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Tout n’est peut-être pas perdu, de René Arcos

Bonjour !

Aujourd’hui je reviens avec la catégorie Inspiration, ce qui me semble assez ironique car je n’ai pas eu assez d’inspiration pour vous écrire un article ! Ce poème me tourne autour depuis plusieurs années au point qu’il m’a inspiré une phrase très importante dans La Voix d’Origine. Elle est le point d’ancrage de ce monde, comme une clé vers toutes les possibilités de cet univers. Je ne me souviens plus quand j’ai découvert ce poème, mais une chose est sûre, je ne suis pas prête de l’oublier. C’est aussi ce pourquoi je vous le partage aujourd’hui.


Tout n’est peut-être pas perdu
Puisqu’il nous reste au fond de l’être
Plus de richesses et de gloire
Qu’aucun vainqueur n’en peut atteindre;

Plus de tendresse au fond du cœur
Que tous les canons ne peuvent de haine
Et plus d’allégresse pour l’ascension
Que le plus haut pic n’en pourra lasser

Peut-être que rien n’est perdu
Puisqu’il nous reste ce regard
Qui contemple au-delà du siècle
L’image d’un autre univers.

Rien n’est perdu puisqu’il suffit
Qu’un seul de nous dans la tourmente
Reste pareil à ce qu’il fut
Pour sauver tout l’espoir du monde.

Tout n’est peut-être pas perdu,

de René Arcos (1919)

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La Lecture des Écrivains | La Symphonie des siècles

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, nouvelle Lecture des Écrivains ! Je vous ai déjà parlé un bon nombre de fois de la Symphonie des Siècles, mais je crois que pour toutes les années à venir, il me sera impossible d’éviter le sujet ! Cette série m’a marqué plus que je ne l’aurais pensé avant de commencer et pourtant le coup de cœur est si fort que ça paraît maintenant évident. Je vais essayer de ne retenir que les trois points les plus importants de cette histoire, bien qu’il y ait plus de choses à dire que cela !


La Symphonie des Siècles, d’Elizabeth Haydon

 

Quatrième de couverture :

« Tandis qu’elle fuit les hommes de Michael, un ancien amant devenu baron de la pègre, Rhapsody trouve de l’aide auprès de deux étranges personnages : Achmed le serpent et Grunthor le géant Firbolg, eux-mêmes confrontés à une situation autrement périlleuse. Lorsqu’ils l’entraînent dans un voyage sans retour le long des racines de l’arbre-monde, Rhapsody se demande si elle n’a pas fait preuve d’un excès de confiance. »

 

 

1 | Des personnages imparfaits

Il y a de nombreuses choses à dire sur les personnages de la Symphonie des Siècles. Des liens qui les unissent, de leurs histoires personnelles, de leur intérêt dans l’histoire… Les personnages de cette série sont marquants pour plusieurs raisons, mais plus particulièrement pour leurs défauts.

Au détour de bien des conversations, j’ai compris que ces personnages ne plaisaient pas à tout le monde. Notamment Rhapsody qui est décrite comme trop naïve, trop parfaite. Et je n’ai toujours pas compris pourquoi je voyais cette naïveté, son côté qui refuse de voir les plus belles choses en elle ou le mauvais en d’autre, comme étant la preuve de son imperfection. On demande souvent aux auteurs d’écrire des personnages avec des défauts et Rhapsody en a au même titre que les autres personnages. Elle est têtue, certes naïve, accordant trop facilement sa confiance et pourtant j’ai aimé suivre son histoire parce qu’elle a une capacité d’aimer si grande que c’en est parfois bouleversant.

Les autres personnages ont de la même façon que Rhapsody des qualités et des défauts, mais ça n’empêche en rien de les aimer. Mais je crois que ce qui me marque le plus dans cette série, c’est la façon dont Elizabeth Haydon aime ses personnages pour toutes les facettes de leur personnalité. Elle ne cherche en rien à les changer à la fin du premier tome pour les faire évoluer. Ils changent différemment : à travers leurs expériences et en essayant d’améliorer leur relation avec les autres. Mais la naïveté qui a tant fait défaut à Rhapsody n’a jamais disparue et c’est ce que je trouve le plus beau. Je pense sincèrement que l’auteure voyait les défauts de son héroïne et je suis prête à parier qu’elle devait également trouver qu’elle réagissait parfois un peu trop au quart de tour, mais cela ne l’a jamais empêché de la faire vivre et de raconter son histoire.

Je crois que c’est l’une des plus importantes leçons que j’ai tiré de cette série : ne pas craindre de donner des défauts à ses personnages et les aimer inconditionnellement pour ce qu’ils sont.

2 | Du suspens qui ne se tarit jamais

Dans les trois tomes de cette série, Elizabeth Haydon maîtrise avec perfection les grands moments de révélation de son histoire. Elle réussit à révéler une intrigue au grand jour tout en gardant le même suspens en gérant l’information différemment. La révélation la plus marquante, dont le suspens continuait à nous emmener page après page, concerne une grande partie de l’intrigue principale, aussi je vais essayer de ne « spoiler » personne.  Je ne peux pas parler des points les plus importants de cette série en omettant celui-là.

À la fin du premier tome, Elizabeth Haydon nous révèle quelque chose sur deux personnages. Nous, lecteurs, sommes les seuls à avoir cette information et les conséquences de cette révélation sont qu’au cours du deuxième tome, nous voyons les choses différemment par rapport aux personnages. En premier lieu, il y a donc une information seulement révéler aux lecteurs pour maintenir le suspens de « quand cela sera révélé aux personnages ? Comment ? ». On est maintenu en tension parce qu’on ne connaît pas encore leur réaction.

Lors du deuxième tome la grande révélation se fait. Deux personnages entendent la vérité et comprennent les enjeux. Sur le moment, et parce que je n’avais pas tous les éléments en mains, j’avais trouvé cela dommage que l’auteure choisissent ce tome-là pour faire cette révélation aux personnages, parce qu’il y avait une telle tension dramatique derrière cette information que nous seuls connaissons qu’elle aurait pu garder cela pour le dernier tome sans problème. Et c’est là que j’ai été une nouvelle fois surprise. Pour des raisons que je tiendrais secrètes, l’un des deux personnages va oublier cette révélation.

Dans cette simple idée réside le génie de cette auteure, c’est ce point-là que je veux mettre en avant pour ouvrir notre champ des possibles en tant qu’écrivain. Le simple fait que l’un des deux oublient change tout et garde la tension jusqu’à la fin de la série. Celui qui oublie vit sa vie sans se rappeler l’importance d’une telle révélation et celui qui sait ne peut rien dire et reste spectateur de l’ignorance de l’autre. On partage la contrariété de l’un quand on a pitié de l’autre. Jusqu’au bout, on se demande si celui qui a oublié ne va pas tout gâcher.

J’espère vraiment que cela n’est pas trop flou et que vous comprenez où je veux en venir. Nous sommes maître de notre propre histoire, ce n’est pas parce qu’une révélation a été faite qu’elle ne peut pas être utilisée à nouveau. Cette série me fait prendre conscience qu’il y a bien plus de façons de révéler une information que je ne l’aurais pensé. On peut utiliser le suspens de cette information sans que cela dénature l’histoire. Au contraire, elle peut la servir !

3 | Une vision large de son univers

Le dernier point relevé concerne l’univers de la Symphonie des Siècles. Lorsqu’on lit et écrit de la fantasy, on fréquente souvent de nouveaux univers créés. Entre ceux qui copient les grands classiques ou les originaux, il y a de quoi alimenter une conversation. Pourtant, et pour l’avoir vécu, je sais qu’il est difficile d’oser créer de façon plus détaillée. On prend souvent l’exemple du Seigneur des Anneaux et à juste titre, parce que son univers est immense, riche et plus qu’intéressant. La Symphonie des Siècles m’a permis de comprendre que l’on pouvait oser viser haut sans que cela soit impossible.

Comme je l’ai dit dans le dernier Book Tag que j’ai fait, La Symphonie des Siècles possède à mon sens un univers presque aussi riche que celui du Seigneur des Anneaux. Il y a des races (certaines originales), des peuples, des religions, une Histoire propre à ce monde, des migrations, des événements historiques, des changements d’ « Âge »…

Quand j’ai commencé l’écriture de La Voix d’Origine, c’était pour créer mon propre univers, mais je me limitais à ce que j’avais déjà vu. Non pas que je copiais ce qui existait, mais que je ne cherchais pas à avoir une vision plus large. Je n’osais pas me dire que j’étais capable de faire une telle chose. Bien qu’Elizabeth Haydon ait de nombreuses connaissances, je ne pense pas que « savoir » soit la limite pour créer un univers large. Je pense qu’il faut savoir observer, comprendre, analyser les peuples. Ça demande du temps, c’est certain, mais ça ne demande pas grand-chose de plus qu’un peu de concentration et de persévérance.

Jusqu’ici, j’avais comme « modèle » (entre gros guillemets parce que d’autres auteurs m’ont beaucoup inspiré) J.R.R. Tolkien et je me sentais complètement dépassée par son savoir et ses connaissances en matière de langues, de cultures. J’avais la sensation que je ne pourrais jamais réussir à créer quelque chose d’intéressant et de logique parce que je n’ai pas fait les études nécessaires. Bien que cela ne m’ait jamais arrêté, j’ai toujours eu ce sentiment infériorité qui m’empêchait d’oser créer mon univers comme je l’entendais, me retenait de travailler un univers aussi large que mon imagination me le permettait. Et Elizabeth Haydon a fait exploser cette barrière. Son univers est tellement intéressant et ses connaissances mises en avant sont celles de la musique et de l’herboristerie, ce qui a fait l’originalité de son monde, mais cela ne l’a pas empêché de créer un univers sur des milliers d’années, avec des dizaines de peuples et une intrigue complexe.

Là où je veux en venir c’est qu’on ne devrait jamais se limiter par nos propres connaissances et que si l’on veut quelque chose, nous devrions tout mettre en œuvre pour le réaliser. Je ne connais pas Elizabeth Haydon et ceci n’est que mon interprétation de sa façon de travailler, mais cela me donne en quelques sortes la permission d’oser et de me dire que je n’ai pas besoin de faire de grandes études pour apprendre et créer quelque chose de logique, d’intéressant et de grand !


Bien que l’exercice fut difficile, j’ai réussi à ne citer que trois éléments de cette histoire ! Je pourrais parler de la Symphonie des Siècles pendant des heures parce que cette série fait partie de mes gros coups de cœur de cette année. Je ne peux que vous conseiller de jeter un œil à cette histoire, d’ouvrir votre cœur en grand et de vous laisser porter par sa grande musique !

Bonne journée à vous !

Bannière Caroline Dubois

{Image : Snappa / J’ai lu}

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