De l’idée au papier

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, je dois dire que cet article sera un peu différent. Enfin… différent par son point de départ puisque je ne sais pas comment il va se terminer. Habituellement, j’ai toujours une idée générale de mon article, du thème que je veux aborder et de comment je peux parler de tout ce qui me semble essentiel. Aujourd’hui, c’est différent, puisque je vais commencer par une question à laquelle je n’ai pas de réponse !

Est-ce qu’on peut réellement retranscrire le roman que l’on a en tête sur le papier ?

Je ne parle pas là de magie ou de matérialisation par l’esprit, mais bien de notre écriture, de notre façon de transmettre nos idées grâce à des mots. Je ne sais pas si cet article va parler aux gens qui ne planifient rien pour leur roman, car cette question je me la pose depuis que j’ai des histoires entières dans ma tête et que je ne sais tout simplement pas comment les retranscrire avec exactitude.

Pendant des années, ça a été l’un de mes blocages (que j’espère bien faire sauter aujourd’hui) et je crains l’avoir encore avec La Voix d’Origine. J’ai cette histoire en tête depuis 2013 et peu importe les versions que je réussis à terminer, je les trouve fades, loin de mon imaginaire. Et c’est tellement frustrant ! Parce que, loin de moi l’idée de dire que cette histoire est parfaite — même telle qu’elle, sortant de mon imagination, elle pourrait ne pas plaire — mais comparée à ce que je réussis à écrire, c’est tellement différent. Et je crois que c’est l’une des raisons pour lesquelles je repousse sans cesse son écriture, parce que j’ai l’impression que le problème vient de moi. Peut-être n’ai-je tout simplement pas les capacités nécessaires pour l’écrire, peut-être me faut-il plus d’expériences ? Mais cela voudrait-il aussi dire qu’il faut énormément d’expériences pour retranscrire exactement une histoire imaginaire sur papier ?

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À cette question, je ne suis pas sûre de répondre « oui ». Même s’il reste sûrement des faiblesses au Pacte du Magicien (et il faudrait déjà qu’il soit terminé), je suis plutôt satisfaite de mon roman tel qu’il est écrit. Il représente ce que j’avais en tête, ce que j’avais imaginé et même un peu plus. Et donc mon « expérience d’écriture » reste la même face à ces deux histoires, et même si La Voix d’Origine est un peu plus ambitieuse dans sa construction, je ne suis pas certaine que c’est le manque d’expérience qui m’empêche d’être satisfaite de ce que j’écris.

Parce qu’elle est là la vérité, je ne désire pas que mes romans soient parfaits, je désire tout simplement être satisfaite de ce que je produis, de retrouver quelque chose en ces romans qui ait un vrai lien avec ce que j’ai en tête. Alors par où ça passe ? Par l’expérience, par le lâcher prise, par le hasard ? Est-ce vraiment possible de retranscrire ce que l’on a en tête ou est-ce un rêve d’écrivain que nous devrions laisser de côté ? Parce que finalement, je peux bien être fière du Pacte du Magicien, penser qu’il est au plus proche de ce que j’ai de mon imaginaire, mais que les lecteurs ne voient pas du tout ce que j’avais imaginé au départ.

Je crois que s’attacher uniquement à notre vision de notre histoire peut nous enfermer dans un cercle vicieux. On peut bien être satisfait, mais les lecteurs auront de toute façon leur imaginaire propre. Donc finalement, cette frustration de ne pas rendre un roman tel qu’on l’imagine, ne vient-elle pas d’une peur de mal transmettre l’idée aux lecteurs ? Comme si ça ne servait à rien ? Est-ce que cela nous montre que, quoi qu’il arrive, l’histoire que l’on a en tête ne sera jamais réellement lue ? Et qu’on ne peut faire que de notre mieux pour la partager ?

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Si on pouvait transmettre notre histoire par télépathie, il y aurait quand même les goûts et les couleurs des lecteurs. Même si on écrivait avec exactitude ce que l’on a en tête, on ne maîtriserait pas la façon dont ils vont percevoir notre roman. Et c’est probablement la chose la plus triste en écriture, que ce que l’on imagine nous appartient et restera à jamais ainsi dans notre tête. Personne ne pourra voir exactement ce que l’on avait imaginé.

Alors, finalement, ma peur de ne pas retranscrire l’histoire de La Voix d’Origine telle qu’elle est, ne me pousse-t-elle à garder cette histoire pour moi ? Parce que même si j’arrive à dépasser ce blocage, à être satisfaite, les lecteurs ne verront pas ce que j’ai en tête. Je peux les guider au mieux, leur donner milles et unes images, mais c’est à travers leur vie, leurs expériences qu’ils vont regarder mon histoire. Car la vérité, c’est que personne ne porte les mêmes lunettes.

Est-ce qu’on peut retranscrire avec exactitude un roman ? Peut-être au point d’en être satisfait. Mais peut-on réellement retransmettre l’image de notre histoire aux lecteurs ? Je crains que la réponse soit non, parce que tout le monde ne porte pas les mêmes lunettes. Notre histoire deviendra une éternelle copie d’elle-même dans l’imaginaire des lecteurs et c’est quelque chose qu’on ne pourra jamais maîtriser. Tout comme on ne peut maîtriser ce que les autres comprennent de ce que l’on peut dire. Si on peut être satisfait de ce qu’on pourra lire de notre histoire, la partager au monde est de toute façon une prise de risque. Quelque chose que l’on ne peut pas maîtriser et qui vivra de lui-même par la suite.

Alors qu’est-ce qu’on peut faire ? Être satisfait de ce que l’on écrit, en comprenant qu’il y aura toujours des différences entre ce que l’on imagine et ce que l’on écrit (et que ce n’est pas grave.) Mais que rien n’est parfait et qu’on ne sera jamais à 100% sûr de ce que l’on a écrit. Parce qu’autrement on passera notre vie à réécrire cette histoire pour qu’elle soit parfaite, mais personne ne la lira jamais. Donc ça dépend. Ça dépend de ce dont vous avez réellement envie. Si vous souhaitez écrire des histoires pour vous-même, vous pouvez y passer votre vie. Mais si vous avez ne serait-ce qu’un peu le désir d’être lu, il faudra se lancer. Parce que vous ne maîtriserez pas l’imaginaire de vos lecteurs, que ce sera de toute façon différent. La seule maîtrise que vous avez, la seule responsabilité, c’est la façon dont vous regardez votre histoire.

Soyez fier, soyez satisfait, soyez heureux. Et faite de votre mieux.

Je vous souhaite une bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

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Le premier jet

Bonjour tout le monde !

Ces dernières semaines, je profite de l’été et du calme ambiant pour revoir ma perception de l’écriture et mieux comprendre ce qui me convient. Comme on le sait, on peut bien lire les conseils de différents auteurs publiés et ils n’auront de toute façon pas la même manière d’écrire, ni d’interpréter l’écriture. Et même si j’avance doucement sur ce chemin, j’essaye encore de me débarrasser de l’idée que je me fais de l’écriture pour mieux comprendre ce que j’aime vraiment. Il n’y a pas qu’une façon de réussir et il suffit simplement de trouver la sienne.

Toujours est-il qu’aujourd’hui je vais vous parler d’une forme de réussite, celle de terminer un premier jet. Je ne sais pas pourquoi, mais même avec les années qui passent et mon expérience qui grandit, je suis toujours terrifiée par les premiers jets. Premier jet, première version, brouillon, appelez ce tout premier écrit de votre roman comme vous le voulez, puisque ça ne change rien à cette étape importante. C’est l’étape qui matérialise vos idées, qui donne vie à vos romans et chez moi, c’est l’étape la plus effrayante.

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Je ne sais pas où je suis allée chercher l’idée que si mon premier jet n’était pas parfait, alors je n’avais pas de talent. Je crois que je vous en ai déjà parlé sur ce blog, mais difficile de retrouver une phrase quand on a près de trois cents articles ! Mais on peut dire que cette peur ne date pas d’hier. En vérité, je crois qu’elle date de l’écriture de Pandore.

Avant de décider de me dévouer à l’écriture, d’écrire peu importe si j’en faisais mon métier ou non, j’écrivais quand même, mais cette pression n’existait pas. Bon, j’avais bien une autre peur qui consistait à ne jamais terminer un roman et on peut dire que ça n’a jamais vraiment disparu. Je me suis juste réconciliée avec cette peur. Je sais qu’elle est là, je lui laisse une petite place à côté de moi si elle a envie d’exister, mais comme disait Elizabeth Gilbert dans son roman Comme par magie, on lui laisse une place mais elle ne doit prendre aucune décision.

Disons donc que je n’ai pas encore réussi à faire la paix avec la « peur d’écrire un premier jet imparfait ». Depuis Pandore, depuis que je me suis « engagée » à publier mes romans un jour, je ressens beaucoup plus la pression du regard extérieur. Puisque c’est un peu de cela dont il s’agit. Je pouvais toujours écrire mal et abandonner mes romans quand j’étais petite ou adolescente, personne n’était là pour me juger puisque personne n’était au courant. Non, après que j’ai commencé à faire lire mes romans, je m’en suis voulu de ne pas pouvoir offrir quelque chose de parfait aux lecteurs. Et tant qu’à faire, parfait du premier coup !

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En écrivant ces mots, ne vous détrompez pas, j’ai bien conscience de l’idiotie de mes propos, mais qui a dit que les peurs étaient intelligentes ? Tant qu’on n’est pas en danger de mort, la peur n’est pas si utile que cela. Et pourtant elle se déclenche — pour le coup, chez moi, elle a toute sa liberté d’expression et n’hésite pas à se prononcer dès que je sors de ma zone de confort. Mais je m’égare. Ce que je veux partager avec vous aujourd’hui, c’est que pendant des années j’ai eu peur de rater et lors de ces dernières semaines j’ai appris à me moquer de ce que j’écrivais.

J’ai commencé à écrire une histoire qui n’avait aucune valeur, et bien sûr, puisqu’elle n’avait pas d’importance, j’ai réussi jusqu’ici à en écrire des pages et des pages. L’inspiration ici n’est pas bloquée puisque je la laisse s’exprimer comme elle le souhaite. Je ne dis pas que cela ne m’a pas fait grincer des dents. Parfois je trouvais mon écriture tordue, d’autres fois sans saveur, mais en même temps, j’étais en train d’écrire un roman qui n’avait pas d’importance et qui ne sera jamais lu (croyez-moi, personne ne mettra la main dessus !). La façon dont je pouvais écrire ce roman importait peu et si, en plein milieu, j’écrivais un paragraphe pourri, alors ça ne changeait rien. Et écrire de cette façon est vraiment libérateur !

Mon seul souci, c’est d’arriver à écrire les romans qui ont le plus de valeur pour moi. Parce qu’il est là le vrai problème. Ces romans sont tellement importants à mes yeux que si j’écris un paragraphe nul et que je continue, j’ai l’impression de les trahir. J’ai l’impression d’échouer, de ne pas rendre justice à l’histoire que j’ai en tête. Et pour être honnête, c’est ce qui me bloque à chaque fois, parce que j’accorde beaucoup trop d’importance à mon écriture lors du premier jet.

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Et pourtant. Et pourtant je me suis rendu compte d’une chose très importante et qui a changé ma perception du premier jet.

Le premier jet est et restera à jamais la pire version de votre roman.

Vous pouvez le tourner dans tous les sens, puisque vous allez réécrire de toute façon, le premier jet restera la pire version de votre roman. Et c’est à la réécriture que la vraie magie opérera. Même en écrivant régulièrement, on garde cette image en tête de l’écrivain qui écrit, mais pas de celui qui réécrit. On ne dit pas réécrivain après tout. Et pourtant c’est ce que nous sommes, tour à tour écrivain et réécrivain. On passera plus de temps à réécrire nos romans qu’à les écrire. Donc finalement, quelle importance ? Quelle importance que ce premier jet ait de terribles erreurs, qu’il soit mal écrit, qu’il y ait carrément des paragraphes à jeter, puisque de toute façon, ce ne sera jamais votre version finale ?

Vous avez besoin d’écrire ce premier jet autant que moi, puisque c’est ce qui va donner vie à votre roman. C’est la merveilleuse manière grâce à laquelle vous allez matérialiser avec des mots ce qui se passe dans votre tête. Et ce qu’il y a d’encore plus magique c’est que ces mots créeront à eux seuls une image dans la tête du lecteur. L’écriture, c’est de la magie et chaque nouveau roman est un nouveau sortilège. Et on ne réussit jamais ces sortilèges du premier coup, c’est bien connu !

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Vous n’avez pas besoin de réussir ce premier jet, vous avez besoin de le terminer. C’est l’unique but que vous devez avoir lorsque vous en êtes au premier jet. Terminer votre roman, de façon à ce que vous ayez un début, un milieu et une fin. Ça ne veut pas dire que vous devez l’écrire n’importe comment pour autant. Faites de votre mieux, toujours, mais ne donnez aucune importance à ce qui est nul. Ce qui est à modifier, à jeter, à reprendre et à effacer, tout ça n’est pas important. Ça ne veut pas dire que votre histoire ne l’est pas, mais que votre écriture l’est.

Sur ce premier jet, et pour tous vos futurs projets, votre écriture n’a pas d’importance. Concentrez-vous sur la construction de votre histoire, sur comment vous faites évoluer vos personnages. Ne vous concentrez pas sur la forme, mais sur le fond. Et ce, puisque l’écriture aura de l’importance lors des prochaines versions. Vous avez seulement besoin de donner vie à votre histoire, de lui permettre d’exister et je vous promets que votre roman ne fera que s’améliorer. Et il sera loin d’être un échec.

Écrivez, c’est tout.

Je vous souhaite un bon été !

Bannière Caroline Dubois

{Image : Pixabay}

P.S. : Eh oui, comme une envie d’agrumes pour cet été !

Ce qui est essentiel

Bonjour à tous !

C’est assez paradoxal de le dire de cette façon, mais pour moi les choses en ce moment sont les mêmes : ma vie est en mouvement. Je ne vais pas répéter pour la troisième (quatrième ?) fois qu’il se passe énormément de choses et que cela impacte tout autant ma vie que mon écriture. Vous l’avez compris depuis quelques articles déjà et je peux, à ma façon, tenter de vous expliquer comme les choses évoluent pour moi.

La manière la plus simple de vous présenter ce qui se passe, c’est d’imaginer l’ouverture d’une porte qui mènerait à un croisement. Mais pas le genre de routes qui nous demande de partir soit à gauche, soit à droite — et ce, même si j’en arrive à un point où je dois faire des choix. Ce que je découvre ressemblerait plutôt à des routes parallèles qui se dévoilent et me montre que ma voie n’est plus unique, mais multiple.

Depuis quatre ans, depuis l’ouverture de ce blog et la sortie de Pandore, je me considère seulement comme une écrivaine. Je m’accrochais à cette identité comme à une bouée de sauvetage. Elle a fait son travail, me sauver de moments difficiles pour me permettre d’avancer à nouveau et de croire en moi. Mais toujours est-il que si elle m’a permis de me transformer, elle a commencé un peu par m’étouffer. Je ne me rendais pas compte qu’il me manquait quelque chose et que l’écriture, aussi importante soit-elle à mes yeux et dans ma vie, ne réussirait jamais à me combler à chaque instant. Je ne le voyais pas ainsi, mais je comprends aujourd’hui pourquoi les premiers mois de l’année ont été difficiles, me menant encore et toujours à prendre du recul, à faire des pauses. L’envie d’écrire et de terminer mes romans n’était pas assez forte par rapport à ce que je vivais.

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Ces derniers temps, je me suis découverte. Jamais je n’aurais pensé savoir si peu de choses sur moi et pourtant, je me découvre un peu plus encore chaque jour. Je suis loin de n’être qu’une écrivaine, loin de n’être apte qu’à écrire, mais plus que tout loin d’avoir dans ma vie un seul et même chemin. Ce projet personnel dont je vous parlais dans l’article précédent me permet de me connaître autrement et de voir que ma vie ne m’offre pas un chemin unique. Mais surtout, et c’est le plus important encore, que si l’écriture venait à ne jamais être une de mes réussites, cela ne voudrait pas dire que j’ai échoué, que je ne vaux rien et que ma vie est finie.

La pression que je posais sur l’écriture et sur mes épaules était ce qui m’étouffait le plus. Parce que vu mon imaginaire et mon envie de toujours voir plus grand, je me disais : « Mais, quand est-ce que tu vas publier ? Quand est-ce que tu vas pouvoir t’accomplir ? » Et à chaque fois que je n’arrivais pas à avancer, à chaque fois que j’avais l’impression que le chemin serait beaucoup trop dur, je rajoutais à cette pression un peu plus de poids. L’écriture est un élément merveilleux dans ma vie en lequel je crois de tout mon cœur. Les histoires, qu’elles soient écrites ou lues, font des choses incroyables dans la vie des gens ; elles inspirent, font rêver et permettent de croire. Et c’est là-dessus, sur une chose si merveilleuse que je rajoutais toujours plus de pression et d’objectifs. L’écriture et mes romans ne devenaient plus ce qui pouvait m’inspirer et faire rêver les autres, ils devenaient le gage de ma réussite ou de mon échec. Chaque jour qui repoussait un peu plus loin l’achèvement de mes histoires me faisait me sentir plus nulle encore.

Découvrir que j’étais plus qu’écrivaine, que mes romans avaient bien plus de valeur dans ma vie que leur réussite m’a appris que je ne veux plus une seule seconde croire que c’est dans cet accomplissement d’écrivain que j’ai ma place. Ma place est déjà là, tandis que je respire, tandis que je vis, que je crée et que je vois le monde. Ma place est dans mon cœur qui bat et je n’ai rien à prouver à personne. Je ne veux plus me retourner le cerveau à me demander ce que pense les autres de mon mode de vie ou de la façon dont je réussis ou non. Mes romans ont déjà le plus bel effet sur moi, maintenant, et s’ils ne viennent jamais à être publiés, cela n’enlèvera rien à leur valeur, ni à la mienne.

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Aujourd’hui, je veux croire en ce qu’il y a de plus beau, en ce qu’il y a déjà en moi et en ces choses qui entourent ma vie et me rendent heureuse. Brandon Sanderson a écrit dans La Voie des Rois : « Le voyage avant la destination, la vie avant la mort. » À cela j’ajouterai : l’écriture avant la réussite ; croire en moi maintenant plutôt qu’au jour où je serais « soi-disant » accomplie. Croire que c’est maintenant que ma vie existe et pas dans ce qu’elle sera plus tard. Miser son présent pour réaliser un futur, c’est s’oublier soi quand on est encore en vie. Je veux croire en l’essentiel, en ce qui m’anime et en ces histoires qui tournent dans ma tête. Je veux les écrire, non pas parce qu’il le faut et que ce sera ma seule façon de réussir, mais parce que je les aime, qu’elles m’inspirent et que j’ai envie d’écrire.

Dans notre société, on demande ce que l’on veut devenir plus tard. Notre futur est fait de nos rêves et rêver est l’une des plus belles choses qui existent en ce monde, mais le présent est un cadeau plus précieux qu’on ne l’imagine. Il a bien plus de valeur que ce qu’on lui accorde et le sacrifier pour ce qui pourrait advenir demain est une perte de temps. Je veux vivre maintenant, pas dans quelques années. Mais surtout, et comme le dit si bien cette citation de John Lennon : « Quand je suis allé à l’école, ils m’ont demandé ce que je voulais être plus tard. J’ai répondu : heureux. Ils m’ont dit que je n’avais pas compris la question. J’ai répondu qu’ils n’avaient pas compris la vie. »

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Oui, j’ai envie d’écrire, de créer, de dessiner. Oui, j’ai des projets par dizaines en tête. Je veux vivre une vie créative, mais je veux être heureuse avant tout, épanouie dans l’instant et pas plus tard.

Aujourd’hui, mon avenir est une magnifique page blanche. Depuis que je rêve d’écrire, j’avais ce plan bien tracé dans ma tête. Écrit tel livre, réécrit-le, envoie-le aux maisons d’éditions. C’était un chemin tout droit, tout tracé et pendant un temps j’ai cru qu’il me rendait heureuse, mais c’était faux, ce n’était pas suffisant. Parce que le bonheur se trouve à l’intérieur et pas dans ce que l’on fait. Et pendant toutes ces années, à chaque fois que je tombais, je regardais cet avenir tracé en me demandant s’il se réaliserait jamais un jour.

Aujourd’hui, mon avenir est blanc, mais je n’ai pas peur. Je n’ai pas peur de l’inconnu qui se dresse devant moi, ni des changements qui interviennent dans ma vie en ce moment. J’ai eu assez peur pour une vie entière. Maintenant, j’ai envie d’avoir confiance et de croire que chaque jour où je vivrais l’essentiel sera un jour où je serais heureuse. Parce que désormais, mon bonheur ne dépendra plus de mes romans, ni de mes réussites, car il se trouve déjà au fond de moi.

Je vous souhaite de trouver ce qui vous comble à l’intérieur, de tout cœur.

Bannière Caroline Dubois

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Faites-vous une promesse

Bonjour à tous !

Ce texte vous est offert en direct depuis la nuit du 10 mai, à 23h18.

Douter de soi devrait presque être considéré comme un métier. On se donne tellement de mal pour se mettre des bâtons dans les roues, pour avoir l’impression que le monde peut se passer de nous, que nos écrits ne valent rien et que, certainement, nos textes ne devraient pas être lus tant ils frôlent l’imperfection. La réalité est que les doutes ne sont pas bien payés, ils ne nous aident en rien. Pire, ils nous retiennent d’avancer et de nous réaliser. Un peu comme un enfant capricieux qui s’accrocherait à notre pied. On a tendance à avoir pitié d’eux. Ils doivent bien avoir une raison d’exister ? Et plutôt que de prendre sur nous, on préfère que notre jambe soit prise dans l’étau de leurs petites mains et se dire que ces doutes ont peut-être raison de nous retenir.

En un sens, les doutes sont là pour une chose. Clairement, ils nous donnent la possibilité de prendre du recul, d’observer la situation sous tous les angles et nous permettent de remarquer quelque chose qui aurait peut-être pu nous échapper. On peut alors se préparer gentiment. Sauf qu’à trop vouloir leur aide, on ne se rend pas compte qu’on n’a, à un certain point, plus besoin d’eux et qu’il arrive un moment où nous sommes simplement prêts à avancer. Plus rien à préparer. Là, intervient le dernier doute, celui qui nous dicte le contraire et bien souvent, on a encore une fois tendance à le croire et on se retient.

Les doutes nous suivent toujours lors de l’écriture et notre travail est d’éviter au possible de les écouter. L’image de l’enfant capricieux tient toujours. Ils hurlent, tapent des pieds, font des bêtises pour attirer l’attention et, ennuyé par eux, on finit par détourner le regard de notre créativité, de notre intuition et de ce que l’on a envie de réaliser. Et bien souvent, on ne va pas être en colère contre eux, on va se sentir triste que la situation ne soit pas autrement et on se résigne.

Eh bien ce soir, j’ai besoin de me dire que mes doutes en ont assez fait pour le moment. J’ai passé des années à en avoir sur le dos, accrochés aux jambes et perchés sur la tête. Je leur ai fait une place de choix que je tiens toujours au chaud, des fois qu’ils auraient envie de partir d’eux-mêmes et que cela me ferait des vacances. Quelle perte ce serait ! Non, je les garde, je les couve, je les encourage. Mais ce soir, stop. Je ne veux pas que mes doutes m’affirment par A + B que mon écriture ne vaut rien, je ne veux pas qu’ils trouvent toutes les raisons du monde m’expliquant pourquoi mon roman ne fonctionnerait pas et je ne veux plus tolérer qu’ils inventent des preuves comme quoi, mon histoire et mes personnages, en plus de ne pas être aimés, ne sont en aucun cas originaux. Oui, les doutes peuvent être utiles, mais parfois ils deviennent envahissants.

Et pour remédier à ce petit nettoyage de printemps de pensées, j’aimerais que vous imaginiez un instant avec moi. Oui, il n’y a pas de raison pour que vous ne profitiez pas un peu de ce grand ménage, vos doutes arriveront de toutes façons à retrouver le chemin de votre maison si vous craignez leur perte. Des fois qu’ils pointeraient une erreur dans votre roman qui pourrait vous être fatale… Alors, vous allez imaginer une personne. Peu importe laquelle et pour être honnête, là n’est pas le problème. Puisque vous êtes certainement écrivain, vous n’aurez pas de mal à imaginer un personnage, mais j’insisterais sur le fait qu’il soit réel. Pour les besoins de l’expérience, qu’il soit de votre pays. Ce sera plus pratique, sinon vos doutes ne reviendront pas par la porte, mais par la fenêtre en tapis volant !

Et cette personne n’attend qu’une chose : votre roman. C’est toujours difficile d’imaginer cela. Vous entendez les murmures de vous doutes, enfermés dans la cave, et vous vous demandez bien ce que cette personne pourra trouver à votre histoire et pourquoi irait-elle jusqu’à s’identifier à vos personnages. C’est aberrant !

Laissons cette personne de côté pour en revenir à vous (à moi), car vous aimez écrire. Vous aimez terriblement écrire. Ça vous démange dans les doigts, ça fourmille dans votre tête et vos personnages n’ont qu’une seule envie : vivre. Vous aimez écrire et pourtant, c’est aussi difficile. C’est pourquoi vous réservez une place de choix à vos doutes, parce qu’ils vous confortent dans l’idée qu’aujourd’hui vous ne pouvez pas écrire. Le temps, la créativité, l’inspiration, le travail qu’il reste à faire… Vos doutes trouveront toujours une excuse et parfois, ils ont raison. Mais vous aimez écrire, votre cœur en bat la chamade rien que d’imaginer écrire sans contrainte, créer des tonnes de choses et écrire quelque chose de beau, de juste ou tout simplement quelque chose qui vous plaise.

Et pour une raison ou une autre, vous n’arrivez pas à écrire, parce que ça ne semble pas être le bon roman, parce qu’il demande encore trop de travail, parce que vous avez l’impression que vous n’irez jamais au bout. Et au loin, cette personne que vous imaginez n’attend que votre roman. Vous n’avez strictement aucune idée de la justesse de votre récit, de la profondeur de vos personnages, de l’originalité que votre histoire auront à ses yeux. Cela dépasse votre propre imagination.

Vous aimez écrire, mais vous aimez aussi lire. Et si vous lisez, il y a de grandes chances que quelque part dans votre bibliothèque ou sur votre table de chevet se trouve le roman qui a changé votre vie. Un roman que vous avez ouvert par curiosité. Sur la quatrième de couverture, il n’y avait pas marqué : ce livre est pour toi. Non. Par le plus grand des hasards ou par le plus beau des rendez-vous, ce roman s’est retrouvé entre vos mains et a provoqué en vous ce quelque chose. Ce lien avec une histoire dont vous ne saviez rien jusque-là. Vous avez simplement tourné les pages, lu, vous êtes attaché aux personnages, vous avez adoré chaque détail de ce roman, mais plus encore il vous a inspiré. Il vous a donné des ailes, l’envie d’accomplir des choses. Il vous a fait vous accepter comme vous étiez ou vous a offert une présence quand il n’y en avait pas. Il vous a donné exactement ce dont vous aviez besoin. Comme un cadeau.

Et pensez-vous vraiment que l’auteur de ce roman savait ce que cela ferait en vous ? Pensez-vous qu’il n’ait jamais eu de doutes accrochés aux jambes ? Pensez-vous que c’est simplement un don du ciel ? Je crois que non. Je pense que l’idée d’une histoire ne sert pas que son auteur, qui sera heureux d’écrire et d’imaginer. L’idée sert aussi la personne qui la reçoit. Et cette personne, c’est vous et cette autre que vous imaginez. Pourquoi, dans ce cas particulier qu’est le vôtre, l’idée que vous avez eue n’irait pas réconforter cette personne ? Pourquoi votre roman n’est pas tout ce dont elle a besoin ?

Si je vous affirmais que quelque part, cette personne existe vraiment et qu’elle attend votre roman sans le savoir, que penseriez-vous ? Elle lit des livres, a des coups de cœur, mais ce roman-là n’est pas encore sur ses étagères. Et pour cause, vous ne l’avez pas encore écrit. Maintenant, si je vous disais que ce roman lui servirait à elle autant qu’à vous, combien d’obstacles inventerez-vous pour placer sur votre chemin ? Combien de doutes laisserez-vous parler pour empêcher ce rendez-vous d’exister ? Laisserez-vous le temps, les peurs, le travail qui reste à faire vous dire que votre roman ne vaut pas le coup d’être écrit ? Et est-ce que vos doutes auront raison lorsqu’ils vous diront que cette histoire n’est pas assez originale, bien écrite ou profondément juste ? Je peux vous assurer que non, parce que telle que vous allez écrire cette histoire, elle sera exactement ce dont cette personne a besoin. Exactement.

Quelque part, quelqu’un attend que vous ayez un peu plus de courage que d’habitude. Quelque part, une personne attend votre roman et si vous réalisez ce rêve, si vous réussissez à déposer entre ses mains la lecture qui lui manquait tant, alors en plus d’avoir non seulement réussi à plus d’un titre votre travail, vous aurez droit à bien plus de cadeaux que vous ne pouvez l’imaginer. Parce qu’un beau jour, des mois après sa lecture, l’histoire continuera de trotter dans sa tête et des détails de son quotidien lui feront penser à votre histoire.

Pas celle d’un autre, votre histoire.

Par égard pour vous et pour cette personne, faites-vous la promesse de terminer ce roman. Tel qu’il sera achevé, je puis vous assurer qu’il sera parfait.

Je vous souhaite une bonne journée !

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Sunshine Blogger Award

Bonjour à tous !

Je vous propose un article pour le Sunshine Blogger Award. C’est toujours une surprise de découvrir ce genre d’initiative qui permet de partager à la fois des petites choses de la vie, mais aussi de partager des blogueurs. J’avais déjà participé à l’un de ces Tags, mais je dois avouer avoir supprimé l’article qui ne convenait plus à l’image de mon blog. Parfois il faut savoir faire le ménage et ce tag-là trouvera parfaitement sa place ici.

Sans plus tarder, je réponds aux questions de C. Keane qui m’a gentiment tagué pour l’occasion. Le lien renvoie directement à son article et vous permettra de la découvrir (ou de la connaître un peu plus) !

1 | Quel est l’article de ton blog dont tu es le/la plus fier/fière ?

Difficile de choisir. Chaque article correspond à une période différente, à une phase d’écriture particulière. Je finis toujours pas revenir auprès d’eux pour me rappeler pourquoi je vis cela en ce moment et comment je peux m’améliorer ou dépasser un blocage. Donc, cela dépend vraiment de l’instant et aujourd’hui je crois que je me retrouve davantage dans mon article Se détacher de la perfection. Je devrais me souvenir que ce sont mes failles qui rendent mes romans uniques. Et le fait que cet article ait trouvé une certaine résonance chez d’autres, je trouve cela encore mieux, je suis donc un peu fière !

2 | Quel livre lis-tu en ce moment ?

Je participe à une lecture commune sur le forum Elbakin.net et donc je suis en train de lire le roman De bons présages co-écrit par Neil Gaiman et Terry Pratchett. Je suis fan de l’écriture de Pratchett et beaucoup moins de celle de Gaiman, et je crois que cela se ressent malheureusement dans ma lecture. Je n’arrive pas à avancer et je n’accroche pas à l’histoire. Dommage ! :/

3 | Quel est ton mot préféré aujourd’hui ?

En lisant la question, c’est le mot saperlipopette qui m’est venu à l’esprit, mais non, pas du tout, ce n’est pas mon mot préféré ! 😆

Je pense que mon mot préféré aujourd’hui est : croire. Non pas dans sa forme, parce que répété plusieurs fois, il commence à ne plus ressembler à grand-chose, mais bien pour son sens profond et ce qu’il évoque en moi. Croire en soi, en son écriture, en ses histoires, croire en sa vie et en ses rêves. Ce mot revient souvent dans ma vie. Il est important pour moi, parce qu’il me permet d’avancer et de retrouver la foi en toutes ces petites choses.

4 | Si l’écriture était un animal, pour toi, lequel serait-elle ?

Question assez complexe, je dois l’avouer. Ce n’est pas le genre de choses qu’on se demande tous les jours ! L’écriture peut avoir tellement de sens, de formes et je crois que l’écriture est un animal difficile à apprivoiser, mais qui est une boule d’amour une fois qu’on a dépassé le stade de l’appréhension. Et je ne sais pas du tout quel animal peut être tout ça à la fois ? ^^ Je dirais mon chat, Félix. Insociable, il ne laisse personne l’approcher à part ceux qu’il connaît, il n’en fait qu’à sa tête, mais qu’est-ce qu’il est adorable ! Oui, l’écriture est comme mon chat ! 😆

5 | Avec quelle personne réelle, historique ou fictive, aimerais-tu passer la journée de demain ?

Il y a tant d’auteurs que j’aimerais rencontrer et je crois que j’aurais bien trop peur de découvrir des personnages en vrai. Et s’ils ne m’aimaient pas ? Ça gâcherait tout ! Je pencherais pour une personne qui changé ma vie et qui continue de le faire : J.K. Rowling. C’est la personne qui me permet de croire en mon rêve d’écrivain. Non pas que je cherche le même succès, mais elle est passée par tant d’épreuves que je sais que tout est possible. Et même encore aujourd’hui à travers tout ce qu’elle fait, vit, je me sens inspirée. La rencontrer et pouvoir discuter avec elle serait autant un privilège qu’une chance.

6| Quand as-tu vu l’océan pour la dernière fois ?

J’ai dû voir l’océan quand j’étais petite, mais il me semble que j’étais malade pendant ces vacances-là, ce qui ne m’a pas laissé de bons souvenirs. Pourtant, j’aimerais beaucoup découvrir l’Atlantique côté Bretagne et même un peu plus haut, en Écosse.

7 | À qui fais-tu lire tes textes en premier ?

Principalement ma sœur qui a lu toutes les nouvelles en ligne et mes romans. On n’a pas toujours les mêmes goûts en matière de lecture, mais son avis compte beaucoup, car elle me permet de voir des choses auxquelles je n’avais pas pensé. J’aimerais étendre mon cercle de « premiers lecteurs » pour avoir différents retours, mais entre le temps dont tout le monde ne dispose pas de la même façon et les goûts littéraires, on se trouve parfois limité dans son propre cercle de connaissance.

8 | Si tu devais résumer un de tes écrits sous forme d’un titre de vidéo youtube putaclic, qu’est-ce que ça donnerait ?

Je crois que je vais sortir le JOKER, parce que je ne sais pas du tout quoi répondre ! ^^

9 | Si tu devais partir demain, ça serait pour aller où ?

Ma réponse rejoindra probablement celle sur l’océan. Au plus proche la Bretagne, autrement l’Écosse. Sinon j’aimerais bien découvrir des lieux comme les Studios d’Harry Potter ou encore découvrir les lieux de tournage du Seigneur des Anneaux en Nouvelle-Zélande.

10 | Le défaut que tu apprécies le plus chez toi ?

Très étrangement, je vais dire le manque de confiance. Depuis que j’ai appris à me regarder autrement, j’essaye de moins me juger et d’apprendre à m’accepter telle que je suis, c’est-à-dire aussi avec ce manque de confiance. Et en même temps, il m’apporte beaucoup. Puisque je veux avancer, m’améliorer, réaliser mes rêves, ce manque de confiance et aussi mes peurs me permettent de dépasser mes limites. Si je ne les avais pas, j’irais sûrement plus vite, mais je ne me rendrais sûrement pas compte de l’importance de certains de mes choix et de mes envies si ce n’était pas si difficile à réaliser !

11 | Quelle est la dernière musique que tu as écoutée ?

Je peux répondre facilement, puisque depuis sa publication, j’écoute en boucle le soundtrack Heaven Sent: The sheperd’s boy de la série Doctor Who. L’épisode 11 dans lequel on le retrouve est déjà magistral, mais écouter la bande-son à côté est une toute autre expérience. Je mets un lien par ici pour les curieux : https://www.youtube.com/watch?v=fXo47CIUuFg


Voilà pour mes réponses et puisqu’on doit relancer d’autres blogueurs, je dois à mon tour proposer onze questions:

1 | Quel est le livre qui a changé ta façon d’écrire ou de voir l’écriture ?
2 | À l’image de la question sur l’incendie, quelle est l’histoire/le texte que tu sauverais si ton ordinateur commençait à perdre toutes tes données ?
3 | Quelle est ta citation préférée ?
4 | Qu’est-ce que tu aimerais apprendre ? (jouer d’un instrument, une langue, autre…)
5 | Quel rêve aimerais-tu réaliser ?
6 | Es-tu un écrivain plutôt organisé ou spontané ?
7 | Qu’est-ce que tu aimerais apporter en plus à ton blog ?
8 | Quelle est pour toi la meilleure façon de retrouver la motivation ?
9 | Quel est le livre que tu relis régulièrement ?
10 | Quel serait ton conseil aux jeunes écrivains en herbe ?
11 | Qu’est-ce que tu dirais à l’enfant que tu étais ?

Normalement, nous sommes sensés taguer une dizaine de personnes, mais je dois avouer que je ne suis pas autant de blogs que cela. Alors je vais sélectionner cinq personnes et ce sera déjà pas mal ! Aline Wheeler, Mécanismes d’histoires, La Plume d’un Voyageur et Écrire des petits mots. Si ce petit questionnaire vous tente, il est pour vous ! 😉

Je vous souhaite une bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

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Les attentes des lecteurs

Bonjour à tous !

Voilà un petit moment que je n’ai pas publié d’articles et même si je pensais sincèrement vous écrire plus souvent, le Carnet de Notes n’est pas remonté non plus. On ne sait jamais comment les jours seront. Plus le temps passe et plus j’ai du mal à prévoir et à vous dire ce qu’il va se passer sur ce blog. C’est comme s’il devenait une extension de moi-même, de mon propre rythme et je préfère laisser les choses se faire pour vous proposer quelque chose qui vient du cœur. Comme maintenant.

Aujourd’hui, je vais vous parler des personnages. Si j’ai déjà écrit un article à ce sujet il y a quelques années, ce dont je vais vous parler ici n’a rien à voir. En fait, je vais apporter une vision plus précise du sujet en vous parlant un peu de ce que l’on attend des personnages à notre époque. Cet article sera à la fois écrit par la lectrice que je suis, mais aussi par l’écrivaine qui traverse une phase de doutes. Je n’ai jamais mieux su traverser un blocage qu’en écrivant. Vous parler de ce qui me travaille en ce moment me permettra d’éclaircir mon opinion, de me comprendre et de savoir comment je vais travailler mes personnages à l’avenir.

Je ne pense pas qu’on ait un jour eu des personnages beaucoup trop parfaits. Si l’on prend la littérature d’une autre époque, les critères étaient différents, mais les meilleurs personnages ont toujours été nuancés. Leurs qualités et leurs défauts leur ont apporté du relief. Un relief que nous attendons tous à notre époque, comme un gage de qualité. On désire lire des histoires sur des personnages qui peuvent nous ressembler, qui peuvent avoir peur, ne pas être parfait physiquement et qui peuvent avoir des doutes. On veut des personnages têtus, qui peuvent être en colère et qui parfois ont besoin de se laisser aller à la tristesse. En tant que lecteur, l’un de nos désirs les plus sincères est de découvrir des personnages imparfaits, auxquels on puisse s’identifier, mais que l’on puisse admirer d’une certaine façon.

Et aujourd’hui, je crois cette attente que j’ai en tant que lectrice est en train d’empiéter sur ma façon de concevoir mes personnages. Je suis en train de me limiter par ma propre vision de lectrice. Parce que d’une certaine manière, cette base du personnage imparfait, profond et parfois même différent est devenue un objectif, un but à atteindre. Aujourd’hui, je ne crée plus un personnage grâce à mon imaginaire, mais en me demandant ce qu’il devrait être.

Au même titre que les attentes de notre société par rapport à notre physique, notre façon de vivre et de penser, cette base de personnage est devenue un complexe. Parce que je ne peux pas m’empêcher de regarder tous mes personnages et de me demander ce que les lecteurs verront en eux. Je me demande s’ils penseront qu’ils ne sont pas assez nuancés. Je suis terrifiée à l’idée qu’on me dise qu’ils sont beaucoup parfaits, à l’image d’une Mary-sue, qui  montrerait comme une évidence mon échec en tant qu’écrivain. C’est étrange de dire ça et je suis consciente que tout le monde n’aura pas la même vision des choses, c’est peut-être très personnel. Mais à l’image de la personne parfaite en société, les personnages imparfaits que l’on attend tous établissent une base standard qui devient l’un de mes complexes.

Pour vous exprimer un peu mieux mon propos, je vais parler de féminisme. Aujourd’hui, le féminisme permet de montrer que les femmes ne sont pas inférieures aux hommes, qu’elles ont une force au même titre qu’eux et qu’elles peuvent accomplir tout ce qu’elles veulent. Et ce sont des principes auxquels je crois profondément. Et pourtant, je suis terrifiée à l’idée qu’on me dise que mes personnages féminins sont à l’opposé d’un personnage féministe. Je ne veux pas forcément qu’elles défendent leurs droits. Les mondes que je crée n’ont pas les mêmes a priori que notre société, mais je ne veux pas qu’elles soient « mal-comprises ». C’est comme si elles devaient être fortes peu importe la situation, qu’elles devaient forcément être indépendante. Et si j’ai le malheur de dire qu’elles sont belles, c’est comme si elles ne pouvaient pas être autre chose et qu’on ne voyait plus que cela d’elles-mêmes.

J’ai peur que mes propres personnages ne reflètent pas ce en quoi je crois et qu’on finisse par penser que je ne crée que des clichés. Alors je travaille sur mes personnages en permanence, en me demandant chaque seconde ce que les lecteurs vont bien penser d’eux. Et c’est épuisant. Parce que je ne m’autorise pas à faire des erreurs, ni même à ce qu’ils soient ce qu’ils ont toujours été dans mon imaginaire. À trop vouloir coller à ce standard de personnages imparfaits, je finis par être effrayée à l’idée qu’ils n’aient pas un défaut. C’est fou quand même !

Je pense que si on regardait les personnages en terme de profondeur au lieu d’une nuance entre leurs défauts et de leurs qualités, on serait un peu plus tranquille avec eux et la façon dont ils peuvent être perçus. Une femme dépendante de quelqu’un, pour n’importe quelle raison, est-elle pour autant faible ? Au même titre qu’un personnage qui ne pleure pas, est-il forcément fort ? Est-ce qu’une personne particulièrement belle doit être intéressante pour seulement cette raison et est-ce que sa beauté exclura le reste aux yeux du monde ? Comme si, parce qu’elle est belle, elle ne peut pas être tout un tas d’autre chose. Je ne peux pas m’empêcher de décrire les femmes dont je parle comme étant belles. Cela ne veut jamais dire qu’elles n’ont pas de petites particularités physiques, qu’elles n’ont pas de « défauts », mais je les aime toutes dans leurs différences et je les trouve magnifiques. Elles m’inspirent et je les aime profondément et je crois que j’ai écrit tout cet article parce que je suis terrifiée à l’idée qu’on ne les comprenne pas, qu’on ne remarque pas leurs forces et toute leur profondeur. J’ai peur de ne pas réussir à retranscrire ce qu’elles sont dans mon imaginaire et qu’on finisse par se tromper et les prendre pour des personnages fades et sans saveur.

Ces derniers jours, je travaille sur la réécriture du Pacte du Magicien, qui, dans un sens, se passait plutôt bien jusqu’à ce que je commence à paniquer, à me dire que mes personnages devaient être parfaits dans leur imperfection, que mon histoire soit parfaitement originale et intéressante. Et le mot n’est pas trop fort, j’ai vraiment paniqué au point de me demander comment je pourrais régler tous les problèmes que je voyais dans mon histoire. Et aujourd’hui, une petite étincelle est venue me réchauffer le cœur. Celle-là même qui me rappelle pourquoi j’aime écrire et pourquoi j’aime autant mes histoires. L’histoire du Pacte du Magicien ne sera jamais parfaite, tout comme ses personnages n’auront peut-être jamais la profondeur que je leur souhaite, mais tout ce à quoi je peux me raccrocher aujourd’hui c’est l’amour que j’ai pour eux. Ma sincérité et mon attachement sont tout ce qui me permet de croire en eux.

Je suis terrifiée à l’idée de ce qu’on pourra penser, j’ai peur qu’on ne comprenne jamais ce que j’ai voulu écrire, ni montrer, mais aujourd’hui j’ai réussi à me souvenir que je ne les aimais pas pour rien. Je les aime pour ce qu’ils sont, même s’ils ne sont pas les plus grands personnages écrits dans la littérature. Ils m’inspirent et m’aident chaque jour à croire en ce que je fais et peut-être que pour tout ce qu’ils m’apportent, ils devaient être écrits. Peut-être que c’est suffisant et que c’est leur unique raison d’exister.

Je me rends compte que cet article parle davantage de mon insécurité en tant qu’écrivaine plutôt que de l’image que l’on a des personnages à notre époque. Et en même temps, les deux sont tellement liés dans ces doutes qui sont les miens que j’ai peut-être réussi à aller au bout de ma pensée. Parce que finalement, je réalise que ce dont j’ai le plus peur, c’est d’être incomprise dans mon écriture. Donner l’impression que je n’ai pas assez travaillé et que je ne sais pas créer de personnages, tout comme je ne sais pas raconter d’histoires.

Que je me tourne vers l’auto-édition à nouveau ou que j’envoie mon manuscrit, je me rapproche de la prochaine étape qui apportera toujours plus de visibilité à mes créations que ce dont elles ont droit grâce à ce blog. Et la peur à laquelle je fais face en ce moment me demande beaucoup de courage, parce que ces romans sont tout ce en quoi je crois et qu’ils ont tous une part de moi-même. Les confronter au monde, c’est me montrer un peu plus. Chose contre laquelle, étant dans ma chambre derrière un clavier et introvertie au possible, j’ai peur de ne pas avoir assez de courage. Et je ne sais pas dans quelle mesure je vais réussir à avancer, à dépasser mes peurs, mais pour la jeune fille de huit ans dont c’est le rêve d’une vie, pour cette enfant que j’étais, je ne peux faire autrement que d’avancer, même si cela me demande de rencontrer mes peurs en chemin.

Je ne peux que vous souhaiter de trouver une source de courage assez puissante pour vous aider à réaliser vos rêves les plus chers. Pourquoi existerions-nous si ce n’est pas pour eux ?

Que votre journée soit douce et belle,

Bannière Caroline Dubois

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L’évolution de Lux Æterna

Bonjour à tous !

Comme vous le savez peut-être depuis un petit moment, je travaille sur Lux Æterna et plus précisément sur son développement. Des idées ont jailli de nulle part provoquant, à la manière de La voix d’Origine, des chamboulements inattendus et plutôt conséquents. Le point positif, c’est que l’histoire de Lux Æterna ne change pas ; tout ce sur quoi j’avais déjà travaillé, tout ce que j’avais déjà écrit restent d’actualité. Le véritable changement s’inscrit dans cette suite qui était, au début de ce projet, inexistante.

Pour rappel, et si vous n’avez pas envie de lire l’article de présentation de ce roman, cette histoire ne se concentrait que sur trois personnages et sur leur vie à travers des instants plus marqués que d’autres en termes d’événements. Grâce à eux et à la base de leur univers (société, gouvernement, cultures, technologies…), je désirais aborder des thèmes comme l’évolution humaine, quelle soit naturelle ou générée par la science. Et jusqu’au mois de décembre 2017, sachant que j’avais eu l’idée de Lux Æterna il y a plus d’un an, cette histoire n’était rien d’autre qu’un one-shot, un roman qui se suffisait à lui-même. Sans suite.

Il faut savoir que lorsque j’écris un roman ou une histoire, je les considère comme « se suffisant à eux-mêmes » tant que je n’ai pas de suite en tête. Pour l’avoir déjà essayé, je n’arrive tout simplement pas à me dire « je veux une suite » et l’écrire ou l’inventer petit à petit. Il me faut une base solide sur laquelle me reposer : des intrigues non terminées dans un premier tome, de nouvelles possibilités, un futur inattendu pour les personnages… J’ai en horreur les suites qui étirent à l’infini les mêmes idées. C’est pour cela que Pandore n’a pas de suite, tout comme La Voix d’Origine. Si la suite ne vient pas à moi, je ne pars pas à l’aventure la chercher !

Mais en décembre 2017, c’est la suite de Lux Æterna qui s’est manifestée alors que je ne l’attendais pas du tout. N’étant pas la suite directe de cette histoire, je n’avais jusqu’alors jamais songé aux possibilités d’une suite un peu plus éloignée dans le temps et l’espace. Cette idée n’est donc pas la suite de l’histoire des personnages Aiden, Thea et Raelle, mais une conséquence de leur histoire et plus largement, une conséquence de notre propre histoire.

L’évolution humaine est abordée à plusieurs reprises dans Lux Æterna et se déclinent en deux formes bien distinctes. L’une étant naturelle et l’autre provoquée par la science. La première est celle qui est la plus détaillée et la plus approfondie dans mon roman. C’est à travers les personnages cités que l’on découvre cette évolution et que l’on comprend ce qu’elle dévoile sur le monde et ce qu’elle annonce pour le futur de l’humanité. Mais la deuxième évolution, celle provoquée par la science est présente, mais de façon subtile. On connaît ses conséquences par les inégalités présentées dans ce monde, par les problèmes disons « quotidiens » que cela engendre, mais je ne m’étais jamais demandé ce qu’il se passerait plus tard. Comment cette humanité changée évoluerait au fil des millénaires ?

Et c’est en cela que petit à petit, les idées se sont révélées et j’ai compris que cette évolution leur permettrait de faire des choses plutôt incroyable, comme voyager pendant très longtemps. Dis comme cela, et je m’en excuse, cela ne doit pas être très parlant. J’essaye au mieux de vous partager la création de mon histoire tout en gardant les surprises et les fils conducteurs de mon roman, mais ce n’est pas évident ! ^^ Ce qu’il faut comprendre, c’est que grâce à cette évolution, je pouvais me permettre de partir loin. Et qui dit voyage, dit lieux à découvrir.

C’est principalement cela qui a retenu mon attention car, si vous ne l’avez toujours pas compris, j’aime créer des mondes et quand on se donne les moyens de pouvoir traverser le temps et l’espace sans conséquences, dans une série, cela élargit considérablement les possibilités. Je ne suis plus limitée et je peux avoir un fil conducteur énorme, me menant à travers différents lieux de l’univers, tout en explorant dans chacun de ces lieux : des cultures, des histoires qu’ils leurs sont propres. En fait, je me permets de créer des mondes en abondance, sans que cela soit hors d’une même série.

Jusqu’ici, je me permettais de créer ces mondes indépendamment les uns et des autres, mais le fil conducteur amené par cette évolution humaine me permet de créer l’histoire de peuples dans l’univers entier avec toutes les possibilités imaginables que cela produit. Je ne vais sûrement pas passer ma vie à travailler là-dessus, et puis peut-être que si, je n’en sais rien. Mais je me suis offert un cadeau sans le savoir grâce à cette évolution de l’humanité. Grâce à elle je peux faire ce que j’aime le plus : écrire des romans, créer des mondes, des peuples. Mais cette fois-ci, ils peuvent être reliés les uns aux autres par cette même série.

Série n’est peut-être pas le meilleur terme pour ce que j’ai en tête. Je dirais plutôt Cycle, puisqu’il se pourrait que des séries émergent à l’intérieur. Des séries, mais également des one-shot, puisque, comme je vous l’annonçais plus haut, je ne veux pas créer une suite juste pour créer une suite. Il se trouve que l’histoire sur laquelle je travaille impose une suite, mais il se peut que d’autres histoires soient indépendantes. Le travail qui s’annonce est si conséquent qu’il est difficile de définir des limites ou d’imaginer ne serait-ce ce que deviendra cette idée à la fin de l’année 2018. Mais voilà ce que je peux vous en dire, pour le plus concret :

Lux Æterna reste, en lui-même, un roman one-shot. Si une partie de l’histoire a pour conséquence de créer une suite, on ne retrouvera pas (sauf idée jaillissant de nulle part) les personnages principaux de ce roman. Ils ont une conclusion satisfaisante dans ce roman et je préfère me concentrer sur la suite indirecte que sur la suite de leur vie.

Cette suite indirecte impose à moi deux séries de romans (dont je ne connais, bien évidemment, pas le nombre de tomes). L’une s’est imposée à moi lorsque je travaillais sur l’autre. Appelons la première La Nuit de l’Humanité, qui est la moins élaborée dans ma tête, je ne peux donc pas vous dire grand-chose. Disons, pour seule information, qu’à travers cette histoire je serais davantage dans le passé que dans le futur. (Et puisque je me rends compte que cela peut porter à confusion, non, mes « nouveaux humains » ne peuvent pas voyager dans le temps ! ^^) Cette série tiendra lieu de préquelle à l’un des peuples de la deuxième série.

La deuxième série, donc, que je nommerais rapidement Fragments d’étoiles est celle sur laquelle je travaille en ce moment. Carte, création de peuples, d’histoires et de cultures… Je suis en plein worldbuilding et j’adore ça ! Cette série est la plus élaborée puisque le premier tome est presque complet et que j’ai déjà une base solide pour la suite de ce roman (et quelques idées pour d’autres tomes, si « autres tomes » il y aura). Je suis vraiment contente de ce que je crée avec ce roman puisqu’il me ramène à la Fantasy. Lux Æterna est du Space Opera et pourtant sa suite est toute Fantasy ! C’est en cela que le mélange est génial à travailler. Ce Cycle, que j’ai nommé Les Enfants de l’Univers (et cela ne devrait pas changer) incarnera ce mélange de cultures, de technologies, de passé et de futur. Et je trouve que le tout se marie bien, pour ce que j’en découvre au fur et à mesure.

Pour le moment, je suis moi-même encore dans le flou. Je ne sais pas où je me rends, ni comment je vais pouvoir coordonner tout cela, mais je suis tellement contente de ce projet, mélangeant tout ce que j’aime, me permettant de parler de thèmes qui m’importent à travers différentes histoires et différents mondes… que j’avance, sans trop laisser de place au doute.

Je ne sais pas ce que me réservera l’année 2018. J’ai de nombreux projets, dont celui-ci plutôt conséquent, et j’aimerais aussi me préserver le plus possible de la pression. Je vais essayer de trouver un équilibre en vous partageant le plus possible, tout en me gardant une réserve pour des surprises et pour des échecs ! Mais aujourd’hui, il fallait que je vous parle de Lux Æterna, pour accueillir cette nouvelle page projet sur mon site et pour expliquer ce qui se passe dans ma tête en ce moment. Bien évidemment, ce projet est loin d’être le seul pour l’année et je ne pense pas, sauf changement d’avis, faire des Journées d’Écriture Partagées, comme ce fut le cas au début de Lux Æterna, ni des Carnets de notes trop réguliers. Je veux vraiment me laisser de la marge pour souffler et avancer à mon rythme !

Je reviendrais la semaine prochaine avec un nouvel article pour le blog et en attendant, je vous souhaite une agréable journée !

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Parlez-moi d’amour…

Bonjour à tous !

Je n’avais pas prévu que ces nouvelles partagées en décembre 2017 me pousseraient à vous écrire un article. C’est bien après avoir écrit et partagé ces histoires que je me suis rendu compte de quoi elles parlaient vraiment. Il existe bien plus de formes d’amour que nous pourrions le concevoir. Lorsque nous parlons d’amour, nous pensons bien souvent à un couple heureux. Et pourtant, leur amour est loin d’être le seul, loin d’être l’unique puissance qui transcende une vie. Ce mois de décembre, à travers ces revisites, j’ai fini par comprendre que j’allais un peu plus loin. Au-delà d’ajouter mon propre regard sur ces histoires connues et reconnues, je parlais de l’amour, mais pas d’une de ses formes, mais de plusieurs d’entre elles.

Dans un roman, quel qu’il soit, il me semble que nous devrions parler d’amour. À tort, on pense trop souvent qu’un roman avec une histoire d’amour est une romance et nous racontera la rencontre, la vie ou les difficultés de deux personnes en couple (ou d’un triangle amoureux, ou même d’un rectangle, ça dépend de votre attachement à la géométrie !). Mais parler d’amour va au-delà de ça. Votre roman ne sera pas niais si vous croyez en ce que vous racontez.

Tout d’abord, je me dois de vous prévenir que cet article contiendra quelques spoilers sur mes nouvelles, donc si vous voulez les lire avant, garder l’article sous le coude ! Je commencerais donc avec Cendres, qui au début de l’histoire décrit l’amour porté aux enfants. Qu’ils soient les siens, qu’ils soient adoptés, que ce soit un neveu ou l’enfant d’un ami, l’amour que l’on peut porter à un enfant est tout aussi grande que ses autres formes. La force protectrice qui nous inonde en pensant à eux, le besoin de les aider à bien grandir… L’amour pour un enfant apporte de nombreuses situations dans un roman, il emporte avec lui un flot d’émotions toutes intéressantes à explorer. Mais dans cette nouvelle, j’évoque aussi une autre forme d’amour qui nous échappe et qui ne nous vient pas souvent à l’esprit.

Cendres, elle, subit une situation terrible pour être avec ses enfants, pour les protéger. Elle est prête à tout pour eux, pour qu’ils soient heureux et sereins. Et pourtant, dans cette nouvelle, on voit bien qu’il manque un élément encore plus important pour qu’elle puisse les sauver réellement. Par amour pour ses enfants, si elle s’en savait capable, Cendres aurait déjà fait ses bagages et serait partie avec eux. Mais il lui manquait un sentiment important qui n’est apparu que plus tard : l’amour de soi. Cendres est une femme battue et ce qu’elle a vécu pendant des années a créé une absence en elle. Un manque d’estime de soi, mais aussi d’amour. Que ce soit une femme, un enfant, que ce soit à la maison ou à l’école, au travail, quelqu’un qui est rabaissé par des coups, par des mots perd peu à peu ce qui le construit. Il y a une vraie perte de personnalité et de confiance en soi, mais aussi de confiance en la vie.

Dans cette nouvelle, Cendres ne pense pas avoir les capacités nécessaires pour sauver ses enfants, alors elle subit les coups à leur place. Elle se sent responsable de ce qui arrive, de son incapacité et pense d’une certaine façon mériter ces traitements, parce qu’elle ne vaut rien. Alors, parler de l’amour que l’on porte à soi-même est tout aussi important que l’amour que l’on porte aux autres. La situation que j’ai utilisée dans cette nouvelle est loin d’être la seule pouvant expliquer ce manque d’amour qui peut être à lui-même une quête dans un roman. Et les situations n’ont pas besoin d’être dramatique. Parler de l’amour que l’on se porte à soi est quelque chose d’universel, parce qu’il n’y a pas besoin d’avoir d’autres personnes pour le ressentir.

La seconde nouvelle du mois de décembre raconte l’histoire de Blanche-neige et l’amour abordé dans cette revisite est loin d’être celle du prince charmant, car ce personnage n’existe même pas dans ma nouvelle ! Il paraissait évident pour moi que je devais parler d’autre chose que la demoiselle en détresse sauvée par son prince, élément assez récurent dans les contes, car on connaît la chanson et que l’on peut aussi essayer une autre façon de voir les choses. À vrai dire, aucun homme ne sauve une femme dans ces revisites. Je n’ai rien contre eux, et j’utilise leur aide dans mes romans sans soucis, mais je voulais prendre le contre-pied des contes.

Le prince a donc disparu de cette revisite pour faire place à une sœur. Et l’une des images modernes que l’on peut avoir sur une revisite de contes abordant ce sujet (particulièrement populaire encore aujourd’hui), est celle de La Reine des Neiges. L’amour de deux sœurs y est très bien représenté et pourtant, lorsque j’ai pensé à la sœur de Blanche-neige, je n’ai pas pensé à ce Disney en particulier. Je pensais plutôt à la version de Blanche-Neige et Rose-Rouge des frères Grimm dans laquelle la sœur existe déjà.

J’ai alors voulu évoquer l’amour perdu de deux sœurs (des jumelles dans ma revisite). Comment un lien si fort peut s’éteindre ? Comment peut-il renaître ? C’est à ces questions que j’ai tenté de répondre en abordant l’amour fraternel. Je pense même que la situation se serait compliquée pour elles, même sans l’erreur de Blanche-neige, car selon leur père, une seule d’entre elles pouvait devenir reine. Et si la colère ou la jalousie qu’elles se seraient portées aurait été bien moins forte que dans ce cas-là, cela les aurait séparées un peu. Ici, nous avions des erreurs incompréhensibles à pardonner, des trahisons à effacer et surtout une jalousie envers l’autre à dépasser. Et cet amour perdu évoqué dans cette nouvelle ne peut renaître qu’en prenant conscience qu’une personne aimée est loin d’être pour toujours celle que l’on a connue au départ. Les personnes évoluent et l’amour qu’on leur porte doit s’étendre, se tendre vers l’autre et vers ces changements. Changements qui peuvent être positifs ou négatifs, mais qui existent quand même. Blanche-neige devait d’abord accepter que sa sœur puisse ne plus être celle qu’elle était avant, mais aussi accepter qu’elle puisse devenir quelqu’un d’autre encore pour l’aimer inconditionnellement et sans jugement. Un amour fraternel ou un amour perdu à retrouver sont deux formes de relations dont on peut parler et encore une fois les situations à imaginer sont infinies.

Rose. En voyant ce titre on est loin d’imaginer le genre d’amour qui existe derrière. L’histoire de la Belle et la Bête fait déjà bien son boulot en parlant de l’amour malgré l’apparence. Sans que ce soit mon idée de départ, j’ai fini par pousser le thème un peu plus loin en parlant de l’amour malgré les différences. Des différences qui ne sont quand même pas évidentes ! Un humain et une rose ? Et c’est pourtant ainsi que leur amour est né, sous cette forme. Et bien plus tard, sans ses souvenirs, Belle va à son tour éprouver un amour au-delà de l’apparence de la bête.

Lorsque je pense à cet amour, je ne peux m’empêcher de penser à un personnage dans Doctor Who qui exprime à lui seul cette idée : Jack Harness. C’est un personnage pansexuel, il aime à la fois les humains, les extraterrestres et même les robots ! C’est une idée inspirante pour n’importe quelle histoire et dans ma nouvelle, j’ai essayé de parler de ce genre d’amour particulier avec le plus de justesse possible. Mon histoire est loin d’être de la SF et pourtant ce thème fonctionne aussi en Fantasy et je pense encore qu’il n’y a pas besoin de genre pour exprimer cet amour universel. Pourquoi l’amour devrait se limiter à une personne comme soi (humaine) ? Aimer un objet, un animal, un arbre, une idée, un souvenir… Les idées sont nombreuses et la sincérité qui peut se dégager d’un tel amour peut apporter un plus à notre roman.

Peut-on réellement aimer une rose, une bête, s’aimer soi ou aimer malgré nos évolutions personnelles opposées ? L’amour peut s’écrire et se décrire de bien des façons différentes et dans cet article je voulais vous évoquer des possibilités, parmi tant d’autres. Ne nous limitons jamais pour parler d’amour, quel qu’il soit, car c’est une émotion importante, universelle et puissante. Une émotion qui nous porte et qui doit se raconter dans chacune de nos histoires.

Je vous souhaite une bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

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Les fautes

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’un sujet particulier : les fautes ! Il faut dire que les fautes ne sont pas ce qu’il y a de plus agréable à lire. Que ce soit au quotidien ou dans un livre, lorsqu’elles nous sautent aux yeux, cela peut nous faire reculer voire, lorsque que cela concerne un roman, nous sortir de l’intrigue. Je suis la première à dire que je fais des fautes et même si pendant un temps cela m’a gênée, je sais qu’il y a quelques fautes dans mon roman Pandore. Trois correctrices plus mes nombreuses relectures n’ont pas réussi à effacer toutes traces de fautes dans mon roman, mais aujourd’hui, j’aimerais nous enlever ce poids d’une écriture parfaite !

Je ne peux pas dire que c’est un sujet qui me touche particulièrement, car je sais que je fais de nombreux efforts pour oublier mon passé d’écriture SMS et pour réapprendre les bases. Je me relis bon nombre de fois et pourtant, je sais que même sur mon blog, voire même dans cet article aujourd’hui, il pourrait y avoir des fautes. Et j’ai envie de dire, ce n’est pas grave !

Je dois avouer que j’ai énormément de mal avec les personnes qui vont corriger les autres en public. Que ce soit sur internet ou dans une autre situation, quand je vois des personnes dire « Ça ne s’écrit pas comme ça », « Tu devrais corriger », « Et le participe passé ? » ça m’embête parce que je ne peux m’empêcher de penser à la personne qui est en face. Comme va-t-elle le prendre ? Si c’est une personne consciente de son problème et qui fait de son mieux pour le corriger, alors c’est moins dérangeant. Mais si la personne est quelqu’un dont son écriture est une gêne au quotidien, ça ne peut pas passer de la même façon. Alors oui, je sais, parfois ça pique les yeux ! Quand c’est un mot mal orthographié ou que certains confondent des mots homonymes, on aurait envie de dire quelque chose. Mais si l’on ne peut vraiment pas se retenir, je pense qu’il vaut mieux le dire en privé, par égard pour cette personne.

Je me suis déjà retrouvée dans cette situation. Je lisais une jeune fille qui écrivait des histoires sur Wattpad et j’ai vu qu’il y avait certaines fautes qui pouvaient facilement être corrigées et disparaître avec un peu d’attention. Je l’ai prévenu par message privé et je l’ai aidé sur plusieurs chapitres de son histoire à relever certaines fautes, mais surtout à lui expliquer pourquoi et ce qu’elle pouvait faire pour s’améliorer. Je pense que c’est important d’apporter un regard bienveillant et compréhensif à ces personnes, parce que cela peut nous permettre de nous offrir ce même regard.

Je fais des fautes, parce que je suis inattentive, parce que bien des fois je suis emportée par mon histoire et j’en oublie ma grammaire, mais je sais que lorsque je passe à la réécriture, je fais plus attention. Je vérifie mes terminaisons, mes accords, ma conjugaison et parce que l’on a porté ce regard bienveillant sur moi, que l’on m’a expliqué comment éviter ces erreurs facilement, j’ai pris plus confiance en moi. Je sais que je peux effacer une grande partie des fautes de mes écrits. Cette jeune fille, dont je vous parlais, a fait des progrès en peu de temps et elle a pris des automatismes de correction ou même à l’écriture qui ont fait que plus le temps passait et moins elle faisait de fautes.

Je ne dis pas que c’est grâce à moi, je ne me jette pas des fleurs, ce que je dis c’est qu’en étant écoutée et en sachant qu’elle pouvait se faire confiance et que facilement elle pouvait éviter ses fautes, elle a fini par écrire correctement. Et là où je veux en venir, c’est qu’il faut être très tolérant envers soi-même. Parce que je sais déjà que l’on peut se mettre une pression incroyable quant à la qualité de notre écriture, de notre intrigue et de nos personnages, mais en plus de cela, s’il nous arrive de faire des fautes, la pression est beaucoup trop lourde à porter. Je pense qu’il faut avant tout accepter que pour le moment nous fassions des fautes. Et, seulement après, il faut nous observer pour remarquer nos erreurs les plus fréquentes pour enfin trouver une solution adaptable en pleine écriture.

Comme je le disais plus haut, vérifier mes textes, relire mon écriture et bien observer la grammaire ou la conjugaison de chaque mot ne m’empêche pas de faire des fautes, mais aujourd’hui j’accepte d’en faire et je ne vais pas relire mon texte quinze fois pour évincer toutes les fautes. Une erreur passe, et alors ? Est-ce que cela va ternir la qualité de ce que vous dites ? Je ne pense pas. Tant qu’on fait des efforts, tant qu’on se fait aider pour mieux comprendre la complexité de la langue française, tant qu’on se relit au moins deux fois, on peut publier, envoyer son texte avec sérénité parce qu’on a fait de son mieux ! C’est tout ce qui compte !

Je sais qu’il y a des fautes dans Pandore et si je ne l’avais pas déjà envoyé à la BNF pour le faire répertorier, j’aurais  refait une correction plus poussée, mais je sais aussi que j’ai fait passer mon texte entre plusieurs mains avant de le publier et que ces erreurs ne me concernent pas seulement. Si vous faites des fautes et que vous pouvez en avoir honte ou vous sentir gêné parce qu’on relève une de vos erreurs, dites-vous que vous avez fait de votre mieux et que cette erreur-là ne reflète en rien une quelconque incapacité à écrire de votre part. Plus vous accepterez de faire des fautes, le moins cela vous gênera de montrer vos textes et s’il y a une faute, alors vous aurez plus de recul et vous pourrez même en rire !

Aujourd’hui, quand on me dit que j’ai fait une faute, je ne m’accuse plus, j’arrête de m’auto-saboter parce que ce que j’ai donné n’est pas parfait. On l’a déjà dit, rien n’est parfait. Ce qui compte, c’est le travail que vous fournissez et les efforts que vous faites pour vous améliorer, rien de plus. Tant que vous faites tout pour vous améliorer, que cela concerne les fautes, votre écriture ou vos récits, alors vous pouvez honnêtement être fier de vous et restez serein face à vos erreurs !

Je vous souhaite une douce journée !

Bannière Caroline Dubois

{Images : Snappa}

Si vous souhaitez effacer le plus de fautes possible de votre texte, je vous conseille fortement ces sites. Je passe mes textes dans ces deux correcteurs gratuits et je suis encore plus sereine. Je vous suggère tout de même de prendre le réflexe de vous relire, même si vous utilisez ces correcteurs, car c’est en vous relisant et en vous corrigeant vous-même que vous pourrez améliorer votre écriture !

Questionnaire pour les écrivains de fiction

Bonjour à tous !

Cette semaine, j’ai décidé de vous proposer un article sympathique dans lequel je réponds à plusieurs questions lancées par Béatrice Aubeterre, que j’ai découvert sur le blog de C.Kean. Puisqu’il est plutôt long (et que je sais comment je suis), commençons tout de suite !


1ère partie | Vos histoires

La première que vous ayez entreprise : C’était Laura et la licorne et je devais avoir huit/neuf ans à l’époque. C’est vraiment la toute première histoire que j’ai imaginé et écrite. Celle-ci parlait d’une jeune lycéenne, Laura, qui en arrivant à son lycée découvre qu’il a été remplacé par une forêt. Et elle entend les hennissements de détresse d’une jument (oui, mon personnage était très douée pour reconnaître le sexe du cheval par son hennissement, sans commentaire ! ^^). Laura se rend donc dans la forêt pour apporter son aide et rencontre une licorne qui parle. Cette dernière lui explique alors que le méchant Meclark a enlevé tous les parents des animaux de la forêt et qu’ils sont tous trop peureux pour l’affronter. Sans suis une petite aventure pour sauver les parents et vaincre le grand méchant Meclark !

Elle devait faire 12 pages et la taille de la police était du 16 ! Très très gros ! ^^ Je l’ai malheureusement supprimé un jour, j’aurais été curieuse aujourd’hui de revoir ce premier écrit !

La première que vous avez terminée (ou la plus avancée) : Même si Laura et la licorne fut ma première histoire et qu’elle avait une fin, on ne peut pas dire que c’est le premier texte abouti que j’ai fait. Je pencherais plutôt sur Les autres hommes qui fut le premier roman achevé et sur lequel j’ai travaillé pendant deux ans. Je n’avais pas à l’époque la vocation de devenir écrivain et donc j’écrivais quand ça me plaisait, sans contrainte, mais cette histoire sans plan est assez décousu ou fourmille bien trop de rebondissements avec du recul. On suivait une fille de dix-neuf ans qui commençait à avoir des trous de mémoire et ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Un soir, alors, que des hommes armés vont débarquer chez elle pour la capturer, quelqu’un d’autre va la trouver. C’était un roman bit-lit, clairement influencé par l’époque des Twilight, Vampire Diaries et autres histoires du même genre. Et même si aujourd’hui je remarque les lacunes de mon écriture et les gros défauts de cette histoire, elle n’en reste pas moins la toute première que j’ai terminée et j’en suis fière !

Celle sur laquelle vous travaillez actuellement : Eh bien, je travaille sur plusieurs romans en même temps, à différents stades. Je travaille depuis toujours sur La voix d’Origine ; Lux Æterna est en pause depuis le début de l’année. Autrement, je reprends dès aujourd’hui ma série du Pacte du Magicien, donc c’est mon projet du moment !

Celle que vous écrirez un jour : Il y a un roman qui traine depuis quelques mois dans ma tête. Heureusement pour moi, j’arrive à me stabiliser et à ne pas avoir envie d’écrire ce livre tout de suite. Je prends beaucoup de notes, mais j’ai déjà de bonnes bases pour l’histoire. Ce sera un roman de fantasy, où l’on suivra deux époques, deux femmes, deux histoires différentes. Mais le roman est beaucoup plus complexe que cela et je ne vais pas vous en dire plus ! ^^

Celle que vous avez abandonnée : Je ne sais pas si je peux dire que j’ai déjà abandonné un roman. Enfin, avant de terminer Les autres hommes, je n’arrivais pas à achever une histoire, donc j’en ai abandonné un paquet ! Mais concernant les idées d’histoires, si elles ne sont pas utilisées telles quelles, je trouve toujours un moyen de les transformer, de les fusionner. Je trouve cela trop définitif de dire que l’on abandonne une histoire, elle peut toujours revenir à nous à un moment ou un autre.

Celle que vous reprendrez un jour : Dans l’article Écrire pour la Jeunesse ?, je vous parlais d’un roman que j’avais commencé, mais que je n’ai pas réussi à écrire. Je ne peux pas dire que je l’ai abandonné, car beaucoup d’idées dans Le Livre de Travers me plaisent, mais il prend peu à peu une tournure différente dans mon esprit et je pense que je vais le reprendre un jour. Je ne sais pas, par contre, s’il sera toujours pour les jeunes, mais en tout cas il gardera son esprit fantasy/féerie que j’aime beaucoup !

Celle qui vous a pris le plus de temps à écrire : Je crois que, même si elle n’est toujours pas terminé, La Voix d’Origine bat tous mes records et cela ne fait qu’augmenter chaque jour. En terme d’écriture, mais aussi en terme de travail autour de l’univers.

Celle qui vous a pris le moins de temps à écrire : Puisque les questions concernent les histoires, je dirais que l’histoire qui m’a pris le moins de temps restent Les Sans-Royaumes pour le moment. Lorsque j’écris une nouvelle, je peux l’écrire en une semaine, pour environ un mois de travail et de réécriture. En ce qui concerne les romans, je dois dire que le premier jet du Pacte du Magicien s’est écrit très rapidement (un mois et demi) et j’espère que ce sera pareil pour les prochains tomes !

Celle dont vous avez le plus honte : Même si Les autres hommes, étant une histoire bit-lit, ne me correspond plus vraiment et me gêne parfois sur certaines scènes très niaises et fleurs bleues, je ne peux pas dire que j’en ai honte. Mais il y a une histoire, dont je me souviens très peu parce que j’ai dû l’écrire au tout début du collège, qui racontait la vie d’une jeune sans-abri qui rencontrait un riche jeune homme qui allait l’emmener chez lui pour l’héberger. Je suis bien contente de ne pas être allée plus loin et je ne peux pas m’empêcher de lever les yeux au ciel en repensant à cette histoire ! ^^

Celle dont vous êtes le/la plus fier/fière : Difficile de répondre à cette question, je suis fière de toutes mes histoires, car elles sont l’écho d’une époque, d’un moment de ma vie ou d’une envie d’écriture particulière. J’aime mes histoires, même quand elles sont imparfaites, mais je dois dire que je suis très fière de tout le travail effectué sur La Voix d’Origine, que ce soit sur la langue ou le monde, c’est une vraie fierté d’avoir construit un tel univers et de voir que plus le temps passe et plus il semble réel !

2ème partie | Vos personnages

Celui que vous aimez le plus : Je suis obligée d’en citer plusieurs. En premier, je ne peux pas ne pas parler d’Aïa, personnage principal de La Voix d’Origine, qui me suit depuis tant d’années que le lien qui s’est créé entre elle et moi est plus important que les autres. J’aime beaucoup les personnages de La Voix d’Origine en général, de toute façon. J’adore Tristan, dans Les Sans-Royaumes, je trouve que malgré l’histoire qui peut être un peu simple par moment, il réussit à offrir quelque chose à ces nouvelles par sa personnalité et ses répliques uniques ! Sinon, il y a dans Le Pacte du Magicien un personnage très particulier que j’ai hâte de vous faire découvrir : Madame Silure. C’est une vieille dame dont je ne peux pas dire grand-chose, mais chacune de ses apparitions me font sourire et je rigole toute seule face à ses répliques (oui, c’est moi qui les écris, mais elle a l’air tellement vivante pour moi !). Mais je les aime tous, c’est tellement difficile de choisir ! 💛

Celui que vous aimez détester : Je n’arrive pas à détester mes personnages, même l’ennemi le plus méchant que j’ai sous la main. J’ai une relation très particulière avec mes personnages, je cherche toujours derrière les apparences, derrière ce qu’ils paraissent pour découvrir leur passé, comprendre leur agissement, même les plus horribles. Donc, je ne peux pas dire que je déteste un personnage, c’est faux. Par contre, le personnage de Katrina dans Le Pacte du Magicien n’est pas tendre du tout avec les autres, sa facilité de manipulation me fascine et malgré les coups bas et les répliques cinglantes, j’ai du mal à ne pas l’aimer, connaissant son passé !

Celui que vous écrivez le plus facilement : Aïa. Sans hésiter. C’est une jeune femme qui me ressemble beaucoup dans sa manière de penser le monde. Si vous connaissez le MBTI Chart, elle a le même résultat que moi à ce test, et donc c’est plus facile pour moi d’écrire ce personnage car ses réactions peuvent être les miennes. Même si elle a plus de courage que moi, sans aucun doute !

Celui qui vous donne le plus de fil à retordre : Le personnage d’Orion, dans le Pacte du Magicien, a eu du mal à se présenter à moi ! J’ai mis du temps avant de le comprendre, avant de savoir comment il pouvait réagir ou comment il agirait dans certaines situations et parfois j’ai encore l’impression qu’il m’échappe. Heureusement pour moi, ça correspond à sa personnalité un peu mystérieuse dans ce premier tome, donc ce n’est pas perdu. Mais j’aimerais réussir à le comprendre un peu mieux !

Votre meilleur héros/protagoniste : Aïa, ma guerrière pacifiste. Mais aussi Tristan pour ses idées ingénieuses et sa facilité à se sortir de n’importe quelle situation. Mais aussi ma chère Adrielle, personnage principal du Pacte du Magicien, qui se dévoile de plus en plus et qui a beaucoup de courage malgré ce monde où il ne fait pas bon vivre ! (Oui, je sais, ça fait plusieurs réponses…)

Votre meilleur méchant/antagoniste : Ünar, l’ennemi dans La Voix d’Origine, est pour le moment l’une de mes réussites. C’est un personnage qui semble cruel et immoral jusqu’à ce que l’on découvre son histoire et son but, et là, ça donne à réfléchir. Ses actions pour atteindre son but sont toujours aussi mauvaises et horribles, mais sa vision du monde n’aide pas à le détester. Sinon, je vais bientôt écrire le tome 2 du Pacte du Magicien et je vais découvrir un nouveau méchant, je ne sais pas ce que ça va donner, mais j’espère qu’il fera partie de mes réussites !

Votre couple préféré : Même s’il m’arrive d’écrire des histoires d’amour dans mes romans, je ne peux pas dire que c’est mon domaine favori à l’écrit. Je suis toujours effrayée à l’idée d’écrire quelque chose de trop mièvre, mais je suis plutôt satisfaite de mes couples en général. En fait, je vous donne une réponse vague, parce que ce serait vous donner des spoilers ! 😕

Votre meilleure histoire d’amour : N’ayant écrit qu’une seule romance, je n’ai donc qu’une seule réponse : Une Autre Vie. J’ai longtemps eu peur de vous la partager, parce que justement, j’ai bien conscience de ses défauts, mais j’aime quand même ses personnages, cette époque de leur vie et la façon dont ils se construisent ensemble. Je vous la conseille, bien sûr, car ce n’est pas que de la romance !

Celui que vous avez tué avec regret : La question qu’il ne faut pas poser ! J’ai un personnage en particulier dont la mort me pèse encore sur la conscience. Il se trouve dans La Voix d’Origine et j’ai eu beaucoup de peine pour lui. Quoique, je suis en train de penser que deux autres personnages sont morts dans ce roman et que cela m’a causé aussi du chagrin ! Je pourrais les faire revivre, me direz-vous ? Malheureusement, c’est vraiment ainsi que va l’histoire et ne pas les tuer serait mentir.

Celui que vous avez renoncé à tuer : Jusqu’ici, j’ai toujours trouvé la mort de mes personnages justifiée. Quand bien même cela me peinait, il y avait une raison derrière leur mort et je n’ai pas souvenir d’avoir renoncé à tuer un personnage. Il y a bien un personnage dans Le Pacte du Magicien, dont la mort était prévue depuis le début, mais j’ai hésité, parce qu’il s’est dévoilé au fil des chapitres et je me suis demandé s’il ne devrait pas garder sa place un peu plus longtemps. Mais finalement non ! 😀

3ème partie | Scènes diverses

La plus drôle : Dans les scènes les plus drôles, je pense à celles de Tristan dans Les Sans-Royaumes, parce que j’aime vraiment beaucoup ce personnage et sa personnalité. Mais la scène la plus drôle, je ne l’ai pas encore partagée, elle concerne cette fameuse Madame Silure dans Le Pacte du Magicien. C’est pourtant une scène assez triste, car elle survient après plusieurs événements difficiles à vivre pour Adrielle, et Madame Silure a une réplique qui me fait beaucoup rire. Je ne suis clairement pas humoriste et on ne peut pas dire que l’humour, même si j’écris ce qui me fait rire, soit ma plus grande qualité, mais cette scène, cette réplique me fait beaucoup rire ! Je sais que si un jour j’ai le cafard, je devrais relire cette scène sans hésiter !

La plus triste : La scène la plus triste se trouve dans La Voix d’Origine. C’est la scène où deux personnages meurent (ceux dont je vous parlais un peu plus haut) et l’ambiance, la réalité de cette mort, les gens autour… Je sais que je suis émotive et que je peux pleurer en écrivant, mais celle-ci m’a le plus causé de peine ! Et dire qu’il faudra que je la réécrive… 😦

La plus épique : Dans Le Pacte du Magicien, il y a un combat particulièrement magique et épique, j’aime beaucoup ce moment. Mais la scène la plus épique concernerait Pandore (je viens juste de me rendre compte que je n’avais pas encore cité mon seul roman publié ! ^^). C’est une scène dans le 28ème chapitre qui se trouve dans une base militaire abandonnée, elle est particulièrement intense. J’ai beaucoup apprécié écrire ce moment !

La plus difficile à écrire : Les scènes qui sont le plus difficile à écrire ne sont étrangement pas celles qui me peinent le plus. Je n’ai pas souvenir d’une scène qui m’a donné du fil à retordre. Je sais que je peux avoir du mal à écrire, mais quand le temps passe, je finis par oublier lesquelles étaient difficiles et lesquelles ne l’étaient pas. C’est la beauté de l’écriture !

La plus facile à écrire : Même chose que pour la question précédente, je me souviens difficilement de ce que j’éprouvais en écrivant une scène. Je sais que les fins de romans sont assez faciles à écrire pour moi. J’ai une adrénaline, une énergie nouvelle qui me permet d’enchainer plusieurs chapitres à la suite sans que je voie le temps passer !

Votre meilleure scène d’action : Flûte, quelle question ! J’ai déjà répondu dans la plus épique ! ^^ Dans Pandore, il y a beaucoup de scènes d’action et de tension, mais comment choisir la meilleure, je ne saurais pas le dire. Peut-être à la fin, lorsqu’ils arrivent à Versailles et que c’est une véritable catastrophe ; entre les bombes, les enfants et leur mission, l’action est à son comble !

Votre meilleure scène d’amour : Eh bien.. Eh bien… j’ai déjà dit qu’écrire les romances n’étaient pas mon fort, donc je dirais que ma meilleure scène d’amour se trouve dans Une Autre Vie. Ça devrait bientôt arriver dans Le Pacte du Magicien et j’espère mieux gérer ce genre de scènes pour éviter les mièvreries ! ^^

Votre meilleure description : J’aime beaucoup les descriptions dans La Voix d’Origine, que l’on m’a complimenté, car elles sont poétiques et très imagées. Mais je crois que je gère un peu mieux mes descriptions dans Le Pacte du Magicien, que ce soit La Roue, ville dans laquelle se déroule l’intrigue, ou le physique des personnages. Mais en choisir une seule, c’est encore le même dilemme !

Votre meilleur dialogue : Charlie, mon personnage principal dans Pandore, a de sacrés dialogues ! Ses réponses ne font parfois pas du bien à ceux qui les reçoivent. Mais deux dialogues d’autres romans me viennent en particulier à l’esprit. Dans La Voix d’Origine, à la fin, une discussion entre Aïa et Ünar qui est très tendue. Et une autre dans Le Pacte du Magicien entre Katrina et Adrielle où elles font preuve de franchise et ne cherchent pas à avoir du tact. J’ai beaucoup apprécié écrire ce dialogue-là !

Votre meilleure introspection : Charlie et Aïa ont les meilleures introspections de tous mes romans. Charlie, c’est déjà plus simple, car son point de vue est écrit à la première personne. Tout ce qu’elle vit, les difficultés, les horreurs qu’elle voit remontent de grandes émotions en elle et on arrive directement dans son esprit. Pour Aïa, vu que c’est un point de vue omniscient, c’est plus difficile mais elle a une facilité pour se dévoiler, pour montrer ses sentiments et j’adore l’ « incarner » !


Voilà ! J’espère que ça n’aura pas été trop long, je suis bavarde parfois ! Et j’espère aussi que ce n’était pas trop flou concernant les références aux romans qui ne sont pas encore sortis ! J’ai fait de mon mieux pour vous dévoiler des détails et vous faire comprendre pourquoi ce choix plutôt qu’un autre. En tout cas, parler de mes romans me donne très envie de vous les partager pour que vous puissiez enfin rencontrer tout ce beau monde !

Bonne journée à vous !

Bannière Caroline Dubois

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